CHAPITRE VII
De la manière de parler et de prononcer,
Il est difficile de comprendre ceux qui ne prononcent pas distinctement, ou qui parlent trop bas ou trop vite. Comme on ne doit parler que pour se faire entendre et comprendre, il faut, en parlant, prendre un ton conforme au sujet que l’on traite, au lieu où l’on est, et à l’auditoire auquel on s’adresse. Un ton trop élevé annonce la fierté
0( POLITESSE CHRÉTIFNNE,
et l’insolence ; un ton trop bas décèle une timidité puérile : il faut donc éviter les deux extrêmes,
L'honnêteté condamne un ton de voix brusque, qui annonce la dureté de caractère, La dignité de l’homme est contraire à ce ton éfféminé qui, quoique commun parmi la jeunesse de nos jours, n’est pas moins un signe sensible de l1 plus pitoyable fatuité où d'un génie borné,
Ceux iont la prononciation est défectueuse, doivent s’efforcer de la corriger de bonne heure. Un peu de soin et quelques eflorts sufliront pour leur faire surmonter tous les défauts qui ne proviennent ni d’un vice ni d’un dérangement des organes ; car l'expérience apprend qu’il est très-difficile de s’en corriger lorsqu'on en a contracté l'habitude, Un moyen efficace d'améliorer sa prononciation, c’est de rechercher les mots et les syllabes qu’on a le plus de difficulté à prononcer, et de les répéter fréquemment : par là, une nouvelle habitude s’acquiert insensiblement, et les anciens défauts ne tardent pas à disparaître.
Un excellent moyen de corriger les défauts d’articulation, c’est de faire chaque jour une lecture à haute voix en présence de quelqu'un capable de reprendre tes fautes, et, à défaut de cette personne, faire la lecture tout seul, mais en remarquant avec soin les mots et les syllabes qu’on ne peut prononcer correctement ou distinctement,.