U; ]»: I A col ]{MANDISK
I']XK>[PLE. - 11 y avait dans une \illc' «1( n\ niarchan<l.voisins et jaloux l'un de l'autre, qui vivaient dans une inimitié seandaleuse. 1^'un deux, rentrant en lui-même, écouta la voix de la religion qui condamnait ses ressentiments ; il consulta une personne de piété qui avait sii conliance. et lui demanda comment il fallaitqu'il s'y prît pour se rcciuMllir. ''Le meilleur moyen, répondit-elle, est celui que je vais vous indiquer : lorsque des personnes viendront à votre boutique ])our acheter, et que vous n'aurez pas ce (pi'il leur convient, conseillez-leur d'aller chez votre voi- SMî/' Il le lit. 1/autre marchand, instruit d'où lui venait ces acheteurs, fut sensible aux bons offices d'un homme (ju'il regardait conime son ennemi ; il alla chez lui pour l'en remercier, lui demanda j)ardon de la haine qu'il lui avait })ortée, et le conjura de le recevoir au nombre de ses meilleurs amis. Sa prière fut exaucée et la religion unit étroitement ceux que l'intérêt et la jalousie avaient divisés. — J^ect. Chrétiennes.
ARTICLE V
De la (Unirmandise.
1. I^a Gourmandise est un amour déréglé pour le boire et le manger.
Il n'est pas défendu de sentir du i)laisir en mangeant et en buvant : c'est par une sage prévoyance que Dieu a assaisonné d'un sentiment agréable l'usage des aliments qui sont nécessaires pour conserver notre santé et notre vie ; mais on abuse de ce bienfait quand on ne recherche que le ])laisir seul : il faut manger et boire pour vivre, et non pour llattcr la sensualité: on ne doit se proposer dans cette action (juc de satisfaire le besoin, alin d'être en état de remplir ses devoirs et de servir Dieu, suivant cette parole de 1' A])otre : " Soit que vous mangiez, soit (pie vous buviez, faites tout i)our l'amour de Dieu.''
2. Pour observer cette leçon de saint Paul, il faut, dans les repas, ne point songer à contenter le corps, mais à suivie l'ordre de Dieu, qui veut que nous conservions notie vie. N'y cherciier que la satisfaction des sens, c'est gourmandise ; c'est un vice indigne de l'homme : il appesantit l'âme, il abrutit l'esprit, il ruine la santé et abrège la vie.
1. Qu'est-ce que la Gk)urmandiBe ?— 2. Indiquez les funestes suites de ce vice.
.'î. '* La nounn;Mnli-r liir plii^ «1 Imniiiii'V 4|Ih- rr|»^.r,' a «lil un aiificii. \'A\v i»nMliiil ri\ rn;:iM rif »•! les vwt'** «laiih \r hoin» et le iimn^rr, <'f vict'(l/'lc>fal»lc <l/'^ni<l<' riionmio, l'avilit vt \r mv\ an <lcss<)ns t\v la hrlr. Ainnijcs lioniH't4»H ^'vus iM' sont -ils |»as siijris i\ rv vici* grossier ; ilsiillit «l'avoir
<]«' rrthiralion ri «l('S -rllliliiMlls pour T/'N itrr UVCl'HOiîl.
4. MIU' piculuil la snisualilé, «jui «c iisish' à mlMMW'lH'r «li's nuls t'.\(|uis ri «irlirals, uu à pr**n«lr<' (h-s rlios4's <ju«l'on sait rivv nuisii)l»'s à la sanlr, i»arc«* ({u'clles flatt<'nt h* jioût. ou enfin à nian«i<i- axer a\i(lité «Icsviainirs coiinnuncs. (JurlU' iiontr poui' un honinu' rai>onnal)K' <!<• se laisser <loniin«'i- pal* la sensualité', au liru «Tm rrjuiinrr les niou- \ rUM'Uts !
5. I.a liourniandisi' produit mcore Ir nirpiis (\rs lois de l'l\ulise. (^uand on est livré à ce \ iee, on n'est »^uère dis- })osé à }»rati(iuer les jermesel les abstinences que rKglist; ordonne : on ne sait ee (|ue c'ent que de se mortilier ; le» \o\<^ (|ui ]>reseri\ent certaines ]>rivati(His pai'idssent unj<m^ insupj)ortal>le, on eherehedrs prétextes j)ours'en dispenxr. en l'on en vient non-seulement à violer le précepte <lu jtH*ine. mais eiu'ore à user sans scrujailc «les \ ian<lc^ détendues.
(>. Entin la gourmandise ]>roduil la dissension ; c'est du sein de l'intempérance (jue naissent les ((uerelles, les em- ])ortemeîits et les violences. Nous eu av(nis dansTEcriture un tableau Irappaiu (pie le Saint-Esi)rit a tracé lui-même; voici les propres ternu^s dont il s'est servi : *' A qui (lira-ton malheur? pour qui seront les (pierelles? pour qui les précipices et les chutes? pour qui les blessures, si ce n'est pas ceux qui passent le temps à hoire et mettent leur plaisir à vider des coupes ? "
7. Il faut donc avoir une \ ive horreur d un vice si indigne d'un homme et encore jdus d'un chrétien. Prati- (pions dans tous nos repas la sobriété chrétienne, cette vertu qui nous règle dans le boire et le manger selon la nécessité, qui rend le corps plus robuste et qui prolonge la vie; veillons beaucoup sur nous-mêmes, pour ne point ])asser les bornes du besoin dans une action qui d'ellemême tend à contenter la nature. Un chrétien regarde la nourriture comme un remède : il n'écoute ni l'avidité ni la sensualité ; il évite la délicatesse et la recherche de ce
3.-6. Montrez combien il dégrade l'homme.— 7. Quelles règle* faut-il suivre dans I« boire et dans le manger ?
