‹ Traite des etudes. -- (volume 2)Chapitre 18 sur 66 · Respect pour la religion · texte numérisé non relu

Respect pour la religion

fl >;e faut qu'ouvrir les historiens pour voir (jue (;hez les iloir.ains la religion dominait en tout. S'agissait-il d'entreprendre une guerre ou de donner un combat, on consultait les dieux, on implorait leur secours, on employait tous les moyens propres à se les rendre favorables. Avait-on remporté quelque victoire ou quelque avantage, on indiquait aussitôt des actions de grâces publiques, des sacrifices, des jours de fête, et le concours du peuple dans tous les temples était incroyable. A peine Annibal' s'était-il mis en chemin pour retourner en Afrique, qu'à Rome on se reprocha la lenteur avec laquelle on remerciait les dieux d'un bienfait si longtemps attendu et si peu espéré. Leur grand principe était', que la piété envers les dieux était la cause de tous les heureux succès, comme la négligence dans leur culte attirait tous les malheurs. De là vient, dit Polybe^, que les Romains , dans les grandes nécessités, s'appliquent avec tant de soin à se rendre les dieux et les hommes favorables , et que , dans toutes les cérémonies de la religion qu'exigent ces sortes de conjonctures, ils ne trouvent rien de bas ni d'indigne de leur grandeur. Et dans un autre endroit 4 il remarque que ce qui relève infiniment le peuple romain au-dessus de tous les autres peuples , c'est le respect de la religion et la crainte des dieux , qui ailleurs est souvent traitée de petitesse d'esprit et de bassesse. Chez les Grecs, ajoute-t-il , on a beau vouloir lier les mains de ceux qui manient les deniers publics, par mille précautions de signatures, de témoins , de répondants, de surveillants, la mauvaise foi l'emporte toujours ; au lieu que chez les Romains la seule religion du serment conserve les mains pures dans l'administration de sommes infiniment plus considérables, rien n'étaii l plus rareà Rome que d y voirun général ou un gouverneur convaincu de péculat.

' Liv. lib. 30 , n. 21. deos , adversa spernenlibus. ))(Liv,

' « Intuemini horumdeinceps aniiorum n. i>l.) »' I spcuodas res vel adversas, invenielis ■ Polyb. pag. 262.

a<i; .1:1 prospère evenisse setiuentibus 4 Id. p. 4<»S.

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