DU SACREMENT DE I/EUCHARISTIE
Il a déclaré que celui (jui uiange sa chair et boit son sang aura la vie éternelle, et qu'il ressuscitera au dernier jour ; ai)rès une telle promesse, quelle confiance ne devons-nous pas avoir en sa bonté! Allons donc à la sainte table dans la même disposition (pie cette femme de TKvanj^ile (pii disait en elle-même : Si je touche senlenient le bord de sa r()])e, je serai guérie, et qui effectivement le fût à l'heure même.
L't]ucharistie est un Sacrement d'amour ; c'est par un amour incompi'éhensible que Jésus-Christ l'a instituée ; ne serait-ce pas une inj^ratitude monstrueuse de la recevoir dans un cœur froid et indifférent? Mais cet amour doit être accompagné de profonds sentiments d'humilité, d'adoration et de reconnaissance.
Que recevons-nous dans l'Eucharistie ? Dieu lui-même, le Créateur et le souverain Maître de l'univers. Celui dont la puissance, la sainteté et toutes les perfections sont infinies. Que sommes-nous ? Nousn'avons de nousmêmes que le néant et le péché. Humilions-nous donc devant notre Dieu, et reconnaissons, avec le centenier de l'Evangile, que nous ne sommes pas dignes de nous approcher de lui ; adorons-le dans un saint tiemblement, et prosternons-nous à ses pieds ; car, quoiqu'il soit caché sous le voile des symboles eucharistiques, il n'en est pas moins notre Dieu. Excitons dans notre cœur une reconnaissance sans bornes ; si elle doit se mesurer sur la grandeur du bienfait, quelle doit être la nôtre pour un don qui est infini !
4. Il faut aussi que le corps contribue, à sa manière, à honorer l'hôte divin qu'il doit recevoir. Il y a deux <lispositions du corps : la première est d être à jeun ; l'p]glise l'a ainsi ordonné, dès les premiers siècles, parres- ])ect pour cet auguste Sacrement : elle n'en dispense que ceux qui, étant dangereusement malades, le reçoivent comme viatique. La seconde est d'être à genoux et d'avoir l'extérieur le plus modeste et le plus recueilli qu'il soit possible. Cette posture du corps et ce maintien annoncent les sentiments d'une âme qui s'abaisse profondément devant la Majesté suprême.
Exemple. — Dieu, irrité de l'endurcissement de Pharaon, et touché des justes plaintes de son peuple, résolut de punir ce prince opiniâtre, et de délivrer son }>euple de
4. Quelles sont les dispositions du corps pour la réception de la sainte Kucliaristioi'i
DÎT HArur.MKN'r l»l, I. l.rrHAKIHTIl 'ÎKÎ
la s«'r\ itinlt' dans liniurllr il ^oiniKHiiit. l^naixl Ir l4*nj|»s nian|uô paiHt'.s d^'ic^tH ^«tmirlH Ait arriv?', il «îiivoyii un \\\^o (*x(t'nninat('ur (|ni tinifii nnr unit toiin h«M [ircniicrnn^'s (Irs M^ynticiis ; nuiis il ortionna îi non piiiplc <!«• sarrilirr la vt'ilh' im ;it»nrau, (lo Ir iiuiiii^rr <l;ins r)i:i(|iif fainillr, rt i\r mar<|Uci *\r h>m ^aii^ la portr <!<• rliaijiir maison, afin <|n(» l'An^r ininistic dt» wh veiijçeanrert {»\mv- ^nat h's (Mifants de ce ncuplr choisi.
INmi apivs il 1rs nonnit <1<> la niannr, «pi'il lit IoimIm r <lii <'i('l pcinhint (piMiiintr ;iii-.
l*ourrait on ne |»as r<'('uim:iil n «hms ('<*s «h-nx li^nifs la divines Kncharistii' ? Lrs dillércnts rajiporls (pii se tron- \(Mi( l'ntiv l'onihi'c et I:i véiité sont troj» frappants ponipouvoir s'y lioinpt r.
Les Israélites (pli élairnt U'pcnpicde J)ien, Ini'ent les seuls anxijuels il fut oidonné (l'innnoler cet agneau mystérieux : l'Ange exterminateur épargna toutes les familles des Israélites dont les portes étaient marcpiées d<» son sang. Ixapprochons la ligure de la réalité : les Chrétiens sont lesseuls ((ui aient le droit d'ininnjler le divin Agneau paseal : l'Ange ministre i\rs vengeances de I)ieu épargne tous eevix (pii sont niar([ués de son sang, et Jésus-( 'hrist a commandé aux fidèles de renouveler souvent ce sacrifice, en mémoire de leur délixrance d(^ la tyrannie <lu démon.
