‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 78 sur 124 · Ija forn\e de ce Sacrement consiste dans ces paroles · texte numérisé non relu

Ija forn\e de ce Sacrement consiste dans ces paroles

du prêtre qui l'administre : Je fabsous au nom du

Fcr(% etc. Les troi^ Actes du pénitent, savoir : la C ontrition, la Confession et la Satislaction, doivent accompa<;ner rAbsolulion, saiîs quoi le Sacrement est nu) pour la rémission des péchés, et l'on commet un sacrilège.

3. Celui donc qui est coupable de péché mortel ne peut en obtenir la rémission que par ce Sacrement, ou, dans le cas d'impossibilité de le recevoir, par un Acte de Contrition parfaite qui renferme le désir ardent de le recevoir. Que personne ne dise : Je fais pénitence en mon particulier, je fais péniteùee devant Dieu. Cela ne suffit pas, dit saint Augustin, il iliut recourir au Sacrement. Comme les péchés commis avant le Baptême ne peuvent être remis que par ce premier Sacrement, de même les péchés commis après le Baptême ne peuvent être ellacés que par le sacrement dé Pénitence.

1. Quels sort les effets dû .«acrcincnt de Pénitence?— 2. Quelle est la forme de ^e gacrement. et quels actes ou parties doit-il renfermer nécessairement ?— 3. A quoi ce sacrement est-il nécessaire ?— Comment et dans quel cas peut-il êtte suppléé ?

26G DU SACREMKNT DK P1^:NITENCE.

4. Nous parlons des pédiés mortels ; car pour ce qui est des péchés véniels, on peut en obtenir la rémission par des prières et d'autres bonnes œuvres. Il est cependant utile de les soumettre au Sacrement et d'en recevoir l'absolution, parce que c'est toujours le moyen le plus efficace d'en obtenir le ])ar(l()n, et parce (jue l'absolution (pie l'on en reçoit augmente la grâce en nous, il n'est d'ailleurs pas toujours facile de distinguer ce qui est péché véniel de ce qui est péché mortel r

5. Le sacrement de Pénitence est donc comme un second Baptême offert aux pécheurs qui auraient perdu la grâce du premier ; mais ce second Baptême est un Baptême pénible et laborieux, qui demande des larmes, des gémissements, des travaux. Au lieu que, dans le premier, Dieu, voulant signaler sa pure miséricorde, tient le pécheur quitte de tout sans se rien réserver ; dans le second, par une conduite mêlée de miséricorde et de justice, il ne se réconcilie avec lui qu'à des conditions dures et humiliantes. D'ailleurs, les saintes rigueurs de la Pénitence sont non-seulement un remède salutaire pour l'expiation des péchés passés, mais encore une espèce de frein qui en ai'rête le cours, qui réprime les passions de l'homme, et qui l'oblige d'être à l'avenir plus vigilant et plus ferme à résister aux attraits séduisants de la chair et du monde.

6. Trois choses sont nécessaires pour recevoir dignement le sacrement de Pénitence : savoir, la Contrition, la Confession et la Satisfaction.

— Mgr de la Mothe d'Orléans, évêque d'Amiens se confessait tous les huit jours ; dans la préparation qu'il faisait pour se bien confesser, il faisait trois stations : la première dans l'Enfer, la seconde dans le Ciel, la troisième sur le Calvaire. Il entrait d'abord par la pensée dans le lieu de tourments, et y voyait la place qu'il croyait avoir méritée au milieu du feu dévorant et éternel, dans la société des démons et des réprouvés. Il remerciait le Seigneur de ne pas l'y avoir précipité, et le priait de lui faire miséricorde ; il lui demandait les grâces dont il avait besoin pour s'en préserver. — Il montait ensuite dans le séjour de la gloire et du bonheur ; il gémissait de ce que par le péché il s'en était fermé les

4. Peut-on se dispenser de recourir à ce sacrement pour obtenir le pardon des péchés véniels? — 5. Quelle diffé»ence y a-t-il entre ce sacrement €t celui du Baptême ? — 6. Combien de ckoses sont nécessaires pour recevoir dignement le Sacrement de Pénitence ?

