‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 127 sur 173 · Expliquez la préface de l'Oraison Dominicale · texte numérisé non relu

Expliquez la préface de l'Oraison Dominicale

souvent de l’ennui à rester aussi souvent seul dans la campagne, il répondit que son Pater lui suffisait pour abréger ses journées et les rendre agréables, parce qu’il y trouvait une source toujours nouvelle de pensées consolantes et de bons sentiments, en sorte qu'il lui fallait quelquefois toute une semaine pour le méditer en entier, — Le bon Catéchiste, par M. de LA PALME.

— Saint Hugues, évêque de Grenoble, étant toujours malade, ne fit presque autre chose pendant toute une nuit que de réciter l’Oraison Dominicale. Le domestique qui le gardait lui représenta que la récitation de cette prière, si souvent répétée, serait certainement nuisible à sa santé. Il lui répondit : ‘ Détrompez-vous : la récitation d’une prière si belle ne peut me faire aucun mal, je sens même qu'elle me fait un grand bien.” —LASAUSSE.

ARTICLE IT

Que votre nom soit sanctifié,

1, Ilest bien juste que notre premier désir et notre première demande aient la gloire de Dieu pour objet. Si nous sommes ses enfants, rien ne doit nous être plus cher que l’honneur et la gloire de notre Père. Nous commençons donc par demander que son nom soit sanctifié, c’est-à-dire honoré et glorifié. Le nom de Dieu est saint par lui-même, et il ne peut acquérir aucun nouveau degré de sainteté ; mais il est souvent déshonoré par les discours et par la conduite des hommes. Ce que nous demandons par ces paroles, c’est que le saint nom de Dieu soit connu, loué et adoré par toutes les créatures ; que toute langue le bénisse ; que tout l’univers lui rende l'hommage qui est dû à la souveraine Majesté : que sa gloire s’étende dans toutes les contrées du monde.

2, Il y a encore des nations infidèles, des Do qui ne connaissent point Dieu : nous le prions de les faire sortir des ténèbres où ils sont ensevelis, et de les appeler à la lumière admirable de l'Evangile. Il y a des hérétiques qui le connaissent, mais qui ne lui rendent pas un culte pur : nous demandons qu'ils renoncent à l'erreur, qu’ils reconnaissent la vérité. et qu’ils rentrent dans- le sein de la véritable Eglise, hors de laquelle il n’y a point

1, Quel est l'objet de la première demande de l'Oraison Dominicale ?— 2, Que demandons-nous par ces paroles pour les infidèles ct pour les méchants ?

de salut. Enfin il yade mauvais chrétiens qui ne servent pas Dieu, qui l’outragent même par leurs péchés, qui profanent et blasphèment son nom redoutable : nous

emandons qu'ils se convertissent à Dieu par une sincère pénitence, et qu’ils commencent à le glorifier par une conduite édifiante,

3, Nous prions même pour les justes qui honorent déjà le nom de Dieu par leurs vertus, afin qu'ils croissent et qu'ils persévèrent jusqu'à la fin dans la justice ; mais ce que nous devons surtout désirer, c’est de sanctifier nous-mêmes le nom de Dieu, de consacrer toute notre vie à le glorifier et à le faire glorifier par les autres,

4, On sanctifie le nom de Dieu par ses pensées, en s’humiliant profondément devant la Majesté divine, en ne pensant jamais à Dieu ni aux choses de Dieu qu'avec un

rofond respect et une vénération religieuse, On sanctifie e nom de Dieu par ses paroles, en ne parlant jamais de Dieu qu'avec un sentiment d’adoration intérieure et un saint tremblement, On le sanctifie par ses actions, en menant une vie exemplaire, qui porte les autres à louer Dieu et à le servir, Nous devons donc, en prononçant cette demande : Que votre nom soit sanctifié, avoir un désir sincère de procurer la gloire de Dieu autant qu'il nous est possible ; de porter les autres à l’honorer, de leur inspirer, par nos discours et par notre exemple, l'amour de la vertu et le goût de la piété. Sans ce désir notre cœur démentirait notre bouche, et nos paroles déposeraient contre nousmêmes, puisque nous ne désirerions pas ce que nous paraissons demander, Que serait-ce si, en demandant à Dieu que son nom soit sanctifié, nous étions au nombre de ceux qui portent les autres à l’offenser ?

EXEMPLES.—Un enfant bien né ne peut s'empêcher de bénir le nom de son père ; tout son plaisir est de l’entendre louer, son malheur serait de le voir mépriser. C’est ainsi qu'un chrétien en agit envers Dieu; son cœur est animé du zèle de la gloire de son Maître ; l’indolence du lâche l’afflige ; le blasphème de l’impie le glace d’effroi.

