FUSION
on le frappe avec la tranche d'un marteau dirigée dans le sens de Taxe du creuset : de cette manière on parvient aisément, avec un peu d*habitude ^ a diviser celui-ci en deux parties à peu près égales, sans produire de petits fragments ; le culot métallique se détache alors de lui-même, et tes scories restent seules adhérentes au creuset. Lorsqu'on a fait Tessaî dans lin creuset brasqué, on en extrait la brasque peu à peu avec la pointe d*un couteau jusqu'à ce que le culot soit à découvert; on jette celle qui provient des premières couches, mais on recueille avec soin celle qui recouvre immédiatement le culot, et on la lave par décantation, pour s'assurer qu'elle ne contient pas de grenailles, ou pour recueillir celles qui pourraient s'y trouver. Puis on retire le culot en le soulevant doucement avec la pointe du couteau ; et Toa peut même ensuite, pour plus de précaution, laver la brasque qui Tentourait.
On pèse le culot entier. Il se compose ordinairement d'un calot métallique qui occupe la partie inférieure, et d'une scorie à la surface de laquelle il y a presque toujours des grenailles adhérentes, même lorsque l'essai a parfaitement réussi. En concassant grossièrement le culot, on en sépare aisément le bouton métallique et les grosses grenailles; mais, pour séparer les petites grenailles, il faut réduire le tout en poudre très-fine et faire une lévigation : en prenant le poids de la partie métallique , on a celui de la scorie par différence. Si celle-ci renfermait des grenailles dans son intérieur , il faudrait recommencer l'essai en chauffant davantage ou en changeant la proportion des réactifs, parce que ce serait une preuve que la fusion n'a pas été parfaite.
Après un essai a une très-haute température, on remarque que les creusets , les couvercles, ainsi que l'argile qui sert de lat , sont complètement vitriûés à la surface , et que le verre qui se produit s'amasse même dans quelques parties en gouttes souvent assez grosses. Cette vitrification, qui n'est qu'extérieure, est due à l'action que les cendres du combustible exercent sur le silicate d'ajumine, et elle est d'autant pins profonde que les cendres sont plus corrosives et plus abondantes: aussi arrive-t-il souvent que les creusets s'amincissent considérablement, et même quelquefbis qu'ils sont percés et presque entièrement détruits. Quand la vitrification n'est pas trop profonde, loin d'être nuisible , elle a l'avantage de consolider l'union des diverses parties de l'appareil et de boucher les gerçures qui se forment par retrait dans les luts.
Les creusets qui restent intacts après qu'on en a détaché le couvercle, peuvent très-bien servir pour de nouveaux
GoQgle
essais; ils sont roéme plus coromodesque des creusets neufs, quand ils sont soudés solidement et ▼erlicalement sur leurs fromages, parce qu'alors il n^est pas à craindre qu'ils s'en détachent, comme cela arrive quelquefois pendant la dessiccation de l'argile qui sert de lut.
AariGLi ▼. — Distiilatton, sublimaiion.
Distiller et sublimer ^ c^est chaufFer une substance pour la vaporiser ou pour vaporiser un de ses éléments et condenser en même temps les vapeurs de manière à pouvoir recueillir le liquide et le solide qui résultent de leur condensation. On appelle l'opération (itsftV/alton , lorsque les vapeors se condensent à I état liquide, et êublimaiion, quand elles se condensent a l'état solide. On dit qu'on fait une dt>iiUalion êèchê^ lorsque la substance sur laquelle on opère est solide, et une distiilaiion humide ou ordinaire , quand la substance est liquide. C'est dans tous les cas une calcination faite en vases clos.
S 1"'. — Emploi des cornues.
L'appareil dont on se sert se compose le plus souvent d'un ▼ase d'une forme particulière que Ton nomme cornue, dans lequel on place la substance, et d'un autre vase dans lequel on condense les vapeurs, et qu'on nomme récipient.
