‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 157 sur 173 · DES VISITES · texte numérisé non relu

DES VISITES

aù centurion d'aller chez lui, c'était pour opérer une guérison miraculeuse, C'est ainsi que toutes jo visites de notre divin Sauveur étaient accompagnées de quelques actes de bienfaisance,

Jésus est notre modèle: nous devons donc, à son exemple, ne jamais faire de visites inutiles, Quand on ne commettrait d'autre faute que celle d'aller ainsi de maison en maison, la perte du temps que cela entraîne suffirait pour nous rendre répréhensibles, et par suite, nous les faire éviter,

Les visites que l’on rend par pure étiquette, ou en vue de se distraire, doivent être courtes, et encore ne sontelles permises que lorsqu'elles ne consomment pas le temps destiné au travail, On doit se garder de rendre des visites à l'heure des repas ou à des heures incommodes, à cause du dérangement plus où moins considérable qui en résulte pour les personnes visitées, Les gens qui n'ont que peu d'occupations, abusent souvent et d’une manière inconvenante du temps des autres ; ils se rendent par là ennnuyeux par leurs longues et fatigantes visites, Les visites de félicitation doivent être courtes également,

Quand on arrive à la porte d'une maison où l’on fait une visite, il ne faut point s'annoncer en frappant trop fort à la porte où en parlant d’un ton trop élevé. Il ne faut point non plus frapper à la porte ni tirer le cordon de la sonnette avec violence, mais autant seulement qu’il est nécessaire pour se faire entendre ; il faut laisser, entre la premiére et la seconde fois que l’on frappe ou que l’on sonne, assez d'intervalle pour donvier le temps de venir ouvrir,

Quelque familier que l'on soit dans une maison, on ne doit jamais entrer dans un appartement sans avertir de quelque manière que ce soit, quand même on trouverait la porte ouverte, Un coup léger suffit généralement,

Lorsqu'on attend dans une salle, c'est une incivilité de chanter, de siffler, de parler fort, de toucher les meubles ou de regarder par la fenêtre.

Si, en entrant dans un appartement, on trouve la personne à qui l’on rend visite occupée à parler à d’autres, il ne faut pas l’interrompre, mais attendre qu'elle soit libre, et s’en tenir éloigné jusqu'à ce que ses affaires soient terminées. Si on offre un siège, il faut l’accepter et remercier,

os POLITESSE CHRÉTIENNÉ,

Pendänt une visite, un jeune homme doit être modeste, respectueux et affable, tant dans son ton, que dans son langage et ses manières, Avec ses supérieurs, il évitera surtout d’être familier où cérémonieux à l'excès: car d'une part, il se rendrait importun, et, de l’autre, il gènerait.

Dans les visites que l’on rend, on doit éviter avec soin les longueurs : dès que l’on a satisfait aux devoirs de la bienséance, ou que l’on s’est acquitté de ses affaires, il faut se retirer. Il faut s'asseoir ou se lever lorsque la personne que l’on visite s’assied ou se lève. Le visiteur doit regarder comme le signal de son départ, le moment où la personne visitée se lève de sa chaise, et il doit se garder de rester un seul moment de plus que celle-ci ne semble désirer, Ce n’est pas une petite marque de politesse et aussi de prrlence, pour un visiteur, que de savoir distinguer le moment précis où sa compagnie cesse d’être agréable.

Faire attendre les personnes qui viennent nous visiter, c'est une incivilité très grossière ; et si l’on était retenu par quelque personne ou par une aflaire importante, on doit charger une autre personne de la maiscu de les recevoir et de les entretenir jusqu’à ce qu’on puisse soi-même leur rendre les devoirs que la politesse exige en pareil cas ; si l’ou ne pouvait leur tenir compagnie aussi longtemps que la politesse semblerait l’exiger, on devrait se dégager le plus honnêtement possible, sans déguiser même que l’on est sérieusement occupé.

Il convient de recevoir avec beaucoup de franchise et de cordialité les personnes qui nous rendent visite ; il faut toujours manifester un grand intérêt à leur conversation, et, à leur départ, les accompagner jusqu’à la porte. Les personnes élevées en dignité et les fonctionnaires publics sont dispensés de ce cérémonial, la nature de leurs affaires les obligeant de rester dans leurs cabinets.

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