—À l’époque de la chevalerie, lorsque le prince recevait une injure, ses chevaliers ne le laissaient jamais combattre lui-même pour obtenir répuretion de son honneur; mais

3. Que demandons-nous pour les justes ?—4, Comment faut-il sancetifier le nom de Dieu ?

ils combattaient pour lui et entraient joyeusement dans la lice pour venger l’affront fait à leur maître, Nous devons, nous aussi, entrer courageusement dans l’arêne pour défendre l'honneur de notre Père qui est aux cieux,

ARTICLE III

Que votre règne arrive.

1. Par ces paroles, Que votre règne arrive, nous ne demandons pas que Dieu possède un pouvoir souverain sur toutes les créatures ; cette souveraineté/lui appartient nécessairement et essentiellement ; nul ne peut se soustraire à son mp. Mais il y a un autre règne, un règne de grâce auquel nous devons coopérer, et que Dieu fait dépendre de notre consentement ; un règne tout spirituel, ou l’âme, prévenue et aidée par la grâce, obéit volontairement et librement à toutes les inspirations de Dieu, se conforme en toutes choses et sans réserve à son bon plaisir, exécute avec une pleine fidélité tous ses ordres, et n’a point d'autre règle de conduite que sa Loi et ses divins Commandements ; un règne où le cœur se donne luimême à Dieu, afin qu’il le possède tout entier, afin qu’il le gouverne selon son gré, pour qu'il le dégage de toute affection terrestre, de toute attache humaine, Voilà le rene que nous désirons que Dieu établisse en nous dès à présent,

2, Il y a un règne de gloire où Dieu a préparé à ses élus une couronne immortelle, où il se donne à eux pour qu'ils le possèdent à jamais, où il répand sur eux tous ses trésors et ses richesses, où il les enivre de l’abondance des biens de sa maison et d’un torrent de délices, où il les fait régner avec lui dans tous les siècles des siècles, Voilà le règne que nous désirons de voir arriver.

Ce que nous demandons, c'est donc que Dieu règne dès à présent dans nos cœurs par la grâce, et qu’il nous fasse régner un jour avec lui dans sa gloire. En faisant cette demande, nous devons désirer sincèrement que le règne du péché, que le règne des passions soit détruit en nous, et que notre esprit, notre cœur et notre corps soient soumis à Dieu, qu’il en soit le maître et l’urique souve-

En

1. Que demandons-nous par ces paroles: Que votre règne arrive ?— 2. Outre le règne de Lieu sur nous par sa grâce, n'y en n-t-il pas un autre que nous devons demander ? È

rain, Si nous sommes dominés par de mauvaises habitudes et assujettis à des vices, il faut que nous gémissions de cette malheureuse servitude, que nous souhaitions de briser nos chaînes, ct de rentrer dans la liberté des enfants de Dieu ; il faut ensuite que nous élevions nos pensées et nos désirs au-dessus de la terre, qui n’est pour nous qu'un lieu d’exil ; que nous soupirions après notre patrie, où, plongés dans les délices éternelles, nous régnerons avec Jésus-Christ. Ce doit être là l’objet de nos désirs et de nos espérances, la consolation de nos travaux et de nos peines.

La vie de l’homme, si courte dans sa durée, est remplie de beaucoup de misères, Comment pouvons-nous être attachés à cette vie misérable, nous qui sommes destinés à une vie éternelle? Comment pouvons-nous appréhender la séparation de ce corps mortel et corrupibble, qui nous empêche de voir Dieu, de nous réunir à la société des esprits bienheureux ? Que peut-il nous arriver de plus avantageux que de sortir de cette prison, que de quitter ce monde visible, où nous sommes exposés À tant de dangers, où tout est piège pour nous, où nous courons risque de périr à chaque instant ? Un bon chrétien a sans cesse devant les veux la récompense qu'il attend ; il se regarde sur la terre comme un voyageur ; il est déjà citoyen du ciel par la vivacité de sa foi et de son espérance : assis sur les rivages des fleuves de Babylone, il pleure amèrement au souvenir de la Jérusalem céleste, qui est sa véritable patrie ; il lève souvent les yeux vers la montagne sainte, où est le séjour de la paix, où son héritage l’attend, où Jésus-Christ doit le couronner et le rendre éternellement heureux.

EXEMPLE.—Peu m'importe la perte de mes biens, disait un Martyr de la Foi: le ciel me reste: c’est 1à le véritable héritage de mon Père, personne ne pourra me le avir; dans un moment je vais en prendre possession,

ARTICLE IV

Que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel.

1. Pour obtenir du Père céleste l'héritage qu'il nous réserve et le royaume qu'il nous destine, il faut faire sa volonté, Notre-Seignenr nons en avertit lui-même dans

. 1. Que faut-il faire pour aller au ciel ? Comment faut-il nçcomplir la volonté de Dieu?

