CHAPITRE I Du Lever et du Coucher
Les enfants doivent être profondément pénétrés des nombreux avantages qu'ils retirent de se lever de grand
matin, Cette habitude est un des meilleurs économistes du temps ; et, outre qu’elle entretient la santé du corps
DU LEVER ET DU COUCHER, 23 et de l'esprit, elle aide puissamment à la formation des habitudes morales et industrieuses, Le sommeil, porté à l'excès, altère l'énergie tant de l'âme que du corps, puralyse toute exactitude dans laccomplissement de ses obligations, et Ôôte tout goût pour les pures jouissances, excepté pour celles qui seules plaisent à un caractère grossier et souvent dangereux, Il est donc avantageux de se faire une loi de se lever et de se coucher à heure fixe, sans jamais y manquer, excepté pour cause de santé ou de toute autre nécessité, *
Rarement un paresseux prospère dans ses affaires ou devient habile dans sa profession ; au lieu que ceux qui se sont fait remarquer par une vieillesse pleine de santé, par une brillante instruction, ont généralement reconnu qu'ils étaient en grande partie redevables de ces avantages à leur régularité dans l'emploi du temps, et à leur exactitude à se lever de grand matin. Sept ou huit heures de repos suffisent au délassement du corps. Ilne faut pas perdre de vue qu'une différence de deux heures par jour du temps employé au sommeil, équivaut, pour la moyenne ordinaire de ja vie humaine, à environ dix années ; et, comme il a été justement remarqué, ‘“ ce sont dix années ajoutées à l'existence réellement utile d’un homme.”
L'homme, en quelque condition qu'il se trouve, est né pour le travail. La lumière du jour ne reparaît que pour lui rappeler cet apanage de mortalité. Cependant, combien de fois, hélas! cet ordre de Ja nature n'est-il pas renversé ! Une grande partie de la journée est employée au sommeil, tandis que la nuit presque entière est passée à de fous et souvent criminels amusements ; et cela, au préjudice manifeste de la santé, et, qui pis est, au détriment de tout devoir religieux.
La première chose que doit faire un Chrétien en s’éveillant, c'est de consacrer ses pensées, ses parole: ses actions, et tout son être au souverain Auteur de son existence, par un fervent acte d'offrande, accompagné de foi et d’humilité, afin de lui demander sa bénédiction et sa protection pendant la journée. Il faut ensuite sortir du lit avec la modestie convenable, et ne jamais, pendant ce ‘temps, tenir des conversations avec d’autres, ni occuper
. * Un vieillard, qui n’avait jamais encore été malade une seule journée, interrogé sur son secret hygiénique, répondit : * Me tenir les p'eds secs et me lever de grand matin: voilà mes deux seules précautions.”
01 POLITÉSSE CHRÉTIENNÉ.
son esprit d'affaires propres à le distraire. Il serait indigne d’un véritable enfant de Dieu, dont les premières pensées doivent être consacrées au recueillement et à la prière, de donner les premiers moments de la journée à la dissipation de l’esprit.
Dès qu’on est habillé, il faut se mettre à genoux: se ‘appeler la présence de Dieu. et réciter dévotement la prière du matin ; rien ne doit jamais dispenser un Chrétien d’un devoir aussi saint et aussi essentiel. Il serait indécent de se contenter de quelques courtes prières, faites à la hâte, tandis qu'on s'habille, Dieu mérite et demande l’hommage de notre respect non moins que la sincérité de notre cœur; et la grande idée que nous devons avoir de son infinie majesté, est la règle invariable de la posture et de l'attention avec laquelle nous prions.
On doit accoutumer les enfants à ne jamais se coucher sans avoir salué respectueusement leurs parents et tous les membres de la famille plus âgés qu'eux. Outre que cet acte de politesse est un devoir, c’est encore un excellent moyen d'entretenir ces bons rapports qui &Goivent exister au sein de la famille, au bonheur de laquelle ils contribuent si puissamment.
C'est une omission très-criminelle pour un Chrétien de se coucher sans avoir adoré Dieu par une humble prière, sans l’avoir remercié de ses dons, et sans avoir imploré sa protection. Il doit aussi examiner sa conscience, demander pardon des péchés qu’il a commis pendant la journée, et prendre la ferme résolution, avec le secours de la grâce de Dieu, de passer le jour suivant d’une manière plus digne de sa dignité d’enfant de Dieu et d'héritier du royaume céleste, ‘ Le sentier du juste, comme une brillante lumière, le fait avancer et le conduit même jusqu'au jour parfait!”
© CHAPITRE If.
De la manière de s'habiller et de se déshabiller.
Un des effets sensibles du péché d'Adam, ce fut la honte qu’il éprouva de sa nudité: et ce n’est qu'après sa faute qu'il sentit, pour la première fois, le besoin de couvrir son corps, Dieu lui donna alors un vêtement de peau de bête, afin de lui rappeler l'heureux état de paix
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et d’innocence dont il était déchu. Héritiers de son crime, nous devons également avoir part à son châtiment. Nous aussi, nous devons nous couvrir d’un vêtement, ce dont nous n’aurions jamais eu besoin, sans la souillure de la faute originelle ; l’homme, en effet, n'aurait connu aucun sujet de honte s’il avait toujours conservé intact cet état de pureté sans tache dans lequel il avait été créé, Nos habits, par conséquent, au lieu de nous être, comme ils ne le sont que trop souvent, une occasion de vanité, devraient, tout en nous rappelant notre fragilité, être la sauvegarde la plus efficace de la modestie et de l’humilité.
Personne, à moins d’un cas de maladie ou d'extrême faiblesse, ne doit se servir de l’assistance d’un autre pour s'habiller ; c’est également ce à quoi il faut accoutumer les enfants ; dès qu’il ont atteint un âge convenable, ils peuvent aisément se servir de leurs bras.
Quand on ne doit ni rendre ni recevoir de visites, on peut, dans la maison, se servir de l'habillement qui paraît le plus commode, pourvu qu’il ne soit pas immodeste, Quelque grande que puisse être la chaleur de l'été, il est incivil de paraître devant qui que ce soit les j'unbes nues, la poitrine, l’estomac et le cou découverts.
On ne serait pas obligé de prescrire des règles sur la manière de prendre ou de quitter ses habits, si l’on était plus modeste et plus honnête, y eût-il même toute liberté à cet égard, que la raison et la religion ne nous dicteraient pas moins que tout doit être fait dans l’ordre et dans la plus stricte pudeur. Il est aisé de remarquer combien il est contraire à la modestie chrétienne de s’habiller ou de se déshabiller en présence de quelqu'un, lorsqu'on peut faire autrement.