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CHAPITRE III, DE LA CONFIRMATION, ARTICLE PREMIER

Nature et effets de la Confirmation.

1. La Confirmation qui est le second des Sacrements, augmente en nous la grâce du Baptême, et nous rend parfaits chrétiens en nous donnant le Saint-Esprit avec l’abondance de ses grâces. Ce Sacrement achève ce que le Baptême a commencé : il en est la perfection. La grâce du Baptême est une grâce de régénération qui nous rend enfants de Dieu ; celle de la Confirmation est une grâce de force et de courage qui nous élève à l’état de l’homme parfait, et nous rend capables de combattre et de vaincre enrendant témoignage à Jésus-Christ, aux dépens même de notre vie. C’est ce que nous voyons dans la personne des Apôtres. Avant la descente du Saint-Esprit, ils étaient faibleset timides ; mais aussitôt qu’ils eurent été remplis de ses grâces, ils devinrent d’autres hommes, et annoncèrent Jésus-Christ avec un courage intrépide. Le Saint-Esprit descend encore sur ceux qui reçoivent la Confirmation, et il produit en eux les mêmes effets, mais d’une manière invisible, parce que ce miracle n’est plus nécessaire.

2. Quoique le Saint-Esprit ne descende pas visiblement sur ceux qui reçoivent la Confirmation, comme il arrivait souvent dans la primitive Eglise, il répand toujours en eux l’abondance des dons et des fruits dont il est le principe. On attribue sept dons principaux au Saint-Esprit : celui de Sagesse, qui nous fait goûter les choses de Dieu ; celui d’Intelligence, qui ouvre notre entendement et nous communique les lumières nécessaires pour bien connaître les vérités de la Religion; celui de Conseil, qui nous

1. Quels sont les effets du Sacrement da Confirmation ? Quelledifférence y a-t-il entre ce Sacrement et celui du Baptême ? Quelle personne de la très-sainte Trin'‘é recevons-nous dans la Confirmation ?—2. Que répand le Saint-Esprit dans ceux qui reçoivent la Confirmation ? Nommez les dons du Saint-Esprit, et dites auel est leur cftet,

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dirige et nous fait prendre en toutes choses le meilleur parti relativement au salut: celui de Science, qui nous fait discerner le bien d’avec le mal; celui de Force, qui nous fait repousser les obstacles qui s'opposent à notre salut; celui de Piété, qui nous fait remplir avec constance nos devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes; et enfin celui de Crainte, qui imprime en notre âme un respect mêlé d'amour pour la majesté divine, présente en tous lieux, et une crainte filiale de lui déplaire en quoi que ce soit.

3. Les fruits du Saint-Esprit sont: la Charité, qui nous unit à Dieu par amour ; la Joie, qui nous remplit d’une sainte consolation ; la Paix, qui produit la tranquillité au milieu des contradictions du monde; la Patience, qui nous fait supporter en vue de Dieu ce qui nous déplait ; la Bénigoité, qui nous porte à soulager le prochain; la Bonté, qui nous rend bienfaisants envers tous; la Longanimité, qui nous empêche de nous rebuter dans les épreuves ; la Douceur, qui nous porte à supporter en paix ce que le prochain à d’incommode; la Foi, qui nous fait croire avec certitude ; la Modestie, qui règle notre extérieur selon les maximes de l’Evangile ; la Continence et la Chasteté, qui conserve nos corps dans la sainteté qui convient à des temples du Saint-Esprit.

4, Les évêques, en qualité de successeurs des Apôtres, sont les ministres ordinaires de la Confirmation. Les cérémonies avec lesquelles on administre ce Sacrement sont autant de signes des effets admirables qu'il produit dans les âmes.

5. L'évêque, étant tourné du côté de ceux qui vont être confirmés, appelle sur eux le Saint-Esprit ; puis, élevant les mains, il fait une prière par laquelle il conjure le Tout- Puissant d'envoyer l'Esprit saint pour les remplir de ses dons. Il prend ensuite du saint Chrême, et fait à chacun d’eux une onction sur le front, en disant: Je te marque du signe de la Croix, et je te confirme par le Chréme du salut, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Cette prière et celle qui accompagne l'imposition des mains nous apprennent quels sont les précieux effets que ce Sacrement produit dans ceux qui le reçoivent dignement.

