‹ Traite des etudes. -- (volume 3)Chapitre 60 sur 75 · TBOISIÈME CARACTÈRE DES ROMAINS · texte numérisé non relu

TBOISIÈME CARACTÈRE DES ROMAINS

Sagesse des délibérations dans le sénat.

Le troisième caractère est la sagesse du sénat, qui commença sous Romulus à prendre une forme arrêtée et fixe. Le sénat était le conseil public de la nation , toujours subsistant ' ; composé, non de membres arbitraires, mais de personnes tirées des plus considérables familles. Les sénateurs, intéressés par leurs fortunes et par leurs dignités au succès du gouvernement, capables , par la maturité de l'âge et par une longue expérience , de gouverner sagement , tenaient le milieu et la balance entre l'autorité souveraine du prince et la faiblesse du peuple, et fournissaient une foule de magistrats formés au bien et préparés aux plus grands emplois par une excellente éducation , remplis de lumières et de sentiments supérieurs à ceux du vulgaire. On les appelait pères {patres), afin que d'un côté ce nom les fît souvenir qu'ils étaient en place et tenaient un rang distingué

' « Majores nostri , quum regum po- todem, prœsidem, propugnatorem collo- ♦cstafem non tulissent, ita magistratus caveruiit. IIujus ordinis auctoritate uti dnnuos creavernnt, ut concilium senatus magistratus , et qnasi ministres gravisreipublicEe prasponerent sempiternnm : simi concilii esse voluerunt : senatum deligerentur autem in id conciliam ab autemipsumproximorum ordinumsplenuniverso populo, aditusque in illum sum- dore confirmari, plebis libertatem eJ mum ordiaem omnium ciyium industrise commoda tueri atqne augere volueront, • «c virtuti paterct. Seuatum reipub. eus- (Cic. Orat. pro Sext. a. 137. )

i''2ti TiiAlTÉ DÉS ÉtUÛËS.

pour devenir les protecteurs du peuple , dont ils devaient procurer les avantages avec une vigilance , un désintéressement , un zèle de pères-; et que d'un autre côté le peuple fût averti du respect et de l'affection qu'il était obligé de leur témoigner, et de la confiance avec laquelle il devait faire usage de leur conseil, de leur crédit et de leur protection.

Ce sénat fut dans tous les siècles suivants le plus ferme appui, la principale force, la plus grande ressource de l'État, même sous les empereurs. On sait la célèbre parole de Cinéas, que Pyrrhus avait député vers les Romains. Quand il fut de retour, il dit à son maître que le sénat de Rome lui avait paru une assemblée de rois * , tant il y avait reconnu de grandeur et de majesté. Ce n'est point dans les édifices % dit l'empereur Othon à l'occasion d'une émeute où il craignait pour le sénat, ni dans la magnificence extérieure, que consistent la gloire et la durée de l'empire. Tout ce qui n*est que matériel est peu de chose; il peut se détruire et se rétablir, sans que l'essentiel souffre aucun changement. Mais c'est attaquer le fond de l'État et le prince même , que de donner atteinte à l'autorité du sénat.

J'aurailieu de parler encore ailleurs du sénat, lorsque j'examinerai plus en détail la forme du gouvernement établi dans la république romaine.

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