L'Eglise est chargée d’enseigner aux fidèles toutes
6. De ce que le Pavc est infaillible, ne faut-il pas conclure que les conciles sont inutiles et que les évêques ne sont point juges de la foi ?— 7. Quelles sont les vérités que l’Eglise est chargée d'enseigner ? Sommesnous obligés de les croire ?
les vérités qu'elle reçues de Jésus-Christ, et ceux-ci sont obligés de les croire, Ce divin Sauveur a dit à ses Apôtres : ‘Allez, enseignez. Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père... Je vous envoie comme mon Père m'a envoyé. Celui qui ne croira pas sera condamné, Celui qui vous écoute, m'’écoute; et celui qui vous méprise, me méprise.” Ainsi il y a obligation, sous peine d’encourir les châtiments les plus rigoureux, de croire toutes les vérités que l'Eglise nous enseigne au nom de Jésus-Christ.
. 8. Il y a dans la doctrine de l'Homme-Dieu deux choses bien distinctes : des vérités qu'il faut croire, et des maximes, des règles de conduite auxquelles il faut se conformer. C’est à son E glise que Jésus-Christ a confié les unes et les autres; il ne l’a pas seulement chargée d'enseigner aux fidèles les vérités qu'elle a reçues de lui, mais encore de leur apprendre à observer tout ce qu’il a brescrit. Nous ne devons pas seulement croire ce que F "Eglise enseigne, mais nous sommes aussi obligés de faire ce qu'elle nous commande : ar Jésus-Christ a dit à son Eglise : ‘ Qui vous écoute, m'écoute ; et qui vous méprise, me méprise.” Ecouter l'Eglise, c’est écouter Jésus-Christ ; mépriser l'Eglise, c’est mépriser Jésus-Christ, Ce divin Sauveur regarde comme fait à lui-même ce qu'on fait à ceux qui sont, ici-bas, ses ministres, ses représentants, ses ambassadeurs. Pouvait- il exprimer d'une manière plus énergique l'obligation où nous sommes de leur obéir et de faire tout ce qu il nous commande ?
EXEMPLE.—Mgr. de Cheverus, premier évêque de Boston, et mort Cardinal Archevêque de Bordeaux, dans ses diverses prédications, s’attachait le plus souvent à bien établir et à inculquer en toutes les manières possibles la nécessité d'une autorité enseignante, pour fixer la foi du savant comme de l’homme simple. Pour en ‘convaincre les Protestants, il leur répétait souvent, dans les discours qu’il avait occasion de leur adresser, cette parole simple, mais qui produisait toujours un grand fruit : ‘Tous les jours, mes frères, je lis comme vous l’Ecriture sainte, je la lis avec réflexion et prière, en invoquant V'Esprit- Saint, et cependant, presque à chaque page, je suis arrêté par des choses que je ne comprends pas; j'ai besoin de l’autorité de l'Eglise pour m'en indiquer le sens et fixer ma foi à ce sujet.” Et l'auditoire faisait aussitôt
8. Sommes-nous obligés de faire ce que l'Eglise nous commande, et pourquoi ?
l'application : “Si Mgr. de Cheverus, qui est bien plus savant que nous, ne comprend pas toute l’Ecriture sainte, comment nos ministres nous disent-ils qu'elle est pour chacun de nous une règle de foi parfaitement claire, intelligible par elle seule, sans aucun secours étranger ?” De là, Mgr. de Cheverus, après leur avoir fait sentir que le plus grand nombre des hommes ne peut point décider par lui-même sur le détail des dogmes, leur montrait la sagesse divine venant au secours de la faiblesse humaine par l'institution d’une autorité enseignante qui, tirant son origine de Jésus-Christ ou des Apôtres, est parvenue jusqu’à nous par une suite non interrompue de pasteurs, professant toujours et partout la même doctrine, sans aucune variation.— Vie DE MGR. DE CHEVERUS.
ARTICLE VII
De l' Ecriture sainte et de la tradition.
1. Il ya deux sources d'où l'Eglise puise les vérités dont Jésus-Christ lui a confié le depôt et qu’elle est charvée d'enseigner aux fidèles; ces deux sources sont : l’Ecriture sainte etla Tradition. L'une et l’autre renjerment la parole de Dieu, avec cette différence que lEcriture sainte contient la parole de Dieu écrite, et la Tradition, la parole de Dieu non écrite.