La manne, cette nourriture céleste, était encore une image bien naturelle du Sacrement de nos autels, p^lle est appelée le Pain du ciel : elle avait tous les goûts les plus délicieux ; les Israélites n'en mangèrent (pi'après avoir été délivrés de la cai>tivité de Pharaon.
L'Eucharistie, comme nous le dit Jésus-Christ, est le Tain vivant (pii est descendu du ciel ; elle est la source féconde de toutes sortes de grâces, et l'on ne peut s'en nourrir qu'après avoir secoué le joug du démon, c'est-àdire après être sorti de l'esclavage du péché.
ARTICLE II L Des effets de l' Eucharistie.
1. L'Eucharistie produit des effets admirables dans ceux qui la reçoivent avec de bonnes dispositions.
Le premier effet de l'Eucharistie est de nous unir intimement et de nous incorporer à Jésus-Christ. On
1. Combien d'effets produit la sainte Eucharistie quand elle est reçue dignement ? Expliquez par une comparaison la manière dont ce Sacremtat n*u* unit à J.-C-
2i)4 DU SACRKMKNT DK I/KUCIIARISTIE.
peut être uni i\ Jésus-Christ par la foi, eu croyant toutes les vérités qu'il a révélées ; on peut aussi s'unir à lui par la chiirité, eu l'aimant parfaitement : la foi lui soumet notre esprit, la charité lui attache notre cœur. Mais il y a une union beaucoup plus intime et plus parfaite, c'est celle qui se fait par la participation de sa chair sacrée et de son précieux san<j:: cette union est l'effet propre de l'Eucharistie. Jésus-Christ se donne à )ious tout entier, il unit son corps avec le nôtre ; par cette union nous devenons un même corps et un même esprit avec lui. Comme les aliments cjue nous prenons nourrissent notre corps, de même la sainte Eucharistie nouriit notre âme. Il y a similitude parfaite ; car, de même que ces aliments se changent en notre substance, de même la communion nous transforme en Jésus-Christ. C'est ce qui faisait dire à l'apôtre saint Paul : " Ce n'est plus moi qui vis: c'est Jésus-Christ qui vit en moi."
2. Le second effet de l'Eucharistie est d'augmenter, d'affermir et conserver en nous la vie spirituelle de la grâce. Notre divin Sauveur, devenu l'aliment de nos âmes, n'y reste pas sans agir : il donne un nouvel accroissement à sa grâce ; il nous affermit dans son amour, et nous fait conserver ce précieux trésor avec une fidélité constante ; de là cette sainteté soutenue que nous admirons dans ceux qui communient dignement. Voulezvous savoir ce qui soutient ce jeune homme dans une piété qui édifie tout le monde, dans une régularité de conduite qui le rend le modèle de la maison où il se trouve ? C'est la sainte Eucharistie, qu'il reçoit souvent, et avec de saintes dispositions.
3. Le troisième effet de cet auguste Sacrement, c'est d'affaiblir en nous la concupiscence et de modérer la violence de nos passions. Nous naissons tous avec une forte inclination au mal; elle est comme un venin qui s'est répandu dans toute notre nature par le ])éché du premier homme. L'Eucharistie ne nous en délivre pas entièrement, mais elle en affaiblit la malignité ; c'est pour cette raison que les Pères de l'Eglise l'ont appelée un antidote, un contre-poison. C'est, en effet, ce qu'éprouvent toujours cetix qui reçoivent souvent et dignement cet auguste Sacrement ; ils sentent leurs forces augmenter, et celles de leur ennemi s'affaiblir.
2. En quoi consiste le second effet de cet auguste Sacrement?— 3. Quel ç8t en nous le troisième effet de l'Eucharistie?
t. ).«' 4|iiii(ririiH' cn'rl <lc riMirliiirintir est <lr iiouh «ion nt'i- U^ gagr (l^^ la vir /'tmicllr ri «le lu r6Hurnî<'lion x'^>rirusr. ("rst .I/'siis-C 'hrist lui-inr'iiu* (jiii îïoum rtinvifi^uv rrttc (Muisolniilc \YTit(' ; '' Crliii «jiii iiian^r ma chair <*t hoit m(Mi saii^ a la vie rlmu-llc, ri jr h- rrs.Hii.Mriirrai au (li'iiiiiM' jour.'' lia vi(Miur lasaintr Miirharintii* coininiiniqiu» i\ rAnu' «'sl If «•oiniiu'ncrimnl «t rnimm* un avantjjjofit «le la \ ir hicnhrurniv»' ; (I <<ih' \ ir «Icinrurrra rn nous et sna ('Icnicllr, si lions iir ihhis vi\ privons pas \ oloiitaiiM'ini'nl. ( 'c divin Sacrcnu'iil a)^it nirnir sur noH corps; il y est comme une semence r\ un ^erme d'immor- (alitc, (jui les fera un Jour renaître de la pousssière du t(Mnheau et les revêtira de toutes les <|ualitcs ;rlori<'Uses.
