‹ Traité des devoirs du chrétien envers Dieu [microforme]Chapitre 97 sur 173 · RS · texte numérisé non relu

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3. Pour avoir cette Contrition, il faut la demander à Dieu par des prières humbles et ferventes, Nous pouvons bien par nous-mêmes offenser Dieu, mais nous ne pouvons sans son secours nous en repentir comme il faut. Nous devons ensuite réfiéchir sur les motifs qui sont propres à l’exciter dans notre cœur. Considérons quel est celui que nous avons offensé ; c’est notre Créateur, c’est notre Père, qui nous comble de biens, qui nous a rachetés au prix de son sang: quelle ingratitude ! Considérons ce que nous avons perdu par le péché; un bonheur éternel nous était réservé, et nous n’y avons plus aucun droit : quelle perte! Considérons à quoi nous expose notre péché ; il nous rend dignes de l’enfer, ce séjour de larmes, de rage et de désespoir, où l’on brûle éternellement : quelle horrible destinée! Considérons surtout ce que Jésus-Christ a souffert pour l’expiation de nos péchés et pour nous mériter la grâce du pardon. Il n’est pas possible de réfléchir sérieusement sur ces grandes vérités sans en être ému, et sans concevoir de la haine pour le péché.

3. Pouvons-nous par nous-mêmes avoir une pareille contrition, et qua faut-il faire pour l'obtenir *

4, T1 y a deux sortes de Contrition : la parfaite et l’imparfaite, qu’on appelle aussi Afttrition. La Contrition parfaite est une douleur d’avoir offensé Dieu, causée parce qu’il est souverainement bon et souverainement aimable, et que le péché lui déplaît: son motif est donc l'amour de Dieu : aussi son effet est de remettre le péché par elle-même, pourvu qu’elle soit jointe au désir et à la volonté de se confesser, La contrition imparfaite ou l’Attrition est une douleur d’avoir offensé Dieu, causée par la honte d’avoir commis le péché, par la crainte d’en recevoir le châtiment, ou par la perte de la béatitude éternelle. L’Attrition n’étant pas produite par des motifs assez relevés ne peut par elle-même remettre les péchés ; mais elle suffit étant jointe à l’Absolution, pourvu qu’elle renfeime l'espérance du pardon et un commencement d'amour de Dieu, L’attrition, du reste, doit, comme la Contrition parfaite, être intérieure, surnaturelle, souveraine et universelle.

-EXEMPLE.—Un père avait trois enfants qu'il envoyait tous les jours, dans une prairie, pour garder trois petits agneaux dont il leur avait confié le soin. Il arriva qu’un jour les enfants s’endormirent, et que, pendant leur sommeil, les loups sortirent d’une fôrêt voisine, se jetèrent sur les agneaux et les emportèrent.

Les enfants, éveillés par les hbêlements plaintifs de leurs agneaux, voyant au loin les loups quiles emportaient, étaient tous trois inconsolables. Mais voici qu’elle était la cause de leur chagrin: Le plus âgé disait : “ Je pleure parce que mon père me frappera et me mettra en pénitence pour avoir laissé emporter mon agneau j, Sans cela, je ne pleurerais pas. ” Le second disait: ‘ Pour moi, je pleure à cause des pénitences qu'on va me donner et aussi à cause du chagrin que mon père éprouvera quand il saura que les loups ont mangé mon agneau.” Le plus jeune, qui pleurait plus amèrement que les autres, disait: ‘ Mon bon père sera bien désolé; j’aimerais mieux demeurer en pénitence toute ma vie plutôt que de lui causer un tel chagrin.” Le premier de ces enfants est l’image du chrétien qui n’a qu’une crainte servile ; le second représente le pécheur qui a la contrition imparfaite, et le troisième est l’image de celui dont la contrition est parfaite.—MGR. GAUME.

4, Combien y a-t-il de sortes de contrition, et quelle différence y a-t-il de l’une à l’autre ?

270 DU FERME PROPOS, ARTICLE III. \ Du ferme propos.

1. On ne peut pas obtenir le pardon de ses péchés si l’on n’y renonce de tout son cœur, et si l’on n’est dans la disposition que le saint roi David exprime par ces paroles : ‘ Oui, je l’ai juré, je l’exécuterai, je garderai les saintes ordonnances de votre justice.” Dieu s'explique luimême, dans l’Ecriture, sur la nécessité de ce bon propos : ‘ Que l’impie quitte sa voie, et le pécheur ses pensées, et qu’il retourne au Seigneur, et je lui ferai miséricorde. I] n’y a donc de miséricorde à espérer que pour celui qui renonce au péché. Dieu ne nous pardonne nos péchés qu’autant que nous nous en repentons sincèrement, et quand ce repentir est sincère, il renferme nécessairement le ferme propos ; car ne serait-ce pas se moquer de Dieu que de lui demander pardon d’un péché que l’on voudrait encore commettre ?

2. Il y a trois marques auxquelles on peut reconnaître le bon propos : la première est de changer de vie, Un jeune homme était orgueilleux, emporté, indocile, menteur, négligent dans ses devoirs, dissipé dans ses exercices de piété ; il devient doux, humble, obéissant, appliqué au travail, vrai dans ses discours, recueilli dans la prière, modeste à l’église : voilà une preuve sensible de la sincérité de sa résolution ; on ne peut douter qu’il n’ait eu le bon propos. Mais ne peut-on pas dire que celui en qui l’on n’aperçoit aucun changement de conduite n’avait pas renoncé véritablement au péché? que ses promesses n'étaient que sur les lèvres, et non pas dans le cœur ? Il est difficile qu’il y ait un véritable repentir où il n’y a pas d’amendement.

8. La seconde marque est d'éviter les occasions qui ortent ordinairement au péché. Il y en a de deux sortes : es unes portent au péché par elles-mêmes, comme les mauvais livres, les mauvaises chansons, les peintures déshonnètes, les mauvaises compagnies. Les autres ne sont occasions de péché qu’à cause de la faiblesse et de la disposition des personnes qui s’y sont engagées : telles sont certaines professions légitimes par elles-mêmes

1. Qu'entend-on par ferme propos ?—2. Combien y a-t-il de marques qui font connaître qu'on a eu un ferme propos de ne plus pécher, et quelle est la première ?—3, Quelle est la seconde marque du ferme propos

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