DK LA con'hu rioN. î^r,7

]mm(('s; il suppliiiit h* Sri^nciir «In Ir lui ouvrir, «t mvo- 4|uait W's Saillis. Il allait t-usuitr, par la pfijMi'T, ]iu Calvaire : lj\, fixant attciilivriiicnt vl nwr. amour son Sauveur cruciUé, il se disiiit à lui-mc;iiM* : " Voilii mon ouvrage ! jo suis la causo <lrH douleiirH nue J^îHu.s-ChriHt a 4'U(luiv('s ! j'ai (Mjopér^"! ])ar mes p(''clH'S ave(! les autre» pécheurs a couvrir «le plaies le eor|>s «le riloiiinie-l >ieu, à le ( rut'ilier, i\ lui «lomur la mort. <) Jésus, «piel iiia4 nrave/.-vous lait ? Comment ai-je pu vous traiter ainni, vous (pli m'avez aiméju.s(pi'î\ l'exeè.s, vous qtie je devrai» aimer d'un amour infini, si je ])ouvais vous aimer infiniment ? ("est parce (pie vous êtes inliniment aimable (pie je \()us aime et (pie je me repens de vous avoir oflen.sé."

(^uel fruit ne retirerions-nous pas de nos confessions, quels ])ro^rès ne ferions-nous pius dans les voies de Dieu, si nous suivions la méthode de ce vertueux prélat î — T7« de Mtjr. de la Mothc.

ARTICLE II

De la Contrition.

1. La Contrition est une douleur et une détestation du péché que l'on a commis, avec une ferme résolution de n'en plus conunettre à l'avenir. Cette ])remière disposition est si nécessaire, que sans elle aucun péché, même véniel, ne i)eut jamais être remis. Une maladie qui ôte Tiisage de la j)arole dispense de la Confes.sion ; une mort prompte exempte de la Satisfaction, au moins dans cette vie ; mais rien ne peut dispenser de la Contrition.

2. Dieu ne promet le pardon qu'à ceux qui se convertissent à lui de tout leur cœur, dans les pleurs et dans les gémissements d'une douleur amère et profonde, à ceux qui déchirent leurs cœurs, et non pas leurs vêtements. La Contrition, pour être véritable, doit avoir quatre caractères : 1° Elle doit être intérieure^ c'est-à-dire dans le cœur, et non pas seulement sur les lèvres ; il ne suffit pas de lire ou de prononcer des actes de Contrition ; c'est le cœur qui a péché, c'est dans le cœur que doit être la douleur et la détestation du péché. 2° La Contrition doit être surnaturelle : il faut qu'elle soit excitée par un mouvement du Saint- Esprit, et non par un mouvement de la nature ; car détester le péché parce qu'il nous a causé quelque malheur

1. Qu'est-ce que la Contrition, et quelle est sa nécessité ?--2. Dites quels sont les caractères de la véritable contrition.

268 DE LA CONTRITIOi>f.

temporel, comme un chritiment, une maladie, une \ 3rte •de biens, ce n'est point là une contrition suffisante pour en obtenir le pardon ; il faut s'en rej)entir en vue de Dieu, parce que le péclié l'offense et qu'il lui déplaît ; il fiiut donc que le repentir soit produit par la grâce et par des motifs de foi. o° La Contrition doit (tiva souveraine^ c'est-à-dire remporter sur toute autre douleur ; en sorte que nous soyon-; disposés à tout perdre plutôt que de retomber. En effet, le i)éché est le plus grand de tous les maux, et il nous fait perdre le plus grand de tous les biens, le souverain bien : nous devons donc en être \)\\\^ affligés que de tous les maux du monde. Il n'est cependant pas nécessaire que cette douleur soit sensible ; elle peut être au fond de notre cœur, sans se manifester au dehors autrement que par les œuvres qui en sont l'effet et la preuve. 4° Enfin la Contrition doit être iLniverselle^ c'est-à-dire qu'elle doit s'étendre à tous les péchés mortels que l'on a commis. On n'a point une véritable Contrition s'il y a un seul péché mortel auquel le cœur demeure attaché, puisque par cet attachement a un péché mortel on reste dans la haine de Dieu. Il n'y en a donc aucun que nous ne devions détester, si nous voulons rentrer en grâce avec Dieu.

3. Pour avoir cette Contrition, il faut la demander à Dieu par des prières humbles et ferventes. Nous i)ouvons bien par nous-mêmes offenser Dieu, mais nous ne pouvons sans son secours nous en repentir ôomme il faut. Nous devons ensuite réfléchir sur les motifs qui sont i)ropres à l'exciter dans notre cœur. Considérons quel est celui que nous avons offensé ; c'est notre Créateur, c'est notre Père, qui nous comble de biens, qui nous a rachetés au prix de son sang: quelle ingratitude! Considérons ce que nous avons perdu par le péché ; un bonheur éternel nous était réservé, et nous n'y avons plus aucun droit : quelle perte ! Considérons à quoi nous expose notre péché ; il nous rend dignes d^ l'enfer, ce séjour de larmes, de rage et de désespoir, où l'on brûle éternellement î quelle horrible destinée! Considérons surtout ce que Jésus-Christ a souffert pour l'expiation de nos péchés et pour nous mériter la grâce du pardon. Il n'est pas possible de réfléchir sérieusement sur ces grandes vérités sans en être ému, et sans concevoir de la haine pour le péciié — \

