‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 75 sur 124 · CHAPITRE IIJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIJ

])K LA COXKIKMATION.

ARTICLE PREMIER

Nature et effets de la Confirmation.

1. La Confirmation qui est le second des Sacrements, augmente en nous la grâce du Baptême, et nous rend parfaits chrétiens en nous donnant le Saint-Esprit avec l'abondance de ses grâces. Ce Sacrement achève ce que le Baptême a commencé : il en est la perfection. La grâce du Baptême est une grâce de régénération qui nous lend enfants de Dieu ; celle de la Confirmation est une grâce de force et de courage qui nous élève à l'état de l'homme parfait, et nous rend capables de combattre et de vaincre en rendant témoignage à Jésus-Christ, aux dépens même de notre vie. C'est ce que nous voyons dans la personne des Apôtres. Avant la descente du Saint-Esprit, ils étaient faibles et timides ; mais aussitôt qu'ils eurent été remj^lis de sesgrâces, ils devinrent d'autres hommes, et annoncèrent Jésus-Christ avec un courage intrépide. Le Saint-Esprit descend encore sur ceux qui reçoivent la Confirmation, et il produit en eux les mêmes effets, mais d'une manière invisible, parce que ce miracle n'est plus nécessaire.

2. Quoique le Saint-Esprit ne descende pas visiblement sur ceux qui reçoivent la Confirmation, comme il arrivait souvent dans la primitive Eglise, il répand toujours en eux l'abondance des dons et des fruits dont il est le principe. On attribue sept dons principaux au Saint-Esprit : celui de Sagesse, qui nous fait goûter les choses de Dieu ; celui d'Intelligence, qui ouvre notre entendement et nous communique les lumières nécessaires pour bien connaître les vérités delà Religion; celui de Conseil, qui nous

L Quels sont les effets du Sacrement (1« Confirmation ? Ouel le différence y a-t-il entre ce Sacrement et celui du lîaptêuie ? Quelle personne de 'h très-sainte Trinité recevons-nous dans la Confirmation ?— 2. Que répan<l le Saint K.<prit dans ceux (|ui reçoivent la Confirmation? Nommez les dons du Saint-10si)rit, et dites auel est leur eftet,'

<liri;;r v{ noiis lail inrinh*- <*ii l«»ulr> «hu-ivs Ir nu ill« m puiti ivlalivi'iiifMl :i'i silul ; rrhii «Ir Sririic«% «jiii iiou.h Ihil (lisciTiicr li; l»ii Ji «l'iivi'c \v niiil ; nliii <lr Foht, <|ih nous lail repousser les oIisImcIi's (pii s'oppostMit à notn* salul ; jrlui «ir Tirlé, «{ui nous liiil nniolir aver coiihtauct' nos devoirs envers hi< n. mN ers le proeljain et euNcis nous-mêmes; v\ eiilin erhii <le Ciainle, «pli imprime en notre âme un K'speet mêl«'* iramour pour la majesir «livint», présente en tous lieux, et un<- erainte liliale «le lui déplaire en «pioi «pu* ee soit.

:;. Les fruits du Saint - M>prit sont : la Charité, <pii nous unit à Dieu ])ar amour: la .loie. <pii nous remplit d'une sainte consolation : la i'aix, «pii pro«luit la tranquillité au milieu des eontradietions du imanie ; la l'ati<*n<'e. qui nous fait supporter en vue de Dieu ee (pli nous déplaît ; la Bénignité, (jui nous ])orte â soulager le prochain; la Honte, (pli nous rend bienfaisants envers tous; la Lonuanimité, (pii nous enipéche de nous rebuter dans les épreuves; la Ooueeur. (pii nous ])orte à supporter en ]>aix ee (pie le prochain à (rincomnnxle ; la Foi, ((ui nous fait croire avec certitude; la Modestie, qui n^^^ notre extérieur selon les maximes de l'Evanuile ; la ('ontinenc(^ et la Chasteté, ((ui conserve nos cor]>s dans la sainteté (pli convient à des teinj)les du Saint-Kspiit.

4. TiCs évéïpics. en qualité de successeurs des Ap(jtres, sont les ministiHv^ ordinaires de la Conlirnuition. Les cérémonies avec lesquelles on administre ce Sacrement sont autant de siiriu^s des ellets admirables (pi'il j^roduit dans K^s âmes.

5. L'évéque, étant tourné du e6téde<'eux (pii vont être confirmés, appelle sur eux le Saint-Ksprit ; i)ius. élevant les mains, il fait une prière par la([uelle il conjure le Tout- Puissant d'envoyer TKsprit saint ])our les remjdir de ses dons. 11 prend ensuite du saint diréme. et fait à chacun d'eux une onction sur le front, en disant : Je te marque du signe de la Croi.v. et Je te confirme par le Chrême du salut, au nom du Père, et du Fils^, et du Saint-Esprit. Cette prière et celle qui accompaune l'imposition des mains nous apprennent (^uels sont les précieux etiets que ce Sacrement produit dans ceux qui le reçoivent dignement.

3. Quels sont les fruits du Saint-Esprit, et quel est leur effet ?— 4. Qui est le ministre du Sacrement de Confirmation?— 5. Comment et avec quelle matière administre- t-on la Confirmation ?

200 1)F T. \ roVFTRMATÎOX.