DE L'ORAISON DOMINICALÉ. 341

l'Evangile: “Tous ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas pour cela dans le royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père.” Il y a en Dieu une volonté qui est la règle de nos devoirs, par laquelle il nous commande le bien et nous défend le mal ; c’est cette volonté que le Prophète désirait d'exécuter quand il disait : ‘“ Apprenez-moi à faire votre volonté, faites-moi marcher dans la voie de vos commandements, donnez à mon cœur du goût pour vos saintes ordonnances,” Cette volonté divine nous est manifestée dans les Commandements de Dieu et de l'Eglise, dans les avertissements de nos supérieurs. Ainsi, en disant à Dieu : Que votre volonté soit faile en la terre comme au ciel, nous lui demandons la grâce d'observer sa Loi, d’obéir à l’ Eglise ct à tous ceux qu'elle a chargés de nous conduire; nous désirons que notre obéissance soit aussi parfaite que l’est dans le ciel celle des anges et des bienheureux, Dans le ciel tout obéit à Dieu avec promptitude, avec ponctualité, avec ardeur. Est-ce ainsi que nous lui obéissons? Sommes-nous fidèles à observer ses commandements ? Sommesnous soumis à ceux qui tiennent sa place à notre égard ? Cependant on ne fait sérieusement cette prière que lorsque le cœur est d'accord avec la langue : ce serait mentir à Dieu que de lui demander des lèvres ce que le cœur ne désire pas.

2, Il y a une volonté de Dieu qui est la cause des évènements de la vie: tout ce qui arrive dans le monde est réglé par la volonté de Dieu; il ne dépend pas de nous d’en arrêter ou retarder l'effet ; notre devoir à l'égard de cette volonté divine est de l'adorer, de nous y soumettre, d'accepter avec résignation les maux qu’il lui plaît de nous envoyer, de recevoir, comme de la main d’un père, les coups dont il nous tee Dieu permet que ces maux nous arrivent, parce qu'il a sur nous des vues de miséricorde. S'il nous envoie des afHictions, c’est parce qu'il veut nous sauver: il veut qu’elles servent à expier nos péchés. Ainsi c’est plutôt par bonté que par justice que Dieu nous punit en cette vie; ce qui fait dire à l’Apôtre que le Seigneur châtie celui qu’il aime, et qu'il frappe celui qu’il reçoit au nombre de ses enfants, et qu’en cela même il letraite comme son enfant : car, ajoute-t-il, quel est l’enfant qui n’est pas châtié par son père? Ce que nous demandons à Dieu par ces paroles, Que votre volonté

. 2. Comment faut-il so conduire pour accomplir la volonté de Dicu ans L'3 cvènements de la vie?

42 BE L'ORAISON DOMINICALÉ,

soit faite, c’est donc de supporter avec une entière soumission toutes les peines qu'il lui plaira de nous envoyer ; c'est que, quelque chose qui nous arrive, il nous trouve toujours patients, résignés, et dans une parfaite conformité de cœur et d'esprit aux desseins de sa providence,

On ne fait donc cette prière comme il faut qu'en renon- D mp à sa propre volonté, ou en s'efforçant d'y renoncer.

ien n’est en effet plus avantageux pour nous que de s’assujettir à la volonté de Dieu, L'homme ne s'est perdu que pour avoir préféré sa propre volonté à celle de Dieu, etilne se sauve qu’en préférant la volonté divine à la sienne. Otezla propre volonté, dit saint Bernard, il n'y aura plus d’enfer.

3. Notre-Seigneur a donné l'exemple de cette parfaite conformité à la volonté de Dieu. ‘ Je suis venu sur la terre, nous dit-il lui-même, non pour faire ma volonté, mais pour faire celle de mon Père ;”’ et ailleurs : ‘ Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé.” En effet, toute la vie de Notre-Seigneur n’a été que l’accomplissement exact des ordres de son Père : s’il naît dans une étable, s’il passe sa jeunesse dans une humiliante obscurité, et ses dernières années dans les fonctions d’un pénible ministère, c’est parce que son Père l’a envoyé, et qu'il règle toutes ses démarches sur les ordres qu’il a reçus de lui ; enfin, s’il meurt par le plus ignominieux des supplices, c’est qu'il faut que la volonté

e son Père s’accomplisse, et non pas la sienne,

EXEMPLE.—Quand on annonça à saint Louis la mort de la reine Blanche, sa mère, son premier mouvement fut de verser un torrent de larmes ; mais, revenu bientôt à lui-même, il se prosterna devant l’Arbitre souverain de la vie et de la mort, en disant : ‘* Je vous rends grâces, à mon Dieu, de m'avoir conservé jusqu'ici une mère si digne de toute mon affection. C’était un présent de votre miséricorde ; vous le gi bre comme votre bien, je n'ai point à m'en plaindre. Il est vrai que je l’aimais tendrement ; mais, puisqu'il vous plaît de me l’ôter, que votre saint nom soit béni dans tous les siècles.” Telle était la tendresse de cœur de cet incomparable monarque, telle était sa résignation. On ne se lasse point d'admirer tant de vertus ni de bénir la Religion sainte qui les & produites, —VELLY.