3. Pouvohs-noli^ par nous-mêmes avoir une pareille contrition, et que faut-il faire pour l'obtenir ?

t. Il \ M <U'UX sortes (le <'niitiition la p3ii'tuit<' <*( riin parlaiU', <|n'<ui jipjMlIr aus>i AHiH'nm, La ( 'oiilrilioii pauluitc t'st une (ioiih'ur <riiv()ir oHciih^î \)\ki\\, vawU'is parce (lu'il thI soiivcraimiiM'iit Ixui et »ouvc*niineinent aiinaMr, v\ «pir U* prclir lui <lrplaîl : son motif r>t donc l'ainour de hini : an>si son rllit <'st de remet tu* If péeh^* ]>ar elle même, poni\ »i «pii-lh* soit Jointt' au désir et à la Nolonté de se <'oii Iriser. \ .\\ roiiliilion inipaifaite ou r Atti'itiou e>l une donlrni (l'ax oir olîensé Dieu, eansé<^ par la honte d'avoir commis le |»rch(''. par la craint»' d'en recev«Mi- le châtiment, ou pai* la p<rt<' delà héat it iide étenu'lle. I/Altrilioii notant pas produite par desmotifs assez j élevés lu' i)eul par t'lle-nH*'me remntie les jiéohés; mais elle snllit étant joiide à rAhsolntion. pouivu (|u'elle renfeiine Tespérance du pardon et nn ( ommencenn-nt d amour de l)ieu. I/at l lit ion. du ri'ste, doit, connue la Contrition parfaite, être intriifi/n. surmitfirrllr. soiivrraiiw cl ttnircrs('//r.

IvXKMTLK. — Un ])èr(^ avait trois enlanl> (pi il envoyait tous les jours, dans une ]»rairie. jjuur i^arder trois ])etits a.uneanx dont il leur a\ait conlié le .soin. Il arriva (pTun jour les entants s'endormirent, et ((ue. j)endant U'ur somnuMl, les loups sortirent <Viine forêt voisine, se jetèrent sur les auneaux et les (Mn})ortêrent.

Les enfants, éveillés par les hêlenuMits ])lainlifs de leurs ai;iieaux, voyant au loin les loups (pii les emportaient, étaient tous trois inconsolables. ]Mais voici qu'elle était la cause de leur chagrin : Le plus âgé disait : '* Je pleure parce ipu^ mon j)ère me fra})i)era et me mettra en pénitence pour avoir laissé emporter mon agneau : sans cela, je ne pleurerais })as. -' Le second disait: "Pour moi, je pleure à cause des pénitences qu'on va me donner et aussi à cause du chagrin que mou père éprouvera ([uand il saura (|ue les loups ont mangé mon agneau." Le })lus jeune, (pii pleurait plus amèrement que les autres, disait : " Mon bon père sera bien désolé: j'aiuierais mieux demeurer en pénitence totite ma vie plutôt que de lui causer un tel chagrin.*' Le premier de ces enfants est l'inuige du chrétien qui n'a qu'une crainte servile ; le second représente le pécheur qui a la contrition imparfaite, et le troisième est Limage de celui dont la contrition est parfaite. — Mgr. Gat'MK.

4. Combien y a- 1- il de sortes de contrition, et quelle diflférence y a-t-il de Tune à l'attire ?

270 DU FKRME PROPOS.

ARTICLE lîl.

Du ferme propos.

1. On ne peut pas obtenir le pardon de ses péchés si l'on n'y renonce de tout son cœur, et si l'on n'est dans la disposition (jiic le saint ioi David exprime par ces paroles : " Oui, je l'ai juré, je rcxécuterai. je garderai les saintes ordonnances de votre justice." Dieu s'explique luimême, dans l'Ecriture, sur la nécessité de ce bon propoh : '' Que rim])ie (juittc sa voie, et le pécheur ses pensées, (^t qu'il retoiu'ne au Seigneur, et je lui ferai miséricorde." Il n'y a donc de miséricorde à es})érer (pie pour celui (pii renonce au })éché. Dieu ne nous pardonne nos péchés qu'autant que nous nous en repentons sincèrement, et (piand ce ie])entir est sincère, il renferme nécessairement le ferme i)ropos ; car ne serait-ce pas se moquer de Dieu que de lui demander j)ardon d'un péché que Pou voudrait encore commettre ?

