DE LA GOURMANDISE
8. ‘La gourmandise tue D d'hommes que l’épée,”’ a dit un ancien. Elle produit l’ivrognerie et les excès dans le boire et le manger, Ce vice détestable dégrade l’homme, l’avilit et le met au-dessous de la bête. Ainsi, les honnêtes gens ne sont-ils pas sujets à ce vice grossier ; ilsuffit d’avoir de l’éducation et des sentiments pour l’éviter avec soin.
4, Elle produit la sensualité, qui censiste à rechercher des mets exquis et délicats, ou à prendre des choses que l’on sait être nuisibles à la santé, parce qu’elles flattent le goût, ou enfin à manger avec avidité des viandes communes. Quelle honte pour un homme raisonnable de se laisser dominer par la sensualité, au lieu d’en réprimer les mouvements !
5. La gourmandise produit encore le mépris des lois de l'Eglise. Quand on est livré à ce vice, on n’est guère disposé à pratiquer les jeûnes et les abstinences que l’Eglise ordonne : on ne sait ce que c’est que de se mortifier ; les lois qui prescrivent certaines privations paraissent un joug insupportable, on cherche des prétextes pour s’en dispenser, en l’on en vient non-seulement à violer le précepte du jeûne, mais encore à user sans scrupule des viandes défendues.
6, Enfin la gourmandise produit la dissension ; c’est du sein de l’intempérance que naissent les querelles, les emportements et les violences. Nous en avons dansl’Ecriture un tableau frappant que le Saint-Esprit a tracé lui-même ; voici les propres termes dont il s’est servi: ‘ A qui dira-ton malheur? pour qui seront les querelles? pour qui les précipices et les chutes ? pour qui les blessures, si ce n’est pas ceux qui passent le temps à boire et mettent leur
plaisir à vider des coupes ? ”
7. Il faut donc avoir une vive horreur d’un vice si indigne d’un homme et encore plus d’un chrétien, Pratiquons dans tous nos repas la sobriété chrétienne, cette vertu qui nous règle dans le boire et le manger selon la nécessité, 1 rend le corps plus robuste et qui prolonge la vie; veillons beaucoup sur nous-mêmes, pour ne point passer les bornes du besoin dans une action qui d’ellemême tend à contenter la nature. Un chrétien regarde la nourriture comme un remède : il n’écoute ni l’avidité ni la sensualité ; il évite la délicatesse et la recherche de ce
3.—6. Montrez combien il dégrade 1 homme.—7, Quelles règlen faut-i suivre dans le boire et dans le manger ? 7. Q glei faut-il