DU BAPTÊME
le Bai)têuie (iirune fois, car ce qui est une fois consacré à Dieu lui appartient par un droit inaliénable.
2. Le Baptême est si nécessaire, qu'on ne peut être sauvé sans le recevoir, conformément à ces j)aroles de Jésus- Christ : '• Si riionimc; ne renaît de Peau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume des cieux." Mais il peut être suppléé, ou })ar le juartyre, ou même par le désir du Sacrement, dans les cas où il y aurait impossibilité de le recevoir ; et c'est pour cela qu'on distinjrue trois sortes de Baptême : le Bai)tême d'eau, le Baptême de désir, et le Baptême de sang.
S. Il n'y a que le Baptême d'eau qui soit un véritable Sacrement ; et si on donne le nom de Baptême aux deux autres, ce n'est que parce qu'ils suppléent au défaut de ce Sacrement lorsqu'on ne peut le recevoir, et qu'ils ont le même effet.
Le Baptême de désir doit être accompagné d'un véritable et sincère regret de ses péchés, avec un grand amour de Dieu.
4. Le Baptême de sang consiste à souffrir le martyre pour l'amour de Dieu et ])our la foi de Jésus-Christ avant d'avoir été baptisé : on le nomme ainsi parce qu'on regarde celui qui meurt eu souffrant i)our la défense de la foi comme baptisé dans son sang, et qu'il obtient la même grâce qu'il aurait reçue par le Baptême d'eau, et même bien plus parfaitement, parce que le martyre est l'acte suprême de la charité.
Exemples. — Saint Louis, roi de France, préférait le nom de chrétien, q\n lui avait été donné dans le Baptême, aux titres qui sont les plus honorables selon les hommes. Il estimait plus le lieu de Poissy où il avait été baptisé, que la ville de Rheims où il avait été couronné roi de France. Lorsqu'il écrivait des lettres, il avait coutume de signer I/O im de Poissi/, sans prendre la qualité de roi. Chrétien dit plus que roi de l'univers. — Catéchisme de Rhodez. >
— J'ai connu une vertueuse femme, dit le pieux Boudon, toute pauvre des biens de la vie présente, mais trèsriche des biens du ciel, pleine de l'esprit de Jésus-Christ,
2. Jusqu'à quel point le Baptême est-il nécessaire, et comment peut-il être supph'^é ?— "x Les diverses manières de suppléer le Baptême sontelles ausi^i des Saoreincnts ?— 4. En quoi consiste le Baptême de sang, et pourquoi le nommç-t-on ainsi ?
1:1(1*1111 amour I'imIm- jmmu i.i iji- -iuim > ni^« < uium»- <ni i'K'Viiil une iinij^uirniur ('•j^liso «laiis la vilh' (ju^'llr liahitail, dit' Si* sentit prrsscM' d'oUVir un /tu. fruit dr s<'s /«{lar- V^iu's, |K)Ur cont ril)U('r m (jurlcjui» sorte à la eonstiiKiioii <lu pieux /^"(lilicc. Mais le pr^tro ÎV qui elle pr/»«oiita fu»n ollianiie la refusa, et lui ten)(»i)^na mémo (pTil s(>rait hieii aise (le lui faire aeeeptei- «jueNpU's s<»e()Urs, au lieu d'en recevoir d'elle, pjiiee (ju'il \oy:iit hien î\ ses liahits (lu'idle était pauvre. Alors, eette fennne, avec une foi admirable, lui réi)ondit : " Moi pauvre, mon p^re ? eh ! ne Huinje pas ehretienne, fille d'mi <j:rand roi, et liéritièro '* d^iii ^raiid royaume ? '' — ^f()is de i\f(irir jjar le V. iJEBr.SHl.
AH'rK'iJ-: II.
Minii<(rc du Sacrruirnf dr Hitpinne.
1. Le Baptême élanl aussi néeessiiire qu'il l'est pour le salut, Jésus-rhri>t. en l'instituant, a donn«'' aux hommes toutes les facilités imaginables de le recevoir ; c'est )>our ce sujet (|ue, ipioiiiue ordinairement il n'y ait (pie les prêtres qui aient droit de baptiser, et qu'il faille porter les enfants à l'éulise pour y recevoir ce Sacrement avec les cérémonies ordinaires, cependant toute personne peut baptiser dans le cas de nécessité ; et le baptême est valide, pourvu qu'elle verse de l'eau naturelle sur le baptisé en pronoïK^'ant ces paroles : Je te baptise au Jiom du Père, et du Fils, et du Saint-Esjn-it. Pour être véritablement baptisé, il faut (pie l'eau ait touché (pielque partie considérable du corps, autrement il faudrait regarder le Baptême comme douteux, et baptiser ensuite l'enfant sous condition.
C'est ce qu'on doit faire aussi si l'on a un doute fondé que l'enfant ait vie. ou qu'il ait été baptisé, ou qu'il l'ait été comme il faut, ainsi (|iie dans d'autres cas extraordinaires ; car alors on doit !e baptiser ainsi, en disant, lorsqu'on verse l'eau sur lui : Si tu es capable du Baptême, ou : Si tu n es point baptisé, je te baptise au nom, etc.
2. Le Baptême étant absolument nécessaire à tous les hommes, c'est une obligation à ceux qui se conve laissent
1. Quel est le ministre du Sacrement de Baptême, et qui peut le remplacer en cas de réelle nécessité? Quelles sont les paroles, ou plutôt quelle est la forme du Baptême, et que faut-il faire en cas de doute sur la validité de ce Sacrement ?— 2. Le Baptême est-il absolument nécessaire à tous lei hommes ?