2. Il y a trois marciues auxquelles on peut reconnaître le bon proi)os : la i)remière est de changer de vie. Un jeune homme était orgueilleux, emporté, indocile, men teur, négligent dans ses devoirs, dissipé dans ses exercices de piété : il devient doux, humble, obéissant, appliqué au tvavail, vrai dans ses discoui*s, recueilli dans la prière, modeste à l'égîise : voilà une preuve sensible de la sincérité de sa résolution ; on ne peut douter qu'il n'ait eu le bon propos. Mais ne peut-on pas dire que celui en qui l'on n'apeiyoît aucun changement de conduite n'avait pas renoncé véritablement au péché? que ses promesses n'étaient que sur les lèvres, et non pas dans le cœur ? Il est difficile (pi'il y ait un véritable repentir où il n'y a pas d'amendement.

3. La seconde marque est d'éviter les occasions qui portent ordinairement au péché. Il y en a de deux sortes : les unes portent au péché par elles-mêmes, comme les mauvais livres, les mauvaises chansons, les peintures déshonnêtes, les mauvaises compagnies. Les autres ne sont occasions de péché qu'à cause de la faiblesse et de la disposition des personnes qui s'y sont engagées : telles sont certaines professions légitimes par elles-mêmes

I. Qu cnlend-on par ferme propos ?— 2. Combien y a-t-il de marques qui font connaître qu'on a eu un ferme propos de ne plus pécher, et quelle ^$t la première ?— 3. Quelle est la seconde marque du ferme propos

1)1 I I.KMI. l'U«»rur, li71

niaits qui deviomjtîiit une cx'oiflion procbuin** tlotStUMàr Dit'U i>our iM'ux i[\\\ n'ont noint nsHcz <lc' Innu^ro et auMZ (lo foret» ])oiir vu remplir Ich ilevoii*s. On rHt obligé de «initier tontes ces occnsioiiM, et si l'on y <lonuMire volontairenient, c'est une injir(]ne que l'on n'a [>as un ferme j)roiK)H (le HO corriger. Le Siiint-Ivsijrit nous avertit que i'f'lui qui aime Ir ihimjrr, y prrini. Il en eoAto quelquefois beancoup pour se si^'pairr «les oeeasions ; nniis il faut se résoudre A en faire le sacrilice. si l'on ne vent pan se perdre pour lélernilr. ("est le sens de ces paroles <le Notre-Seignenr : ' Si \o(i-e u'il droit on si votre nniiii tiroite sont p(»nr vous nu sujet <le scandale et de cbute, arrache/-les, et jetez-les loin de vous ; ear il vaut mieux poni- vous (pTun «le vos membres périsse (jue si votn» corps était Jeté tout entier <lans l'enfer." ( "est-:\-dire : ipuind ce qui vous porte au péclié vous serait aussi clier et aussi précieux (jne votre (pil «h*oit et votre main droite, il faut vous en séparer, si vous voulez vous sauver.

Comparaison. — C'est en vain (pie nous chassons les mouches des mets qui couvrent la table, si on y laisse tout ce qui est doux et sucré; cur à peine les avons-nous chassées (pi'elles reviennent. (Vest ainsi que l'on doit écarter tout ce ((ui ])eut attirer le i)éché, et, par là, on entend surtout les occasions prochaines ; sans cela, le ])éché lui-même fera de nouveau son apparition et vous maîtrisera i^lus que jamais.

4. Kntin, la troisième mar({ue d'un ferme propos est de travailler à détruire ses mauvaises habitudes, c'est-à-dire la facilité à commettre certains ])échés où l'on tombe fré- (piemment. Il faut pour cela veiller beaucoup, sur soimême, se confesser souvent, faires des actions contraires à ses habitudes : ])ar exemple, des actions de douceur contre la colère, d'obéissance contre l'indocilité, et s'im- ]>oser à soi-même quchpie ])énitcncc toutes les fois qu'on aura succombé à sa mauvaise habitude. Sans doute, à raison de la faiblesse humaine, il pourra bien arriver que celui qui avait le ferme propos retombe encore dans les fautes qu'il ne voulait plus commettre : mais alors il eu gémit devant Dieu et se hâte de s'en puritier de nouveau par la Confession. Mais si l'on ne fait aucun etibrt pour vaincre une mauvaise habitude, si Ton n'évite pas les

i. Quelle est la troisième mî^ro^ue du ferme propos ?

272 DK LA CONF?:SSION.

dangers d'y retomber, si les chutes sont aussi fréquentes qu'auparavant, c'est une marque certaine que l'on n'a point eu le bon propos.

