‹ Traite des etudes. -- (volume 3)Chapitre 7 sur 75 · Délicatesse dans le choix des causes · texte numérisé non relu

Délicatesse dans le choix des causes

Dès qu'on suppose Torateur homme de bien ', il est clair qu'il ne peut jamais se charger d'une cause qu'il saura être injuste. Il ne doit le secours de sa voix qu'à la justice et à la vérité. Le crime, de quelque éclat et de quelque crédit qu'il soit revêtu, n'y a aucun droit. Son éloquence est un asile , mais pour la vertu. C'est un port salutaire ouvert à tous, mais non aux pirates.

Il faut donc , avant que de faire la fonction d'avocat , qu'il fasse celle déjuge ^ : qu'il s'érige dans son cabinet comme un tribunal domestique, où il pèse et examine, avec soin et sans prévention, les raisons de ses parties , et où il prononce sévèrement contre elles s'il est besoin.

Si même ^ , dans le cours de l'affaire, il vient à découvrir, par une discussion plus exacte des pièces , que la cause dont il s'était chargé , la croyant bonne , est injuste , il doit en avertir sa partie , ne la pas abuser plus longtemps par de vaines espérances, et lui conseiller de ne pas poursuivre davantage un procès dont le gain même lui deviendrait très-funeste. Si elle se rend à ses avis , il lui aura rendu un grand service. Si elle les méprise, dès là elle est indigne que Tavocat emploie pour elle son ministère.

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