‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 90 sur 124 · DU SACREMENT DK MARIAGE · texte numérisé non relu

DU SACREMENT DK MARIAGE

1. Le ^lariage a été institué dès le commencement du monde, lorsque Dieu donna à l'homme pour compagne la femme qu'il avait formée d'une de ses côtes, et que par une bénédiction particulière il letir accorda la fécon^ dite. Pour rendre cette ])remière institution plus sainte encore, Jésus-Christ l'a â'ievée à la dignité de sacrement, y attachant une grâce spéciale potir atTermir cette union

1, Par qui et quand a été institué le Mariage ?

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indissoluble, et pour sanctifier ceux qui la contractent : il l'a rendue l'image et le signe d'un grand mystère, de son union intime et éternelle avec l'Eglise : ))ar là le Mariage est devenu une source de bénédictions spirituelles pour ceux qui le rcyoivent avec les dispositions chrétiennes.

2. Le Mariage est donc un sacrement qui sanctifie et rend légitime l'union de riionniu*- et de la femme. C'est une vérité certaine (jue ceux (pii se marient après avoir (îonsulté Dieu, et avec des vues chrétiennes, reçoivent. l)ar la vertu de ce sacrement, des grâces pour se sanctifier en remplissant fidèlement les obligations de leur état. Avant de se décider à embrasser cet état, il faut donc adresser à Dieu des prièies ferventes pour connaître s'il nous y appelle ; sans cela on contracterait témérairement, et peut-être contre l'ordre de Dieu, un engagement irrévocable, qu'il ne bénirait pas, et où le salut serait exposé à un grand danger. Dieu ne manque jamais de faire connaître sa volonté à ceux (jui l'invoquent de tout leur cœur. On doit aussi j)rendie conseil de ses parents : ils désirent l'avantage de leurs enfants, et ils savent mieux qu'eux ce qui peut le leur procurer ; on doit suivre leur avis plutôt qu'une inclination aveugle dans une affaire si importante et d'où dépend le bonheur pour le temps et pour l'éternité

3. Il y a trois principales dispositions pour recevoir le sacrement de INIariage : la première est de le recevoir avec une conscience puiifiée de tout péché mortel, parce (jue le Mariage est un sacrement des vivants, qui suppose la vie spirituelle de la grâce dans ceux qui le reçoivent. Le Concile de Trente exhorte les personnes qui veulent entrer dans cet état à s'ap])rocher de la sainte Euchai'istie, pour attirer sur elles les bénédictions du Ciel. La seconde disposition est de le recevoir dans l'intention de faire la volonté de Dieu et de le servir dans cet état. C'est un principe que nous devons nous proposer de plaire à Dieu dans toutes nos actions, même les plus communes :^à plus forte raison dans un engagement qui dure toute la vie. *' Nous sommes les enfants des Haints, disait le jeune Tobie à Sara son épouse, et nous ne devons pas nous marier comme les païens, qui ne connaissent point Dieu." Que celui qui se croit appelé à

2. A oublie dignité J.-C. a-t-ilolcvé le Mariage? Qne faut-il faire avant d'omhnjsscr l'état du -A[ariage ? — ?>. Combien de dispositions doit-on api)orier à la réception de ce sacrcmcat, et en quoi consistent-elles V

DU HArilKMKNI I>K MARIACJK. 313

Irtal «lu Maiia^c n\ «nhr «ioiic «pi** «iiin^ Ia \ IH* di» si* siinrtilirr <'t (l'on rrmplir loutfH Ich olilijjjiitionH. Lu troisième (lis)M)siti(in poiii' Ir sacn'iiM'iit dr Maria^r est i\v, le recrvoir av»M' la nuMlrsIic, hi pinlnir rt les uutrrs vrrliiM (•()iivt'nal»l('S j\ la sainttlr dr <•«• Ha< rt'iiM'iit, vu évitant av<*<' soin loni rr «pli ponnait s'écart* r «Irs rrj^lcs dr la pins exacte McnsraniM'. H*'<*evoir la liénédiction nnptiah* avec nn exlriiciir roiiliaire à la niodistir, ce hcrait otlenser Dien an j>ic(i nirnir <l<'s autels, et profaner nn sacrement dont on ne doit s approciici- (jii'aNcc heanconp d«piété et <le religion.

4. Les ])ersonnes niaiiécs ont «piaiiM' oMigations à remplir : elles doivent vivn' ensend>l<' dans nne sainte société et une i)arlaite nnion, se garder réciproquement la loi conjugale (pfelles se sont pronus»» à la face des autels, s'assister nuitnellement dans leurs besoins, et eidin don ner A. leurs entants une éducation clirétieinic, en les accoutumant de bonne heure à prier I>ieu et à faire avec j)iété les autres exercices de religion, en leur aj)i)renant et letu* répétant souvent les maximes de PEvangile. en leur donnant bon exemple en toutes choses, et (»n veillant sur leur conihiite j)our li's éloigner de tout ce (pli j)Ourrait les l)orter au nuil.

ExKMPLK. — Un jeune médecin liabitant la cai)itale y reçut au mois d'octobre 1829, le sacrement de ^Liriago avec des circonstances bien édiliantes.

l'n de ses amis l'introduit dans une maison recommandable par ses vertus, en lui faisant espérer la main d'une fille uui(|ue, aussi pieuse que le reste de la famille. La jeune i^ersonne est bientôt promise au docteur, dont l'aimable modestie égale la science.

Bientôt la cérémonie nuptiale allait avoir lieu, lorsque celui-ci vient seul trouver la mère de sa future épouse, et lui demande à parler en particulier à mademoiselle Emilie. — Ce n'est pas possible, ^Monsieur, repond-elle d'une manière obligeante ; ma tille n'est pas bien depuis deux jours, et elle a besoin de tranquillité. — Mais, madame, il m'est bien pénible de ne pouvoir m'entretenir un instant avec votre demoiselle ; à peine ai-je eu la satisfaction de la voir trois ou quatre fois dans la société ; jusqu'ici je n'ai point trouvé l'occasion de lui exprimer à mon aise mes sentiments et de connaître les siens. — Vos

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