‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 96 sur 124 · DE LA VOCATION · texte numérisé non relu

DE LA VOCATION

demandé rexpliciitioii de cette vision, il lui fut dit que c'était là une représentation très-naïve de la vie religieuse, et de la trniKjuillité dont jouissent ceux qui ont quitté le monde j)our s'attacher uniquement au service de Dieu.— RoDRiGUKZ.

Malheureuse fin de ceux qui sont sourds à V appel divin. —

Nous ])ourrions citer grand nond)re d'événements déplorables (pli ont été le partage de ceux (jui, ])ar délais ou par négligence, n'ont pas répondu à l'invitation divine, et qui, après une longue suite de calamités, ont iini par une mort déplorable. Nous en choisirons seulement deux ou trois exemples des plus authentiques. Saint Antonin rapporte avec une profonde douleur qu'un jeune homme doué de rares talents, appelé de Dieu à l'ordre de Saint- François, forma la résolution d'y entrer ; mais différa de l'exécutei-. Il accepta un canonicat pour ajourner l'époque d'accomplir sa vocation. Peu de jours après, il fut attaqué d'une fièvre ardente ; et, afin que le sujet de cette punition fût connu, moins par l'effet de la maladie, que par le regret d'avoir négligé sa vocation, il cria d'un ton épouvantable : ^' Ah ! malheureux que je suis ! j'ai méprisé la voix de Dieu, hélas ! je suis perdu." On l'engagea à se confesser, il le refusa en criant toujours : '' Je suis damné." On crut d'abord qu'il n'avait pas la présence d'esprit ; mais on finit par voir qu'il était en pleine connaissance ; on lui parla de la miséricorde de Dieu ; on l'engagea de promettre de répondre à sa vocation, à baiser le crucifix, à bien se confesser. *' Je vous répète que je ne me confesserai pas, dit-il ; j'ai vu le Seigneur indigné contre moi, j'ai entendu de sa bouche cette sentence irrévocable : Je t'ai aj^pelé, tu m'as refusé ; ainsi va en enfer.^^ Après ces mots il expira. Ce fait vous étonne ; il n'est pas cependant singulier car saint Anselme dit : '• Combien en ai-je vus promettre et différer, qui ont été tellement surpris par la niort^ qu^ils n^ont pu avoir ce qui les engageait à retarder^ ni exécuter ce qu'ails avaient promis ! "

— Voici un autre exemple qui oblige encore à dire : " Vous êtes juste ^ Seigneur^ et votre jugement est équitable^ (Ps. cxviii, 137.)

Un jeune homme, orné de belles qualités, était résolu à quitter le monde ; mais il en fut dissuadé par un ami, ou plutôt par un ennemi, dont les lettres i)leines de tendresse lui promirent dans le siècle de si grandes joui^-

1)K l.A \iH A 1 li>N. P/St

MiiiroK, f|iril rfnoiH;a ù hi ihiihim* «It-nlrcr rUiiN \fi mumm i\v Dieu. Lr \ti)vv spirituri du jrtiiir homiiir tU^<hi\l vwi coiiimisHiince de cotlo pi-rfidir ; il ^•crivit an hAIucivuv df cesser sou «n'I'iijnilinn dialM>Iii|iir, et, s'il d«'*^iriiit le sahit de son roiiipjij^iKm. tlt- lui miisrillrr d'exéeiiler sji l>oni)e résolution, «(u'nut renu'iit il pourrait avoir le malheur <réprou\er <•«• (jui éliiit réeeniinent arrivé à un jeune lioniuu' (|ui à l'instigation d'un autre, s'était éloi ^né «lu ser\ i<'e de hieu. Ce <lésertrur se li\ra au désor dre, eoopéi'a à un \<>l très <*onsidéral>Ie. et teruiiini sa vie sur \v ;ril>et. Mais toutes les représentât i<»ns turent inutiles : l'un peisévéra à séduire, rt l'autre à lui ohéir. l*eu de jours après, le nuillieui*eu\ jeun*' homme, éearté <le la voie de l)ieu, l'ut arrêté par la justice avec une hande de Noieurs cjui \enaient d'assa>-siner d<*s voya;<eui*s. De la prison, il écrivit au piètre (pu' sa menace avait été^ uiu' prophétie, (pi'il était aux fers pour un assassinat «pi'il n'avait pjus commis, mais don! il ne devait ])as moins subir le <'hAtimen(. ne p<nivanl prouver son innocen<*(\ Bi(»ntôt, en ellèl, an uiaiid <léshonneur «le sii famille, il l'ut rondamné au dernici* suppli<'r. ('hoix d'un état «le \ ic. pak Kossicnoli.)

