‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 94 sur 124 · DES MOYENS DE NE PAS SE TROMPER SUR SA VOCATION · texte numérisé non relu

DES MOYENS DE NE PAS SE TROMPER SUR SA VOCATION

Etudiez de bonne heure votre vocation. Dans le jeune âge, le cœur est plus propre à recevoir îes impressions d'en haut, le jugement n'a pas encore été perverti par les préjugés et les passions, et l'on peut commencer à diriger vers un même but tous ses travaux, toutes ses forces.

Comme votre vocation est une affaire majeure, employez à la connaître tous les moyens naturels et surnaturels que Dieu met à votre disposition. Il ne faudrait même pas hésiter au besoin à passer quelque temps dans une maison de retraite, pour être mieux à même de connaître les desseins de Dieu. Il est quelquefois difficile de trancher cette grave question au milieu du monde, au milieu de ses condisciples, ou au sein de la ramille.

Le moment venu de traiter ce grave sujet.

Ï)K. I.A VOfATlON. MU

y V\iv\{\v/. \i){ir vnUHvivut'v par -niir roiiffHHioii ^/'ti/*nilr ou oxdiionlimiirc, vl /•tjil»liHHi»/-vonM hini «Iuiih In grfici' <lo Dini, tiii (vs|»rit olmcurci j)ar Ich l/nM)rc'H du l>/^<'h^^ uV*tivnt ^ncrr propre à ro(?<*voir IcHlumièrffldivîneH.

2*' Ih'clan*/. :\ volir nmft'ssinr, iion-MoiilriiH'nt vo« yW*cli^'s, mais vos iiicliimlions, vos inlriitions^ vos f<r»n-«'s *\v corps <'l (Tcspril . «'I jii^<|ir:iii \ 1>oiih snitiiiM'iil- rjin- hini vous doMucrn.

.*r Prir/ l)r:nu'niip ri «lihs soii\riil iwrc David : FaitêMinoi citnnnifrr, Nr/<////7//-, la rouir m) jr (loin inarr/irr : on Jivt'f saint l*aul : Srit/nrur, ([ur voulr-c-vouH (jur jr J'anHC f ivpétoz tous les jours ces paroles, particulicreineiit diiiiH le niomenl ])rccicux (pii suit l'élévation, ('«nnniuniez souvent à celle intention, et ajoutez à vos eonnnunions <[Uel(jUes honnes (cuNies. jeûnes, nnnt ilicat ions, aumônes, suivant l'avis <le \otre conl*es>enr. Ayez recours d'une manière spéciale à saint .losepli pai* «juelqnes fervontCK j)rières.

4^^ I)éci(lez-\()us sans j)réo<'('ni)at ion de loi'tnne, dlionneiir, de volonté paternelle, et comme en face de l'éternité. l)emandez-\ ous c<' <jue vous voudriez avoir fait à l'heure de la mort. On voit clair à ce moment, et on se reproche sévèrement «l'aN oii- en ilvs com])hiisances coul)al>les.

5° Aussitôt i\\w votre choix sera fait, soyez j)rompt et courageux dans l'exécution. I)ien a parlé : obéissez au j>lus tôt, et rejetez comme des tiMitations les pensées contraires (pii pourraient survenir, (^uel malheur, si, ayant reconnu la volonté de Dieu, vous \on< en laissiez détourner par des influences humaines.

DES DIFFÉRENTS ETATS QUF^ I *<>N' IM-.IT CHOISIR ET DE LEURS OBLIGATIONS PRINCIPALES.

De Vctat ecclésiastique.

L'état ecclésiastique est le plus saint et le plus auguste de tous les états. Ceux que Dieu y appelle reçoivent le pouvoir de consacrer le Corps et le Sang de Jésus-Christ, et celui de remettre les péchés : pouvoirs sublimes que les Anges n'ont pas. Aussi faudrait-il que les prêtres fussent plus saints que les Anges eux-mêmes, s'il se pouvait.