Exemple. — tJn habitué d'une maison de jeu, où il perdit en un instant ])lus d'argent qu'il n'en gagnait en une semaine, se faisait habituellement accompagner par un chien qu'il appelait Phylax. Vn jour, un ami de ce joueur le rencontra ; et, étonné de ne pas le voir avec son compagnon ordinaire, '' Comment se fait-il, lui dit-il, ((ue votre Phylax ne soit pas aujourd'hui à vos côtés ? — Ah ! pour de très-bonnes raisons, répondit le joueur ; la dernière fois que je l'ai mené dans la maison où je vais, il y a été accueilli par une grêle de coups ; or, il ne l'a pas oublié et je ne puis le décider d'y revenir. — Avouez, répliqua l'ami avec une rude franchise, que Phylax est plus sensé que son maître, qui, dupé maintes et maintes fois dans la même maison, y retourne néanmoins."

Ce fait est un épisode frappant de l'histoire générale du péché. L'animal se rappelle toujours les coups qu'il a reçus, le lieu et l'occasion où ils lui furent administrés, tandis que l'homme qui est si rudement frappé dans son âme chaque fois qu'il commet le péché, oublie aus.sitôt ces coups et ne laisse pas que de s'y livrer de nouveau ! — Melher.

ARTICLE IV

De la Confession.

1. La seconde partie du Sacrement de Pénitence est la Confession, c'est-à-dire l'accusation de ses péchés faite à un prêtre api)rouvé, pour en recevoir l'absolution.

Tous les prêtres reçoivent dans leur ordination le pouvoir de remettre les péchés, mais ils ne peuvent l'exercer qu'en vertu d'une mission ))articulière de leur évêque, qui leur fixe le lieu et l'étendue de leur juridiction.

Tout prêtre qui n'a pas reçu cette mission, ou qui exerce sans l'autorisation de son évêque, ne peut remettre les péchés.

Il y a aussi des crimes graves dont le Pape et les évêques se réservent la rémission afin d'en inspirer plus d'horreur, c'est ce qu'on appelle des cas réservés.

1. Qu*entend-on par la Confession, qui est la seconde partie du sacrement de PéniteixcQ

'^ LES PECHES SERONT REMIS A CEIX A Mil VOUS LES REMETTREZ. '*

2. Il faut ar<'ii>ri i«»ii- m- |.i . h» m-MitlH «ju'on n conuins, inôim* vv\\\ <|iii sont rc.st/*M riiclic*H ati ToimI <Jii ctiMir, coininr 1rs mauvais (Irsjiw ^>\ 1rs mauvaises ])vuyU*('H, vU\ i'vWr ohli^ation «'st une suitr «lu |»ou\nir (|ur J/»sus- (/hrist a «loinio A ses Apotros, et en leur [MTsonne aux prêtres <|ui leur sueeèdent en <'e ministère, <lr reniât tn* et (le retenir les péchés en s«»n nom, eai ils ne jM-uvi'iit jiiK<*r <le l'étal <l<*^ e(ms<n'nrr> s'iU m» le ('«mnais^nil pa^, et ils ne peuvent le eonnaîtrr <(Ur par la confe-^ion <nu* Ir^ péeheurs rn lonl <ux -mêmes.

.'5. La Conléssiim doit être huinbh\ ninerrc el tiiturr. Humide, car ('«'lui (pii se conl'csst^ <loit se r<'pirder c(>mmc uneriminvl de lèse-majestê divine, (pii a mérité des supphces éternels, et (pli, ])rosterné aux pieds du ministre (le Jésus-Christ, fait amende honorable pour tant de j)éeh(vs (pi'il a commis, et demande ;\ son juirc un pardon qu'd se reconnaît indi<::ne d'obtenir, mais (pi'il esj>ère (H»pendant de la bonté divine. Sinct;re, c'est-à-dire qu'il faut accuser ses péchés précisément comme on les (U)nnaît, sans détours ni artifice, comme sans exap;ération. Entière, c'est-à-dire (pi'il faut déclarer le nombre, respèce et les circonstances consi(léial)les : le nombre, en disant, autant qu'il est possible, combien de fois on a commis chaciue péché ; Tespèce, car ce n'est point assez de dire en général qu'on a beaucoup péché, mais on doit dire en particulier quelle sorte de péché l'on a commis, si c'est un vol, une médisiince, un mensonge, etc. ; sans cela, le confesseur ne pourrait pas juger de l'état de la con.science, ni prescrire les remèdes et les pénitences convenables. Il faut encore déclarer les circonstances considérables. Il y en a de deux sortes: les unes changent l'espèce du péché*, par exemple, voler dans une église n'est pas un simple vol, mais un sacrilège, qui est une espèce de péché plus considérable que le vol. Les autres font que le péché est plus grand sans changer l'espèce : par exemple, dérober à quelqu'un, c'est un larcin : mais prendre deux ou trois francs à un pauvre qui n'a rien autre chose pour vivre, c'est un péché bien plus considérable que de les prendre à un riche: c'est là une circonstance qu'il faut déclarer. Mais, pour être en état de déclarer ainsi ses j)échés, il faut les connaître exactement : de là la nécessité de Texamen.