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8. exemple J.-C. nous a-t-il donné de conformité à la volonté da Dieu

Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour,

1. Après les trois premières demandes, qui regardent la gloire de Dieu, nous demandons au Père céleste ce qui nous est nécessaire, chaque jour, pour la vie du corps et pour celle de l'âme.

Dieu est la source de tous les biens, c'est lui qui pourvoit à tous nos besoins dans l’ordre de la nature et duns celui de la grâce. Nous sommes tous devant lui comme des iudigents qui n’ont rien que ce qu’ils reçoivent de sa main bienfaisante. ‘ Toutes les créatures, dit le Prophète en parlant à Dieu, toutes les créatures attendent de vous la nourriture que vous leur donnez en son temps : vous ouvrez votre main, et elles sont rassasiées de vos biens.” Les riches eux-mêmes sont obligés de demander, chaque jour, leur pain, pour reconnaître que tout ce qu'ils possèdent est dans la main de Dieu, qu'ils le tiennent de sa libéralité, et qu’ils peuvent le perdre en mille manières s’il ne le leur conserve.

2. Remarquons bien que nous demandons à Dieu, non pas des richesses superflues, non pas de quoi satisfaire notre sensualité ou notre orgueil, mais uniquement notre pain, c’est-à-dire ce qui nous est absolument nécessaire pour notre subsistance, selon notre état; encore ne devons-nous le demander que pour le jour présent ; car Notre-Seigneur nous défend de nous inquiéter du lendemain, où nous ne sommes pas sûrs d'arriver ; il veut que nous nous reposions sur sa providence, et que chaque jour nous recourions à lui, bien assurés que nous retrouverons chaque jour un bon père, toujours également disposé à accorder à ses enfants tout ce qui leur est nécessaire, ‘“ Ne vous mettez point en peine, nous dit-il luimême, où vous trouverez de quoi boire et de quoi manger pour le soutien de votre vie, ni d’où vous aurez des vêtements pour couvrir votre corps : votre Père qui est dans le ciel sait que vous avez besoin de toutes ces choses. Ne soyez point inquiets pour le jour qui doit suivre ; À chaque jour suffit son mal.”

Cette confiance en la Providence ne doit cependant pas être oisive et présomptueuse ; Dieu ne veut pas favo-

1. Pourquoi demandons-nous ce qui nous est nécessaire, chaque jour, pour la vie de j’âme et celle du corps ?—2. Pourquoi ne devons-nous demander que le nécessaire ?

riser la paresse ; mais il nous ordonne de faire tout ce qui dépend de nous, et quand nous l’avons fait, de nous confier en lui, et de compter alors sur les trésors inépuisables de sa bonté. La manne était donnée, jour par jour, aux Israélites dans le désert, et pendant quarante ans elle ne manqua pas une seule fois: voilà pour les besoins du corps.

3. Nous avons aussi une âme qui a besoin d’une nourriture spirituelle ; c’est ce pain de l’âme que nous demandons principalement dans cette prière. La nourriture de notre âme, c’est la parole de Dieu, c’est la grâce, c’est la divine Eucharistie.

4. La parole de Dieu nourrit notre âme; elle conserve les justes et les fait avancer dans la justice ; elle guérit les pécheurs et les ramène à la vie de la grâce qu’ils ont perdue ; c’est le moyen ordinaire dont Dieu se sert pour faire entrer et croître dans notre âme la connaissance et l'amour des vérités du salut. Nous ne devons donc jamais négliger d’entendre la parole de Dieu; nous devons l’écouter avec respect, avec attention et avec le désir d’en profiter.

5. La grâce est aussi nécessaire pour la vie de l’âme que le pain matériel l’est pour la vie du er:ps; c’est la grâce qui soutient l’âme, qui la fortifie, qui la fait agir ; nous en avons un besoin continuel ; Dieu veut que nousla demandions, et que nous fassions instance tous les jours pour l’obtenir.

6. Enfin Jésus-Christ lui-même nous assure que la sainte Eucharistie est la nourriture de notre âme: ‘ En vérité, en vérité je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Je suis le pain vivant descendu du ciel; celui qui mange de ce pain vivra éternellement.”

Les Chrétiens des premiers siècies recevaient tous les jours ce pain céleste; il serait bien à souhaiter que nous pussions y participer comme eux, parce que notre âme tombe en défaillance et meurt ‘uand cle néglige de s’en nourrir: mais comme il faut avoir le cœur pur pour recevoir la sainte Eucharistie, en priant Dieu de nous

‘ 8. Notre âme a-t-elle besoin d'une nourriture, et quelle est celle qui lui est propre ?—4. Comment la parole de Dieu nourrit-elle les âmes, et comment faut-il l'écouter ?—5. La grâce est-c!le nécessaire à notre Ame? —6. Par quelles paroles J.-C. nous assure-t-ii qu’il est lui-même la nourriture de notre âme

DH L'ORAIEON DOMINICALE. 849

‘donner chaque jour, ce pain de vie, nous lui demandons la pureté de cœur qui nous mette en état de le prendre avec fruit.

