Peut-on être sauvé hors de l'Eglise catholique
clefs du royaume des cieux, ces clefs qui lui furent données en récompense de sa profession de foi. Ceux qui sont de la même foi que lui, voilà ceux à qui il ouvre les portes du royaume céleste ; il en repousse ceux qui ne la partagent pas avec lui.”?
“Quand l’Apôtre nous déclare qu’il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu'un baptême, ceux-là, dit le Pape Grégoire XVI dans son encyclique du 15 août 1832, doivent trembler qui osent soutenir que toute religion peut ouvrir la porte de la béatitude éternelle. Qu’ ils sachent bien que, au témoignage du Sauveur lui- même, on est contre Jésus- Christ par cela seul que l’on n’est pas avec Jésus-Christ ; que l’on disperse malheureusement tout, quand on ne recueille pas avec lui ; et que, sans aucun doute, ils périront éternellement, ceux qui ne s’attachent pas à la foi
atholique, ou ne la conservent pas entière et pure.”? Le souverain Pontife ne pouvait condamner d’une manière plus formelle l'indifférence, c'est-à-dire ‘“ ce système dépravé qui, par la ruse des méchants, cherche à pénétrer partout, qui montre le salut éternel comme pouvant être acquis dans toutes les croyances religieuses, pourvu que les mœurs soient bonnes et la conduite honnête.”
2. Il est bon de savoir qu’il y a plusieurs manières d'appartenir à l’Eglise: 1° On appartient au corps de l'Eglise, lorsqu'on vit dans la société visible de tous les Fidèles, soumis extérieurement à son Chef, à sa doctrine, et qu'en même temps on demeure dans le péché mortel ; mais, en cet état, on est un membre mort, une branche sèche. 2° On appartient au corps et à l'âme del Eglise, lorsqu'à la profession extérieure de la Religion catholique on joint la grâce sanctifiante. 83° Enfin, on appartient à l’âme de l'Eglise sans appartenir à son corps, lorsqu'on se trouve excusé devant Dieu, par la bonne foi ou par une ignorance invincible, d'être et de persévérer dans une société étrangère à l'Eglise. Dans cet état, on peut parvenir au salut par une véritable charité, par un désir sincère de connaître la volonté de Dieu, etpar la pratique fidèle de tous les devoirs qu’on connaît ou qu’on a pu et dû connaître.