DE LA PARB8SB
2. Un jeune homme, par exemple, adonné à la paresse, no profite point de l'éducation (pi'on lui donne, il ne fait rien de tout^^e ((u'on lui i)rescrit, ou le tait mal, sans attention, sans appli(!ation ; de là son espiit n'est point cultivé, sa mémoire n'est point exercée ; il sort de la maison d'éducation presque aussi ignorant qu'il y était entré. Qu'arrive-t-il ? Si on lui donne un emploi important et qui exige des lumières et des connaissan(!es étendues, il est incapable d'en exercer les fonctions, il s'en acquitte mal, son ignorance perce, son incapacité est reconnue; il tombe dans un souverain méj)ris. Que de regrets alors d'avoir perdu le temps de sa jeunesse! Regrets inutiles ! il est trop tard ; cette perte est irréparable.
3. TjC second vice qui naît de la i)aresse est la pusillanimité. Le paresseux n'a pas la force d'entreprendre les v'hoses les plus faciles : il est arrêté par le moindre obstacle, tout lui paraît impossible, parce qu'il ne veut faire aucun effort. '' Malheur, dit l'Ecriture, à ceux qui man- ({uent de cœur !"
4. La paresse produit l'inconstance. S'il arrive que l'on conçoive quelque désir de se corriger, ce désir est faible, et il ne dure pas longtemps ; on se lasse bientôt, et l'on retombe dans sa première indolence. " Les désirs tuent le ])aresseux, dit le Saint-Esprit ; il veut et il ne veut pas; il veut aujourd'hui une chose, et demain une autre ; aujourd'hui il veut bien, et demain il changera d'avis."
De là cette tiédeur qui l'accompagne pg^rtout, c'est-àdire une langueur de cœur qui ne laisse aucun goût pour ses devoirs ; de là enfin cette insensibilité qui le rend sourd aux remontrances et aux exhortations de ceux qui veulent le réveiller de cet assoupissement ; rien ne le remue, rien ne le touche, ni les reproches qu'on lui fait, ni les bons exemples qu'il a sous les yeux. Que de péchés dans une àme lâche et indolente ! L'Ecriture la compare à une terre inculte et abandonnée. '• J'ai passé, dir l'auteur .sacré, par le champ du paresseux, et il était plein de mau vaises herbes; les épines en couvraient toute la surface, et l'enceinte de pierres qui devait l'environner était renversée." Ecoutons encore les x)aroles que Dieu adresse lui même au paresseux dans le livre des Proverbes : '^ Allez
'2. Quelles sont, pour un jeune homme, les suites de la paresse?— '\. Couinnont la paresFc produit-elle la pusillanimité et l'iaconstanceV— l Citez quelques paroles de l'écriture, propres àuous faire sentir les daueers de la Dare^se^
1)K LA T»AUKHHK • 24î^
^i la fourmi, A ])arc*s.^('ux î coiihidiT*/ -t < "ikIiijU*, *I ;i|ij»iriicz (rdli' à C'iiv HH^v ; ciir, (jnoi<|ir«'ll<' n'ait ni chif «jiii la (•on<hiisc, ni niMÎi le tjui rinslnn><% rlU^ a .^oin (h* fair<î ha ]>r(i\ ision )»< inlant Trtô, rt <r;ini:i>s4'r «huM la nioi^hon de quoi so nourrit'. .luscpics i\ quand dornnrr/.-vouH? quand v«)us rovcMlUMT/.-vous de votre soniniril ? Si vous ni'Hort*'?. de votre nssoupissnncnt, rindi^^mcc viendra fondre sur vous et vous aeeal)hiM.''
5. Demandons A Dieu la vertu eonlraire à la j)areHH«% cVst-i\-dire unesainti^ activité, (|ui nous fasse aimer noH devoirs, et. <(ui nous rende ])ron]ï)ts ;\ les remplir, en \\i<di' lui plaire et pournolic salul. (^ue les dillicultés du travail ur nous i-el)u(eut i>oint ; ayons hou eouraj^e, et Dieu rendra doux et facile ee <{ui iious avait «l'abord ])aru dur et pénible : e fst lui (pli nous a imposé l'oiili^ation de travailler ; il nous aide;\ iMat iipU'r ce <pril nous commande. Soyons persuadés {\\\c rennui (pli accompa*j;ne toujours l'oisiveté est mille fois plus insup{)ortal)l(î que le travail h' j)lus fatii»uant.
Comparaisons. — L'oisiveté ressend)le à la rouille: elle détruit plus (pic le travail ne j)roduit. Tue clef dont ou s.^ sert souvent eonscMve seule son éclat et sa pureté.
TiO travail est. unt^ noble fleur dv la(pielle on j)eut atten- (1:\^ les fruits les plus maunirupies.
L'oisiveté ressemble à l'eau dormante; si celle-ci produit de la bouc et des reptiles immondes, celle-là ciiirendre le vice. Celui qui est laborieux ressemble à l'abeille (pli jamais ne se fatigue et qui sait trouver du miel sur toutes les Heurs.
— L'homme qui travaille n'est atia(pié que par un démon, mais le paresseux est la })roie de légions d'esprits infernaux.— Cassien.
Exemples. — Un saint homme disait chaque fois qu'il entendait l'horloge : o mou Dieu ! voilà une heure passée de celles qui composent le nombre de mes jours : il faudra que j'en rende compte, ainsi (|ue de tous les moments de ma vie.
— On demandait un jour au vénérable Eobert Bell^rmiu, l'un des plus habiles défenseurs de la foi catholiqn^,