‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 74 sur 173 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

1. L'Eglise a le pouvoir de faire des commandements, et nous sommes obligés de lui obéir, parce que, conduite par l'Esprit saint, elle nous parle de sa part. Dieu ne regarde comme ses enfants que ceux qui la respectent comme leur mère. Ce pouvoir réside dans les premiers pasteurs établis pour nous gouverner, c’est-à-dire dans le Pape et les Evêques; c’est d'eux que Notre-Seigneur a dit: ‘Qui vous écoute m'’écoute, qui vous méprise me méprise ; ” et ailleurs: ‘* Si quelqu'un n’écoute pas l'Eglise, regardez-le comme un païen et un publicain.”?

2, L'Eglise a toujours fait usage de ce pouvoir, qu’elle a reçu de Jésus-Christ. Dès la naissance du Christianisme, les Apôtres ont fait différentes ordonnances, et nous lisons dans le livre des Actes que saint Paul, allant de ville en ville, en prescrivait l'observation dans les Eglises, et que les premiers fidèles les recevaient avec beaucoup de joie.

Nous devons donc les respecter nous-mêmes. Ce serait désobéir à Dieu que de ne pas se soumettre à ceux qui nous gouvernent en son nom.

3. Il y a six Commandements de l'Eglise, que tous les fidèles catholiques sont obligés d'observer avec exactitude : on les expliqnera dans les articles suivants.

EXEMPLES.—Un des parents d’un homme qu’on accusait de prévention contre les décisions du Saint-Siège, lui dit un jour: ‘“ Donnez-moi un bon conseil: quel parti dois-je prendre? faut-il penser comme le Pape? dois-je penser

1. L'Eglise a-t-elle le pouvoir de faire des commandements, et sommesnous pue de lui obéir?—2, L'Eglise a-t-elle toujours usé de ce pouvoir!

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ARTICLE V

Cinquième Commandement.

Quatre-Tenmps. Vigiles, jcûneras, et le Carême entièrement.

1. L'Eglise nous commande de jeûner pendant tout le Carême, les veilles de certaines Fêtes solennelles, et les trois jours de chaque saison que l’on nomme les Quatre- Temps. Le jeûne consiste à ne prendre qu’un seul repas et à s'abstenir de certains aliments.

2. Le jeûne du Carème est de la plus haute antiquité, et l’institution en vient des Apôtres mêmes. Il a été établi pour imiter celui de Notre-Seigneur, et pour nous préparer à célébrer dignement la grande fête de Pâques. Ce jeûne a toujours été d’une observance plus rigoureuse que les autres: les jours de jeûne ordinaire, on prenait son repas avant l'heure de None, c’est-à-dire à trois heures du soir, au lieu que dans le Carême on demeurait sans manger et sans boire jusqu’après l'heure de Vêpres, c'est-à-dire jusqu’à six heures du soir. Les premiers Chrétiens ajoutaient encore à ce jeûne rigoureux de longues prières, n.ême pendant la nuit: ils vivaient dans le plus grand recueillement et faisait d’abondantes aumônes. Mais la ferveur ayant diminué, on avança le repas jusque vers midi, et alors on crut pouvoir prendre sur le soir un peu de nourriture pour supporter plus aisément le jeûne jusqu’au lendemain. L'Eglise tolère cette collation, pourvu qu’elle soit légère et qu’elle ne puisse pas être regardée comme un repas, car il est essentiel pour le jeûne de ne faire qu’un repas.

3. Le jeûne des Quatre-Temps a été établi pour consacrer par la pénitence les quatre saisons de l’année, pour attirer la bénédiction de Dieu sur les biens de la terre, et pour le prier de donner à son Eglise de bons ministres, ar c’est alors que ceux qui se destinent aux augustes fonctions de l’autel reçoivent les ordres sacrés.

