QUATRIÈME CA.EACTÈBE DES ROMAINS
Union étroite de toutes tes parties de l'État.
Le peuple romain n'était d'abord qu'une multitude confuse , formée par l'assemblage tumultueux et fortuit de plusieurs peuples, opposés de caractères et d'intérêts, différents d'inclinations et de professions, pleins de jalousies et d'animosités. Pour faire cesser cette diversité, nuisible à l'affermissement solide de l'État, Romulus commença par distribuer tous les citoyens en tribus et en légions; et ensuite Numa, allant encore plus loin au-devant
• « Qaem qui ex regibas constare nima intercidere ac reparari promiacna
dixit, uaus veram speciem romaal sena- sunt : œteraitas rerum, et pax gentium ,
tus cepit. » (Lrv. lib. 9, n. 17.) et mea cum vestra salus, incolumitate
^ « QuidI vos piilcherrimam hanc ur- senatus firmatur. w ( Tac ///ùL iib. I ,
béni domibus et tectis , et congestu la- cap. 84. ) pidum stare creditis? Muta ista et iua-
TBÀITÉ DES iiTUDES. 421
du mal ', rassembla tous ceux d'un même art et d'un même métier, et les réimit dans une même confrérie , en leur assignant des jours de fêtes et des cérémonies propres, pour leur faire oublier par ces nouveaux liens de religion et de plaisir la diversité de leur ancienne origine.
Mais ce qui contribua le plus à établir une parfaite concorde dans ce peuple naissant fut le droit de patronage établi par Romulus^; parce qu'en unissant par des liens très-étroits et très-sacrés les patriciens avec les plébéiens , les riches avec les pau?res , il semblait ne faire du peuple entier qu'une seule famille. On appelait les premiers patrons ou protecteurs^ et les autres clients. Les patrons étaient engagés par leur nom même à protéger en toute occasion leurs clients , comme un père soutient ses enfants; à les aider de leur conseil, de leur crédit, de leurs soins; à conduire et poursuivre leurs procès, s'ils en avaient; en un mot, à leur rendre toutes sortes de bons offices. Les clients, de leur côté , rendaient toute sorte d'honneurs à leurs patrons, les respectaient comme de seconds pères , contribuaient de leurs biens à marier leurs filles si elles étaient pauvres, à racheter leurs enfants s'ils avaient été pris par l'ennemi , à les faire subsister eux-mêmes s'ils tombaient dans quelque disgrâce. On a déjà remarqué que dans les temps postérieurs ce n'était pas seulement des particuliers, mais des villes et des provinces entières , que l'on mettait sous la protection des grands de Rome.
Cette union des citoyens, comme l'observe Denys d'Halicarnasse, formée ainsi dès le commencement, et cimentée avec soin par Romulus , s'affermit de telle sorte dans la suite, que pendant l'espace de plus de six cents ans , quoique la république fût continuellement agitée parles divisions intestines qui exercèrent si longtemps le peuple et le sénat , jamais on n'en vint jusqu'à prendre les ar-mes et à répandre le sang; mais les disputes, quelque échauffées et violentes qu'elles fussent, se pacifiaient toujours à l'amiable, sur les remontrances qui se faisaient de part et d'autre^, chacun cédant mutuellement de son côté, et relâchant quelque chose de ses droits ou de ses prétentions.
• Plut, in Vita NumiK. ^ IleiôovTeç xal SiSào-xovTSç àXXîV
"* Uionjs. Halicarn. Anliq. rom. lib. 2. Xovc, VM xà [JL£V etXOVTeç, rà 8à Tiap'
422 IHAIÏÉ DES ETUDtb.
CINQUIÈME CARACTÈBE DES BOMAINS.
Amour de la simplicité , de la frugalité , de la pauvreté, du travail, de l'agricidture.
