DES MARQUES AUXQUELLES ON RECONNAIT SA VOCATION
La divine Providence, ayant fixé à chaque homme le poste qu’il doit occuper dans le monde, a dû le lui faire reconnaître à des signes certains. Ces signes existent, et voici ceux que les Saints comptent parmi les principaux :
L’aptitude.
La première marque pour reconnaître si Dieu vous appelle à un état, c’est de voir si vous avez, ou du moins si vous pouvez acquérir les qualités nécessaires pour vous acquitter dignement des obligations de cet état. Par exemple : si vous n’aviez pas assez de santé, de vertu, d'intelligence, pour l’état ecclésiastique, pour l’état de Magistrat, de médecin, vous devriez juger que Dieu ne vous veux pas dans ces états. S'il voulait, en effet, que vous fussiez prêtre, médecin, juge, etc ; il vous aurait donné évidemment les moyens de le devenir.
L’'inclination ou l'attrait.
La seconde marque de vocation est une certaine inclination, à la foi douce et forte, qui entraîne vers tel ou tel état ; je ne sais quel attrait qui ne change pas facilement, qui résiste à tous les projets comme à tous les orages ; qui n’agite pas l’âme, bien loin de là, qui la re-
pose, qui met dans un état de conscience si doux et si paisible, qu’il ne semble pas que l’on puisse être heureux ailleurs. Cet attrait est un signe infaillible de vocation, surtout lorsque, après la sainte communion, Dieu touche amoureusement le cœur, et l’éclaire de telle sorte, qu’il semble que si nous n’embrassions pas cet état, nous nous en repentirions à l’heure de la mort.
La pureté d'intention.
C’est une troisième marque de vocation, quand on ne choisit pas un état par le mouvement de la concupiscence, par le désir des honneurs, des richesses, des plaisirs, par faiblesse et pour plaire à ses parents, mais pour faire la sainte volonté de Dieu, pour sauver son âme, et pour servir son prochain. |
Oh ! pourquoi tous les cœurs ne sont-ils pas purs et désintéressés ! Cette douce voix du Seigneur assignant à chacun sa place, y retentirait dans le calme des passions, comme elle retentissait dans le silence des nuits à l'oreille du jeune Samuel ; on ne pourrait s’y tromper. Mais, hélas ! qu’il est difficile de l’entendre au milieu des orages de la jeunesse ! Silence donc, innocence, humilité, abandon à Dieu, ouverture entière à son directeur. Il est affreux de se tromper ; mais on ne se trompe que quand on le veut bien. ;