‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 35 sur 173 · Ceux qui n’appartiennent point à l'Eglise, qui en · texte numérisé non relu

Ceux qui n’appartiennent point à l'Eglise, qui en

sont hors, sont : 1° les Infidèles, c’est-à-dire ceux qui ne croient pas en Dieu ou en J ésus-Christ : : 2° les Juifs, c’est-

2. En combien de manières peut- -on appartenir à à l'Eglise ?—3. Qui sont ceux qui sont hors de l'Eglise ?

à-dire ceux qui ne veulent point reconnaître Jésus-Christ pour le Messie ; 3° les hérétiques, c’est-à-dire ceux qui refusent de croire quelqu’une des vérités que l’Eglise catholique enseigne ; 4° les schismatiques, c’est-à-dire ceux qui sont détachés de la communion de l'Eglise atholique ; 5° les apostats, c’est-à-dire ceux qui ont renoncé à la foi catholique; 6° les excommuniés, c’est-àdire ceux que l'Eglise a retranchés de son sein.

EXEMPLES.—Avant d’épouser Charles d'Autriche, qui fut depuis empereur sous le nom de Charles VI, la princesse Elizabeth-Christine Wolfenbuttel crut devoir, pour la tranquillité de sa conscience, consulter les luthériens mêmes dont elle avait jusqu'alors professé la foi. Les docteurs protestants, assemblés à Helmstadt, répondirent que ‘les Catholiques ne sont point dans l’erreur pour le fond de la doctrine, et qu’on peut se sauver dans leur religion.—Dès que cela est ainsi, dit la princesse en apprenant cette décision, il n’y a plus lieu d’hésiter, et dès demain j'embrasse la foi de l’Eglise romaine, car le parti le plus sûr dans une matière si importante est toujours le plus sage.” Le père de la princesse tint le même langage, et s’attacha comme elle à la Religion catholique. —DE TREVERN, Discussion amicale.

—Henri IV, sollicité par ses amis d’embrasser la Religion catholique, demanda aux évêques si l’on pouvait se sauver dans l'Eglise romaine ; ceux-ci lui répondirent qu'assurément on pouvait s’y sauver, et, de plus, qu’on ne pouvait passe sauver hors de son sein. Le prince s'étant ensuite adressé aux ministres protestants, leur demanda s’il était possible de trouver le salut dans leur réforme ainsi que dans l’Eglise romaine. Les ministres lui ayant affirmé qu'on pouvait se sauver dans l’une comme dans l’autre, le roi leur répondit: ‘ Les évêques disent que hors de l'Eglise romaine il n’y a point de salut ; vous autres vous avouez que l’on peut s’y sauver : dans ce cas je vous déclare que je me fais catholique. Dans une affaire aussi importante, le parti le plus sûr est toujr rs le meilleur.”

Puisque de l’aveu des protestants on peut se sauver dans la Religion catholique, embrasser cette Religion n’était pas seulement prendre le parti le plus sûr, c'était évidemment embrasser la vérité ; car la vérité est une, et le salut ne peut être que là où se trouve la vérité.

De l'enseignement de l'Eglise.

1. Ceux qui, dans l'Eglise, ont reçu la mission d’enseiuner les fidèles, sont le souverain Pontife et les eyêques. C’est au souverain Pontife qu'il a été dit, dans la personne de saint Pierre: “ Pais mes agneaux, pais mes brebis ; confirme tes frères dans la foi.” C’est aux évéques qu'il a été dit, dans la personne des Apôtres : :‘ Allez, enseignez.” Le souverain Pontife et les évèques sont donc chargés d'enseigner les fidèles, et ils forment ce qu'on appelle l'Eglise enseignante. Les fidèles, qui doivent les écouter et leur obéir, forment l’Æglise enseignée.