\jv >aint ( 'lirenic. cumjmx' il'huilc «l'olivo et do baume, ost bien propre à nous faire connîntrc raljondance, la doii- ('(Mir ot la force de la ^race (pii remplit alors notre âme, qui la pénètre et la fortifie, comme l'huile jx'nètre et fortifie le eorps ; le baume est aussi un symbole de la bonne odeur de Jésus-Christ, (pie le confirmé doit répandre par la pratique de toutes les vertus.

6. Quoique ce Sacrement ne soit pas absohiment nécessaire au salut, on se rendrait cependant coupable d'une faute considérable si l'on négligeait de le recevoir ; on se }>riverait des grâces abondantes qu'il communique, et Ton désobéirait à Jésus-Christ, qui Ta institué pour notre avancement dans la vie de la grâce.

Exemple. — Julien l'Apostat résolut de professer solennellement l'iinpiété. Ce fut à cette fin qu'il fit faire de grands préparatifs pour un Sacrifice qu'il devait offrir aux idoles dans un temple dédié au démon. Il s'y rendit suivi de toute J^a cour, avec pompe, pour donner à cette action impie beaucoup d'éclat. Tout étant prêt, l'empereur fit signe que l'on commençât. Mais quel fut l'étonnement des prêtres des idoles loisqu'ils se trouvèrent interdits, hors d'état, malgré tous leurs efforts, de procéder à l'abominable cérémonie î De plus, ils virent que leurs couteaux, qu'ils avaient eu soin de bien préparer, ne pouvaient rien sur la chair des victimes, et le feu qu'on avait allumé sur l'autel s'éteignit tout à coup. Le sacrificateur s'écria : " Il y a certainement ici une grande puissance inconnue qui s'oppose à nos cérémonies î *' Il pria alors l'empereur de permettre qu'on s'assurât s'il ne se trouvât pas parmi les assistants quelque Galiléen qui etit été nouvellement ou lavé d'eau ou oint de baume ; il voulait dire ou baptisé ou confirmé. Il y avait, en effet, dans le temple un jeune page qui était chrétien, et qui depuis peu de jours avait reçu la Confirmation et la grâce de ce Sacrement. L'empereur ayant dit tout haut : ^' Qu'on fasse cette recherche," le page n'hésita pas de se présenter et de dire : '* Apprenez que je suis chrétien ; j'ai été baptisé, et il n'y a pas longtemps qu'on m'a oint pour m 'animer au combat. Je suis disciple de Jésus- Christ qui m'a racheté par la croix ; je le reconnais pour mon Dieu, et je me glorifie de lui appartenir. C'est moi ou plutôt c'est le Dieu que je sers qui a mis obstacle à

6. Quelle faute y aurait-il à négliger de recevoir ce sacrement?

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Vim\n('i(' (lu't»!! aillait rxorcor. J ai invoquai dann mon iHiMir It' iKHii sacrr (lo .Iomus Christ, ri 1«'S <l«'-inonH iront pu ^tro reconnus pour di(Mix. Au nom <k; J^-^us-ChrisC, <iui est 11» vrai Dieu, ils ont ^^t«'"( contraints do prendre la luitc." l/cnip4Mcur <|Ui avait ctc chrrticn et (pii ctail hicn instruit (lu ]MMivoir de .Ir^u>-( 'lirist , fut saisi d<' frayeur-. Il apprchcnila les rtlits d<' sa vengeance, et sortit du temple, couvert de conl'usion, sans dire un seul nu>t. Le courageux soMat de Jésus-Christ alla rapporter aux chrétiens <"e <|ui Ncnait d'arriver ; et ils en ren<lireiit i^jloii'c à Dieu, et ils recoiniui'ent coud)ien ceux en «jni hahite la vertu <le Jésus-Christ j>ar h' sacn-ineiil <! • Conlirnuition, «piand on le reçoit dans les disj>osili<M;saintes, sont redoutables aux démons. —///«/ofrt' ecclf'nias' tiqur.

AKTICLK ir.

Des (linpofiitioiis à hi Confirmation.

1. Comnu' on ne peut recevoir la Confirmation (piunc seule fois, il est d'une grande inî}H)rtance d'y apport* r les dispositions nécessaires, alin de n'être ])as privé des grâces qui sont particulières à ce Sacrement.

La première disposition est d'avoir luie conscience purgée de tout ]>é('lié nu)rtel : l'état de grâce, c'est-à-dire î'innocenee du lîaplènu' conservée ou réparée par la pénitence, est absolument nécessaire pour le recevoir dignement ; le Saint-Esprit nous assure lui-même dans l'Ecritiire '* que la Sagesse n'entrera ])ointdans une âme mal disposée, et qu'elle n'habitera ])as dans un corps assujetti au péché.' Le sacrenu'nt de Contirmation est un Sacrement des vivants ; il suppose donc lu vie spirituelle dans celui qui le reçoit ; son eflet est d'augmenter cette vie spirituelle, et il est impossible de fortifier dans la vie de la grâce celui qui l'aurait perdue.

2. Le Sucrement de CondrunUiou a été souvent administré immédiatement après lo Baptême, dont il est en quelque sorte le complémeiiT: ; aujourd'hui encore on petit, dans des cas exceptionnels, l'administrer à de jeunes enfants. Mais dans les cas ordinaires, ce Sacrement n'est administré qu'à ceux qui ont atteint l'âge de

1. Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir le sacrement de Confirmation ?— 2. A quel à grc reçoit -on ordinairement le Sacrement ifi ÇguftrmîiXiou et q^uelle ^)répai:istion faut -il y apporter ''

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