Les principales dispositions qu'exige Pétat ecclésiasti-

320 IJK LA VOCATION.

que sont : une vie régulière, une pureté éprouvée depuis longtemps, un très-gnind anioiu* de Dieu et des choses saintes, le zèle du salut des Tunes, l'éloignenicnt du monde, l'amour de l'étude^ et un goût prononcé ]K)ur la retraite, le silence et l'oraison.

Les marques pour connaître si oîi est apjielé à ce saint état sont : Pinnocence conservée de])uis le l)aj)tênie ou réparée par une longue et sérieuse j)énitenee, l'aptitude pour les fonctions ecclésiasticpies, et un attrait jugé surnaturel par un directeur sage et iin[)artial.

De l'état Religieux.

'' Dans la vie religieuse, on vit plus purement, on tombe plus rarement, on se relève plus vite, on marche avec plus de précaution, on reçoit plus souvent la rosée des grâces célestes, on repose avec plus d'assurance, on meurt avec moins de crainte, on est plus vite purifié en l'autre vie, et plus abondamment récompen.sé dans le ciel." {S. Bernard).

" La vie religieuse est un état privilégié dans lequel, par un heureux et admirable échange, on donne les choses de la terre pour celles du ciel ; les passagères pour les éternelles ; la terre des morts, pour celle des vivants; des biens de nulle valeur, pour des biens dont le prix est inestimable. C'est une vie dans laquelle des peines trèscourtes nous font acquérir un bonheur qui n'a pas de fin ; vie qui tient plus de l'Ange que de l'homme, et qui donne, en ce monde, la plus grande part possible à la félicité éternelle.'' [S. Basile.)

" Je n'ai pas d'expression pour faire comprendre la dignité de la vie religieuse ; et, lorsque je veux louer un état si sublime, si angélique, je me vois contraint, faute de parole, de garder le silence." [S. Augustin.)

'' La vie religieuse est une fleur qui brille par-dessus toutes les fleurs du jardin de l'Eglise ; c'est une pierre précieuse qui rayonne au milieu de tous ses trésors." (*S'. Jérôme. )

*' O Jacob, que vos pavillons sont beaux ! O Israël, que vos tabernacles sont aimables ! O Eglise, que vos maisons religieuses sont belles, que vos bataillons spirituels sont bien ordonnés ! Que d'âmes ferventes y jouissent d'avance de la félicité à venir, en louant Dieu incessamment, et en vivant sur la terre, par l'exercice du saint amour,

I>K LA V<x:ATIciN. .TJl

coiuinr (uni Irs S^TupliinM (Ijiiim Ir' cirl." (S. 'rimmm d' Àquin.)

N'oilà j>ar qiirllrs in:i;^iiili<|ih"^ paiolfs It-s .•^amiM ont <'rlrln-r l«'s MV;nihi^«'s de la \ ir nli^^'iciiHc ; înaiH jiour jdtiir «le «Ts avanla;^t's, il fanl l'anuMir dr la j>an\ rrt<'«, Ir Hi'sir <U' VIN iM' dans une an^rliqur nnrctc', un «IrUichi-inent parfuit do tonlt's chosi'H rt partirulirrcuMMit de sii volonté, nnr grande union axrc I)irM par la piirir.

I>r r/tiit srcu/irr.

Les ohli^alicaiN de 1 «'lai s^cnlirr \ arirnl avfr les didi'* rentrs positions de ni'^ociant , «le soldat, de môdecin, etc. ; il est donc inipossihU' de livs détailler ici ; mais en <Hicl(iiie jiositioii (pie la IVovidciice vous place, relcncz l)i<'n les conseils suivants : ce sont des moyens «le faii-e fortune que nous suui!:ère celui-là Uiême de (pli d(''couient tous les biens :

1° Cherchez le salut (trant tout. '' Cherchez preujiiMcment le royaunu' de Dieu et sa justice, et toutes ces choses (les biens de la terre) vous seront don m'es comme par surcroît.'' {S. Miitth.^ \î^ o.S.) '' Jleureux lliomme qui craitit le SeigiuMir et qui met ses délices à observer ses pivceptes : sa ])0st('rité sera ])uissante sur hi terre, car le Seiniu'ur bénit la famille des justes. I^a gloire et les richesses sont dans sa maison.*' {Ps. cxi, 1, 2, 3.)

