‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 62 sur 173 · RESPECT DU AUX ÉGLISES · texte numérisé non relu

RESPECT DU AUX ÉGLISES

dans ce lieu, être saisi de crainte, et s'écrier avec un ancien Patriarche : * Que ce lieu est terrible ! c'est véritablement la maison de Dieu, c'est la porte du ciel.” Oui, les ter. ples sont un nouveau ciel où Dieu habite avec les hommes Celui qui réside dans ce tabernacle auguste n'est-il pas le méme Dieu que les bienheureux adorent dans le ciel? Nous devrions done, comme eux, être anéantis d'esprit et ‘de cœur devant la Mujesté divine : elle est voilée dans nos temples, j'en conviens; mais en est-elle moins digne de nos profondes adorations? Comment donc ose-t-on entrer dans les églises sans respect ? Comment ose-t-on s'y tenir sans recueillement, sans modestie, quelquefois même avec la dissipation la plus scandaleuse ?

2, Tout dans ce saint lieu nous parle des bienfaits de Dieu: ces fonts sacrés, où, avec lu vie de la grâce, nous avons reçu le droit inestimable à l'héritage céleste; ces tribunaux de réconciliation, où nous avons été si souvent purifiés de nos péchés et guéris de nos blessures ; cette croix où Jésus-Christ notre Sauveur est mort pour nous; cet autel, enfin, où il s'immole chaque jour pour nous appliquer le fruit de ses souffrances : c'est 1à aussi que nous avons participé à lu Table du Seigneur, et reçu l'onction du Saint-Esprit dans la Confirmation, Des objets si touchants ne devraient-ils pas remplir notre esprit de saintes pensées et notre cœur de pieux sentiments, et nous rendre agréable le séjour de ce saint lieu? Comment arrive-t11 done qu'on n’y aille qu'avec répugnance, qu'on n'y reste qu'avec dégoût, qu'en n’y soit occupé que de pensées vaines, pour ne pas dire criminelles? Tant de monuments de la bonté de notre Dieu ne disent-ils donc rien à notre cœur? Quel outrage de ne répondre à tant d'amour que par une coupable indifférence !

EXEMPLE.—Les Turcs ont un tel respect pour leurs mosquées, qu'ils ne passent jamais devant sans en donner quelque marque extérieure: un cavalier qui ne descendrait pas de cheval en passant devant serait rigoureusement puni; ils n’y entrent que nu-pieds, es mains jointes et dans un profond recueillement. Ils y sont si attentifs et si modestes, qu'ils semblent être plutôt des religieux que des barbares; ils donnent plusieurs fois du front en terre pour s'humilier en la présence de Dieu, Pendant

2. Que doivert nous inspirer la vue de Ja table sainte, de l’uutel, des fonts biptismaux, de la chaire, etc,

tout le temps qu’ils sont en prière, vous n’en verrez pas un seul qui ose tourner la tête. C’est un crime de dire un mot à un autre ; aussi est-ce une chose inouïe de voir deux Turcs parler ensemble pendant le temps de l’Oraison. Quelque chose que l’on dise à un Turc lorsqu'il est en prière, il ne répond pas: on le maltraiterait, qu’il ne regarderait pas qui l’a frappé. Ah! que ces infidèles donneront un jour de confusion aux Chrétiens qui font leurs prières avec si peu d’attention et avec tant d’immodestie !

Quelle leçon pour des Chrétiens instruits de leur religion !—Des Voyages.

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