2. Quels sont le? p«5chés qu'il faut accuser en confession ?— 3. Quelles qualités doit avoir la confession, et en quoi consistent-elles ?

274 KXAMKN 1)K rONSCTENCK.

ExKMPLf,.— Liinperatrice .JcaiiiK-. i)rince.sse orn^c r]e toutes les vertus, avait choisi pour son directeur saint Jean Néponuicènc, chanoine de Prai^ue. Wenceslas, cpoux de rinipcralrice, ^'tait très jaloux, et il intei^prétait mal les actions les j)lus innocentes de son épouse, la soupçonnant d'infidélité. Un jour qu'elle venait de se confesser, il va trouver le confesseur, et l'interroge pour savoir si ses soujx/ons étaient fondés. Le saint lui dit ([u'il ne ])eut parler, ([ue le secret de la confession est inviolable, que toutes les connaissances acquises par la confession sont comme si elles n'étaient ])as. L'empereur, irrité, garde un morne silence. (Quelques jours après, il fait revenir le saint devant lui ; il emploie les caresses, les promesses, les menaces, pour l'engager à révéler la confession de l'impératrice ; tout est inutile. Il le fait traiter avec la plus grande inhumanité, sans pouvoir rien obtenir. Enfin, il le menace de la mort, s'il ne satisfait à ses désirs. '* Vous pouvez me faire mourir, répond saint Jean Népomucène, mais vous ne me ferez pas parler." Wenceslas, furieux, ordonne qu'on le jette dans la rivière pieds et mains liés. Le Martyr fut bientôt étouffé sous les eaux : des personnes pieuses enlevèrent son corps et le mirent dans nn tombeau, où il s*oj)éra un grand nombre de miracles. — Fklij:]{, Dict. Hist.

ARTICLE V

Examen de conscierice.

1. La nécessité de l'examen de conscience est fondée sur celle d'accuser tous les péchés qu'on a commis : comment les accusera-t-on si on ne les connaît pas? et comment les connaîtra-t-on si on ne les recherche pas ? Le saint Concile de Trente exige qu'on se prépare à la Confession par une discussion soigneuse. Sans cet examen sérieux, on serait exposé à ne pas connaître tous ses péchés, à ne pas les confesser, et, par une suite de cette négligence, on n'en obtiendrait pas le pardon. Au lieu de rentrer en grâce avec Dieu, on s'exposerait à devenir plus coupable à ses yeux.

2. Il y a surtout des péchés qui demandent une attention particulière dans l'examen de conscienQ^ : ce sont les omissions de ses devoirs et les péchés d'habitude. Il

1. Sur quoi est fondée la nécessité de l'examen de conscience, et comment faut-ille faire?— 2. Sur quels péchés faut-il porter une attention particulière ?

KXAMKN I»l. r()N>rii:.Nt K */75

faut aiiKsi H'rxiimiiHT as ri- >r\riit<'' sur rrriains p^'m'Iu's que l'on c\st portr i\ n»^anUT couirno l<'*gerM, quoMju'iU soient griefs (le \v\ïv nature, : tolloft Bont Ich muuvm • ixMïs^Ts, telles Kont encore heaucouj» «le fautc^H f)piM>r*<*eH a la <'haiité.

.'». Avant Inul, il faut «Irnumder à Dieu les lumières pour bien se eonn:iît re soi-niênie, puis rentrer dans sa eonseienee et reeliereher ses fautes avec le désir sincère île l)ien les connaître tout<'s et dans toute leur gnivité, iitin {\v les a<'cuser lidMrnieiit.

t. Ii«>rs(|u'oii s'cxaniineia poui- faire une confession ^énéiale, ou une confession «pli <lati* de j)lusieurs années, il sera utile i\ certaines personnes de nu'ttre par écrit, en al>régé, les péchés qu'elles reconnaîtront avoir commis. Pendant l'exanuMi de conscience, on fera très-bien de penser ((Ue Dieu est piés(Mit, et d«' lui dire souvent: Sei- .nueur, faites-moi connaîtie le nombre et l'énorniité des ])échés (pie j'ai commis, et accordez-moi, parles mérites de Jésus-dirist, la ^râce de les confesser entièrement, et de les détester souverainement. Après l'examen, on doit s'exciter à la ('ont lition, (i , après s'y être excité, il faut produiie de cœur des actes de Contrition. On conseille de réciter alors bien lentement et avec beaucoup d'attention : Je me confesse à Dieu touf-pvisxanf, etc.