— Le t'ait ((ue nous allons encore ciler a été ])ul)lié par le F. Jiancisius, témoin oculaire. " Un i)ensionnaire du collège romain, dit-il, avait reçu delà nature de iriands talents, unt^ belle fortune* ; il était neveu d'un patriarche, (^uand il l'ut en aue de choisir un état, il me demanda à l'aire une rt'traite : il s'y livra avec les .sentiments les l)lus éditiants, et montra une grande délicates.se de conscience. Vers la lin. il me demanda avec une certaine incpiiélude si c'était un péché de ne pas obéir à l'inspiration de devenir reliiiieux. Je compris où il en voulait venir, et je lui répondis que non, puisque la vie reliiiieuse n'est pas commandée, mais seulement conseillée, .l'ajoutai que cependant il était très dangereux de rejeter de telles invitations, et que souvent, on se damnait, non 1)011 r le péché de n'avoir pas embrassé l'état religieux, mais pour d'autres péchés qu'on aurait facilement évités en se rendant au cloître. Le malheureux, au lieu de me croire, voulut en faire l'expérience. Peu de temps après, il partit de Rome, et arriva à l'Académie de ]Macerata pour y étudier les lois. Bientôt sa pnété diminua, il négligea les sacrements, il se lia avec de jeunes libertins ; il s'adonna aux mauvais livres, aux plaisirs et aux excès de toute sorte, l^n matin, eu rentrant chez lui.

1^20 NÈCESfilTÈ DK LA PUT^:RK.

après uju' nuit passer an jeu. il ml une riuorelle et fut tné 'lans la rue. (.'e malheur arri\a sons les fenêtres <ln eullège, peut-être afin que le jeune lioinine en comprit mieux la raison. — L'infortuné rriii : '' Confession ! confession ! '' Vn père l'entendit et accourut en toute hâte. Mais, hélas ! fasse le Ciel (jue la \'w de l'âme n'ait j)as été ])erdne avec celle du corps. Le ]»an\ i-e enfant avait exi)iré avant (jue le Père n'airivât. (^hi'il est terrihle, l'arrêt porté j>ar un Dieu infiniment Juste ! ** Je vous ai apprlrs...^ voua avez rejuné^ vous avez vi/'priar mon conseil. Moi aussi, à votre mort^ je we moquerai de roux. Lorsque surriendra if ne calamité inattendue.... ils m'invoqueront : et je ne les exaucerai pas, parce qu'ils n'ont pax suivi mon conseil. (Pkov. I, 24-28.) Ce jeune homme ne considéra ((uc le présent : savoir si c'était un péché ou non de ne pas embrasser Pétat religieux. Dieu, qui voyait sa catastrophe, lui présenta le moyen de s'en préserver ; mais il ne voulut pas s'en servir. 8i on voulait rapporter tous les exemples de ces lebelles. dont la lin a été détestable, l)0ur faire connaître les châtiments qu'ils en ont éprouvés, ce serait compter un grand nombre de morts pour en conclure comment ou meurt «lans le monde quand on n'y est i)as appelé de Dieu. — {Choix d'un état de vie, par ROSSIGXOLI.)

TITKE SECOND.

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