‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 154 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des habits.

Il faut que l'habillement soit, pour ia qualité et la forme, en rapport avec l’âge et la condition de la personne qui le porte. IL doit, toujours et par-dessus tout, être modeste, et jamais sale et tant soit peu malpropre. L'habit et toutes les autres parties du vêtement sé être brossés avec soin, le collet ajusté et toujours propre, les chaussures bien luisantes : enfin, tout l’extérieur doit présenter une grande propreté et une grâce non affectée,

Il est du devoir des parents de veiller à ce que Îles habits de leurs enfants soient selon leur condition ; ils doivent aussi éviter avec soin tout excès à ce sujet. La tendance à ne porter que des habits de iuxe entraîne souvent dans des dépenses ruineuses ; car, quand on se laisse aller habituellement à la vanité dans l'habillement, il est bien difficile ensuite d’en limiter ies exeèx,

Il faut se précautionner avec soin contre la singularité dans les ajustements, comme aussi dans la manière de les porter, La mode du pays où l’on vit, et de la société dans laquelle on se trouve, est la règle que l’on doit suivre dans le choix et la forme des habits, Ii ne faut cependant pas donner dans toutes les modes ; il en est de capricienses et de bizarres, il faut les rejeter et éviter surtout la folie de ceux qui les inventent à plaisir.

Il ne convient pas plus d’être le premier à adopter les nouvelles modes, que d’être le dernier à renoncer aux anciennes,

Ï1 faut bannir des habits tout ce qui annonce la vanité ou l'ostentation, L'homme qui met sa gloire et son amour «ans de somptueuses parures, s’avilit en croyant se distinguer. C’est un mérite bien douteux, en effet, que celui qui ne provient que des bijoux et de la toilette. D'autre part, on doit éviter la négligence, laquelle est l'effet de la paresse, et n’esi que trop souvent accompagnée du manque de soin pour la propreté sur sa personne,

Les enfants appartenant à des familles peu fortunées doivent souvent se rappeler combien il leur importe de faire une sérieuse attention à la propreté, afin d’entretenir leur santé et de se rendre agréables à ceux avec qui ils ont des rapports. Les nombreuses privations qu'ils endurent si souvent, les misérabies habits dont ils sont couverts, en même teinps que les pauvres et incommodes habitations dans lesquelles tis sont logés, les jettent dans un tel aceabiement, qu’il incombe doublement à leurs instituteurs d'essayer de relever leur courage et de les rendre sensibles aux avantages qui résultent de la pro- preté sur leurs persounes. Quelque pauvrement que soit “vêtu un enfant, pourvu que sa personne et ses habits soient tenus proprement et en bon état, et que son maintien soit modeste et simple, il ne manquera pas de prévehir en sa faveur tous les gens de bon sens.

Le chaneau doit être en harmonie avec le reste de l’habillement. Il ne faut pas le porter sur le sommet de la tête, ni sur le côté, ni l’enfoncer comme pour couvrir les yeux, mais il faut le placer droit sur la tête, de manière que le devant corresponde au front. On doit, en saluant, ôter son chapeau de la main droite. Lorsque, étant debout, on est obligé de se tenir découvert, il faut tenir son chapeau vers le côté; si on est assis, il faut le poser sur les genoux ou dans un lieu convenable et rapproché. Dans les courtes visites du matin, il est admis généralement de garder le chapeau avec soi dans l’appartement ; mais si on prévoit que la visite doive se prolonger, il faut le laisser dans lé corridor ou dans quelque endroit destiné à cet usage. Quand on visite des personnes de distinction, on ne doit pas, surtout si on leur est inférieur, entrer avec son chapeau dans l'appartement où a lieu la visite,

En terminant ce chapitre, il est bon de remarquer que ce qui convient le mieux à un Chrétien, dans ses habits, c'est une modeste simplicité. Elle sert, en effet, à lui rappeler la modestie dont toute sa conduite doit être empreinte ; elle contribue également à l'avantage du prochain, en ce que ce dernier se sent porté à imiter un exemple si digne d’éloges. ‘“ Que votre modestie soit connue de tous les hommes, dit l’Apôtre; car le Seigneur est proche.”

Page 1