‹ Traité des devoirs de chrétien envers DieuChapitre 98 sur 124 · QUALITES ^)K LA PRIERE · texte numérisé non relu

QUALITES ^)K LA PRIERE

craindre la piiii-saiicc <1(' rintcrcession de Moïse. " I^aisse agir ma colère, dit-il à son serviteur ; ne t'oppose pas à ee (iiie j'extermine ce peuple infidèle.' Mais, vaincu par les prières instantes de !\I(Mse, il n'exécuta })as, dit l'Ecrituie. le mal (pfil avait prononcé contre son peuple.

ARTICLE III

Qualités de la Prière,

1. Les grands avantages de la Prière sont attachés à la manière dont on s'acquitte de ce devoir. Pour bien ])rier, il faut d'abord ({ue ce soit au nom et par les mérites de Jésus-Christ ; il n'a promis de nous accorder que ce que nous demanderions en son nom : c'est pour cela que l'Eglise termine toutes ses prières })ar ces paroles : Nous vous en 2)7^ions pa?^ Jésus-Christ notre Seigneur.

2. Secondement, il faut prier avec attention, c'est-à-dire penser à Dieu et à ce qu'on lui demande. Dieu écoute bien ])lus les paroles du cœur que celles de la bouche. I^ prière est une élévation de notre âme vers Dieu ; ce n'est donc i)as ])iier que de penser à toute autre chose qu'à Dieu quand on lui parle. Il est vrai que les distractions, quand elles sont involontaires, ne rendent pas la prière mauvaise ; mais Dieu est offensé par îelles auxquelles on a donné occasion par sa faute, ou qu'on ne rejette point après qu'on s'en est aperçu. On mérite alors ce reproche que Dieu faisait autrefois aux Juifs : '' Ce peuple m'honore des lèvres, mais sou cœur est loin de moi."

3. Troisièmement, il faut prier avec confiance. Notre Seigneur, en nous promettant d'exaucer nos prières, y met toujours cette condition : pourvu qu'elles soient faites avec foi ; il disait ordinairement à ceux qui s'adresà;aient à lui pour obtenir leur guérison : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Notre confiance ne saurait être trop ferme, i)uisqu'elle est appuyée sur la puissance de Dieu, qui peut faire infiniment ))lus que nous ne lui demandons ; sur sa miséricorde, qui n'a point de bornes ; et sur les mérites infinis de Jésus-Christ, au nom du({uel nous prions. ]^h quoi ! nous nous adresserions avec confiance, dans nos besoins temporels, à un ami riche, puis-

1. A criellrs conditions est attaché le succès de la prière» et en quoi

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suiit à Dieu |Miiir IcM hcsniiis iih'iihm HpiritticlM, (|ti()i(|tril nous cniiiiuaiHlr <•( (|ii'il iioii^ iii\i(c Iuî-iih'-iiu* ii rcroiirirû lui ((iiiunc à un Im)ii INTr ! \ \\r trilo «IrliiiMci* ne H4*riiitrllf |):is injurifU.st' ;l s;i t(udrt>M* ? (|u*<'st-r«« «lonr «lur la 1m)uIô (h's iioninu'H coinimiYu^ à ociU* île Diru '

I. Mnlin, il fjiut prier iivcc jM'rsi'vrniutM* : I>i«ii, par une» coïKluilr pU'int* <U' sn^rsst' vl t\r. houle, «iinV-ri* <pU'l(|iu?fois i\r nous acconirr <•(• i{\w nous lui dctnandonH ; ce <lrlai n'es! pas nu refus, mais uni' éprt'Uvt*. Il v<*ut par là nous lairt' connaîlrr Ir prix <lr ses dons. au^nuMitcr Tanlcur do nos désirs, et nous disposer à les rcrcvoir avec plus <l'al>ondanc('. On ne doit pas se décourager ni se lasser de j)rier : Jésus-Christ nous Tonhinn*', et pour nous faire sentir la néecssité de la persévéranee, il se sert (le deux <*oniparais()ns : la première est eelle d'un« veuve (jiii, par ses importunilés. (ouehe enlin h» cœur il'un mauvais ju^e et U^ foice à lui rendre justice : lu seconde e>( celle d'un honnne (jui, au milieu de la nuit, v:i demander à son ami trois j)ains :\ emprunter. Ce dernier refuse de se lever ; Tauti-e ne s(» rehule point, il continue de frapper à la ]K>rte, et il redouhle ses prières : sii persévérance est récompensée, et il ohtient ce cpril demandait. Notre-Seigneur termine cette i)aral)ole ï»ar une exhortation vive et in-essante de i)rier sans relâche, et i)ar une promesse formelle de nous accorder tout ce que nous demanderons avec persévérance, l^e moment où nous cesserons de prier est peut-être celui que Dieu avait destiné j)our nous exaucer. Ketenez bien ceci : c'est la i)rière qui demande, mais c'est la pei*sévérance i[\n obtient.

Comparaisons. — Quand vous prenez une cuillerée d'un aliment ou d'un médicament, c'est à peine si vous vous apercevez des salutaires etîets que cette faible quantité produit en vous. — Nous ne devons pas nous étonner si, après avoir fait notre prière, nous ne sommes pas exaucés sur-le-champ.

— Il en est de la prière comme de cette goutte d'eau qui, dit un ancien proverbe latin, finit par creuser la pierre, non par sa propre force, mais parla fréquence de sa chute.

— Exiger de Dieu qu'il nous exauce toujours sur-lechamp, c'est vouloir abaisser le souverain Seigneur à la

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condition (le l'esclave, «liuiucl il est dit: " Viens, et il vient : va, et il \'a : fais cela, et il le fait."

I\xi:MrLK. — C était, dit nn pieux auteur, la pratic^uc d'un jeune enfant d'oUHr son cœur à Dieu, tous les matins, avec beaucoup de ferveur, ce qui était comme l'âme de t()ut(»s les actions qu'il faisait ])endant le jour. " Si je inan({ue, disait-il, à ce dexoir eomnie il m'est arrivé quel- (piefois, je suis dissij)é tout le reste de la journée." Ce saint enfant, n'ayant pas encore l'âge de douze ans, mourut avec les sentiments d'une rare piété. " Mon Dieu, s'écriait-il de temps en temi)s, étant près d'expirer, je vous ai fait presque tous les jours un sacrifice de mon cœur, je vous en fait un maintenant d(; ma proi)re vie."

Imitons ce pieux enfant, et soyons exacts comme lui, à offrir tous les matins notre cœur à Dieu, afin de mourir, comme lui, dans les sentiments d'une vraie piété. — Arvi- SENET, le bon Ange de l'Enfance.

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