‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 70 sur 173 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Tu ne porteras point de faux témoignage contre le prochain.

Faux témoignage ne diras, Ni mentiras aucunement,

1. Dieu défend, par le huitième Commandement, le faux témoignage en justice, le mensonge, et toute parole qui peut faire tort au prochain.

1. Quels sont les péchés défendns par le huitième commandement ? Faites comprendre pourquoi le mensonge est si opposé à Dieu et si odieux aux hommes,

Dieu est la vérité mème; tout ce qui blesse la vérité l’offense : voilà le fondement de la défense qu’il nous fait si souvent dans l’Ecriture de parler contre la vérité. Ce vice est en effet très opposé à la société que Dieu a établie entre les hommes. Pourquoi la parole leur a-t-elle été donnée? N'est-ce pas afin qu'ils se communiquent mutuellement leurs pensées? C’est done abuser du don de la parole que de s’en servir pour exprimer le contraire de ce que l’on pense. Ce principe est si évident, que le, paiïens eux-mêmes l'ont fort bien compris, et quelquesuns d’entre eux l’ont pratiqué avec exactitude, Le mensonge est si odieux, quil n’est pas même permis de s’en servir par forme de jeu et d’amusement, non plus que sous le prétexte de sa propre utilité ou de celle de son prochain.

2, Mais c’est un mal bien plus grand quand il nuit au prochain, quand il tend à le diffamer, par exemple qua: d on lui attribue un vice qu’il n’a point, ou une faute qu'il n'a pas commise: c’est ce qu’on appelle calomnie. Ce crime renferme une méchanceté et une noirceur qui révoltent toute une âme honnête. ‘ La langue du calomniateur, selon l'expression de l'Ecriture, est une épée à deux tranchants qui fait des blessures mortelles.” Ce n’est pas seulement la fortune du prochain qu’il attaque : c’est son honneur, sa réputation qu'il veut lui ravir injustement, c'est-à-dire un bien plus précieux que l'or, et dont la perte nous est infiniment plus sensible.

3. Mais ce qui met le comble à l’énormité de la calomnie, c’est lorsqu'elle est portée devant le juge et confirmée par la religion du serment, qui consiste à déposer en justice contre la vérité. Le faux témoin, outre l'injustice atroce qu’il commet envers l’innocent qu’il veut perdre, se rend coupable d’une impiété horrible envers Dieu, dont il profane le nom redoutable en le faisant servir à à appuyer le mensonge et l’iniquité.

4. Ceux qui ont fait tort au prochain par de faux rapports doivent réparer l'injustice qu’ils ont commise et toutes les suites qu’elle a entraînées ; il faut qu’ils rétablissent l’honneur qu’ils ont ravi, ce qui ne peut guère se faire que par l’aveu public de leur imposture : mais il est juste qu’ils sacrifient leur propre réputation pour rétablir celle qu’ils ont injustement flétrie.

2. La calomnie est-elle bien coupable ?—3. Qu'es’-ce qui porte à son comble l’énormité de la calomnie ?—/. A quoi est-cu obligé quand on a

fait du tort à la réputation du prochain ?

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