Les cornues sont de la forme représentée par les Fig. 1 , d, S, etc. , PI. m ; on y dislingue a la panse , b le dôme et e le col. On donne à la panse plus ou moins de profondeur relativement à son diamètre, selon le besoin. On se sert de cornues à panse profonde ( Fig. 2 ) quand on veut opérer sur de grandes masses à la fois , sans être obligé d'ajouter la matière par doses successives ; ou quand la matière que l'on soumet à la distillation ou a la sublimation est susceptible d'éprouver des soubresauts , de se gonfler, de se boursoufler , d'éclabousser, etc. Lorsqu'on ne peut cbaufler les cornues que par dessous, il convient de donner à la panse à peu près la forme d^une demi-sphère ( Fig. 1 ). Le dôme doit toujours avoir pour coupe verticale un quart de cercle, aGn qu'il résiste le mieux possible à la pression atmosphérique lorsqne le vide s'y fait par un refroidissement intérieur. La courbure en d doit être bien arrondie et ne présenter ni bourrelet ni pli aigu. Quant au col, on lui donne des dimensions variées : on le fait long lorsqu'on veut que les vapeurs se condensent dans son intérieur ; on lui donne un grand
diamètre quand on peut craindre qu*îl oe soit obstraé par les matières qui s'y condensent.
Cornues de verre, — On fait des cornues en verre, en argile ^ en porcelaine , en fer et en platine. Les cornues de ▼erre sont très-( ommodes ; aussi s*en sert-on toutes les fois que Topëration nVxige pas une température trop élevée , pour la plupart des distillations, par exempte; on peut même employer les cornues de verre à une. chaleur capable de leur faire éprouver un commencement de fusion, en les enduisant préalablement d'un lut convenablement appliqué. Les luts qui servent à cet usage sont faits avec des argiles liantes et infîisibles mêlées soit avec du sable qnarseux, soit avec de Targile cuite pulvérisée. Le mélange doit être tel qu'il conserve do liant et qu'il éprouve le moina de retrait possible en se. séchant. Pour éviter la formation des fentes que la dessiccation produit toujours dans les luts lorsqu'elle n'a pas lieu avec une extrême lenteur , on mêle souvent à l'argile des substances fibreuses coupées en morceaux de 1 centimètre au plus de long, telles que du foin, de la paille, de la filasse, de la bourre, ou même du crotin de cheval : ces substances augmentent l'adhérence et rendent le retrait tellement uniforme, qu'il a lieu sans gerçure» apparentes; mais comme elles se décomposent et se charbonnent par la chaleur, il ne faut les employer qu'en petite quantité ; sans quoi, h une certaine époque de Topération, le lut deviendrait tr^-poreux et pourrait perdre toute sa consistance.
On applique le lut sur les cornues de deux manières : 1* pn en fait une pâle ^n peu liquide, on en étend une couche mince, mais d'une épaisseur partout égale, sur la cornue; on laissa sécher cette couche lentement à l'air; quand elle est sèche, on çn applique une seconde par dessus, en ayant grand soin de remplir exactement toutes les gerçures ; on fait encore sécher, et Ton applique de nouvelles couches si cela est nécessaire pour que le lut ^it l'épaisseur convenable; on mesure cette épaisseur au moyen d'une épingle j on a rarement bçsoin de lui donner plus de 1 centimètre. On achève la dessiccation dans un lieu chaud, ou même sur un bain de sable , et enfin on bouche soigneusement , avec le même lut, les fentes qui ont pu se former, â* On fait avec le lut une pâte tenace, ductile et b^îen homogène, on l'aplatit de manière à en former une msk^e d'épaisseur et de grandeur convenables pour couvrir la cornue qu'on veut en revêtir ; on enduit celle-ci d'une If gère couche d'argile délayée dans de l'eau, on la place au centre de la oiasae de lut, et
Ton relève ce lui avec les mains sqr les parois de la coroue, contre lesquelles od le presse en tous sens en ayant soin de bien souder les bords entre eux , et Ton fait sécher comme il a été dit ci-dessus. S*il se faisait quelques soufflures, il fai^drait les percer avec une épingle, afin de donner issue à Tair. Lorsque la grandeur de la cornue exige Tapplication de plusieurs morceaux de lut, il faut mettre le plus grand soin à bien réunir ces morceaux ensemble , en interposant entre eux un enduit mince de lut clair. Le lut appliqué par ce second moyen prenant moins de retrait que le lut clair, est moins sujet à se fendre ; mais il est plus difficile de le foire adhérer à la cornue. On rend les luts moins sujets li se fendre en les enduisant d*une couche d*huile après qu'on les a fait sécher. Quelquefois on enveloppe avec une bande de toile grossière ou avec de la Glasse le lut fraîchement appliqué et non desséché, et Ton met par dessus un peu de lot délayé, puis on fait sécher lentement : on évite par ce moyen la formation des gerçures.