Enfin, les Vigiles sont les jours qui précèdent les principales Fêtes. Autrefois les fidèles s’assemblaient dans les églises la veille des grandes Fêtes, et ils y passaient une partie de la nuit à louer Dieu par le chant des psau-

1. À quoi nous oblige le cinquième commandement de l'Eglise ?—°? Fomment les premiers fidèles jeûnaient-ils pendant le Carême ?—3. Pourluoi les jeûnes des Quatre Temps, des Vigiles ont-ils été institués? .

mes et par la lecture des livres saints, comme on fait encore la veille de Noël. On jeûne ces jours-là pour se disposer à bien célébrer ces Fêtes et à en retirer plus de fruit.

4, L'obligation de faire pénitence est imposée à tous les fidèles sans exception ; mais la loi du jeûne est moins générale. On peut en être dispensé, par exemple, pour des raisons d’âge, ou d’infirmités, ou de travaux trop pénibles. Afin de ne pas se faire illusion, et aussi par esprit de soumission à l’Eglise, les personnes qui ont vingt et un ans accomplis et qui se croient, à raison de leur état de santé ou de leur position, dans le cas d’une dispense du jeûne, doivent s’en expliquer avec le directeur de leur conscience, dont elles suivront fidèlement les avis. Car, violer le précepte du jeûne sans raison suffisante et légitime, c’est pécher contre Dieu même, qui ordonne d’obéir à l’Eglise.

5. On ne saurait, du reste, trop inviter les Chrétiens de tout âge, et notamment les jeunes gens, à pratiquer quelque mortification selon leurs forces, en se refusant, par exemple, quelques petites satisfactions, en s’imposant dans les repas quelques petites privations, qui ne peuvent nuire à leur santé. Caril convient que tous s'unissent d'esprit et de cœur à la pénitence de l'Eglise, et suppléent par quelques autres bonnes œuvres au jeûne qu’ils ne peuvent pratiquer.

EXEMPLES.—Un mauvais chrétien, très-criminel devant Dieu, eut occasion de lire un livre, intitulé Histoire du jeûne. Il fut frappé d'apprendre combien, dans les premiers siècles de l’Eglise, la rigueur du jeûne était grande.

Il se disait à lui-même: ‘“ Je me dis chrétien, et je n’ai jamais jeûné. Si j’eusse vécu dans les temps où les canons pénitentiaux étaient suivis à la lettre, à combien d’années de jeûne n’aurais-je pas été condamné pour tant d’iniquités dont je me suis rendu coupable?” Les premiers chrétiens ne faisaient point de collation les jours de jeûne ; tous s’abstenaient de vin, et un grand nombre se contentaient de pain et d’eau ; ce n’était même que le soir qu'ils prenaient cet unique repas. Ce qu’il avait lu ne sortait point de son esprit, et il faisait toujours de nouvelles

4. Quels sont ceux qui sont sonmis à la loi du jeûne ? - 5. Que doivent ie , Ceux qui ne sont pas soumis au jeûne, pour entrer dans l'esprit de glise ?

Tous les fidèles qui en sont jugés capables par leur pasteur sont obligés d'observer ce précepte.

2. Ce qui a engagé l'Eglise à faire ce Commandement, c’est l'indifférence d’un grand nombre de Chrétiens pour cet auguste Sacrement, quoique Jésus-Christ ait dit de la manière la plus expresse que celui qui ne mangera pas sa chair et ne boira pas son sang n’aura pas la vie en lui.

3. Les premiers fidèles communiaient très souvent; ils regardaient l’Eucharistie comme le pain quotidien des enfants de Dieu; ils ne connaissaient point de douleur plus sensible que celle d’en être privés. Dans la suite, la charité se refroidissant, on s’est éloigné de la sainte Communion, et beaucoup de Chrétiens en étaient venus au point de passer plusieurs années sans s'approcher de la sainte Table. C’est pour empêcher un si grand désordre que l'Eglise a exigé de tous ses enfants, sous des peines sévères, qu'ils reçussent au moins à Pâques la divine Eucharistie.