3. Quels sont les fruits du Saint-Esprit, et q el est leur effet ?—4.Qui est le ministre du Sacrement de Confirmation ?—5. Comment et avec quelle matière administre-t-on la Confirmation ?

Le saint Chrême, composé d'huile d'olive et de baume, est bien propre à nous faire connaître l’abondance, la douceur et la force de la grâce qui remplit alors notre âme, qui la pénètre et la fortifie, comme l'huile pénètre et fortifie le corps ; le baume est aussi un symbole de la bonne odeur de Jésus-Christ, que ie confirmé doit répandre par la pratique de toutes les vertus.

6. Quoique ce Sacrement ne soit pas absolument nécessaire au salut, on se rendrait cependant coupable d’une faute considérable si l’on négligeait de le recevoir ; on se priverait des grâces abondantes au’il communique, et l’on désobéirait à Jésus-Christ, qui l’a institué pour notre avancement dans la vie de la grâce.

EXEMPLE.—Julien l’Apostat résolut de professer solennellement l’impiété. Ce fut à cette fin qu’il fit faire de grands préparatifs pour un Sacrifice qu’il devait offrir aux idoles dans un temple dédié au démon. Il s’y rendit suivi de toute sa cour, avec pompe, pour donner à cette action impie beaucoup d'éclat. Tout étant prêt, l’empereur fit signe que l’on commençât. Mais quel fut l’étonnement des prêtres des idoles lorsqu'ils se trouvèrent interdits, hors d'état, malgré tous leurs efforts, de procéder à l’abominable cérémonie ! De plus, ils virent que leurs couteaux, qu’ils avaient eu soin de bien préparer, ne pouvaient rien sur la chair des victimes, et le feu qu’on avait allumé sur l'autel s’éteignit tort à coup. Le sacrificateur s’écria : ‘‘ Il y a certainement ici une grande puissance inconnue qui s'oppose à nos cérémonies ! ” J1 pria alors l’empereur de permettre qu’on s’assurât s’il ne se trouvât pas parmi les assistants quelque Galiléen qui eût été nouvellement ou lavé d’eau ou oïint de baume ; il voulait dire ou baptisé ou confirmé. Il y avait, en eflet, dans le temple un jeune page qui était chrétien, et qui depuis peu de jours avait reçu la Confirmation et la grâce de ce Sacrement. L'empereur ayant dit tout haut : ‘ Qu'on fasse cette recherche,” le page n’hésita pas de se présenter et de dire : ‘ Apprenez que je suis chrétien ; j'ai été baptisé, et il n’y a pas longtemps qu’on m'a oint pour m’animer au combat. Je suis disciple de Jésus- Christ qui m’a racheté par la croix ; je le reconnais pour mon Dieu, et je me glorifie de lui appartenir. C’est moi ou plutôt c’est le Dieu que je sers qui a mis obstacle à

6. Quelle faute y aurait-il à négliger de recevoir ce sacrement ?

l’impiété qu'on allait exercer. J'ai invoqué dans mon cœur le nom sacré de Jesis-Christ, et les démons n’ont pu être reconnus pour dieux. Au nom de Jésus-Christ, qui est le vrai Dieu, ils ont été contraints de prendre la fuite.” L'empereur qui avait été chrétien et qui était bien instruit du pouvoir de Jésus-Christ, fut saisi de frayeur. Il appréhenda les effets de sa vengeance, et sortit du temple, couvert de confusion, sans dire un seul mot. Le courageux soldat de Jésus-Christ alla rapporter aux chrétiens ce qui venait d'arriver ; et ils en rendirent gloire à Dieu, et ils reconnurent combien ceux en qui habite la vertu de Jésus-Christ par le sacrement de Confirmation, quand on le reçoit dans les dispositions saintes, sout redoutables aux démons,— Histoire ecclésiastique.

ARTICLE II

Des dispositions à la Confirmation.

1. Comme on ne peut recevoir la Confirmation qu’une seule fois, il est d’une grande importance d’y apporter les dispositions nécessaires, afin de n'être pas privé des grâces qui sont particulières à ce Sacrement.