Un des premiers soins de Numa, quand on Teut choisi pour roi, fut d'inspirer à ses nouveaux sujets l'amour du travail , de la simplicité, delà frugalité, de la pauvreté, dont le goût et l'estime ont duré si longtemps parmi les Romains. La manière dont il était monté sur le trône lui donnait droit de recommander fortement toutes ces vertus à ses citoyens.
Numa» était né et faisait sa résidence ordinaire à Cures, principale ville des Sabins, d'où les Romains , unis avec cette nation , s'appelèrent Quirites. Porté naturellement à la vertu , il avait encore cultivé son esprit pari* étude de toutes les sciences dont son siècle était capable, et surtout de la philosophie. Il en mit les règles en pratique dans toute sa conduite. La campagne et la solitude faisaient ses délices. Il s'y occupait à cultiver la terre, et à étudier dans les ouvrages de la nature les merveilles de la puissance divine.
11 jouissait d'un si doux repos, lorsque les ambassadeurs des Romains vinrent lui annoncer que les deux partis qui divisaient Rome s'étaient enfin réunis à le choisir pour leur roi. Cette nouvelle le troubla , mais ne le déconcerta pas. Il leur représenta combien il était dangereux , à un homme qui était heureux et content dans la vie qu'il menait, de passer brusquement à un genre de vie tout opposé. « J'ai été nourri et élevé, leur dit-il, « dans la discipline dure et austère des Sabins; et, hors le temps « que je donne à étudier et à connaître la Divinité, je ne « m'occupe qu'à cultiver la terre et à nourrir des troupeaux. Si a l'on croit voir en moi quelque chose d'estimable, ce sont « toutes qualités qui doivent m'éloigner du trône : l'amour du « repos, une vie retirée et appliquée à l'étude, une extrêine « aversion de la guerre , et une grande passion pour la paix. « Me siérait-il bien , entrant dans une ville qui ne retentit que a du bruit des armes et qui ne respire que les combats , de
éxôvTtov ).a(xêavovT£ç , TïoXmxàç Xuaetç. (Diowvs. Halic. lib. 2. ) ÈTîOlOUVTO ràç TÛV èYxXritl-àTWV 8ia- * Plut, in Vita Numae.
« vouloir enseigner et inspirer le respect des dieux, l'amour « de la justice, la haine des violences et de la guerre, à un peuple « qui semble désirer beaucoup plus un capitaine qu'un roi? »
Le refus de Numa ne servit qu'à redoubler les instances des Romains. Us le prièrent et le conjurèrent de ne pas les lejeter dans une nouvelle sédition, qui aboutirait à une guerre civile , puisqu'il n'y avait que lui seul qui fût au gré des deux partis.
Quand ce* ambassadeurs se furent retirés, son père et Martius son parent n'oublièrent rien pour le porter à accepter le sceptre. « Si vous n'êtes sensible, lui disaient-ils, ni au plaisir d'amasser « de grands biens parce que vous vous contentez de peu , ni à a l'ambition de commander parce que vous jouissez d'une gloire « plus grande et plus réelle, qui est celle de la vertu, considérez « que bien régner c'est rendre à Dieu l'hommage et le culte qui lui « est le plus agréable. C'est Dieu qui vous appelle , ne voulant « pas laisser inutile et oisif le grand fonds de justice qu'il a mis « en vous. INe vous dérobez donc point à la royauté, puisque « c'est à un homme sage le plus vaste champ du monde pour « faire de belles et de grandes actions. C'est là qu'on peut servir « magnifiquement les dieux, et adoucir insensiblement l'esprit des « hommes et les plier sous le joug de la religion , car les sujets « se conforment toujours aux mœurs de leurs princes. Les Ro- « mains ont aimé Tatius , quoiqu'il fût étranger ; et ils ont con- « sacré par des honneurs divins la mémoire de Romulus , qu'ils « adorent. Que sait-on si ce peuple victorieux n'est pas las de « guerres, et si , plein de triomphes et de dépouilles , il ne désire « pas un chef plein de douceur et de justice, qui le gouverne en « paix sous de bonnes lois et sous une bonne police ? Mais quand « il continuerait d'aimer la guerre avec la même fureur, ne vaut- il « pas mieux tourner ailleurs cette fougue en prenant en main « ses rênes , et unir par des nœuds d'amitié et de bienveillance « votre patrie et toute la nation des Sabins avec une ville si - puissante et si florissante ? »
Numa ne put résister à de si fortes et de si sages remontran- ".es , et il se mit en marche. Le sénat et le peuple, pressés d'un vîerveilleux. désir de Je voir sortirent de Ronie , et allèrent au-
devant de lui. L'idée qu'ils avaient conçue depuis longtemps de sa probité s'était l>eaucoup accrue par ce que les ambassadeurs leur avaient rapporté de sa modération ' . Ils comprenaient qu'il fallait qu'il y eût un grand fonds de sagesse dans un homme capable de refuser la royauté , et qui regardait avec indifférence et même '.vec mépris ce que le reste des hommes considère comme le comble de la grandeur et de la félicité humaine.