Les cornues de verre bien lutécs peuvent supporter un assex grand feu, parce que le verre, quoique fortement ramolli, conserve sa forme à la faveur de l'enveloppe d'argile, et que d*un autre côté celle-ci , quoiqu'en se contractant beaucoup, ne se fend pas^ parce que le verre ramolli cède à la force de contraction.
Cornues d'argile. — Les cornues d'argile se font avec les mêmes matières que les creusets, mais elles doivent remplir une condition essentielle que n'exigent pas ordinairement ceux-ci, c'est d'être absolument imperméables aux gaz : pour cela il &ut que la pâte avec laquelle on les fabrique soit bien serrée, qu'elles aient été chauffées de manière h être ce qu'on appelle cuUe$ en grès^ on bien, si elles sont poreuses, il faut qu'elles soient enduites intérieurement d'un vernis vitreux. Le plus ordinairement on faitusage de cornues cuites en grès : mais ces cornues cassent facilement par les changements brusques de température, ou même pendant qu'on les chauffe, si elles sont touchées dans quelques parties par un corps froid , tel que du charbon noir , par exemple ; on les rend moins fragiles et d'un usage plus commode en les couvrant d'une couche de lut argileux comme les cornues de terre.
On peut rendre les cornues poreuses imperméables aux gaz au moyen de vernis fusibles appliqués extérieurement. n suffit quelquefois pour cela de les humecter avec une dissolution de borax ; mais le plus souvent il est nécessaire de les recouvrir d'une couche de vernis plus épaisse. Les prin-
cipaux Ternis dont on peut se servir sont : (<* un mélange d'environ 9 parties d'argile et 1 partie de borax en poudre; on en fait une pÂte épaisse avec de Teau , et Ton applique cette pâte sur ta cornue, avec une brosse; on fait varier d'ailleurs la proportion relative d'argile et de borax selon le degré de fusibilité que Ton veut donner au vernis ; S® un mélange de I partie de borax et de 2 parties de verre ordinaire réduit en poudre, qu'où humecte avec un peu d'eau. 8" M. Willis dissout une partie de borax dans 16 parties d'eau bouillante, et ajoute à la dissolution autant de chaux vive qu'il est nécessaire pour faire une pÂte liquide ; il étend cette pÂte sur la cornue avec une brosse, et lorsqu'elle est sèche, il applique par dessus une couche de chaux délayée dans de l'huile, en battant le mélange jusqu'à ce qu'il soit devenu plastique. Quel que soit, au surplus, le vernis que l'un emploie, il ne rend ia cornue imperméable qu'au moment où il entre en pleine fusion ; lors donc qu'on tient à ne pas perdre la plus petite quantité des vapeurs qui doivent se produire dans Tessai^ il faut préalableiuenl chauffer la cornue qui doit servir, à une chaleur suffisante pour fondre le vernis, la laisser refroidir avec précaution, et ne l'employer que si la couche vitreuse qui la recouvre alors ne présente aucune solution de continuité.
Les cornuf*s de porcelaine sont garnies intérieurement d'un vernis vitreux fait avec du pétunzé : elles sont parfaitement imperméables, et peuvent supporter une chaleur très^forte ; mais il faut les chauffer graduellement et avec grande précaution , surtout au commencement de l'opération , pour éviter qu'elles ne se fêlent. Si elles n'étaient pas vernissées , elles seraient capables de contenir les matières fondues et même l'eau ; mais elles seraient traversées par les gaz et par les vapeurs.