La première disposition est d’avoir une conscience purgée de tout péché mortel ; l’état de grâce, c’est-à-dire l’innocence du Baptème conserve ou réparée par la pénitence, est absolument nécessaire pour le recevoir dignement ; le Saint-Esprit nous assure lui-même dans l’Ecriture ‘que la Sagesse n’entrera point dans une âme mal disposée, et qu’elle n’habitera pas dans un corps assujetti au péché.” Le sacrement de Confirmation est un Sacrement des vivants ; il suppose donc la vie spirituelle dans celui qui le reçoit ; son effet est d'augmenter cette vie spirituelle, et il est impossible de fortifier dans la vie de la grâce celui qui l’aurait perdue.

2, Le Sacrement de Confirmation a été souvent administré immédiatement après le Baptême, dont il est en quelque sorte le complément ; aujourd’hui encore on peut, dans des cas excentionnels, l’administrer à de jeunes enfants. Mais dans les cas ordinaires, ce Sacrement n’est administré qu’à ceux qui ont atteint l’âge de

1. Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir le sacrement de Confirmation ?—2. A quel âge reçoit-on ordinairement le Sacrement de Confirmation et quelle préparation faut-il y apporter ?

raison, avec une discrétion et une instruction suffisantes. Il faut alors être instruit des principaux mystères de la Foi, et bien connaître en particulier tout ce qui a rapport à cet auguste Sacrement.

Mais, outre cela, pour le recevoir avec plus de fruits, il est très important de s’y préparer par la prière et la pratique des vertus chrétiennes, à l’imitation des Apôtres, qui se renfermèrent dans le Cénacle pour se préparer à la venue du Saint-Esprit.

ExEMPLE.—Les disciples s'étant dispersés lors de la persécution qui s’éleva à Jérusalem après le martyre de saint Etienne, saint Philippe, un des sept diacres, alla à Samarie, et ayant converti et baptisé un grand nombre de personnes, il en fit partaux Apôtres, qui y envoyèrent saint Pierre et saint Jean pour leur imposer les mains, et le Saint-Esprit descendit sur eux d’une manière sensible, —Act., VIII.

ARTICLE III

Obligations qu'impose la Confirmation.

1. La Confirmation nous impose deux obligations principales : la première, de confesser la foi de Jésus-Christ même au péril de notre vie ; et la deuxième, de ne jamais rougir de l’Evangile, et de braver le respect humain. Un chrétien confirmé doit rendre témoignage à Jésus-Christ, c’est à dire défendre courageusement la foi qu’il nous a enseignée, s'élever hardiment contre tous ceux qui l’attaquent, et ne craindre ni les railleries ni les menaces des hommes, ni la mort même. Le châtiment terrible dont Jésus-Christ menace dans l'Evangile ceux qui manqueront à ce devoir, nous fait connaître combien il est indispensable. ‘ Quiconque, dit Notre- Seigneur, me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai aussi moi-même devant mon Père,

ui est dans les cieux; et quiconque me renoncera FPS les hommes, je le renoncerai aussi moi-même devant mon Père.” Opposons donc un courage digne d’un soldat de Jésus-Christ aux discours dangereux des hommes corrompus qui voudraient ébranler notre foi. Soutenons les intérêts de notre Maître avec tout le zèle dont

E pabien d'obligations nous impose ce Sacrement, ct quelles sont, elles ÿ Ë :

nous sommes capables, Souffririons-nous qu’on déchirât en notre présence la réputation d’un père, d’un ami? Comment done pourrions-nous souffrir qu’on outrageût devant nous le Dieu qui nous » 4onné la vie, qui est notre premier père, et qui doit être notre récompense éternelle ?

2. C’est surtout par la pureté de nos mœurs et par la régularité de notre conduite que nous devons confesser Jésus-Christ, et lui gagner, s’il est possible, ceux qui attaquent sa doctrine. L'exemple est fort, et plus persuasif que les paroles, et rien n’honore et ne confirme plus notre sainte Religion qu’une vie chrétienne et vertueuse.