ExKMPLK. — Un jour, un campagnard (pii ne s'était pius beaucoup préoccupé d'examen de conscience, se présente pour se confesser, et, s'adressant au prêtre, lui dit :

Voudriez-vous bien entendre ma confession? — Volontiers, moucher ami. répondit le confi's.seur, mais Siichez bien que Dieu rentendra aussi:" A ces mots, le pay.^an est saisi d'etfroi : " Si Dieu entend au.<si ma confession, je veux d'abord rértéchir un peu mieux à ce que je vais dire, et m'examiner plus attentivement.*' s'écria-t-il.

Oui, Dieu entend notre confession, et c'est pourquoi nous devons sonder notre conscience comme si Dieu était visiblement présent à nos yeux.

3. Que faut-il demander à Dieu avant de faire l'examen de sa conscience?— 4. Quels autres moyens faut-il prendre pour bien faire son examen ?

27G DK LA CONFESSION BACRILèCE.

ARTICLE VI

De la confesaion iacrilègê,

1. Recevoir l'absolution sans les dispositions nécessaires, c'est non-seulement la rendre nulle et sans effet, mais c'est encore commettre un nouveau péché, un sacrilège, puisque c'est profaner un Sacrement. Alors, au lieu d'apaiser la colère de Dieu, on l'outrage, on foule aux pieds le sang adorable du Fils de Dieu, qui, tombant sur un sujet indigne, est profanéd'une manière criminelle : on change en i)oison le remède qui avait été préparé pour nou3 guérir. Cependant combien n'y a-t-il pas déjeunes gens qui se rendent coupables de ce crime !

2. Quelles sont les causes d'un malheur si déplorable ? Dans les uns c'est la honte de déclarer certaines fautes.

Le démon, cet esprit de malice et de mensonge, diminue à leurs yeux l'éuormité du péché avant qu'ils le commettent, et leur en montre toute la laideur, lorsqu'il s'agit de s'en confesser. Rien n'est plus mal fondé que cette mauvaise honte. Le confesseur est obligé au secret le plus inviolable par toutes les lois divines et humaines: lui découvrir ses péchés, c'est comme si on ne les découvrait à personne. Hors du tribunal sacré il ne peut faire aucun usage de ce qui lui a été dit ; on ne peut avoir à craindre de sa part ni reproches amers, ni insultes ; c'est la charité, c'est la douceur qui lui dictera les avis qu'il vous donnera. Celui à qui vous déclarerez vos fautes n'est point un ange ; c'est un homme semblable à vous, environné comme vous de faiblesses, et par conséquent porté a avoir compassion des vôtres; c'est un ami fidèle,' qui ne désire que votre guérison et votre retour à la vertu ; c'est un père tendre, qui sera touché des marques de confiance que vous lui donnerez, et qui ne songera qu'à vous secourir dans un besoin si pressant. Dites-moi, la honte vous retient-elle quand il s'agit de découvrir à un médecin quelque mal secret, surtout lorsciue la mort est à craindre en le tenant caché ? L'amour de la vie ne fait-il pas vaincre toutes les répugnances ? Comment donc cèdet-on à la honte quand l'âme est blessée d'une plaie mortelle ? comment n'a-t-on pas la force de la découvrir à celui qui peut y appliquer de salutaires remèdes ?

1. Qu'arrÎTe-t-il quand on a eu le malheur de recevoir l'absolution sans les dispositions nécessaires ?— 2. Quelles sont les principales causes d'un crime si déplorable, et à quoi faut-il penser pour l'éviter?

IfcK I.A CONKF>4SION Hi\CRir>.c;K. Til

I)'aill«Mirs {\\\v j;ji^iu' l-oii à «h'iolM riinjounl'liui au coiitt'HMiMir lu conimiHsaiHMî (l« hcm fi^chi^'H? IVut-oii lu <l/;n)l>cr jYDIcuV Nr raudra-l-il pas les cou fesse r tAt ou tard, ou prrir /^Irrnrllcmriit , cl voir nu jour <'<*h ui/*uh!M \}M\(^ d^^^voilés aux yt-ux (h* (ont l'univ^Ms?