4. Quoiqu'elle ne les oblige qu’à une seule communion par an, elle désire cependant qu'ils s’en approchent plus souvent, et surtout qu'ils le fassent aux Fêtes solennelles,. Elle a même déclaré, dans le concile de Trente, qu’elle souhaite qu’à chaque messe tous les fidèles qui y assistent communient réellement, afin de retirer plus de fruit du Sacrifice.

Ainsi, en ne communiant qu’à Pâques, on accomplit à la rigueur le Précepte de l'Eglise, mais on ne remplit pas l’étendue de son désir. fn eflet, il est difficile qu’une communion par an suffise pour entretenir et conserver la vie spirituelle de la grâce.

On ne satisfait pas au précepte par une mauvaise com-

munion, puisque l'Eglise commande un acte saint et non pas un sacrilège horrible.

5. L'Eglise nous ordonne de communier humblement, c'est-à-dire avec les dispositions requises. Ces dispositions consistent principalement à y apporter une conscience pure de tout péché mortel; c’est pour nous marquer cette intention qu’elle veut qu’on diffère pendant

2, Pourquot l'Eglise a-t-elle institué ce commandement ?—3, Quand les remiers fidèles s’approchaient-ils de la Table sainte ?—4, Entre-t-on bien ans l'esprit de l’Église en ne faisant que la communion pascale ?—5, Dans quelles dispositions faut-il faire cette communion pour remplir le précepte de l'Eglise ?

quelque temps la communion pascale, quand on a uné “use juste et raisonnable, Il n’y a point de cause plus juste de la différer que le besoin de se purifier; mais il faut bien remarquer que ce délai doit être employé à se préparer, et qu’on doit faire tous ses efforts pour en abréser le temps; car, quoique la quinzaine soit passée, l’obligation de communier subsiste toujours, jusqu’à ce qu’on y ait satisfait. |

EXEMPLE.—Un mauvais chrétien alla chez son curé et lui dit: “ Monsieur le curé, venez, je vous prie, à la sacristie pour me confesser : je veux faire mes Pâques. Il faut bien obéir à l’Eglise ; il y a dans les Commandements: Ton Créateur tu recevras, au moins à Pâques, humblement.—C'est bien, dit le curé. Mais remarquez ce mot humblement ; cela signifie étant bien disposé. Avezvous les dispositions nécessaires? J’en doute beaucoup, je vous connais.—Vous me connaissez pour un bon vivant, répondit le paroissien — Vous voulez faire demain vos Pâques pour obéir à l'Eglise ; mais n’y a-t-il pas dans les commandements de l’Eglise: Les Dimanches Messe ouiras ? ctjene vous vois presque jamais à la Messe les dimanches et les Fêtes. N’y a-t-il pas dans les Commandements: Les fêtes tu sanctifieras ? et vous travaillez ces jours-là. N’y a-t-il pas: Vendredi chair ne mangeras ni le samedi mémement ? et, quoique vous vous portiez bien, vous mangez gras en tout temps. N'y a-t-il pas encore : Quatre- Temps, Vigiles, jeuneras, et le Caréme entièrement ? Jeûnez-vous en ce temps-là?” Ilrépartit:* Je jeûne toujours le vendredi saint, je n’y ai jamais manqué.— Mais je sais encore, continua le curé, que vous vous enivrez deux ou trois fois par semaine, et que vousinstruisez si bien vos enfants, qu'ils savent jurer et blasphémer aussi bien que vous.—Monsieur le curé, je vous dirai tout cela à confesse ; venez me confesser, je veux gagner mes Pâques.—Je consens, reprit le curé, d’aller vous confesser ; mais pour vos Pâques, avant de les faire il faudra vous corriger.” —ÏLASAUSSE,.

LÉ SECOND COMMANDEMENT DE L'éGLISl. o11

autres exercices qui se font à l'Eglise ; il fait quelque bonne lecture, vaque à quelques bonnes œuvres. L'Eglise, il est vrai, n’a fait de précepte absolu que pour l'assistance à la sainte Messe, mais la piété demande quelque chose au-delà du strict précepte.