3. L’évêque, en administrant la Confirmation, fait le signe de la Croix sur le front de ceux qu’il confirme, et leur donne un petit soufflet, pour leur apprendre qu’ils ne doivent jamais rougir de pratiquer la Loi de Jésus- Christ, mais qu'ils doivent se mettre au-dessus du respect humain, cette faiblesse indigne d’un Chrétien, qui empêche de pratiquer le bien, et qui fait commettre le mal pour ne pas dévlaire aux méchants. Un jeune homme, par exemple n'ose fréquenter les Sacrements, sanctifier les saints jours, aller à la messe, observer les abstinences, parce qu’il craint d’être en butte à la censure de ses condisciples qui tiennent une conduite différente ; il voit qu’en remplissant ses devoirs il deviendra l’objet de leurs railleries, et c’en est assez pour le déterminer à faire comme les autres. Que cette conduite est injurieuse à Dieu! qu’elle a de funestes suites ! qu’elle est déraisonnable! et quel outrage ne fait-on pas à Dieu quand on craint moins de perdre son amitié que celle des hommes! et de quels hommes! d'hommes pervers, d'hommes qui ne méritent ni estime ni confiance, d'hommes que souvent on méprise dans son cœur, Quoi! d’un côté Dieu ordonne d’entretenir la piété dans notre cœur par le fréquent usage des moyens que lui-même a établis pour nous sanctifier ; et parce que de jeunes libertins, des hommes sans aveu s’en moqueront ou abandonneront le Seigneur et son culte, nous en rougirions ! Quelle làâcheté! Craindrions-nous plus d’encourir la disgrâce des impies que celle de notre Dieu ? Quel crime de donner la préférence à la créature sur le

Jréateur ! Si Dieu est pour nous, qu’avons-nous à craindre de leur part? Si Dieu est contre nous, quel secours

2. Comment devons-nous surtout confesser Jésus-Christ ?—3. Que nous apprend Je léger soufflet que donne l'évêque sur la joue du confirmé, e$ le signe de la croix qu'il lui fait sur le front ? FAUSSES

peuvent-ils nous donner ? Quand nous périrons, nous sauveront-ils? Quand Dieu nous condamnera, pourront-ils nous défendre ?

Quoi! nous rougirions de notre fidélité à remplir nos devoirs! Mais n'est-ce pas là, au contraire, ce qui fait notre gloire ? Depuis quand la vertu mérite-t-elle la confusion et la honte? Quel renversement d'idées! quelle opposition avec toutes les lumières de la raison, avec tous les principes du sentiment naturel! C’est le vice qui doit rougir, et non pas la vertu; c’est au crime qu’appartient la honte et non pas à l'innocence.

4, Quels sont donc, après tout, ces censeurs de la vertu, ces hommes à qui l’on craint si fort de déplaire, dont on recherche le suflrage? Ce sont des hommes pour la plupart livrés à des passions brutales, qui gémissent sous leur joug honteux ; un trouble secret les accompagne partout, et empoisonne tous les moments de leur vie ; continuellement déchirés par des remords cruels, tourmentés par les reproches de leur conscience, ils voudraient étouffer cette voix importune ; c’est pour se rassurer sur leur nombre qu’ils s’efforcent de multiplier les complices de leurs désordres. Mais tandis qu'ils s'élèvent au dehors contre la piété, ils ne peuvent s'empêcher de la respecter dans leur cœur, et d’en regretter la perte: tandis qu’ils persécutent le juste, au fond ils l’estiment, ils envient son sort, et s’ils avaient un dépôt à confier, ils le choisiraient de préférence pour l’en faire gardien.

EXEMPLE.— Un officier distingué par sa naissance et par ses richesses était près d'obtenir un grade élevé qui était vacant ; mais on l’accusa d’être chrétien, et sa religion l’exeluait des charges et des honneurs. Le gouverneur lui donna quelques heures pour considérer à loisir ce qu’il avait à faire, Pendant cet intervalle l’évêque l’aborde ; il le prend par la main, le mène à l’église, et le fait entrer dans le sanctuaire. Là, aux pieds des autels, il lui montre l’épée aw’il portait au côté: il lui présente en même temps le livre des saints Evangiles, lui disant de choisir ce qu’il préférait. L’officier, sans hésiter, étendit la main droite, etprit le livre sacré. ‘ Attachez-vous donc à Dieu, lui dit l’'Evêque ; il vous fortifiera et vous accordera ce que

4. Les censeurs de la vertu et des pratiques de la Religion sont-ils, pour l'ordinaire, des personnages honorables ?

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