‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 152 sur 173 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

Du corps par rapport à ses attitudes, ete,

Beaucoup de jeunes gens affectent de marcher courbés, de telle sorte qu’on les prendrait pour des vieillards ou pour des personnes naturellement voûtées. Le corps doir être droit, les épaules non arrondies et la poitrine étendue, Il faut éviter, en marchant, de trop balancer les bras, ni de les tenir pendants avec roideur aux côtés ; le mouvement doit en être modéré, et la pose, aisée, naturelle et sans contrainte. C’est une preuve de mauvaise éducation de s’accouder lorsqu'on parle ou qu’on écoute, de pousser et d’écarter avec le coude et l’épaule celui qui s’avance pour parler. Il est mille autres moyens de se défaire des importuns où des grands parleurs, sans avoir recours à la rudesse. En toute rencontre, il faut observer la politesse et l’urbanité. S'il arrivait qu’on voulût éviter certaine compagnie, et que

DES ATTITUDES DU CORPS, ot

celle-ci fit méme de vives instances pour nous associer à elle, il faudrait alors user de beaucoup de discrétion, et se conduire de manière à ne pas blesser ses sentiments. Agir de la sorte, c'est agir selon l'esprit de notre religion, comme aussi conformément à cette dignité qui doit animer le chrétien, en toutes les occasions,

Il faut se laver les mains tous les matins, avant les repas, et toutes les fois que l’on a touché quelque chose qui eut les salir, Les enfants ne doivent jamais, après s'être lavé les mains, les essuyer à leurs habits, ou à tout autre objet qui n’est pas destiné à cet usage.

Présenter sa main à une personne supérieure, à moins qu'on ne soit dans l'intimité avec elle, serait une incivilité ; et si elle donne ce témoignage de bonté, il faut le recevoir avec respect et reconnaissance, en s’inclinant et présentant la sienne. Il y en a qui présentent la main avec froideur ; d’autres ne présentent que deux ou trois doigts : ceci ressent la hauteur, En donnant la main, aussi bien qu'en toute autre occasion, il faut témoigner beaucoup de cordialité. On froisse moins les sentiments des autres, en ne leur offrant point la main, qu'en le faisant avec froideur et réserve ; toutefois, il faut éviter avec soin la rudesse, La poignée de main est un signe commun de paix, de familiarité et de bienveillance ; aussi doit-elle toujours être l'expression de ces sentiments, plutôt: que l'inspiration de la politique ou de la dissimulation.

Montrer au doigt, de loin ou de près, la personne dont on parle ; tirer les doigts les uns après les autres, les remuer à tout propos ou les faire craquer, sont de grandes incivilités.

Il faut se nettoyer les ongles dès qu'ils paraissent se charger d’ordures : c’est une impolitesse de le faire en présence de qui que ce soit. On ne doit pas se couper les ongles au-dessous de l'extrémité des doigts, ni laisser des filaments de chair couvrir le demi-cercle blanc qui se trouve à leur extrémité inférieure.

En s’asseyaht, il faut se mettre à l'aise et prendre une posture gracieuse, mais sans recherche toutefois ni affectation. On doit, étant assis, se tenir ferme sur sa chaise, sans trop serrer ni écarter les genoux. Il faut avoir soin d'’arranger modestement ses pieds, sans les allonger, ni les enfoncer si étroitement sous la chaise qu’ils fassent

projeter les genoux ; on évitera également de les appuyer sur les barreaux des chaises, comme aussi de faire avec eux du bruit sur le plancher,

Lorsqu'on est debout, on doit avoir les pieds en dehors, les talons séparés et éloignés un peu l’un de l’autre, ne as les remuer sans cesse, bien que, pour se mettre mieux à l'aise, on puisse parfois les changer de position,

Plusieurs, en marchant, traînent leurs pieds d’une manière négligente ; quelques-uns marchent sur la pointe du pied; d'autres pirouettent sur le talon : ces sortes de marches sont ridicules, Quoiqu'il soit difficile d'indiquer des manières de marcher appropriées à chacun, on peut admettre comme règle générale qu'on doit lever un peu le coude-pied, ce qui a pour effet de donner de la roideur au genou et de la grâce aux épaules, Le pas ne doit être ni trop long ni trop court, Il faut que marche soit modérée et sans précipitation, à moins que la nature de ses occupations ou de ses affaires ne l'exige ainsi. I faut, en toute occasion, avoir de la dignité dans sa démarche et observer les règles de la politesse,

En terminant, on ne saurait trop recommander à toute sorte de personnes, surtout aux jeunes gens, d'avoir soin de se laver souvent les pieds et de changer fréquemment de bas, Si, d'une part, la négligence de l’un quelconque de ces deux conseils a des suites des plus désagréables ; de l’autre, l'attention à s'y conformer ne peut que produire les plus salutaires effets,

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