EXEMPLES.—Les persécutions mêmes n’empêchaient pas les Chrétiens de célébrer les Fêtes de l'Eglise. Une vierge chrétienne nommée Anysie se rendait à l’assemblée des fidèles, lorsqu'un garde de l’empereur Dioclétien, l’apercevant, fut frappé de sa modestie. Il alla au-devant d'elle et lui dit: ‘“ Demeure là: où vas-tu ?” An: ie craignant à ce ton qu’il ne l’insultât, fit sur son front le signe de la Croix pour obtenir de Dieu la grâce de résister à la tentation. Le soldat se trouva offensé de ce qu'elle ne répondait que par un tel signe à la question qu'il lui faisait. Il mit la main sur elle, et lui dit avec colère. ‘ Réponds : qui est-tu ? où vas-tu?” Elle répondit courageusement : ‘ Je suis servante de Jésus-Christ, et je vais à l’assemblée du Seigneur.—Je t’empêcherai bien d’y aller; je t'emmènerai sacrifier aux dieux : nous adorons aujourd'hui le Soleil, tu l’adoreras avec nous.” Il lui arracha en même temps le voile dont son visage était couvert. Anysie tàcha de l’en empêcher, et lui soufHant au visage, elle lui dit: Va, misérable, Jésus-Christ te punira !”” Le soldat devint alors si furieux, qu’il tira son épée et l’enfonça dans le cœur de la vierge chrétienne. Elle tomba baignée dans son sang, mais son âme fut couronnée de gloire dans le ciel.—Hist. ecclésiastique.

—Un jeune homme, témoin de l’affreuse catastrophe arrivée en 1842 sur le chemin de fer de Versailles, raconte cecŸ : ‘ Au-dessus des chars entassés et dévorés par la flamme, je vis une jeune femme. Elle était prise par le milieu du corps entre deux chars ; elle faisait d’inutiles efforts pour se dégager; elle nous tendait ses bras pour implorer notre secours; elle invoquait notre pitié, elle se tordait dans l’angoisse en s’écriant: ‘Oh! Dieu me punit, pourquoi suis-je ici? j'aurais dû àller aux vépres (c'était un dimanche.) ”’—Abbé MULLOIS.

—L'empereur Constantin le Grand écoutait, souvent debout, pendant des heures entières la parole de Dieu, et lorsque l’évêque le priait de s’asscoir, il répondait : ‘Il ne me paraît pas qu’il soit convenable de recevoir, étant assis, les ordres du Souverain du ciel et de la terre”?

—Je me vengerai, dit le Seigneur dans le Deutéronome, je me vengerai de celui qui ne voudra pas écouter les paroles de l’envoyé qui parlera en mon nom. (XVI, 19.)

—$i quelqu'un voulait vous enseigner le secret de faire de l’argent ou de retirer des trésors de la terre, ne lui prêteriez-vous pas une oreille bienveillante ? Les instructions religieuses ou sermons vous apprennent à gagner des trésors célestes, et vous ne voulez pas les écouter !

ARTICLE III

Troisième Commandement.

Tous tes péchés confesseras au moins une fois l'an.

1. Par ce Commandement, l'Eglise ordonne deux choses : la première est de se confesser au moins une fois l’année, quand on est parvenu à l’âge de raison, c’est-àdire lorsqu'on est capable de discerner le bien d’avec le mal ; la seconde est de se confesser à son propre pasteur. Elle a voulu, par ce sage règlement, remédier à deux abus: et d’abord elle a voulu mettre des bornes à la négligence des mauvais Chrétiens, qui passaient plusieurs années sans s'approcher du tribunal de la pénitence, et qui croupissaient dans leurs habitudes criminelles. En second lieu, elle a voulu prévenir l’abus où tombaient ceux qui s’adressaient à des prêtres étrangers dont ils n'étaient point connus, pour en obtenir plus facilement l’absolution sans être obligés de renoncer à leurs péchés et de changer de vie.