238 PF LA COÎJRMANDI8E.
qui flatte les sens: en nn mot, il pense à imitrr J^sus- Christ, qui a bien voulu s'iissujettir à eette aetion humiliante, pour nous y servir de modèle ; il a toujoui-s ])résent à l'esprit eet avis salutaire (ju'il nous adonné: '^Veillez avec attention sur vous-mrmes. de peur <|ue vos cœurs lur s'appesantissent par l'excès des viandes et du vin. et que le jour du î*^ei<xneur ne vienne vous surprendre toutàcouj).*' Le moyen le i>lus ])ropre à nous rappeler les règles de la sobriété et à nous donner la force de les suivre, c'est de faire avec ])iété la jnière <jui se dit avant et après le repas. Tar là nous attiierons la bénédiction de Dieu sur nous, et nous obtiendrons la ^race de ne point Totiënser.
CoMPARATsoNs.— Si VOUS arrosez outre mesure le meilleur terrain, il sera chaniié en un marais d'où s'élèveront des exlialaisons malfaisantes. Il en est de même du corps ; si vous le nourrissez tro]) bien, il deviendra semblable à un marais : il ])r()duiia les ])ernicieuses exhalaisons de la sensualité.— LoHNKH.
De même que les nuages obscurcissent le ciel, ainsi les repas trop copieux obscurcissent îiotre ame. Comme les ouragans jettent le désordre dans les éléments, ainsi l'usage immodéré des aliments porte le trouble dans notre estomac ; et comme les vagues détruisent le vaisseau, ainsi l'ivrognerie détruit notre âme. — S. Chrysol.
— Trop d'eau renverse le moulin, et trop de nourriture et de bois.son ruine le corps humain. Gardez donc une sévère sobriété dans le boire et le manger. — Munch.
— Votre estomac est le cheval qui porte tout votre bagage ; avec de sages ménagements, il peut vous mener loin ; mais si vous le chargez outre mesure, ou ne lui laissez pas de repos, il laissera votre bagage en route. — Simon de Nanti: A.
Exemples. — Un roi de Perse envoya demander à un calife un médecin habile. Le calife se hâta de satisfaire à ce désir, et le médecin, en arrivant, demanda comment on vivait à la cour : " On ne mange, lui dit-on, que quand on sent la faim ; encore ne la satisfait-on pas entièrement ; —Dans ce cas, répondit-il, je me retire ; je n'ai rien à faire ici." — Djct. d'éducation.
— En fait de crimes, de désordres et d'excès, peut-être n'est-il rien de si horrible et de si tragique que ce qui arriva à un jeune homme en Afrique, du temps de saint Augustin. Ce jeune homme se nommait Cyrille ; il était ex-
tr^mement adoiin^^ à la boiiMon, r\ paififuiit iiu« purti<' <!• sii vio dans \vh cabarots avrc (1rs coiima^^nonH doUaiiclH-'cominr lui. l^i jour (ju'il M*(?tait livro à tous 1rs rxcf's d' rintonipémnce t't <lo 8a panHioii, il retourna crhez lui, et (•ounncnva ses attentats ])nr i)()ipnarder une de «es sœurH. Aux cris (|u'('ll(' lit cntcndir, \v prrr alarma? accourut ; ^-t <•(» tils, plus luricnx encore, trempa ses mains dan.s le sarij^ de celui (pii lui avait donné la vie, et rép)rgea ; il poi^nai (îa encore une de ses autres sœurs, qui voulut prendre la tiéfense de son père, et l'arracher (Ivs mains de ce fils indif^ne, ou plutôt de ce monstre <'xécrai)le.
Que de crimes, (pie d'horreurs dans un seul homme et dans un seul jour! Saint Auj^ustin fut bientôt informé de cet événement funeste; et (pioicpiil eut d(\j;i prêché deux fois ce Jour-là, il assembla sur-le-champ une troisième fois le peuph', i't monta en chaire, les larmes aux yeux et les soupirs dans le cœur, pour faire part à ses auditeurs des horreurs (pie venait de commettre ce fils indigne de jamais avoir vu la lumière. Au récit de ce (pii venait d'arriver, toute l'assemblée j)0ussa des cris et des <j:émissements lamentables ; on ne pouvait comprendre ([u'un homme eût pu se porter à tant et à de tels attentats. On craignit ([ue la vengeance et les foudres du Ciel ne tombassent sur une ville qui avait produit un tel monstre. Saint Augustin profita de cette occasion pour montrer à ([uels excès peut conduire une passion malheureuse. Ses larmes et ses sanglots en dirent plus que ses paroles et sec discours. — Rapporté par saint Augustin.
ARTICLE VI
De la Colère.
1. Il y a une sainte colère excitée par le zèle qui nous porte à reprendre avec force ceux que notre douceur n'a j)U corriger : telle est la colère d'un père ou d'un maître à la vue des désordres qu'il est obligé d'empêcher. Notre-Seigueur lui-même a été ému de cette colère loi*squ'ii chassa du Temple les profanateurs qui en violait la sainteté ; mais la colère, qui est un péché capital, est bien différente : c'est un mouvement impétueux de notre âme qui nous porte à repousser avec violence ce qui nous déplaît. Elle vient d'un mauvais principe ; c'est l'effet d'une passion qui règne
1. Quelle est la colère qui est irrépréhensible, et quelle est celle q^ui Qffsuse Dieu 1