On fabrique ordinairement les cornues d'argile, dont le col est court , en les façonnant à la main et en les évidant avec un crochet en fer; aussi leur intérieur est-il inégal et souvent raboteux. Les cornues de porcelaine se font au moule et se composent de deux pièces, qu'on juxta-pose ensuite , avec le plus grand soin , l'une contre l'antre dans le sens de l'axe, et pendant qu'elles sont encore molles (Fig. S). Quelque précaution que l'on prenne , il arrive assez fréquemment que la soudure de ces deux pièces ne s'effectue pas exactement , et que celles-ci se séparent , du moins en partie , par l'action de la chaleur. M. Beaufay a imaginé un mode de fabrication des cornues qui est exempt de cet inconvénient, et qui présente néanmoins tous les avantages
DISTILLATlOiT. 115
du moulage. Il consiste à faire avec uoe toile serrée , mais flexible^ un sac qui, étant enflé, prenne eiactement la Forme que l'on veut donner intérieurement à la cornue; à remplir ce sac de sable , à le nouer fortement à son orifice , et à s'en servir comme d'un moule sur lequel on applique la pâte argileuse. Quand l'argile a acquis par la dessiccation assez de consistance pour qu^elle ne puisse plus se déformer par la pression , on fnît sortir le sable , et on peut retirer le sac de toile sans difficulté , si Ton a eu la précaution de le saupoudrer , avant de sVn servir , avec un peu d*argile pulvérisée ou avec du charbon. Le même sac peut servir pour fabriquer un grand nombre de cornues.
En introduisant dans la cornue la matière que Ton doit soumettre à un essai, il faut faire en sorte qu*i) ne s'en attache pas quelque portion dans le col , surtout si les vapeurs doivent se condenser dans cette partie, parce que, dans ce cas , la matière recueillie ne serait pas pure. Pour cela , toutes les fois qu'on le peut , on emploie la substance en petits morceaux , ou du moins en poudre grossière débarrassée , par le tamisage, de la poudre fine qui pourrait rester adhérente aux parois du col. Quand la substance est en pondre fine ou quand elle est liquide , on l'introduit dans ta panse de la cornue au moyen d'un entonnoir dont la tige est assez longue pour qu'elle puisse pénétrer jusqu'au fond de la cornue (Fig. 4).
Il y a des cornues de verre dont le dôme est muni d'une tubulure (Fig. IS} , qui sonttrès>commodes pour introduire la matière à essayer sans salir le col. On pourrait adapter de pareilles tubulures à des cornues d'argile et de porcelaine, mais on D*a pas encore imaginé de le fiaire. On ferme ces tubulures avec des bouchons de liège ou avec des bouchons de verre usés à l'émeril , et on garnit la jointure avec un lut solide.
Cornues de mêlai, — Les cornues de métal sont en plomb, en fonte ou en platine. Elles sont faites de deux pièces qui 8*emboltent exactement l'une dans l'autre (Fig. 6) : on garnit la jointure avec de l'argile lorsqu'on veut s'en servir. Les cornues de fonte servent pour distiller les minerais de mercure ; cependant on en fait rarement usage dans les essais.
Opération, — Pour faire les dietillalions et les sublimations^ on chauffe les cornues dons des fours à réverbère (Fig« 7), en lesplaçantsoilsurun fromage, soit dans un creu< set aux trois quarts rempli de sable, soit sur des barres de fer qui traversent le fourneau : ce dernitT moyen de sup-
porter les cornues ne peut pas èlre employé quand Topération nécessite une chaleur forte et soutenue pendant longtemps I parce que Toxide de fer qui se forme sans cesse à la surface des barres réagit sur la matière de la cornue , la fait fondre , et finit par la corroder entièrement.
Pour qu'une distillation ou une sublimation s'efiectue le plus promptement possible et avec la moindre dépense de combustible , on conçoit qu*il est nécessaire que chaque molécule, une fois vaporisée, soit conduite dans l'espace où elle doit se condenser, pour être recueillie, et qu*elle ne puisse pas retomber dans la panse. Pour que cette condition soit remplie , il faut que le d6me se trouve échauffé a une température au moins égale à celle à laquelle les vapeurs se constituent : s'il en était autremeut , les vapeurs qui toucheraient les parois du d6me , et même une partie de celles qui rempliraient la cornue, se condenseraient et retomberaient dans la panse pour se vaporiser de nouveau ; en sorte qu'une assez^grande partie de la matière se vaporiserait et se condenserait ainsi alternativement un grand nombre de fois , sans utilité , avant de passer dans le col et dans le récipient. On observe aisément cet effet lorsqu'on distille un