‹ Traite des etudes. -- (volume 3)Chapitre 35 sur 75 · Discours impie et lettre blasphématoire de Seniiachérib · texte numérisé non relu

Discours impie et lettre blasphématoire de Seniiachérib

Le discours et la lettre de Sennachérib» nous paraissent avec raison impies, insensés, détestables, jans la bouche d'un ver de terre contre la majesté divine. Ce roi , aveuglé par ses heureux succès , dont il ignorait la véritable cause , pensait du Dieu de Juda ce qu'il croyait de. tous les autres dieux , dont la puissance , selon lui , était bornée à certaines régions et à certains effets particuliers , et qu'on ne laissait pas de bien battre, malgré leur divinité. Il ne voyait rien , dans le Dieu d'Israël , qui le distinguât de la foule des dieux vaincus. Son empire était renfermé dans les bornes étroites d'un petit pays , et relégué dans des montagnes ; son nom n était guère connu que parmi les peuples voisins. Ce Dieu avait déjà laissé enlever dix tribus par les rois de Ninive. Il venait de perdre toutes les villes fortes de la tribu de Juda, qui seule lui restait; et toute sa domination , tout son peuple, tous ses adorateurs et toute sa religion étaient réduits à une seule ville sur la terre, sans qu'il parût qu'il eût la pensée ou le pouvoir de la garantir d'une ruine que Sennachérib regardait comme assurée.

Il est beau de voir comment Dieu s'applique à confondre l'orgueil insolent de ce prince, qui se faisait appeler le grand roi, le roi par excellence; qui se considérait comme un conquérant invincible , comme le maître de la terre , comme le vainqueur des hommes et des dieux. Ce prince si fier et si orgueilleux , le Dieu d'Israël le traitera comme une bête féroce, et, en lui mettant un cercle au nez et un mors à la bouche, il le remènera couvert de honte et d'infamie par le même chemin par lequel il était venu plein de gloire et triomphant. Voilà où se termine l'orgueil des hommes.

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