2° Honorez l'o.s* parentfi. '* Honorez votre p(*re eu pandes, et en O'uvres, et eu toiite patience, a(iu (pi'il vous bénis.<e et que cette bcurdictiou reste jusqu'à la lin. La bi^utMliction du père allermit la maison des entants." (Eccf., m.)

o° Ayez pidé du pauvre. '' Celui qui a pitié du pauvre, pi-^^te au Seiuneur à usure." (/Vor., XIX.) Saint Jean Chrysostôme dit que l'intérêt payé par le Seigneur est cent pour un.

4° Sanctifiez le Dimanche. '* Gardez le J(mu' du sabbat et tremblez devant mon sanctuaire. Je suis le Seigneur. Si vous accomplissez mes ])réceptes et si vous observez mes commandements, je vous donnerai la pluie dans son temps, et la terre se couvrira de moissons, et les arbres se chargeront de fruits." {Deut., xxvi.)

Exemples. — Répondre à V appel de Dieu. — Dès que saint Fran(;ois de Sales eut connu l'état où Dieti l'appelaitj ses parents eurent beau Itû représenter qu'il était^

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l'aîné, et, qu'en cette qualité, il était destiné à être 1« soutien et Tappui de sa famille ; ils eurent beau lui faire entendre que l'envie qu'il avait d'embrasser l'état ecclésiastique n'était que l'efret d'une dévotion indiscrète, et ({u'il pourrait faire son salut dans le monde aussi bien ({ue dans l'Eglise ; ils eurent beau lui proposer les établissements les plus honorable^ et les plus avantageux, lien ne fut capable de l'ébrarder. Il préféra toujours la volonté de Dieu à celle de ses parents ; et il aima mieux renoncer à tous les avantages temporels qu'on lui l)romettait, qu'à la grâce de sa vocation qui l'a élevé à une si haute sainteté.

— Un châtiment. — Dans le temps que saint Benoît brillait par la réputation de ses miracles et de sa sainteté, un jeune ecclésiastique s'adressa à lui pour être délivré du démon qid le tourmentait. Le saint employa en faveur de ce jeune homme le crédit qu'il avait auprès de Dieu, et il parvint heureusement à le soustraire à l'empire de l'esprit malin ; mais, après qu'il l'eut guéri, il lui recommanda expressément, de la part de Dieu, de ne prendre jamais les ordres sacrés, ajoutant que s'il était jamais assez hardi pour le faire, Dieu donnerait encore au démon le pouvoir de s'emparer de son corps, en punition de sa témérité. Le jeune homme, effrayé par cette menace, prit d'abord la résolution de se conformer au sage avis que lui avait donné le saint solitaire ; mais, soit que peu à peu il l'eût oublié, soit qu'il fut entraîné par les sollicitations de ses parents ou par l'appât de l'intérêt, il osa, dans la suite, s'adresser à son évêque pour lui demander les ordres sacrés. Ce prélat, qui n'était pas instruit de ce qui s'était passé, ne fit pas de difficulté de les lui conférer ; mais il ne les eut pas plutôt reçus, qu'il tomba aux pieds de l'évêque, faisant des contorsions effroyables, et s' écriant d'une voix lamentable qu'il était possédé du démon, et qu'il méritait bien cette ])unition, puisque, malgré la défense qui lui en avait été faite par l'organe de saint Benoît, il avait eu la témérité de demander et de recevoir les ordres sacrés. Dieu ne punit pas, pour l'ordinaire, d'une manière si sensible ceux qui ont été infidèles à leur vocation : mais leur punition n'en est pas pour cela moins réelle et moins terrible.

— Une vocation forcée. — Aveu du prince de Talleyrand. — Le tro]) célèbre ])rince de Talleyrand qui, a la fin du siècle dernier, affligea tant l'Eglise par la plus déplorable

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