Nuraa conserva sur le trône les vertus qu'il y avait portées. Au tant que les bienséances de son rang le pouvaient permettre , if vécut avec la simplicité et la modestie qu'il avait choisies dès 1p temps de sa vie privée. On voit en lui un modèle parfait de la royauté. Il tempère la majesté du prince par la modération du philosophe, ou plutôt il la relève par un nouvel éclat, et la rend plus aimable et plus assurée. Content de s'attirer le respect par ses qualités vraiment royales , il bannit le vain appareil de sa grandeur, qui n'impose qu'aux sens , et dont sa vertu n'avait pas besoin. Il est sans faste , sans luxe , sans gardes. Dès le premier jour de son règne il casse la cohorte queRomulus tenait toujours auprès de sa personne, en déclarant qu'il ne voulait ni se délier de ceux qui se fiaient * à lui , ni commander à des hommes qui se défieraient de lui.
Il partage entre les pauvres citoyens les terres conquises, afin de les éloigner de l'injustice par les fruits légitimes de leur travail , et afin de les porter à l'amour de la paix par les soins de l'agriculture, qui en a besoin. Il arrête et il charme leur ardeur trop bouillante pour la guerre , par les douceurs d'une vie tranquille et utilement occupée. Pour les attacher à la culture des terres d'une manière plus intéressante et plus fixe, il les distribue par bourgades , leur donne des inspecteurs et des surveillants, visite souvent lui-même les travaux de la campagne, juge des maîtres par l'ouvrage, élève aux emplois ceux qu'il reconnaît laborieux , appliqués, industrieux, réprimande les négUgents et les paresseux. Et par ces différents moyens, soutenus de son exemple et appuyés par la persuasïv u, il met l'agriculture si fort en honneur, que, dans les siècles suivants , les généraux
' Dionjs. Halicarn. lib. 2. o-JT£ [BaaiXevsiv à-'.crxouvTWV Yj^îo'i
» Oûre Yàp àTriareTv 7ii<7Teuoua-iv, ( Plut. )
d*armées et les premiers magistrats, bien loin de regara er comme au-dessous d'eux les occupations rustiques, faisaient gloire * de cultiver leurs champs de ces mêmes mains victorieuses et triomphantes qui avaient dompté l'ennemi ; et le peuple romain ne rougissait pas de donner le commandement de ses armées et de confier le salut de l'État à ces illustres laboureurs qu'il allait prendre à la charrue, et leur faisait quitter le soin de leurs terres pour prendre celui de l'empire.