liquide , en ne le chauffant que par dessous ; on voit la cornue se remplir d'une pluie une , et les gouttes qui proviennent de la condensation de la vapeur ruisseler sur les parois du dôme, et retomber dans le bain. Dans les opérations qui se font à une température élevée, on chauffe la cornue par dessous et par dessus » ou plutôt on l'enveloppe de toutes paris de combustible enflammé ; en sorte que le dôme se trouve à une température très-peu différente de celle de la panse ; mais dans les opérations qui n'exigent qu'une faible chaleur , comme dans la plupart des distillations , on ne chauffe ordinairement que par de»' sous : dans ce cas , pour maintenir le dôme à la température la plus élevée possible , il faut munir le fourneau de son laboratoire complet. Quand on chauffe une cornue par dessous , on peut ou la placer à nu à quelque distance au dessus du feu, ou l'enfoncer dans un bain de sable : elle s'échauffe beaucoup plus vite par le premier moyen , mais elle s'échauffe plus uniformément dans le bain de sable, et cela présente souvent de grands avantages ; nous n'en* trerons dans aucun détail à cet égard , parce que ce que nous aurions à dire ne s'appliquerait qu'aux distillations des liquides, qu'on n'a presque jamais occasion de pratiquer dans les essais par la voie sèche. Lescornues.de verre non lutées, que Ton ne pourrait pas mettre au milieu des char-
bons sans risquer de les fondre ou de les casser , peuvent être ehauf!ëes a la fois en dessous et en dessus^ en plaçant du charbon allumé sur une grille placée presque immédiatement sur le dôme (Fig. 8) : on peut même les chauffer â la moitié de leur hauteur, ou à peu près au niveau delà surface de la matière qu'elles contiennent , en plaçant à cette hauteur une grille que la cornue traverse , et sur laquelle on met du combustible : la distillation marche trèsvite de cette manière , et souvent même il y a avantage à porter principalement le feu sur le pourtour, et à ne chauffer que très-modérément par dessous. Dans tous les cas , il faut avoir grande attention de faire en sorte qu'aucun charbon ne touche à la cornue.
CondeHëOtion deê vapeurs. ^ La condensation des vapeurs qui résultent d*une distillation ou d*nne sublimation a souvent lieu complètement dans le col de la cornue , quand ce col est suffisamment long, et quand on n'opère pas sur de grandes quantités. Si la matière condensée est solide, elle se dépose sur les parois du col, sous forme d'une poudre ou de grains cristallins ; si elle est liquide , elle se répand en gouttelettes qui se réunissent peu à peu , et ruissellent vers la partie inférieure du col ; et si le liquide condensé est en quantité un peu grande, il finit par s'écou* 1er par le bec : dans ce cas on peut le retenir dans le col en courbant un peu celui-ci vers son extrémité (Fig. 9).
Quand l'opération est terminée , on sépare de la cornue toute la partie du col dans laquelle les vapeurs se sont condensées , et Ton en détache la matière , ou bien on pèse cette partie avant et après en avoir enlevé la matière pour avoir le poids de celle-ci par différence. Lorque Ton peut craindre que quelques vapeurs ne sortent de la cornue et ne se perdent, on adapte au col une allonge (Fig. 10) dans laquelle elles se condensent.
Quand pour condenser les vapeurs il est nécessaire de les refroidir beaucoup , on les reçoit dans un récipient que l'on entretient constamment à une température suffisamment basse. On emploie pour récipients des tubes , des ballons (Fig. 11), des fioles à médecine , etc. Tantêt on met dans le récipient de l'eau qui par son contact condens e la vapeur ; tantôt on refroidit le récipient à l'extérieur. On se contente souvent d'introduire le col de la cornue dans le récipient ; cependant il est quelquefois nécessaire de garnir les jointures avec un lut , afin qu'il ne se perde pas la plus petite quantité de vapeur ; mais il faut toujours laisser au récipient une issue par laquelle l'air dilaté et lesgazper-
mnnents puiâsenl s*échap|ier, en adaptant a cette itsiie un tube druit en verre long et étroit dans lequel se condensent les drroicres Inces de vapeur que les gaz pourraient entrai* ner (Fig. 11). D*autres fois on dispose Tappareil comme dans la fig. 12 : le coi du ballon tubulë est situé en dessous et plonge dans un vase qui contient un peu d*eaa ; les gaz dilatés par la chaleur s*échappent en surmontant la pression de l'eau , et quand il y a raréfaction , lair rentre après avoir fait monter le liquide dans le récipient.
§ 2. •— Moyeni de recueillir lei gaz.