Pour accomplir le précepte de l'Eglise, nous devons donc nous présenter au moins une fois l’année au tribunal de la pénitence, et faire l’humble aveu de nos fautes à notre propre pasteur, ou, avec sa permission, à un prêtre approuvé.

2. Quoique l'Eglise, par condescendance, n’exige qu’une seule confession par an, pour ne pas rebuter ceux à qui ce devoir paraît pénible et difficile, cependant elle désire qu’on y ait recours beaucoup plus souvent, ce qu’elle témoigne assez par Ces mots au moins, qu’elle a ajoutés. Ainsi, quoiqu'il suffise absolument, pour ne pas trans-

1. Quelles obligations l’Eglise nous impose-t-elle pu son troisième commandement”? Pourquoi nous a-t-elle commandé de nous confesser une fois l’an ?—2. Faut-il ne se confesser qu’une fois l’an ?

gresser le précepte de l'Eglise, de se confesser une fois dans l’année, ce n’est pas assez pour répondre à son intention et pour remplir son désir, surtout quand on a eu Île malheur de tomber dans quelque péoé mortel. Dieu oblige tous ceux qui se sentent coupables de ne pas difiérer de se convertir à lui ; il faut donc s’adresser au plutôt à un prêtre prudent et éclairé, afin d’en recevoir les conseils nécessaires pour se relever. Le précepte de l'Eglise, loin de nous dispenser de cette obligation, n’a pour but que de nous empècher de croupir dans le péché, qui est une plaie faite à notre âme. Or, quand on à reçu quelque blessure, diffère-t-on si longtemps à y appliquer le remède? et pourtant le péché est une maladie bien plus dangereuse que celle du corps. Quand le corps est attaqué de quelque maladie, attend-on une année entière à appeler le médecin? Mais de plus, n’est-ce pas s’exposer visiblement à mourir dans le péché mortel que d’y passer presque toute sa vie? Au reste, l’expérience fait voir qu’une confession par an ne suffit pas pour se soutenir dans une vie chrétienne ; ceux qui se bornent là sont presque toujours des pécheurs engagés dans des habitudes mauvaises, ou du moins des chrétiens lâches et indiférents.

3. S'approcher du sacrement de Pénitence sans un examen sérieux et une véritable contrition, ce n’est pas accomplir le précepte de l’Eglise, c’est ajouter un nouveau péché à ceux dont on était déjà coupable.

4. L'Eglise n'a point fixé le temps précis de la confession annuelle ; mais comme elle ordonne, dans le même canon, de communier à Pâques, il est visible qu’elle désire que cette confession se fasse de manière à servir de préparation à la communion pascale. Il est donc bien à propos de se présenter au saint tribunal dès les premiers jours du Carême, afin de recevoir les avis du confesseur pour se préparer à cette grand: action.

EXEMPLES.—Le vénérable Bède rapporte, dans son Histoire d'Angleterre, que Conrad, prince très pieux, avait à sa cour un seigneur à qui il était très attaché à cause des grands services qu’il en avait reçus, mais qui, malgré les instances du prince, demeura plusieurs années sans approcher du tribunal de Ja pénitence. Ayant été

3. Suffit-il de s'approcher du sacrement de Pénitence pour obéir à l'Eetes A quelle époque faut-il remplir le devoir de la confession annuelle :

attaqué d’une maladie dangereuse, le roi le visita et l’engagea à se confesser, mais il ne put rien obtenir. Il revint, et le trouvant à l'extrémité, il le conjura de ne pas mourir en cet état. Mais ce malheureux, après être demeuré quelque temps sans répondre, regarda le roi avec des veux effrayants, et s'écria: ‘Il n’est plus temps, je suis perdu, l’enfer est mon partage!” En disant ces mots terribles, il expira dans l’impénitence et le désespoir.—BÈDE, Hist. d’ Angleterre, livre v.