EXEMPLE.-—Seigneur, disait le roi Salomon, ne me donnez ni la pauvreté ni les richesses ; ne me condamnez pas à une indigence absolue, de peur que la faiblesse,

ui m'est naturelle, ne me porte au désespoir; ne me

onnez pas l’abondance des richesses, de peur que, m'’élevant par orgueil, je ne m’imagine follement pouvoir me passer de vous. Donnez-moi donc seulement ce qui m'est nécessaire pour vivre, et apprenez-moi que c’est de votre main libérale que je tiens tout ce que je possède, afin que je vous glorifie sans cesse, vous qui êtes le Seigneur mon Dieu.

ARTICLE VI

Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons.

1. Un Dieu si bon, un Père si tendre, ze devrait trouver dans ses enfants qu’une docilité parfaite à sa sainte Loi, et une fidélité constante et inviolable ; mais il s’en faut bien que les hommes aient ces sentiments ettiennent cette conduite à son égard. Ils l’offensent tous les jours : la plupart l’abandonnent, violent ses Commandements dans les points les plus essentiels, et l’outragent par les plus grands crimes. Les justes mêmes tombent souvent dans les fautes qui contristent le Saint-Esprit: ils ne commettent point, à la vérité, de ces crimes qui donnent la mort à l’âme et qui la séparent de Dieu ; mais ils font tous les jours des choses qui lui déplaisent. ‘Il n’y a point d'homme qui ne pèche ; et si nous diso1s que nous ne sommes coupables d'aucun péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous” Ce sont les paroles de l’apôtre saint Jean. Aussi notre divin Sauveur, quiconnaissait lafaiblesse de notre nature, nous a fait un devoir de demander tous les jours à Dieu le pardo:1 de nos offenses.

2, Il n’a mis cette demande dans la prière qu’il nous a enseignée que parce qu'il veut nous pardonner ; il ne nous l’aurait pas prescrite, s’il n’avait pas eu la volonté de nous accorder l'effet de cette demande. Mais il ne

1. Devrions-nons avoir besoi : de demander le pardon de nos offenses ? : PE an cette demande est-elle renfermée dans l'Oraison Domini-

faut pas oublier que, sans la contrition, aucun péché, ni mortel ni véniel, ne peut être remis. Dieu ne pardonne

u’à ceux qui ont du regret de l'avoir offensé, et qui sont

ans la résolution de n’y plus retomber. Il ne faut cependant pas se dispenser de prier sous prétexte qu’on se croit éloigné de cette disposition : il faut, au contraire, prier pour la demander à Dieu, En lui disant : Pardonnez-nous nos offenses, ous lui demandons la grâce d’une sincère pénitence, afin d'obtenir par ce moyen le pardon de nos péchés, Quand on est dans cette disposition, on est sûr d’être écouté favorablement et de parvenir à une entière réconciliation avec Dieu.

8. Mais serait-il juste de vouloir que Dieu nous remit nos offenses, tandis que nous ne pardonnons pas à notre prochain les fautes qu’il a commises contre nous ? Seraitil raisonnable de vouloir que Dieu usât d’indulgence à notre égard et qu’il oubliât les injures que nous lui avons faites, si nous voulions nous venger de celles que nous avons reçues ? Nous disons tous les jours à Dieu : Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; le pardon que nous accordons aux autres est donc la mesure de celui que nous demandons à Dieu pour nous-mêmes : si nous pardonnons à notre prochain, Dieu nous pardonnera ; si nous ne voulons pas lui pardonner, Dieu ne nous pardonnera pas non plus. Faire cette demande, et conserver dans son cœur du ressentiment contre ceux qui nous ont offensés, ce serait donc dire à Dieu : ne me pardonnez pas, parce que je ne veux pas pardonner à ceux qui m'ont fait de la peine ; vengez-vous de moi, parce que je veu: me venger d’eux. Ce serait prononcer l'arrêt de sa condamnation, en demandant pour soi-même le traitement que l’on fait aux autres,

EXEMPLES.—Saint Jean l’Aumônier apprenant qu’un seigneur refusait de pardonner à un ennemi, le fit venir et l’engagea à assister à la sainte Messe qu'il allait célébrer. Comme c'était la coutume que tout le monde récitât l’Oraison Dominicale, le saint fit signe au servant de se taire à ces paroles : Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons... Et le seigneur les récita seul ; alors, le saint, se tournant vers lui, lui dit avec fermeté : ‘ Qu'’avez-vous fait ? vous avez prononcé votre sentence, vous

8. A quelles conditions et d'ins quelle mesure pouvons-nous obtenir le pardon de nos offenses ?

DH L'ORAÏÎSON DOMINICALE. 547

hvez dit à Dieu de ne pas vous pardonner, puisque vous ne pardonnez pas !” Le Seigneur, frappé de ces paroles, se prosterna devant l’autel, et promit tout ce que le saint voulut ; la réconciliation fut parfaite,

On reprochait un jour à Henri IV de traiter avec trop de bonté les ligueurs, ses ennemis irréconciliables, Il répondit : ‘ Dieu me pardonne, je dois pardonner ; il oublie mes fautes, je dois oublier celles de mon peuple. Que ceux qui ont péché se repentent et qu'on ne m’en parle plus.”