254 DIT RAPTftMK.
à la foi catholicjiu", ayant l'usage (\v la raison, de recevoir ce Sacrement ; mais aloi*s on a soin de les dis])Oser à celle grande action par une instruction suffisante et par la j)réparation de leur cœur, principalement en les excitant à la contrition de leurs péchés. Autrefois on n'administrait le Baptême à ces sortes de personnes que deux fois Tannée, les veilles de Pâques et de la Pentecôte, à moins (pie quelqu'une ne fût en danger de mort, et c'est de là (prest venue la ])ratique de bénir en ces deux jours l'eau (pii doit servir au Ba])tême.
Exemple. — Un missionnaire de l'Amérique parcourait les régions les plus écartées pour gagner des âmes à Jésus- (,'hrist. Il se présenta un jour à lui un sauvage dont les dispositions lui parurent extraordinaires. Dès qu'il fut bien instruit des mystères de notre sainte Religion et de ce qui regarde les Sacrements, il lui administra le Baptême et la sainte Eucharistie, qu'il reçut avec les plus vifs transports de la reconnaissance et de l'amour. Le missionnaire partit pour aller faire d'autres excursions apostoliques, et revint un an après dans le lieu où était le sauvage devenu chrétien. Dès que celui-ci eût connaissance de l'arrivée du missionnaire, qu'il regardait comme son père, il se rendit auprès de lui, et le conjura de lui donner de nouveau la sainte communion. '' Oui, mon fils, lui dit-il ; mais il faut auparavant que vous confessiez les péchés mortels dont vous avez pu vous rendre coupable : ne craignez rien, je vous aiderai à vous accuser.— Quoi ! mon père, répondit le sauvage avec étonnement, il y aurait des Chrétiens qui, après avoir été baptisés et avoir reçu le corps de Jésus-Christ, seraient assez ingrats pour Tout rager par quelque péché mortel ? Grâce à Dieu, je ne crois pas être coupable d'aucun de ces péchés. " Il fondait en larmes en accusant les fautes les plus légères. Le missionnaire, dans l'admiration, bénissait Dieu, voyant qu'il était servi et glorifié par des âmes fidèles et ferventes jusque parmi les peuples les plus sauvages, — Lettres édifiantes.
ARTICLE irr
Des Cérémonies du Baptême.
1. Comme le Baptême est le premier et le plus nécessaire des Sacrements, l'Eglise, afin de mieux faire con-
1. Rapportez en peu de mots les principales cérémonies du Baptême.
in hAPTftMi 2.V1
nalln* «jUi'lU' t'ii r>l l'rxrrlli mt , v\ i'v i\ ijiioi l'on v*(ii- ^ag(' ni 1(^ riM'(>vunt, vt'iit (|iroii radinini.Htrt* ayav un grand nonil)!'!' il*' <YMrnn»nirs. On fait tivs Houv<*nt le signr (Ir la Croix en administrant It* Haptrnit*, |N)iir niar«jurr <|iu* vv Sacrmicnt tirr tonti* sa vairnr dr la Croix di' JÔMjs-C II risl, t'I pour nianjUcr (|iu* lavicd'tiii Cliirtini ost. une vil» de croix et de HondraiicrH roiitinut'lU'S, rt (ju'il doit inarchcr sur h's trarrs d<- ,Ié>ii.»<- (inisl. ( hi V fait j>hi>irnrs onctions tan! avec l'Huilr <I<«h ( 'atcchuincncs (|ira\c«* le saint ('hrcinc, pour inaripici* l'onction intcricuic «le la ^râcc<|iu' le >aint-Ksprit répaml dans ITnnc «le celui <ju'(ui baptise; car, <*<ininie riiiiilc ]»cnr'trc le corps, le lortilie et ^U(^*rit ses plaies, ainsi la »;râce qu'on reçoit dans le Haptêine pénètre le C4eur et le lortilie contre les passions.
Celui «pli doit et re baptisé reste d'abord à l'entrée de l'église, pour inar«|Uer ((u'étanl esclave du «iénioii. il n'a aucun droit «l'entrer plus a\ant dans la maison île I)ieu. à cause du j»écbé oriuiiud <lont il est S(Miillé.
Là le ])rétre maKjne l'enlani du si«»ne de la Croix sur le l'ront et sur la poitriiu': il l'ail sur lui des exoreisnies pour éloigner de lui le démon ; il lui met du sel dans la bouche i^our sii»nilier (ju'il va lui comnuiniquer l'esprit de sanesse. Puis, ayant de nouveau l'ait le si<^ne du salut sur le front de l'enfant, avec défense au démon de jamais oser violer ce siune auguste, il invoque etconjure instamment Dieu, auteur de toute lumière et de toute vérité, en faveur du nouveau serviteur qui est présenté à son service. En introduisant l'enfant dans l'Eglise, il demand(* aux parrain et marraine de réciter av^ec lui le Symbole des Apôtres, l'Oraison Dominicale et la Salutation Angélique.
Il lait encore des exorcismes, touche les oreilles de l'entant avec de la salive, en demandant qu'elles soient ouvertes aux vérités du salut, et repousse de nouveau le démon.
Les exorcismes ainsi terminés, le prêtre exige une renonciation formelle à Satan, ])uis il ûiit à l'enfant l'onction av^ec l'huile des Catéchumènes.
Ensuite il lui fait faire une profession de foi en l'interrogeant sur les points principaux du Symbole. Lit entin. sur son désir formellement exprimé, il lui administre le Sacrement au nom du Père, et du Fil-, et du Saint-Esprit, et achève sa consécration par l'onction du saint Chrême