‹ Traité des eauxChapitre 125 sur 244 · ALLUVIONS ET AUTRES ATTER RISSE MEN TS · texte numérisé non relu

ALLUVIONS ET AUTRES ATTER RISSE MEN TS

Parmi les ouvrages modernes les plus utiles ä consulter, nous citerons le « Traito du droit d’alluvion », publie en 1830 par Cliardon. Outre Pcxposo des vues personnelles de Pauteur, cet ouvrage contient une analysc critiquo des diverses theories an teri eurem ent enseignees.

Le seul point de depart commun qui ait ete ä peu pres unanimement admis est uno rfegle du droit romain, relative au partage des lies et prescrivant d’operer ce partage pro modo latitudinis cujusque agri , qua? latitudo prope ripam sif, c’est-ä-diro d’apres lalargeur de chaquo fonds pres de la rive (Yoirles lois 7, 29, 30, 36 et 65 du D igeste, au titro [)e acquirendo rerum dominiö). Les auteurs se sont accordes pour ne considerer que le front des heritages du rote de la riviere et pour faire abstraction de leur profondeur et de leur superficie, qui ne jouent en eff et aucun role dans la formation des atterrissements. Mais, sauf sur un point, la doctrine s’est divisee entre les systemes les plus differents, se pronongant tantot pour des Solutions mathematiques, tantot contre toute solution de cetto nature.

Les principales Solutions geometriques pouvent se ramener ä trois.

'j. La premiere consiste ä faire la repartition suivant des normales ä la rive ancienne, passant par les points de Separation des heritages.

Elle souleve des difficultes et preto ades objections serieuses, des que l’ancienne rive presente des concavites prononcees. En

29G COUIIS D’EAU NON NA VIO ABLES NI FLOTT ABLES

effet, los normales pouvent alors so roncontrer avant (ratteindro la berge nouvelle.

Quand cotto eventualite se realise, il faut y pourvoi r par des artilices tols que l’adoption de la bissectrice de deax normales comme ligne separative, au delä du point d’intersection.

Mais, si l’on respecte ainsi le principe d’une repartition mathematique, on n’echappe pas ä des anomalies frappantes, ä des inegalites difficilement justifiables entre les divers fonds. La figure suivante en donne un oxemple.

En tout cas, la recoupe des normales en avant de la berge nouvelle depouille certains fonds du benefice de leur contiguite avec la riviere .

D’autre part, il arriv'c souvent que les alluvions se constituent

A L L U V I O N S E T A U T 1 1 E S A T T K li HISS K M K N T S

par echelons successifs. La rive nouvello de chacun des eclielons devient la rive aneienne de l’echelon suivant. Los normales ont par suite des directions differentes pour les gradins successifs, et les lignes separatives all'ectent la forme de lignes brisees, aussi difficiles ä reperer qu’iucommodes pour la eulture.

i La seconde solulion geoinetriquoconsiste ä faire la repartition suivant des normales ä l’axe du cours d’eau, rencontrant la rive aux points de Separation des lieritages.

et encore moins satisfaisante que la premiere.

Le trace de l’axe du cours d’eau exige des operations labo-

rieuses et parfois incertaines.

II peut comporter plusieurs normales passant par un memo point de la rive aneienne. Lorsque ce fait so produit, on est oblige, ou de choisir l’une des normales et d’avantager 1 un des

fonds an detriment de l’autre, ou dcprendroune ligne intermediaire.

Les lignes auxquelles on s’est arrete peuvent se couper avant d’atteindro Ia berge nouvelle; il faut y pourvoir par des expedients analogues ä celui que nous avons indique ä propos de la premiere solution, sauf ä priver certains fonds de leur contiguite avec la riviere.

Nous ne voudrions pas multiplier les representations grapluques. Cependant, pour mettre en evidence les difficultes de co mode de repartition, nous croyons devoir rapprocher,ä titre d’exemple, trois partages differents susceptibles d’etre adoptes pour une raeme alluvion.

lei encore la formation des atterrissements par gradins successifs, en deplagant progressivement Taxe de la riviere, donne aux lignes de repartition une forme brisee.

Page 1