DU SACREMENT DE L'EUCHARISTIE
AitllCLE V.
De la fréquente communion.
1. L'apôtre saint Paul, après avoir exposé dans les termes les plus forts l'énorniité d'une communion indigne, ne tire ])as cette conséquence : l^loi<::nez-vous de la sainte Eucharistie ; mais il dit: " Que l'iiomme donc s'éprouve lui-même, et qu'ensuite il mange de ce pain et boive de ce calice."' La crainte de communier indignement ne doit pas nous détourner de la communion, mais elle doit nous engager à examiner sérieusement nos dispositions, et à redoubler notre vigilance sur nous-mêmes pour pouvoir approcher souvent et dignement de la Table sainte.
Communier indignement est un grand mal sans doute, mais ne pas communier en est un autre ; l'un et l'autre conduisent certainement à la mort éternelle. L'Eucharistie est nécessaire pour entretenir et conserver la vie spirituelle de la grâce. Les forces de l'âme s'épuisent peu à peu comme celles du corps si on n'a pas soin de les réparer. Le moyen que Jésus-Christ a établi pour entretenir ces forces spirituelles, c'est la divine Eucharistie. *' Si vous ne mangez, nous dit-il lui-même, la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous." Jl a institué ce Sacrement sous les espèces du pain et du vin pour nous faire sentir que nous devons le recevoir souvent: la sainte. Eucharistie doir être la nourriture ordinaire de notre âme, comme le pain et le vin sont la nourriture ordinaire de notre corps.
2. Dans les premiers jours du Christianisme, les fidèles comprenaient bien cette vérité; ils regardaient l'Eucharistie comme le pain quotidien des enfants de Dieu ; ils le mangeaient, en effet, tous les jours, et ils ne craignaient rien tant que d'en être privés. Nous devons nous efforcer d'entrer dans les mêmes dispositions et d'imiter leur ferveur, Et qu'on ne dise pas que la fréquente communion était alors en usage, maisque ladiscipliue deTEglise a changé. Avouons que les Chrétiens ont changé, et que la ferveur s'est ralentie ; mais l'esprit de l'Eglise est toujours le même. Le saint Concile de Trente dit qu'il souhaiterait que les fidèles, toutes les fois qu'ils assistent au
1. Pourquoi la crainte de communier indignement ne doit-elle pa^ nous détourner de la communion ?— 2. Quelle était la pratique des premier^ CUrétieas à l'égard de la sainte coiumunionv
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Kiicridct^ (le lu Mcss<', y paiii<i|m.sh4iit iion-.Muli'iucnl .-ju riliU'lU'inent, mais fucorr par lu rrroptioii artiifllc <lr rKucharistif. Tn an! rr ('oiicilr rxpriiiic en cth t«Tm« U^ désir (lo TKj^lisr touciiaiil la ioiiiiiiunioii riV-ipicnh- " Nous voyous avec doulrur (ju'i! y a des ( 'hiY'ticiiH a^-« iiéfçligtMits pour \\r coiniiiunit'r ((U*iinc fois dans raiiin' c'est pour((U()i nous ordonnons aux rur^H et à ceux <|ui exercent le niinislrrc de la parole, d'instruire les fidèles, sur la lré(|Uente eonnnunion, <{iii était autrefois en usaj^e, sur les fruits merveilleux ^pTelle pioduisait alors, et dt^ leur persuader (prd n'y a point de moyen plus propre à ramener parmi n<Mis les beaux jours de l'I^^lise naissante, (|Ue la fié«|nentr communion, "
.'>. Si donc TM^lisc n'oi^Ii^^e rii;our«'n>emenl les lidêl«> ([u'i\ une communion dans l'ann-e, <*e n'est j)as (pielle croie nue cette comnuinion annuelle sullise généralement pour entretenir dans ses enfants la vie spirituelle de la grâce ; elle n'a j)as voulu leur faire un précepte de conununier plus d'une fois, <lans la crainte de multiplier les transgressions ou les sacrilèges; nuiis elle désirerait qu'ils fussent assez purs i)our conununier souvent : et ils doivent le faire aussi souvent que cela est nécessaire pour (pi'ils conservent, i)ar la vertu de rKucharistie, la vie et la santé de ITunc. Si nous aimons Dieu, nous nous unirons souvent à lui : il nous invite à ce banquet sacré. ^* Venez à moi, nous dit-il, vous tous qui avez de la peine et qui êtes chargés, et je vous soulagerai ; venez avec conliance, et ne craignez rien ; venez à moi, qui suis votre père, et je vous donnerai le gage le plus touchant de mon amour ; venez à moi ([ui suis votre Dieu, et je vous enrichirai de nu^s grâces les plus précieuses. La conduite la plus assurée qu'un tidèle puisse tenir à cet égard, c'est de se confesser souvent, au moins à l'approche des grandes fêtes, et de suivre l'avis de son confesseur relativement à l'usage plus ou moins fréquent de la sainte communion.
4. Une pratique extrêmement avantageuse, c'est de faire de temps en temps la communion s])irituelle : pour cet effet, il faut se recueillir un instant, produire un acte de désir de la communion réelle, inviter Jésus-Christ à venir en uous, et le prier de nous faire participants des mêmes grâces que si nous avions le bonheur de communier en réalité.
3. Pourciuoi donc l'Eglise n'exise-t-elle qu'une seule communion dans Tannée? Quelle conduite doit tenir un fidèle à l'égard de la communion?—4. Qu'est-ce (iuq la communion spirituelle, et comment faut-il la laire?