2. L'Ecriture sainte est la parole de Dieu renf:rmée dans les livres écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, et c’est pour cela qu’on l’appelle la parole de Dieu écrite. Elle se divise en Ancien et en Nouveau Testament.
L'Ancien Testament se compose de livres saints qui ont été écrits avant la venue de Notre-Seigneur Jésus- Christ. On donne à ces livres le nom d’Ancien Testament, parce qu'ils renferment l'alliance que le Seigneur fit autrefois avec son peuple, la loi qu’il lui imposa ct les promesses qu'il lui fit.
Le Nouveau Testament se compose des livres saints qui ont été écrits depuis la venue de Jésus-Christ ; il renferme l'alliance que Dieu a faite avec toutes les nations, par la médiation de l’Homme-Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ.
L’Ancien et le Nouveau Testament réunis s'appellent
1. D'où l'Eglise puise-t-elle les vérités qu'elle a charge d'enseigner aux fidèles? —-2. Qu'est-ce que l'Ecriture sainte ? Que contient l'Ancien Teslament? Le Nouveau? Qu'est-ce que la Bible?
Bible, et Biblesignifie la même chose que livre ; on donne ce nom à la collection des livres saints, parce que c’est le livre par excellence, le livre des livres.
3. L’Ancien Testament se compose de trente-huit livres dont le premier est celui de la Genèse, qui contient l’histoire de la création du monde et celle des Patriarches jusqu'à la mort de Joseph, Ces trente-huit livres se divisent en trois classes : 1 livres historiques, les livres sapientiaux, et les livres prophétiques.
4, Le Nouveau Testament se compose de vingt-sept parties, dont la première est l'Evangile selon saint Matthieu, etc.
5. Les livres du Nouveau Testament, comme ceux de l'Ancien, sont authentiques; les faits qui y sont racontés sont vrais, et il est hors de doute qu'ils ont été écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit par les Apôtres ou les disciples de Jésus-Christ, dont ils portent les noms : telle a été constamment la foi de l'Eglise chrétienne répandue dans toutes les contrées de l’univers,.
6. Entre l’Ancien et le Nouveau Testament, il y a un accord parfait. ‘Il n’a existé une loi ancienne, dit saint Jean Chrysostôme, que par Jésus-Christ et pour Jésus- Christ. Seul il est l’instituteur de l’une et de l’autre alliance. L’Evangile n’est que l’extension et le complément de la loi mosaïque. L’Ancien Testament n’a fait que devancer le Nouveau, et celui-ci qu’expliquer l’Ancien. La nouvelle loi n’est que l’accomplissement et la perfection de celle qui l'avait précédée : celle-ci était le type et l’ombre ; la nouvelle est la vérité, la chose même. Tout entière elle se retrouve dans l’ancienne: partout le même Dieu législateur ; partout Jésus-Christ centre et terme de la loi; Moïse et les prophètes parlent de Jésus- Christ à chaque page de l’Ancien Testament ; Jésus- Christ, à chaque page de son ÆEvangile, renvoie à Moïse et aux prophètes.”
7. ‘ Jésus-Christ, étant la fin de tous les ouvrages de Dieu, dit Bossuet, tout ce qui s’est fait d’extraordinaire depuis l’origine ne regardait que lui seul. Lisez les divines Ecritures, vous verrez partout le Sauveur Jésus , .…. ; il est partout, mais il n’y est qu’en figure.” L’arche de Noé, par exemple, est la figure de l’Eglise de Jésus-
3. De combien de livres se compose l’Ancien Testament ?—4. Le Nouveau ?—5. Qui a écrit le Nouveau Testament ?—6. Y a-t-il quelque accord entre l'Ancien et le Nouveau Testament ?—7, N’y a-t-il pas, dans l’Ancien Testarnent un grand nombre de figures ?
Christ, hors de laquelle il n’y a point de salut. Melchisedech, qui, en qualité de prêtre du Dieu souverain, offre du pain et du vin, est la figure de Jésus-Christ, qui, rêtre et victime tout à la fois, s'offre chaque jour à son ère, sous les espèces du pain et du vin, ainsi des autres.
8. Les Apôtres n’ont pas écrit toutes les vérités qu'ils avaient apprises de leur Divin Maître ; il y en a un grand nombre qu’ils n’ont enseignées que de vive voix, à l’imitation de Jésus-Christ. Ces vérités ont passé des Apôtres aux premiers évêques, des premiers évêques à leurs successeurs, et ainsi de siècle en siècle jusqu’à nous; c’est ce qu'on appelle Tradition. La Tradition est donc la parole de Dieu, qui nous est venue de bouche en bouche depuis les Apôtres, et qui ne se trouve point dans les livres inspirés par le Saint-Esprit. Nous ne devons pas craindre que cette parole non écrite, en passant par tant de bouches, ait pu s’altérer ou se corrompre, puisque Jésus-Christ a promis de ne jamais abandonner son Eglise et de ne jamais la laisser tomber dans l’erreur.
