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Ne sait-on pas au contraire que PeftVoi étoit alors tellement répandu qu’on auroit condamné son père? Des sociétés populaires , répandues alors sur toute la France, imprimoient par-tout la terreur.
Elles auroient , dans le cas que l’appel eut eu lieu, redoublé d’activité et de menaces, et le Roi eût péri.
J’ai acquis d’ailleurs, depuis, la preuve que le peuple François, sans meme qu’il y soit forcé par la terreur, obéit à ceux qui ont en main le pouvoir, et se déclare toujoui's pour le parti dominant. Lers de la fatale rentrée de Bonaparte, n’a-t-on pas vu, à une très petite exception près, je ne dis pas le peuple , mais les premiers de l’état, tous les magistrats , tout ce qui compose la classe distinguée, et ce
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qu’on appelle les honnêtes gens, qui crient aujourd’hui avec enthousiasme vive le Roi ! signer spontanément le supplément à Pacte constitutionnel , dont un article prononçoit l’expulsion à jamais des Bourbons?
Les procès-verbaux de la convention font foi de ce que j’ai dit de ma manière de voter. Il est vrai qu’on lit page 225, tome 5, que le citoyen Opoix , dans l’appel au peuple, n’a pas voté. Quelques lignes après, même page, on lit :
le citoyen Opoix a voté Pappel. On voit qu’il y a eu un mal-entendu et une méprise de la part des secrétaires. Voici ce qui y a donné lieu : ma foihle voix et une certaine émotion empêchèrent qu’on ne m’entendît de la tribune; ce qu’ayant remarqué , et voulant
que mon vote fut exprimé sans altération, je descendis de la tribune , et j’allai sur le bureau écrire et signer mon vote , tel que je l’ai rapporté ci-dessus, et ainsi qu’il se trouve en tète de la page suivante 226.
Mes votes furent remarqués de mes collègues, sur-tout ce dernier, parce qu’il étoit signé, et ils inquiétèrent mes amis. J’ai été souvent menacé; la porte de la maison que j’habitois a été plusieurs Ibis marquée, comme l’étoient celles de plusieurs députés , et j’avois aliéné contre moi l’esprit de quelques sociétés populaires de Paris, et de celle de Provins , ayant toujours relusé d’être d’aucune. J’ai cru long-temps que je serois victime de mon dévouement si hautement prononcé pour Louis xvi*
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Depuis le retour de Louis xvni , qui nous a ramene la paix et Fespérance du bonheur, la France a exprimé l’horreur qu’elle avoit de voir dans son sein ceux qui ont voté la mort du Roi. Ils ont été chassés du territoire François :
c’étoit sans doute le moins qu’il pût leur arriver ; mais justice doit être pour tout le monde. Bannissement, exécration générale, voilà la part des régicides. Quelle sera celle de ces députés qui , à la vue d’un péril presque certain , ont fait le plus d’efforts pour sauver le Roi , et même ont fait voir qu’ils ne le regardoient pas comme coupable ? Ne sont^ls pas aussi les défenseurs de Louis xvi (i)?
(i) Encore ceux qui l’ont défendu à la barre ont-ils couru peu de dangers. Ils étoient sous la loyauté de la nation. C’est en vertu d’un
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Sans doute ils sont assez payés par le témoignage de leur conscience ; il ne leur faut pas de récompenses; ils doivent même les refuser, parce qu’il est bon qu’ils lassent voir a une foule de gens avides, qui assiègent les marches du trône avec des preuves très é^piivoques de leur attachement, qu’il n’csl rien dù à celui qui n’a lait que son devoir; mais n’ont-ils pas des droits à l’estime et à la considération, sous un gouvernenement juste appréciateur, et qui attache tant d’intérêt à tout ce qui a rapport aux derniers niomens et à la mémoire de Louis xvi?
décret de la convention que M. Desèze a défendu le Roi ; et ce n'est pas comme ayant e'té son défenseur, que M. De Malliscrbcs a été conduit à la mort.