Scipion l'Africain ^, après avoir vaincu Annibal, bêchait luiir»ême la terre, selon l'usage des anciens, plantait et greffait ses arbres , et s'occupait des travaux rustiques. Personne n'ignore combien Caton l'ancien , surnommé le Censeur^ s'était appliqué à l'agriculture, dont il nous a même laissé des préceptes. Cicéron^, dans son beau plaidoyer pour Roscius d'Araérie, entre dans une juste indignation contre l'accusateur de sa partie, qui, ayant dégénéré de l'ancien goût, décriait le séjour de Roscius à la campagne, et voulait qu'on le prît comme une preuve de la haine de son père contre lui ; et qui , par le même principe, aurait dû regarder comme un homme dégradé et déshonoré un Attilius , que les députés du peuple romain trouvèrent dans son champ occupé actuellement à semer ses terres. « Nos a ancêtres , dit-il, pensaient bien autrement. Et c'est par une
' « Pluribns monnmentis seriptoram bns rusticis fëssum : exercebat enim admoneor, apud antiques nostros fuisse opère se , terramqae (ut mos fuit priscis) glorise cnram rnsticationis : ex qua Quin- ipsesubigebat. » (Sbn. Ep. 86.) tius Cincianatus , obsessi consulis et exer- ^ (( j^gg ^q^ Eruci, accusator esses ricitus liberator , ab aratro vocatos ad die- diculns , si illis temporibns natus esses , taturam venerit ; ac rnrsns , fascibus qnum ab aratro arcessebantur qui condepositis , quos festinantins Victor reddi- suies fièrent. Etenim qui praeesse agro derat quam snmpserat imperator, ad colendo flagitium putes, profecto illum eosdem juvencos et quatuor jugerum Atlilium, quem sua manu spargentem avitum hECrediolam redierit. Itemque C. semen, qui missi erant, convenerunt , Fabricins et Cnrius Dentatus , aller hominem turpissimum atque inhonestis- Pyrrbo finibus Italiae pulso, domitis alter simum judicares. At hercule majores Sabinis, accepta quae viritim divideban- nostri longe aliter et de illo et de creteris tur captivi agri septera jugera non minus talibus viris existimabaut. Itaque ex mi- Industrie coluerit, qnara fortiter armis nima tenuissimaque republica maximam qnaesierat. Et ne singulos intempestive et llorentissimam nobis reliquerunt. Suo* nuuc persequar , quum tôt alios romani enim agros studiose colebant, non aliegeneris intuear memorabiles duces hoc nos cupide appetebant : quibus rébus et semper duplici studio floruisse, vel de- agris, et urbibus, et nationibus rempufendcndi vel colendi patrios quresitosque blicam, atque hoc imperium , et popuU fines. » (CoLDM. de Re rust. lib. I.) romani noraen auxerunt. w {Orat pro S
2 « In hoc angnlo ille Carthagiuis Bosc. Amer. n. 60.) horror, 5-^cipio, abluebat corpus labori-
f2B TRAITÉ DES ETUDES.
« telle conduite que de faible et de médiocre qu'était notre ré- « publique ils l'ont rendue puissante et si florissante. Ils cul- « tivaient leurs propres terres avec soin, et ne désiraient point « celles d'autrui par le sentiment d'une basse et insatiable ava- « rice ; et par là ils ont enrichi la république et grossi Tempire « romain de tant de terres, de villes et de nations. »
Mais cet amour du travail et de la vie champêtre n'a pas seulement contribué aux conquêtes et à l'agrandissement de l'empire romain ; il a servi aussi à y conserver pendant tant de siècles cette noblesse de sentiments, cette générosité, ce désintéressement, qui ont encore plus illustré le nom romain que toutes les plus fameuses victoires. Car, il faut l'avouer, cette vje innocente de la campagne ^ a une liaison bien étroite avec la sagesse , dont elle est comme la sœur; et l'on peut avec raison la regarder comme une excellente école de simplicité >, de frugalité, de justice, et de toutes les vertus morales.