—Un prédicateur commença ainsi une instruction sur le délai de la conversion: ‘“* Mes frères, dit-il, en arrivant au milieu de vous pour exercer mon ministère, j'ai eu sous les yeux un spectable déchirant: un jeune homme traversait précipitamment la place publique, sa voiture se brise, le malheureux échappe à la mort, mais pas un membre de son corps qui n’éprouvât une vive douleur. On s'approche, on le plaint, on s'intéresse à son sort, on parle de recourir à un médecin : ‘ Un médecin! s'écrie-til; à Pâques le médecin.” Vous jugez de l’étonnement des spectateurs ; ils croient son esprit aliéné. Vous étonnerez-vous, mes frères, si nous vous disons: Ce malheureux, cet insensé, c’est vous-mêmes., En courant précipitamment dans la carrière du vice, vous avez fait une chute funeste ; la plus noble partie de vous-mêmes, votre âme, est plus que blessée, elle est morte; on vous parle d’un médecin tout-puissant, non par lui-même, mais par la mission qu'il à reçue de Dieu, et qui peut la rendre à la vie; et vous ne cessez de répéter: ‘* A Pâques, à Pâques, le recours à ce grand médecin !”” Combien qui ne mettent pas même de terme à leurs délais!” Cette comparaison fit une vive impression sur l'esprit des auditeurs, qui pour la plupart se hâtèrent d'approcher du tribunal de la pénitence.—MÉRAULT, Enseignement de la Religion tome III.

ARTICLE IV

Quatrième Commandement.

Ton Créateur tu recevras au moins à Pâques humblement.

1. L'Eglise, par son quatrième Commandement, ordonne à tout fidèle de recevoir avec respect, dans la quinzaine de Pâques et dans sa propre paroisse, le saint sacrement de l’'Eucharistie, et menace même d’excommunication ceux qui manquent à ce devoir.

pour nous auprès de Dieu, et de nous obtenir les secours dont nous avons besoin.

EXEMPLES.—L'impie Nicanor ayant pris la résolution de combattre les Juifs un jour de Sabbat, un ceïtain nombre d’autres Juifs que la nécessité avait retenus dans son armée, lui représentèrent qu'il n’était pas convepable de livrer bataille un jour consacré à Dieu. Cet homme, enflé de sa vaine grandeur, répondit: ‘ Y a-t-il un Dieu puissant dans le ciel qui ordonne de célébrer le jour du Sabbat?—Oui, dirent ces Juifs avec modestie, c’est le Dieu vivant, le puissant Maître du ciel.—Eh bien ! répondit l’orgueilleux Nicanor, moi qui suis puissant sur la terre, je vous ordonne de prendre les armes pour obéir aux ordres du roi.” Nicanor hvra bataille, fut vaincu et trouvé au rang des morts.

—Un roi du Japon, nouvellement converti, condamna à mort un de ses pages qui avait commis quelque irrévérence à l'Eglise; et sur ce qu’on le priait instamment de faire grâce à ce jeune homme: ‘ Quoi! s’écria-t-il transporté d’indignation, l’on punit ceux qui manquent de respect aux rois de la terre, et l’on veut épargner celui qui outrage jusque dans son temple le souverain Maître des rois !”’—Lx P. CHARLEVOIX.

ARTICLE II

Second Commandement.

Les Dimanches Messes ouïras, et les Fêtes pareillement.

1. De toutes les œuvres de piété par lesquelles on doit sanctifier les Dimanches et les Fêtes, la principale, la plus indispensable, c’est d'entendre la Messe, et l'Eglise en à fait un commandement exprès. Ce sacrifice cest l’action la plus sainte-de la Religion, et celle qui rend à Dieu l'honneur le plus parfait; l’obligation d’y assister tous les jours spécialement consacrés à son culte est aussi ancienne que l’Eglise. Nous lisons dans les actes des Apôtres que le premier jour de la semaine, qui estle Dimanche, les fidèles s’assemblaient pour la fraction du pain, c’està-dire pour offrir la Victime sainte et y participer.

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