Ô. I^a présence de Jésus-Christ en nous devient un ^nfi^a assuré de notre immoitalité, mais il n'y a (jue la comnninion laite «linncmcnt (|ui opère ces heureux ellets. La communion tiède diminue, en nous la vie de la ;xi*â<'<'. loin de raugmentor. (^uant à la c«»mmnnion sacrilège, il suflit dédire avec saint Paul «jue ceux <(ui ont le malheur de s'en rendre couj):il)lcs maniiicnt et l)oi\<'nt leur propre con<lamnation.
l^XKMPLi:. In jour (pic Jésus-Christ enseignait dans la synagogue de Capliarnaiim, ceux (pli l'écoutaicnt lui firent eette (piestion : " (^ue l'erons-nous jiour produire des œuvres de Dieu?'' Jésus leur répondit: ''L'œuvre de Dieu, e'est (pie vous croyiez en Celui qu'il a envoyé." A ees mots les Juifs lui re})li(pièrent : "Quel miraele done fail(^s-vous, alin (pie le voyant nous vous croyions? Nos i)ères ont mangé la manne dans le désert, selon (pi'il est écrit: Il leur a donné le pain du ciel à manger." Alors Notre-Seigneur, reprenant la parole, continua en ces termes : '* Kn vérité, en vérité je vous le dis, 3Ioïse ne vous a point donné le pain du ciel, mais e'est mou Père (jui Vvuis donne le véritable pain du ciel ; car le pain de Dieu est celui qui vient du ciel, et qui donne la vie au monde. C'est moi qui suis le pain de vie ; vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts; mais voici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain (|ui est descendu du ciel ; si quelqu'un mange de ce pain, il viviTi éternellement, et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. Celui qui mange ma
4. Quel est le quatrième eflfet do ce Sacrement ?— '>. Quand la communion opore-t-elle tous ees effets?
2^6 nr ^ACnKMKNT DK l/KTTf'HAnîSTIK.
chair vi qui IxiiL mon san^ a la vie éternelle, et jr If icssiisciteiai au dernier jour ; car ma chair estvéritableinenl viande, et mon sang est véritablement breuvage; celui qui mani;e ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui.''
(.^wo] (Ir i)lns clair ({ue ces paroles : Le pain que je don lierai, c'est ma chair ; ma chair est vérital)lement viand(\ et mon sang vciitablcmcnt breuvage? Kt ne démontrentelles ])as invinciblement la ])résence réelle de notre Seigneur Jésus-( .In-ist dans l'Eucharistie? S. Jean, VIT.
— Saint Denis rAréo})agite disait (juc la très-sainte Eucharistie })()ssède la vertu souveraine de sanctifier les âmes. On lit dans saint Vincent Ferrier qu'une communion bien faite ])roduit pour l'âme une plus grande utilité (pie huit jours de jeûne rigoureux. Que s'il arrive à quel- (pies-uns de s'approcher du sacrement sans profit pour la vie de l'esprit, la faute en est â eux. La privation des i'ruits spirituels ne vient pas, pour ces âmes, de la nourriture car il suffirait, dit sainte Marie-Magdeleine de Pazzi, ])our les sanctifier, d'une seule communion bien faite, mais de la froideur, de l'indifférence avec laquelle elles s'en approchent. Les sacrements, comme dit saint Thomas, opèrent selon nos disi)ositions. Donc, si la Communion ne produit en nous que peu ou point de fruit, toute la faute doit nous en revenir, car nous n'apportons pas à la table sainte les dispositions qui la rendent féconde. — {UAme dévote.)