Numa , élevé dans cette école , inspira le même goût et les mêmes sentiments , non-seulement à ses propres sujets , mais aux villes voisines , comme l'observe Plutarque dans la magnifique description qu'il nous a laissée de son règne. Car le peuple romain n'était pas le seul qui fût adouci et calmé par la justice et l'humeur pacifique de ce bon roi , mais aussi les villes des environs , dans lesquelles, comme si un doux zéphyr eût soufflé du côté de Rome, on aperçut un admirable changement de mœurs, et l'on vit succéder à la fureur de la guerre un ardent désir de vivre en paix , de cultiver la terre, d'élever tranquillement ses enfants, et de servir les dieux en repos. Dans tout le pays ce n'étaient que fêtes, que jeux , sacrifices, festins , et réjouissances de gens qui se visitaient et qui allaient les uns chez les autres, sans aucune crainte , comme si la sagesse de Numa eût été une riche source d'où la vertu et la justice eussent coulé dans l'esprit de tous les peuples , et répandu dans leur cœur la même tranquillité qui régnait dans le sien.
En effet, pendant le règne de Numa on ne vit ni guerre ni esprit de révolte ; et l'ambition de régner ne porta personne à
' « Res rnstica, sine dabitaCione , > a Vita rusfica parcimoniie, diliproxima et quasi consanguinea sapientiae genlise, justitiae luagistra est w (Urut Mi. » (CoLUM. de Re Kust lib I.) i?ro Rose. Amer, n 75.)
conspirer contre lui. Mais , soit que le respect pour son éminente vertu, ou la crainte de la Divinité, qui le protégeait si visiblement , eût désarmé le crime ; soit que le ciel , par une faveur singulière, prît plaisir à préserver cet heureux règne de tout attentat qui pût en souiller la gloire ou en troubler la joie , il a servi de preuve et d'exemple à cette grande vérité que Platon osa prononcer', losgtemps depuis, lorsqu'en parlant du gouvernement il dit : Les villes et les hommes ne seront délivrés de leurs maux que lorsque, par une protection particulière des dieux, la souveraine puissance et la philosophie^ se trouvant réunies dans un même homme y. rendront la vertu victorieuse du vice*. Car le sage n'est pas seulement heureux, mais il rend encore heureux tous ceux qui écoutent les paroles qui sortent de sa bouche. Il n'a presque jamais besoin d'en venir à la force et aux menaces jiour réduire ses sujets, qui, voyant éclater la vertu dans un modèle aussi illustre et aussi exposé aux yeux qu'est la vie de leur prince, se portent naturellement à l'imiter, et à mener comme lui une vie irrépréhensible et heureuse; ce qui est le fruit le plus doux d'un sage gouvernement, comme d'un autre côté la plus solide gloire d'un prince est de pouvoir inspirer à ses sujets une si noble inclination et de les conduire à une vie si parfaite, ce que personne n'a su si bien faire que Numa.
J'ai cru devoir exposer avec quelque étendue les raisons de Nuina pour refuser la couronne , les motifs qui le déterminèrent à l'accepter, les excellentes règles qu'il suivit dans son gouvernement, et la belle description que fait Plutarque des merveilleux effets que produisit sou règne, fondé sur la justice et sur l'amour de la paix. Ce caractère est grand, et presque unique dans l'histoire; et il me semble que le devoir d'un maître est de bien faire sentir à ses disciples des endroits si pleins de beaux sentiments, et si propres à former en même temps et l'esprit et le cœur.
« m. Atqae ille quidem princeps ingenii sent. Hanc conjunctionem videlicet (o
et doc*rinaB Plato, tum deuique fore testatis et sapientiœ saluti censuit civiîa-
hcatas respabljcas putavit , si aut docti tibus esae posse. » ( Cic. ad Quini./ml.
ei sapientes homines eas regere cœpis- lil), I, Fpist. 1.) iciit ; ant , qui regerent , omne suum stu- * Ub. 5 , de lUp. daum ia doctrina ac sn? i uiia colloca»-