* ARTICLE VIT

Ne nous abandonnez point à la tentation.

1. Ce n’est pas assez que la miséricorde de Dieu nous pardonne les péchés que nous avons déjà commis ; nous avons besoin que sa grâce nous préserve d’en commettre de nouveaux. Nous y sommes à tout moment exposés à ‘ause des tentations qui nous y sollicitent : c’est pour cela que nous implorons la protection de Dieu en lui disant : Ne nous abandonnez pas à la tentation ; nous lui demandons qu'ayant égard à notre faiblesse, il détourne de nous la tentation, ou qu’il nous donne la grâce de la surmonter.

2. Le monde, 1 démon, la concupiscence conspirent ensemble pour nous perdre. Le monde nous tente par ses mauvais exemples, par ses discours, par ses maximes ; le démon nous tente en faisant sur nos sens et sur notre imagination des impressions qui tendent à nous suggérer de mauvaises pensées et de mauvais désirs, Il n’y a point de ruses qu’il ne mette en œuvre pour nous faire tomber : il tourne sans cesse autour de nous, cherchant à nous dévorer ; enfin la concupiscence, c’est-à-dire ce penchant vicieux que nous apportons en naissant, et qui nous porteau mal, nous tente : elle nous suit partout : elle est au-dedans de nous comme un ennemi domestique, et elle fournit des armes au démon et au monde pour nous attaquer avec plus d'avantage, Etre tenté n’est point un péché, c'est même souvent une occasion de mérite par la résistance qu’on y oppose ; mais c’est un péché de consentir à la tentation. Si par la crainte d’of-

1. Pourquoi demandons-nous de n’être pas abandonnés à la tentation ? 2, Quels sont les ennemis qui conspirent pour nous perdre, et par quels moyens ?

548 DE L'ORAIÏISON DOMINICALF.

fenser Dieu nous réprimons les premiers mouvements qui s’excitent en nous, et si nous refusons constamment de consentir au mal, il n’y a point de péché ; cette résistance est même une action de vertu que Dieu récompensera un jour : mais si l’on s’y arrête avec complaisance après qu'on s’en est aperçu, alors c’est un péché, et l’on devient coupable, Quoique la tentation ne soit pas un péché par elle-même, elle est toujours dangereuse, Cependant nous ne demandons pas à Dieu d’être exempts de toutes tentations ; elles sont inévitables dans cette vie, qui est une guerre, un combat continuel : les plus grands saints ont été tentés. Notre-Seigneur lui-même a voulu être tenté, pour nous apprendre la manière de vaincre les tentations, et pour nous en mériter la grâce. Ce que nous demandons, c'est que nous ne soyons pas abandonnés dans la tentation.

3. Nous sommes si faibles, que la moindre tentation est capable de nous renverser : toute notre ressource est dans la grâce de Dieu ; nous recourons donc à lui, nous lui faisons l’humble aveu de notre impuissance, nous lui demandons qu’il veuille bien nous épargner ces grandes tentations auxquelles nous succomberions, et que, dans toutes celles par lesquelles il lui plaira de nous éprouver, il daigne nous soutenir et nous donner la force d’en sortir victorieux. Nous n'avons rien à craindre avec le secours et la protection de Dieu : il est assez puissant pour nous faire surmonter toutes nos tentations, et même pour nous en faire tirer avantage. Il le fera si nous veillons sur nous-mêmes pour ne pas nous exposer témérairement au danger, et si nous lui demandons le secours de sa grâce dans les tentations que nous n’avons pu éviter, alors nous ne combattons pas seuls ; Dieu combat lui-même avec nous ; et la victoire nous est assurée. ‘ Dieu est fidèle, dit saint Paul, et il ne permettra point que vous soyez tentés au-dessus de vos forces ; mais il vous fera tirer avantage de la tentation même, afin que vous puissiez persévérer.” Dieu ne peut manquer à sa parole, il s’est engagé à délivrer ceux qui espèrent en lui et à protéger ceux qui l’invoquent. Ils seront attaqués, mais rien ne pourra leur nuire tant que Dieu sera leur asile; il les fera sortir du combat avec avantage ; la tentation servira à perfectionner, à affermir leur vertu, afin qu’ils puissent persévérer jusqu’à la fin.