Il ru est (Tautrt^s ({iic la rniintr dr ue pits faire leur première ('oiuunmi<ui ou leurs IVupU's euipéehe de ne découvrir au ecuifesscui- ; mais lien n'rsl plus iu.s<'nsé (jue <le profaner <leu\ Sa< renniit^ poni nr pas niaiHpnT :\ la première Conniuinion on an drsoii- pascal.

W. Parmi CCS pcnitcnls (pii reçoivent ainsi 1 absolniiou sans les dispositions nécessaires, les uns prenin*nL cette rémission apparente ]KUir une rémission réelle ; ils ne

t)euseut plus à se repentir d(^ leurs péchés, profanent toua es saerenuMits ((u'ils reçoivent dans la suite, et meurent prescpie toujours dans rimpénitencc : il'antres se reprochant toute leur vie un crime si énornu*, sont exposés à un affreux désespoir, ou s'endurcissent dans le mal et y persévèrent jusiprà la mort. Allez en paix, aura dit le ministre de Jésus-Christ aux uns et aux autres de ces faux pénitents : et Dieu leur diia : Allez avec ma malédiction ! Le seul remède à un aussi grand mal, c'est une Confession générale faite avec toutes les dispositions nécessaires.

4. Celui, au contraire, qui a ouvert son cœur tout entier au confesseur, et qui a emj)loyé le temps convenable à s'éprouver, est bien dédouanage ensuite de la légère épreuve à laquelle il s'est soumis : ce temps a été court, il est passé ; il ne reste plus que le témoignage d'une bonne conscience ; il croit que sa communion a été bien faite ; la paix règne dan 3 son cœur ; pendant tout le cours de sa vie il bénira l'heureux moment où il a remporté sur lui-même une victoire qui lui assure une douce tranquillitésur la terre, et son salut éternel après sa mort.

Exemples. — Commencer la Confession par ce qui fait le plus de peine à dire. — Ce qui coûte le plus à dire doit être mis en tète de sa confession ; il en est des aveux comme des potions médicales : il n'y a effort à faire que pour le premier. Un pécheur bien connu par ses crimes aborda saint François de Girolamo. et, se jetant à ses pieds : '* Ah ! cher père, par chariié, ne me chassez pas ! — Et

3. Quelles sont les suites malheureuses d'une confession sacrilège? —4. Quels sont les heureux efifets qui résultent, au contraire d'une entière confession ?

27S DE I.A MANFKRK 1)K SK fîONEESSEU.

|)()ur(jU()i te chasserai-Je. mon ciifaiil, (iuaiid Notre-Seigneur va lui-même à la recherche des pécheurs ? dit le saint. Voyons, combien de temps s'est-il écoulé depuis ta dernière confession ? " Le pénitent pleurait et n'osait répondre. " Eh bien ! reprit le père, y a-t-il bien vingt ans ? — Ah ! père, il y a plus ! — Trente, quarante ans, peut-être? — Hélas ! il y a })lus encore. — Allons, courage; c'est donc cinquante ans? — Justement, mon père, il y a cinquante ans que je fuis le bon Dieu ! — Fuir le bon Dieu ! observa le saint ; ah ! reviens, mon fils, reviens à ton Dieu, à ton père, heureux enfin de ton retour." Le vieux pécheur sanglotait, le saint i)leurait aussi, mais de joie, car Dieu retrouvait une âme perdue. — Boxs Mots DES Saints.

— S. Augustin a eu le courage d'écrire sa confession ; il publia ses erreurs et ses désordres, afin qu'on connût de toutes parts la miséricorde que Dieu avait exercée à son égard en lui pardonnant ses crimes. Le courage qu'il eut de dévoiler ses iniquités attira sur lui de si abondantes bénédictions, qu'il est devenu un grand saint.

ARTICLE VII

De la manière de se confesser,

1. On se met à genoux pour se confesser, afin d'exprimer, par cette posture humiliante, qu'on est dans la confusion et pénétré de douleur d'avoir offensé Dieu, dont on reconnaît que le confesseur est le ministre. Il faut donc alors s'humilier intérieurement et se repentir véritablement de ce qu'on a eu le malheur de pécher.

2. On donne au prêtre le nom de Père : A^otre confesseur est le père de votre âme : sa fonction dans le saint tribunal est d'établir Jésus-Christ dans votre cœur, de ressusciter en vous la vie delà grâce si vous l'avez perdue, ou de l'augmenter si vous êtes vivant aux yeux de Dieu par la justice. Regardez-le comme un père tendre qui a du zèle pour votre salut : s'il est votre père spirituel, vous devez l'honorer, avoir en lui une grande confiance, et être disposé à lui obéir.

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