‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 87 sur 173 · DE LA GOURMANDISE · texte numérisé non relu

DE LA GOURMANDISE

qui flatte les sens; en un mot, il pense à imiter Jésus- Christ, qui a bien voulu s’assujettir à cette action humiliante, pour nous y servir de modèle ; il a toujours présent à l'esprit cet avis salutaire qu’il nous a donné: ‘ Veillez avec attention sur vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent par l’excès des viandes et du vin, et que le jour du Seigneur ne vienne vous surprendre tout à coup.” Le moyen le plus propre à nous rappeler les règles de la sobriété et à nous donner la force de les suivre, c’est de faire avec piété la prière qui se dit avant et après le repas. Par là nous attirerons la bénédiction de Dieu sur nous, et nous obtieudrons la grâce de ne point l’offenser.

CoOMPARATSONS.—-Si vous arrosez outre mesure le meilleur terrain, il sera changé en un marais d’où s’élèveront des exhalaisons malfaisantes. Il en est de même du corps ; si vous le nourrissez trop bien, il deviendra semblable à un marais : il produira les pernicieuses exhalaisons de la sensualité.—LOHNER.

De même que les nuages obscurcissent le ciel, ainsi les repas trop copieux obscurcissent notre âme. Comme les ouragans jettent le désordre dans les éléments, ainsi l’usage immodéré des aliments porte le trouble dans notre estomac; et comme les vagues détruisent le vaisseau, ainsi l’ivrognerie détruit notre âme.—$S. CHRYSOL.

—Trop d’eau renverse le moulin, et trop de nourriture et de boisson ruine le corps humain. Gardez donc une sévère sobriété dans le boire et le manger.—MUNCH.

— Votre estomac est le cheval qui porte tout votre bagage ; avec de sages ménagements, il peut vous mener loin ; mais si vous le chargez outre mesure, ou ne lui laissez pas de repos, il laissera votre bagage en route.—SIMON DE NANTUA,

EXEMPLES.—Un roi de Perse envoya demander à un calife un médecin habile. Le calife se hâta de satisfaire à ce désir, et le médecin, en arrivant, demanda comment on vivait à la cour : “On ne mange, lui dit-on, que quand on sent la faim ; encore ne la satisfait-on pas entièrement ; —Dans ce cas, répondit-il, je me retire ; je n’ai rien à faire ici.” —DICT. L'ÉDUCATION.

—En fait de crimes, de désordres et d’excès, peut-être n'est-il rien de si horrible et de si tragique que ce qui arriva à un jeune homme en Afrique, du temps de saint Augustin. Ce jeune homme se nommait Cyrille ; il était ex-

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