9. Les enseignements de la Tradition sont contenus principalement dans les décrets des conciles, dans les ouvrages des Pères, dans les actes du Saint-Siège et dans les paroles de la Liturgie.
10, Un concile est une assemblée des premiers pasteurs de l'Eglise pour décider les questions qui appartiennent à la foi, au mœurs ou à la discipline.
11. Il y a trois sortes de conciles : les conciles provinciaux, les conciles nationaux et les conciles généraux ou œcuméniques.--Un concile provincial est celui qui est formé par les évêques d’une province, sous la présidence du métropolitain.—Le concile national est celui qui est formé par les évêques d’une seule nation.—Le concile œcuménique est celui qui a été convoqué par le souverain Pontife et auquel tous les évêques du monde catholique ont été appelés. Il n’est pas nécessaire que tous s'y rendent ; il suffit qu’ils soient en assez grand nombre pour pouvoir être censés représenter l'Eglise universelle. Le concile général est présidé par le souverain Pontife ou par ses légats.
12. Le premier des conciles est celui de Jérusalem tenu par les Apôtres, qui y proclamèrent l’infaillibilité de l’'E-
8. Qu’entendez-vous par la Tradition ?—9. Où sont contenus les enseignements de la Tradition ?—10. Qu'est-ce qu’un concile?—11. Combien ya-t-il de sortes de conciles?—12. Quel a été le premier concile ?
lise, selon la parole de Jésus-Christ, et dressèrent le ymbole de la foi. Il fut présidé par saint Pierre,
13, On compte, jusqu’à nos jours, dix-neuf conciles généraux ou œcuméniques: 1° le premier de Nicée, en 325, contre Arius, qui niait la divinité de Jésus-Christ ; 2° le premier de Constantinople, en 381, contre les disciples d’Arius ; 3° celui d’Ephèse, en 431, contre Nestorius, qui niait la maternité divine de Marie ; 4° celui de Chalcé-
oine, en 451, contre Eutychès et Dioscore, qui ne reconnaissaient qu’une nature en Jésus-Christ; 5° le deuxième de Constantinople, en 6553, contre les frois chapitres ou trois écrits qui favorisaient la doctrine de Nestorius; 6° le troisième de Constantinople, en 680, contre l'erreur des Monothélites, qui n’admettaient qu'une seule volonté dans Jésus-Christ; 7° le second de Nicée, en 787, contre les Iconoclastes ou briseurs d'images; 8° le troisième de Constantinople, en 869, contre Photius, qui avait usurpé le siège de cette ville ; 9° le premier de Latran, en 1123, ui fit plusieurs canons touchant la discipline : le nom de Datrae lui vient de ce qu’il fut tenu à Rome dans la basilique de ce nom; 10° le deuxième de Latran, en 1139, our la réunion des Grecs à l'Eglise ; 11° le troisième de atran, en 1179, pour la réforme de plusieurs abus qui s'étaient introduits dans la discipline; 12° le quatrième de Latran, en 1215, pour juger la cause des Albigeoïs et pourvoir à la délivrance de la Terre-Sainte; 13° le premier de Lyon, en 1245, contre l’empereur Frédérie, qui y fut excommunié; 14° le second de Lyon, en 1274, our travailler de nouveau à la réunion des Grecs avec es Latins; 15° celui de Vienne, en 1311, pour l’extinction de l’ordre des Templiers, et contre les erreurs des beggards ou béguins ; 16° celui de Constance, en 1414, our l’extinction du grand schisme d'Occident, et contre iclef et Jean Huss ; 17° celui de Florence, en 1439; les Grecs y signèrent une profession de foi avec les Latins ; 18° celui de Trente, commencé en 1545 et fini en 1563, contre les hérésies de Luther et de Calvin; 19° enfin, celui du Vatican, convoqué à Rome par N.$. P. le Pape Pie IX, et dont l’ouverture se fit le 8 décembre 1869. Ce concile fut interrompu au mois d’Août 1870, et depuis n’a pu reprendre ses travaux à cause des troubles survenus en Italie.