‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 92 sur 124 · E LA VOCATION · texte numérisé non relu

E LA VOCATION

instruments de sa miséricorde ou de* sa justice. 11 des-» fine l'un à servir l'E<;lise dans l'état ecclésiastique ; l'autre, à édifier le jx'Uple de Dieu dans la j)ratique des conseils évan<réli(|ues et (h; la vie ])arfaite ; un troisième î\ briller dans le monde ])ar l'éclat des vertus chrétiennes, et à servir utilement l'Etat. Il ne nous ai)partient point d'uitervertir ces lôles ou d échanger ces (carrières. Un jeune homnu* appelé au sacei'doce ou au cloître ne se sauvera ]>as d;ins la \\o du monde ; un autre, appelé :\ la vie du monde, se ])erdra s'il s'engage dans le cloître ou dans le sacerdoce. Va\ fait de vocation à un état de vie, on ne se trompe i)oint imi)unément; on est coupable lorsqu'on résiste à la voix du Ciel ; on ne l'est pas moins loi-squ'on s'étourdit au i)oiHt de ne pas l'entendre. Il importe donc beaucoup de procéder dans cette affaire avec réflexion, avec pleine connaissance de cause, et .surtout avec un sentiment de parfaite soumission à la volonté de Dieu.

La grande ditïiculté eu cette uiatière naît presque toujours de linexpérieuce de ceux qui en délibèrent et de la mobilité de leurs affections. Quand les jeunes gens commencent à fixer sur l'avenir un regard sérieux, mille considérations diverses, parfois contradictoires, s'emparent successivement de leur esprit et les précipitent dans la plus grande perplexité. Tantôt l'avenir leur paraît radieux, clair, brillant ; tantôt incertain, sombre, menaçant. D'une part, le monde étale ses richesses, ses grandeurs, ses plaisirs ; de l'autre Jésus-Christ notre divin Sauveur, armé de sa croix et de son Evangile, se présente et il semble dire : Si vous voulez être heureux, suivez-moi ! Le vice se montre d'un côté, entouré de prestige et de séduction ; la vertu, de l'autre, apparaît avec sa ravissante simplicité, sa céleste douceur et ses récompenses immortelles. Tantôt l'esprit n'aperçoit que de faibles lueurs, tantôt il ne rencontre qu'obscurité et ténèbres, tantôt ses yeux sont frappés des lumières les plus vives : l'âme se débat dans de pénibles alternatives de craintes et d'espérance, de tristesse et de joie. Les affections terrestres se heurtent au fond du cœur avec les attraits divins, et ses mouvements divers semblent ne conduire qu'au doute, qu'à l'incertitude. Cette position est pénible, il faut en convenir; elle paraîtrait insupportable si elle se prolongeait longtemps. Mais un jeune homme chrétien en sort sans peine, du moment qu'il élève ses pensées et ses mains vers le ciel pour invo-

I»K LA VCKÎATIOV. 317

i{iwv 1(* Trit* d(v-> liiinirrc'S, du iiioinriit (ju'il deuiiiude coiiHcil i\ HH in(;ru ri']^liHc*, et (|iril Hubiindoiino aux déoretH Hoiivcniins dr lu I'iovIiIcikm*. Dieu lui procure alors, coiiiinr mil rrfois :\ saint Tatil, un Ananic, qui lY*claire, <|ui le ^uid»-, <|Mi Ir <'<)ndiiit par di*H voir.s facilirn à uik; déterminai i<»n d<'linitive, d'nù naît <'ette eonvictioii, Cl) calnu^ (pu fait ensuite tout son bonheur. Main iK>ur aborder au port, il fjml déployer les voiles, diri^c-r le ^ouveinail, consultir la boussnlr ; jr veux dire «pi'il faut traiter cette aliaii'e a\ce un Liiand snitiinciit di- j'oi, d hu milité et deléiNcur." (Mm* Malou.)

Chacun rrrnif dr />lfit fr duii (fui lui mt pmjHr. (I ('in.. VII, 7.)

Malheur tt lunis, dit le Sei^m nr pai' la bouche d'isaïe, fnfantu (hWrh'urs (fui arrêtez vos coiiHeils nana ma participation^ et (jui ounlissfj fa tnilr x/z/m rfrr atiimrH de mon fHprit. (Tsaïe, XXX, 1.)

DK8 MARQUES AUXQIKLI.KS OX KKCnWMl -;\ VOCATUiN.

La divine Providence, ayant fixé à clia((ue homme le poste (jii'il doit o('('U|)er dans le monde, 'a dû le lui taire reconnaître à des signes certains. Ces silènes existent, et voici ceux (pie les Saints comptent ]»armi les i)rincipaux :

L\ij)fiht(1('.

La première manpie jiour reconnaître si Dieu vous appelle à un état, c'est de voir si vous avez, ou du moins si vous i)ouvez acquérir les qualités nécessaires pour vous acquitter dignement des obligations de cet état. Par exemple : si vous n'aviez pas assez de santé, de vertu, d'intelligence, pour l'état ecclésiastique, pour l'état de Magistrat, de médecin, vous devriez juger que Dieu ne vous veux pas dans ces états. S'il voulait, en effet, que vous fussiez prêtre, médecin, juge, etc ; il vous auniit donné évidemment les moyens de le devenir.

U inclination ou l'attrait.

La seconde marque de vocation est une certaine inclination, à la foi douce et forte, qui entraîne vers tel ou tel état ; je ne sais quel attrait qui ne change pas facilement, qui résiste à tous les projets comme à tous les orages ; qui n'agite pas l'âme, bien loin de là, qui la re-

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