‹ Traité des études (volume 5)Chapitre 35 sur 68 · C'est une belle déCaition de< lois · texte numérisé non relu

C'est une belle déCaition de< lois

Pœnn mrtu»quc aberant, nec veiba mi- ''*'*'• ^inaniia.

210 TBAITE DES ETUDES.

commandé avec tant de soin la bonne éducation de la jeunesse et l'aient regardée comme le moyen le plus siir de rendre un en pire stable et florissant. Leur maxime capitale était ' , que les ei fants appartiennent plus à la république qu'à leurs parents; ■ qu'ainsi ce n'est point au caprice de ceux-ci qu'il faut abandonn( leur éducation , mais que la république doit se charger de ( soin; que par cette raison les enfants doivent être élevés, no en particulier et dans la maison paternelle , mais en public , pj des maîtres communs et sous une même discipline, afin qu'a leur inspire de bonne heure l'amour de la patrie, le respect poi les lois du pays, le goût des principes et des maxim.es de l'Ét. dans lequel ils ont à vivre. Car chaque espèce de gouvernemei a son génie particulier. Autre est l'esprit et le caractère d'un éu républicain, autre celui d'un État monarchique. Or c'est par l\ ducation qu'on prend cet esprit et ce caractère.

C'est en conséquence des principes que j'ai établis jusqu'ic que Lycurgue , Platon , Aristote, en un mot tous ceux qui noi ont laissé des règles du gouvernement, déclarent que le prii cipal et le plus essentiel devoir d'un magistrat , d'un ministn ; d'un législateur , d'un prince , est de veiller à la bonne éducatioi premièrement de leurs propres enfants, qui souvent succèdent leur place, et ensuite des citoyens en général, qui forment corps de la république; et ils remarquent que tout le désord: . des États ne vient que de la négligence de ce double devoir.

Platon ' en cite un illustre exemple dans la personne du prini le plus accompli dont parle l'histoire ancienne : c'est le famei Cyrus. Aucune des qualités qui font les grands hommes ne 1 manquait, excepté celle dont il s'agit ici. Occupé de ses conquête il abandonna aux femmes ^ le soin de l'éducation de ses enfant; Ces jeunes princes furent donc élevés , non selon la disciplij dure et austère des Perses , qui avait si bien réussi par rapport Cyrus leur père , mais à la manière des ]\Ièdes, c'est-à-dire dai le luxe , la mollesse et les délices. Personne n'osait les contredi en rien. Leurs oreilles n'étaient ouvertes qu'aux louanges et ai flatteries. Tout fléchissait le genou et était rampant devant eu)

• Arist. Polit, lib. S , c. 1. ^ hn femme de Cyrus était fllic du i j.

' Plat. I. 3, de Leg. [p. 694-69G ] des Mèdes.

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'on croyait qu'il était de leur grandeur de mettre une distance nie entre eux et le reste des hommes , comme s'ils eussent été le autre espèce qu'eux. Une telle éducation , dont toute reatraace et toute réprimande étaient sévèrement écartées ' , , dit Platon , le succès qu'on en devait attendre. Les deux ices , aussitôt après la mort de Cyrus ^ , armèrent leurs mains

contre l'autre, ne pouvant souffrir ni supérieur ni égal; et ibyse , devenu le maître absolu par la mort de son frère , s'adouua comme un insensé et un furieux à toutes sortes d'excès , lit l'empire des Perses à deux doigts de sa perte. Cyrus lui t laissé une vaste étendue de provinces , des revenus imises, des armées innombrables ; mais tout cela tourna à sa le , faute d'un autre bien infiniment plus estimable qu'il néea de lui laisser, je veux dire une bonne éducation, ette remarque judicieuse de Platon à l'égard de Cyrus m'a-

entièrement échappé en lisant son histoire dans Xcnophon, n'avais pas fait réflexion qu'effectivement cet historien ie un profond silence sur l'éducation des enfants de ce prince , ieu qu'il décrit fort au long l'excellente manière dont les jeu- Perses étaient élevés , et dont Cyrus lui-même l'avait été. Il a point de faute plus capitale pour un. prince, hiiippe, roi de Macédoine , se conduisit d'une manière bien îrente^. Dès qu'il fut devenu père ( c'était au milieu de ses jucles, et dans le temps de ses plus grands exploits), il vît à Aristote la lettre qui suit : Je vous donne avis qu'il •it lié unfds. Je ne remercie pas tant les dieux de sa nais- ;e , que du bonheur qu'il a d'être venu au monde jjendaiit ' y a un Aristote sur la terre. Car j'espère qu'élevé de votre n et par vos soins, il deviendra digne de la gloire de son ? et de l'empire que je lui laisserai. Voilà parler et penser en id prince, qui connaît l'importance d'une bonne éducation. ;andre eut les mêmes sentiments. Un historien remarque

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