3 De quoi avons-nous besoin pour résister aux tentations ? Que devons= vous faire de notre côté ?

DE L'ORAIEON DOMINICALE. 349

ExEMPLEs.—[La plaie de votre côté est bien grande, Seigneur, disait saint Philippe de Néri ; mais si vous ne me reteniez, je l'élargirais bien davantage par mes infidélités.

Ne m’abando.nez pas un moment à moi-même, Seigneur, disait un autre saint, sans quoi je vais périr. ‘ Où étiez-vous ? disait sainte Catherine après avoir soutenu les assauts d’une violente tentation, où étiez-vous, Seigueur ? ? Il lui sembla entendre une voix qui lui disait : J'étais au fond de ton cœur pour te soutenir ; c’est moi qui te donnais une si grande horreur pour le mal que le démon te suggérait.

-—Plus un arbre est agité par les vents, plus aussi, s'il à la force de résister, ses racines s'étendent, et il n’en devient que plus solide. Aïnsi la vertu s’affermit par les tentations, quand elle leur a résisté.

—N'éprouver aucune tentation est le propre des bienheureux ; avoir des tentations et les surmonter est le fait d’un chrétien ; ressentir des tentations et y succomber est le fait du démon.—$. ANSELME.

ARTICLE VIII

Délivrez-nous du mal.

1. Nous terminons cette prière pour demander à Dieu qu'il nous délivre du mal, c'est-à-dire des misères de cette vie, des ennemis de notre salut, et de la damnatior ‘ :rnelle. A combien de maux, n’est-on pas sujet dans cette vie : de combien d’amertumes n’est-elle pas remplie! Les maladies, la douleur, assiègent notre corps ; le trouble, l'inquiétude, le chagrin attaquent notre âme. C’est bien avec raison que l’Eglise appelle cette terre où nous vivons : une vallée de larmes.

2, Nous ne demandons pas d’être entièrement affranchis de toutes ces misères, ce privilège ne convient point à notre état présent ; ce que nous demandons, c’est d’être délivrés de celles qui seraient pour nous des occasions de péché, qui nuiraient à notre salut. Il n’y a de véritable al que ce qui mettrait obstacle à notre justification. Si

1. De quel mal entendons-nous principalement être délivrés par la dernière demande de l’Oraison Dominicale ?—2. Les infirmités, l'indigence, sont-elles de véritables maux, et que demandons-nous à cet égard ?

390 DE L'ORAÏSON DOMINICALE,

les infirmités, l’indigence, les calamités, sont appelées des maux, ce ne peut être que parce qu’elles jettent l’âme dans le trouble, qu’elles nous exposent à l’impatience, au murmure, au désespoir, parce que nous n’avons pas assez de vertu pour les supporter sans pécher ; mais les maux que l’on souffre patiemment, loin de nous être préjudiciables, servent à nous purifier, et contribuent à notre justification : ce sont plutôt des biens que des maux :

uelque pénibles qu'ils soient, ils sont, dans l’ordre de la

rovidence, le châtiment du péché et un moyen pour arriver au bonheur éternel. ‘Il faut, dit l’Apôtre, passer par beaucoup de tribulations et de souffrances pour entrer dans le royaume du ciel.” Il nous est cependant permis de désirer et de demander d'être délivrés de ces maux, pourvu que nous fassions cette prière avec une entière résignation à la volonté de Dieu et que nous soyons disposés à les souffrir avec soumission, si Dieu les juge nécessaires ou utiles pour notre salut. En priant ainsi et en persévérant dans la prière, nous trouverons le vrai . remède à nos maux, Dieu nous exaucera, soit en nous en délivrant, soit en nous donnant la force de les supporter, ce qui est bien plus avantageux pour nous,

3. Nous demandons d’être délivrés des ennemis de notre salut, et en particulier du démon, qui, de tous, est le plus cruel. Cet esprit de ténèbres, non content d’avoir séduit nos premiers parents,et d’avoir attiré sur leur postérité un déluge de maux, ne cesse de nous faire la guerre et de nous tendre des pièges pour nous perdre ; mais Dieu arrête sa fureur, et lui prescrit des bornes qu’il ne peut franchir,

Enfin nous demandons à Dieu qu’il nous délivre de la damnation éternelle, qui est le comble de tous les maux, le sonveraiu mal, mal irréparable, mal éternel. Dans ce abîme de maux, dans cette fatale éternité, il n’y aura plus à demander d’en être délivré ; il faudra porter à jamais tout le poids de la colère et de la vengeance divine, C’est là qu’il n’y a plus de rédemption à espérer, plus de bonheur à attendre, plus de salut à demander, mais un assemblage de tous les maux à souffrir, et à souffrir pendant l'éternité. Avec quelle ardeur, avec quelle persévérance ne devons-nous pas demander d’être préservés de ce malheur affreux ! Devons-nous jamais nous

3. Quel est le souverain mal dont la délivrance fait l'objet de cette de+ mande? |

lasser de faire cette prière, tandis que nous pouvons encore en obtenir l'effet !

