DE LA SATISFACTION
mème s'appliquer à la pratique d’autres œuvres pieuses dans la vue de satisfaire à la justice de Dieu.
2. Ceux qui meurent avant d’avoir subi cette peine temporelle la subissent dans l’autre vie ; ils achévent d’expier leurs péchés dans le purgatoire. En effet, il convient à la justice de Dieu que ceux qui ont abusé de la première grâce reçue dans le Baptême, qui en ont violé les promesses, soient admis plus difficilement à la réconciliation ; il convient à la justice de Dieu que ceux qui ont déshonoré les glorieuses qualités d’enfant de Dieu, de membre de Jésus-Christ, de temple du Saint- Esprit, qui ont traité comme une chose profane le Sang adorable par lequel ils avaient été sanctifiés, et qui ont fait outrage à l'Esprit de grâce, ne trouvent pas la même facilité de pardon que ceux qui n’ont point été baptisés, et dont les péchés, commis en grande partie par igno- ‘ance, ne portent pas le même caractère d’ingratitude. D'ailleurs la miséricorde de Dieu fait trouver au pécheur pénitent un grand bien dans le châtiment même qui le punit : il y trouve un frein à ses passions, un remède contre ses mauvaises habitudes ; car la satisfaction que le confesseur impose doit être propre non seulement à expier le péché commis, mais encore à détruire le vice qui l’a fait commettre : comme les humiliations pour l’orgueil, l’'aumône pour l’avarice, le jeûne pour l’intempérance, la mortification des sens pour l’impureté ; et ces pénitences doivent avoir quelque proportion avec les péchés, c’est-à-dire qu’elles doivent être plus ou moins grandes selon que les péchés sont plus ou moins énormes, ou qu'ils out été plus ou moins multipliés.
3. Les œuvres de pénitence sont principalement celles qui sont imposées par le prêtre : les plus ordinaires sont la prière, le jeûne et l’aumône. Par la prière on entend tous les actes de religion, comme les bonnes lectures, l’assiduité aux offices divins ; par le jeûne, tout ce qui mortifie les sens ; et l’aumône comprend tous les secours temporels et spirituels donnés au prochain. Dieu veut bien encore accepter en satisfaction toutes les afflictions qui nous arrivent, comme les maladies, les injures, les persécutions ; mais pour que toutes ces choses soient de quelque prix devant Dieu, il faut les souffrir dans un es-
2, En quel lieu achève-t-on d'expier ses péchés, quand on meurt avant d'avoir subi la peine temporelle qu'ils méritent ? Quels sont les avantages que procure la Satisfaction ?—3, Par quelles œuvres doit-on satisfaire à Dieu et au prochain ?
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prit de pénitence, les unir aux souffrances et aux satisfactions de Jésus-Christ, par lequel nous méritons et nous satisfaisons ; c’est Jésus-Christ seul qui donne à nos actions tout ce qu’elles ont de mérite et de valeur ; c’est lui qui les préseute à Dieu ; c’est en sa considération qu’elles sont acceptées par son Père.
On est aussi obligé de satisfaire au prochain quand on lui a fait tort ou dans sa personne par de mauvais traitements, ou dans son honneur par des médisances et des calomnies, ou dans ses biens par des vols ou quelque autre dommage. On ne peut obtenir de Dieu le pardon de ses péchés qu’en se réconciliant’avec le prochain si on l’a maltraité, en réparant son honneur si l’on a noirci sa réputation, en lui restituant ce qu'on lui à pris, en réparant le dommage qu'on lui a causé.
COMPARAISON.—" Suffirait-il au soldat qu’une flèche a frappé, de retirer cette flèche de la blessure? Non, il faut encore bander cette blessure et y appliquer quelques compresses. Ainsi la confession seule ne suffit pas pour que la pénitence soit complète ; il faut encore qu’on emploie des remèdes efficaces qui puissent dans la suite préserver du péché.”—$. CHRYSOSTÔME,
EXEMPLE.—On vit autrefois un saint Paul, le premier des ermites, un saint Antoine, une sainte Marie l’Egyptienne, et tant d’autres qui marchèrent sur leurs traces, renonçant à tout ce qu'ils possédaient sur la terre, s’enfoncer dans de sombres déserts, se couvrir de cilices, et ne vivre que de racines sauvages. (C'était pour satisfaire à la justice de Dieu qu’ils agissaient ainsi.—LASAUSSE.
ARTICLE IX
Des Indulgences.
1. Dans la crainte que nous ne fussions effrayés et découragés par la rigueur des pénitences que nous sommes obligés de faire, à cause du nombre et de l’énormité de nos fautes, notre Père céleste a trouvé un moyen de ménager la faiblesse de ses enfants, tout en conservant les droits sacrés de sa justice. Il a bien voulu que l’innocent payât pour le coupable, et que les satisfactions surabondantes de nos frères tournassent à notre profit, et dimi-