Dans les opérations de distillation et de sublimation il se produit quelquefois des gaz permanents en même temps que des vapeurs condensables , par exemple dans la distilla» lion des matières combustibles : on recueille ces gaz en les faisant passer, è Ta i de de tubes en verre recourbés, dans des cloches ou des flacons placés sur une cuve pneumatique (PI. IV, Fig. 1 ,2 et S). La meilleure manière de disposer Tappareil est celle qui a été employée par MM. Gay-Lussac el Liebig, et qui est représentée dans la Fig. 4, PI. IV. C'est une cloche à pied, a 6, dans laquelle sont mastiqués Ton en a et Tautre en 6, deux anneaux ou collets ouverts en liége^ destinés à diriger la petite cloche graduée <;, dans ses mouverfkents. Le tube d, qui doit conduire les gaz dans la cloche graduée , a deux branches verticales parallèles, dont Tascendante touche presque le sommet de la cloche graduée lorsquelle est au plus bas de sa course , et dont l'autre passe en dehors de la cloche graduée , entre les deux ouvertures des anneaux de liège (Fig. A), La cloche à pied étant remplie de mercure , et la branche ascendante du tube conducteur engagée dans la cloche graduée , on enfonce celle-ci dans le mercure^ et Tair s'échappe à me* sure par le tube conducteur. On fixe la cloche dans sa nouvelle position , en appliquant sur son sommet, au moyen d'un bouchon de liège fixé dans une main de bois 4, glissant le long d'une tige verticale t , sur loquelle elle peut être arrêtée en un endroit quelconque par une vis de pression A. On soutient le tube conducteur, quand cela est néces* saire, entre les deux mâchoires du support en bois/,qui se rapprochent au moyen d'une vis^ et b*écartent par leur propre ressort. On met exactement le mercure de la cloche graduée de niveau avec celui qui forme le bain , et l'on note le volume qu'occupe l'air dans la cloche graduée, ainsi que la température à laquelle il se trouve. Les gaz qui se
lUTS. 119
dégagent dëprimenl le mercure dans la cloche graduée; mais ,eD faisant glisser convenablement la main de bois le long de sa tige , on maintient à peu près le mercure a son niveau primitif, en ajoutant toutefois du mercure pour remplir Tespace que laisse la cloche en sortant du bain, et on observe la température. Il est clair que le volume d'air contenu dans la cloche graduée après Topération , moins celui qui y était contenu avant, représente exactement le volume de gaz qui est le résultat de Topération » en supposant que Ton ait fait les corrections de température et de pression barométrique ; mais comme les opérations ne 8i>at jamais très-longues , on a rarement besoin de faire ces corrections.
Lutê. — Il est souvent nécessaire que les diverses parties dont se oompose on appareil distillatoire ou sublimatoiro soient ooies entre elles de telle manière qu'il ne puisse s'échapper aucun gaz par les jointures ; on remplit cette condition en garnissant ces jointures par des luts appropriés. On se sert pour cela de différents luts ; voici les principaux: 1* le luî gras. On le prépare en battant de Targile desséchée, réduite en poudre fine , avec de l'huile de lin siccative , jusqu'à ceqne le mélange fiirmeune pAte ductile. La partie sur laquelle on veut l'appliquer doit être préalablement bien léchée et bien essuyée, afin que l'adhérence soit parfaite.
2* Le ciment romain ou chaux sur-hydraulique. On la conserve en poudre dans des flacons bien bouchés, et on ne l'éteint qu'au moment même où l'on veut s*cn servir.
S' Le plaire gâché avec de l'eau ^ du lait , une dissolution étendue de colle-forte ou de l'eau d'amidon. Ces trois luts peuvent supporter la chaleur rouge sombre. On rend les deux derniers parfaitement imperméables en les enduisant d'huile ou d'un mélange d'huile et de cire.
4** La farine de graine de Un ou la paie iamande. On les pétrit dans un mortier avec de l'eau , 'du lait , de l'eau de chaux, une dissolution de colle-forte^ ou avec de l'empois. Ce lut est bien ductile et parfaitement imperméable; mais il ne supporte pas une chaleur de plus de SOO^*.
9* La chaux vive ou lut d*àne. On ajoute à la chaux la quantité d'eau nécessaire pour In réduire en poudre sèche, on la mélange intimement et rapidement avec un blanc d'œuf délayé dans son volume d'eau , on l'étend immédia< tentent sur des bandes de toile que l'on applique sur les jointures , et on le saupoudre avec de la chaux vive. Au