— C'était pendant la guerre de Crimée. Un colonel français reçoit l'ordre d'enlever une redoute; il s'élance comme un lion à la tète de son régiment, qu'il électrise l)ar sa bravoure. Il reste calme et impassible au milieu des baïonnettes et de la mitraille, comme s'il eût été à une parade, ou occupé à passer une i-evue, et il enlève la batterie ennemie qui était fortement défendue. .. Son général, étonné, lui crie du milieu de son état-major: " Colonel, quel sang- froid ! Où avez-vous pris un pareil calme en face d'un danger si imminent? — Mon général, répond le colonel avec une simplicité sublime, j'ai communié ce matin.'' Et tous ceux qui l'entendent sont ravis d'admiration en voyant tant de courage uni à tant de vertu.
nu S.1C?RKMKNT DK I/KUriI AUIHIIK. 'JMl
ARTICU: IV
l>r ht ni'itrttfs*' (*(*tti7nintittn .
I. iVu.\ «|UI <'o|inimillr||| «Il rl;il ijr jilM'Iir Illoltrl irroi-
vt'n( vrrilaMcinciil Ir mrps ri \v sjiii^ dr .li'sii-f 'hrint, niais il ih' rrroismi |»as Ifs «riAc^'s <•( IfS salutain-s rlIrlH <1(* et' SacrciiKMii . Au ronlrairr, ils inuii^cnt et ils 1mm- \rin leur jujx^'nu'iil rt h'iir («UKlainiiatioii : c'(»Ht la t<Trihlr expression «lonl sr srv\ rapôtir siint I*aul : ** (fiiicon- {\Ui\ (lil-il, nianucra «le ce pain «1 hoira Ir calice (lu S<»i- Hiieni- indiuneincnl . c'«'st-à-<lii«' «laiis un état «le p6ch6 «(ui l'en rend indiune, sera coupable de crime contre le corps et le san»:: du Seimniir. (^ue l'Iioniine doue s^é- )>rouve lui-niênie, ipi'après <'ela il nnm^e de co pain et IxMve de ce calice: <*ar celui <pu boit et nianj^e indignement, nnin.ix(» et l)oit sa <'on<lanniat ion. ne faisant pas le <liscernement (juil doit du corps du Sei<xneur." ( 'es pu* rôles nous apprennent ((uel est le crime d'une niauvaif*e communion et (luelles en sont les suites.
2. Ce (M'ime est le ]>lus horrible <le tous les sacrilègeri, c't^st la profanation <lu plus auiruste de tous les SacrenuMits et de ce i^u'il y a de plus saint <lans la Reliirion: Celui (pli s'en rend cou})al>le profane de la mani^M'c la plus ont ra.iijeante rhumanit('' et la divinité de Jésus-Christ ; il unit, autant (pi'il est en lui, ce divin Sauveur avec l'iniipiité, en faisant couler son saiii:; adorable (huis des veiues infectées par le ]>éché. Ce crime est une perfidie et une trahison semblables à celles de Judas: comme lui. celui qui fait une communion sacrilège livre son divin ]\laître à ses ])lus cruels ennemis ; comme lui, après avoir été comblé de ses bienfaits, il viole les droits le^ plus sacrés de l'amitié et de la reconnaissiince : il le crucifie de nouveau, il en fait le jouet de ses passions, et il foule aux pieds le saug de la nouvelle alliance : ce sont encore les paroles mêmes de l'Apôtre.
Quelles sont les suites d'un crime si énorme ? Les voici : celui qui communie indignement mange et boit son jugement et sa condamnation. Le profanateur mange et boit l'arrêt qui le condamne ; il se l'incorpore. I^a nourriture se change au corps et au sang de celui qui l'a prise.
1. Quel est le malheur de ceux qui communient indignement, et que faut-il fîiire pour l'éviter?— 2. Quelle est Ténormité du crime d'un« mauvaise communion, et quelles en sont les suites?
20S DU SACUKMKNT 1>K T.'EUCnAKTflTIE.
elle devient une meino clio**!' avec lui : do rnArae le profanateur a mangé son jugement, il l'a, pour ainsi dire, changé en lui-même ; sa condamnation n'est pas seulement écrite sur un livre, ni sur des tables de pierre ou do marbre, mais sur son propre cœur ; elle a passé dans ses veines: il la ]><)rte sans cesse avec lui. O punition terjible, qui ne ])eut venir (pie de la colère d'un Dieu indignement outîagé !
Aussi arrive-t-il souvent que celui (pii a commis ce crime tombe dans un endurcissement de cœur et un aveuglement d'esprit qui le conduisent à l'impénitence finale. Nous en avons un exemple effrayant dans le perfide Judas: à peine a-t-il reçu indignement la sainte Eucharistie, que son es])rit s'obscurcit et que son cœur devient insensible • désormais rien ne l'arrête ; il se lève brusquement de table, et consomme son crime. A quoi stî termine son sacrilège? Au désespoir, à la mort, à la réprobation éternelle.