EXEMPLE.— [Le grand saint Bazile, archevêque de Césurée, plutôt que de pécher en faisant ce que demandait de lui l'empereur Valens, qui était arien, et qui persécutait les catholiques, résista constamment à ses volontés, L'empereur chargen le préfet Modeste de menacer le saint de la confiscation de ses biens, de l’exil, des tourments ct de la mort, s’il n’obéissait, Bazile dit au préfet : Je suis à couvert de la confiscation ; je n’ai que quelques livres et les haillons que je porte. Où m'’exilera-t-on ? C’est le ciel qui est ma patrie. Les tourments que l'on pourrait me faire endurer ne seront pas longs, tant je suis faible, et je regarderai comme un bonheur de souffrir pour Jésus-Christ, Si l’on croit m’intimider en me menaçant de la mort, qu'on sache que la mort est à mes yeux une faveur. Tout perdre, tout souffrir et mourir plutôt que de pécher.” Le préfet alla rendre compte à l’empereur, et lui dit : ‘* Prince, nous sommes vaincus ; Bazile ne craint qu’une chose, c’est le péché.” —Hist. Eccl,

CIEAPIFRE TI.

Dévotion à la très-sainte Vierge.

1. Après Dieu, le plus digne objet de notre culte et de nos hommages, c’est la très-sainte Vierge, Mère de Dieu. Elle à été choisie avant tous les siècles pour être le temple vivant de la sagesse éternelle et l’instrument glorieux du salut des hommes. Prévenue, dès sa conception, qui a été immaculée, des dons les plus excellents et les plus divins, eile a été un parfait modèle de toutes les vertus, et la plus sainte des créatures ; par un privilège spécial, elle a été exempte de tout péché. Par son auguste qualité de Mère de Dieu, elle est élevée au-dessus de tous les Saints et de tous les Anges, dont elle est la Reine. Aussi le culte que l'Eglise lui rerd est-il un culte particulier, qui ne convient à aucun autre saint,

Pleine de bonté, elle a pour nous une tendresse de mère : Nous sommes en effet devenus ses enfants lorsque

1. Quel est après Dieu, le plus digne objet de notre culte, et pourquoi ?

Jésus-Christ mourant sur la Croix la donna pour mère à Saint Jean, et dans sa personne à tous les Chrétiens, Elle est done notre mère : quel nom plus tendre, plus touchant, plus propre à nous inspirer pour elle les sentiments d’une entière confiance, et à nous faire espérer de sa part tous les secours dont nous avons besoin ! Elle est sensible à nos misères, son cœur s'attendrit sur nos besoins quand nous les lui exposons avec confiance. Jamais personne, dit saint Bernard, ne l’a invoquée sans ressentir les effets de sa protection.

Elle s'intéresse singulièrement au salut des jeunes gens, dont elle connaît la faiblesse ; elle sait à combien de dangers ils sont exposés ; elle voit les combats que leur livre le démon, les pièges qu'il leur tend, les efforts qu'il fait pour leur enlever leur innocence ; elle les protège d’une manière particulière quand ils ont recours à elle, Il y x mille exemples de personnes qu'elle a préservées des écueils de cet âge. Pour n’en citer qu’un seul, ce fut par l’assistance de cette Reine des Vierges que saint François de Sales, dans sa jeunesse, fut délivré en un instant d’une tentation dangereuse qui le tourmentait depuis longtemps.

2. Nous concevrons combien son intercession est puissante auprès de Dieu, si nous faisons attention qu’elle a sur lui tout le crédit d’une mère chérie : sa puissance n’a point de bornes, parce que l'amour de Jésus-Christ pour sa sainte Mère est infini. Son Fils, qui est tout-puissant, ne refuse rien à la meilleure, à la plus tendre des mères ; il partage, pour ainsi dire, son autorité avec elle : il n’est point auprès de Jésus-Christ de médiation ni de recommandation égale à celle de son auguste Mère ; il l’a établie l’arbitre de ses trésors, ‘et la dispensatrice des grâces qu'il répand sur les hommes ; il veut que nous nous adressions à elle pour obtenir tout de lui.

3. Nous devons donc recourir à la très-sainte Vierge avec la confiance d’un enfant qui se jette entre les bras de sa mère : ayons pour elle une tendre dévotion, et nous éprouverons que l’on ne réclame jamais en vain son secours ; invoquons-la dans les tentations et les dangers : s’il s'élève quelque nuage dans notre esprit, si quelque passion agite notre cœur, dans nos perplexités, dans nos troubles, pensons à elle, ayons son nom dans la bouche

2. L'intercession de la très-sainte Vierge est-elle bien puissante auprès de Dieu, ct pour quels motifs ?—3, Comment devons-nous recourir à lf, très-sainte Vierge.

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