Les pasteurs du second ordre, les curés, appartiennent aussi, dans un sens, à l'Eglise enseignante, puisque, sous les ordres des évêques, ils travaillent à l'instruction et au salut des âmes confiées à leurs soins; mais ils ne sont point juges de la foi. Ce n’est point à eux qu’il appartient de décider les questions qui intéressent la foi; et ils reçoivent eux-mêmes des premiers pasteurs, des évèêques, l’enseignement qu'ils donnent aux fidèles.

L'Eglise enseignée est obligée d'écouter l'Eglise enseignante; car Jésus-Christ à dit aux pasteurs qu’il à établis: ‘ Celui qui vous écoute, m’écoute; et celui qui vous méprise, me méprise. Si quelqu'un n'écoute pas l'Eglise, regardez-le comme un païen et un publicain.”

3. Les fidèles n’ont point à craindre d'être induits en erreur, parce que l'Eglise est infallible, c’est-à-dire qu’elle a le privilège de ne pouvoir se tromper ni tromper les autres en les enseignant, ni d’altérer la doctrine de Jésus-

Christ, ni se méprendre sur le véritable sens de ce que ce divin Sanveur à enseigné, ordonné ou défendu. Jésus- Christ a dit à ses Apôtres ; ‘ Allez, enseignez toutes les nations. et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles,” et à saint Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre je ‘bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle” Si Jésus-Christ, qui est la vérité même, est toujours avec son Eglise, comment pourrait-elle enseigner l'erreur ; et, si

ette Église pouvait se tromper ou tromper les fidèles en * s s enseignant, les portes de l'enfer prévaudraient contre

. Qui sont ceux qui, dans l'Eglise, sont chargés d’ enseigner les fidèles ? 2 Les fidèles sont-ils obligés € { ‘fcouter l'Eglise enseignante ?

elle; car il faut entendre par portes la puissance du démon et tout ce que cet esprit de ténèbres et de mensonge emploie de force et de malice pour renverser la maison de Dieu, qui est l'Eglise : comme les persécutions, les erreurs, les scandales.—$Saint Paul appelle l'Eglise La colonne et le soutien de la vérité; mais serait-elle la colonne et le soutien de la vérité, si jamais elle pouvait enseigner l'erreur ?

L'Eglise ne peut ni se tromper, ni tromper personne : il ne s’ensuit pas qu’il ne s’élèvera point d’erreurs dans son sein, mais ces erreurs n’iront jamais jusqu’à infecter toute l'Eglise, et elles ne tarderont pas à être condamnées, en sorte qu’elles n’ôteront point à l'Eglise l’enseignement de la vérité,

4, La promesse de l’infaillibilité a été faite par Jésus- Christ, d’abord à Pierre seul, et, dans sa personne, à ses successeurs légitimes. L'effet de cette promesse subsiste indépendamment de celle qui a été faite ensuite à tous les Apôtres ensemble ; car, dit Bossuet, ‘ les promesses de Jésus-Christ, aussi hien que ses dons, sont sans repentance, et la fin ne renverse point le commencement.” D'où il s’ensuit que si le souverain Pontife seul parle, si du haut de la chaire pontificale il condamne telle erreur ou proclame telle vérité, tous les pasteurs, aussi bien que les simples fidèles, doivent se soumettre, obéir et croire, sans craindre d’être induits en erreur. La croyance à l’infaillibilité du Pontife romain a toujours été reçue dans l'Eglise, et le saint Concile Œcuménique du Vatican Pa déclarée article de foi. Comment, en effet, poutrait-il enseigner l'erreur, celui à qui il a été dit, dans la personne de saint Pierre : ‘J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. Affermis tes frères. Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle.” Or, ia foi de Pierre ne défaillirait-elle pas, s’il pouvait se tromper en enseignant les fidèles ? Comment pourrait-il affermir et confirmer ses frères dans la foi, si lui-même était capable d’errer en matière de foi? Et que deviendrait l'Eglise, si celui qui en est le fondement venait à chanceler, à être le jouet de l’esprit de ténèbres et de mensonges ?

Page 1