3. Il ne fîiut cependant pas conchire di' là que celui qui a fîiit une communion indigne doive désespérer de son salut: à Dieu ne plaise! (|uelqu(^ grand que soit son crime, il lui reste toujours une ressource, car la miséricorde de Dieu est infinie ; s'il y a recours avec un cœur contrit et humilié, il ne sera point rejeté ; ce sang précieux qu'il a profané peut encore le purifier. Mais ce que nous devons en conclure, c'est que nous devons prendre toutes les précautions possibles pour ne jamais tomber dans un si grand malheur, et que si l'on y était tombé, il faudrait promptement avoir recours au sacrement de Pénitence.
Exemples. — Les Livres saints ne nous présentent qu'un exemple de communion indigue: c'est celle de Judas, qui reçut son Dieu dans une âme souillée par l'avarice, et déjà agitée du projet de le trahir. Aussitôt Satan entré chez lui : il vend son bon Maître, il le livre à ses ennemis, sans que le baiser du Fils de Dieu ni le doux nom d'ami qu'il lui donne touchent le cœur de ce barbare. Quelle fut la fin de ce monstre, objet d'une juste et éternelle exécration ? Il tomba dans le désespoir et fut lui-même son bourreau : il se pendit : et ses entrailles criminelles se crevèrent et se répandirent. Son âme
3. Ne reste-t-il îiuouii espoir tle salut à celui qui a fait une communion indigne ?
m; HACIliCMl'iM DK I/KIMII AIUHTÎK. lîîK)
horrible luuibn ilnun U^ oiifoi*H, (lù elle «tflt depuis dix-huit cent. H lins, lleliis î ces Hii\*les <Mitii>4H/'*H 1i»m uiih mut 1c« autres nt^ sont î)as ni^me un j)<)int de IVrUîruitij qu'il lui faudra j»asscr <fans ce lieu de tourineutH !
<^ne cet exemple est terrible! I*ese/-en attriitivrnieut t(MUes les circonstances: voyez l'aveu^IenH'nt di; c<'l apôtre sacrih^e, s(ni endureisseuient, Hon désrspoir, et concluez <jne c'est nn crime bien déti-stîible (jue de communier indi^ncmml , |»nis<jn'il îitlirc apn''«s soi d<'s «'hs'itiineut^ si ('épouvantables
— rY»tait dans une vilb* du midi «b* la !• ranrr ; ohm; j)réparait ;\ faire la j)remicrt' comnuinion de la j)aroisse. La retraite est liiiie, le beau Jour tant souhaité arrive entin. Le ciel paraît pur, et le soleil send)le se lever plus brillant que de coutume, j>our éclairer l'entrée triom])bante de Jésus-Christ dans un ^Mand nombre de cieurs innocents; mais en même temps (|Uclh* terrible scène ne doit-il j>as éclairer! On se rcn<l :\ l'église; la joie brille sur tous les Ironts; un seul ])araît triste et soucieux. Le saint sacrifice commence, le chant des cantiques ])orte la joie dans tous les cœurs ; les voûtes .sacré(îs ri'tentisscnt de pieux accents. On voit toute une aimable jeunesse jxilpiter (Lespérance et d'amour. Voici le nu)meut d'aller à la sainte table. La Communion commence. Le plus )>rofond recueillement se fait remarquer. Des larmes d'attendrissement mouillent plus d'une paupière. Le l)i(ui caché fait sentir à tous les conirs son auuuste i)résencc. Mais qu'elle n'est pas la surprise des assistants, lorscpi'ils voient un de ces jeunes enfants tomber tout à coup renver.se, après avoir reçu la sainte hostie! On accourt, on le relève; il e.st roide, il ne donne aucun siirue de connaissance ni de vie. On l'emporte dans une maison voisine; on lui prodigue tous les secours. Les médecins arrivent; vainement ils essaient de le rappeler à lui. La messe finie, son confesseur s'empresse de venir le visiter. Il l'appelle, point de réponse; il rai)pelle encore, même silence. Enfin, on remarque des mouvements conviilsifs. Il ouvre des yeux hagards ; le confesseur redouble ses instances et ses caresser ; il l'embrasse, il lui adresse les plus tendres paroles. Ce malheureux enfant desserre enfin ses lèvres livides, se tourne vers son confesseur, et fait entendre à tout le monde ce peu de paroles : J- ai fait un sacrilège / Il dit, se tourne contre lu muraille, et il expire!— (Ca^^c/u de Bhadez.