Alors les Romains animent leur point un combat
guerrier par des cris , tels que le mou- 10. « Horace triomphant déjà par
vement subit d'une joie inespérée en fait avance: J'ai immolé , dit-il , les deux
pousser, et lui de son côté se hâte de premiers aux mânes de mes frères; j'im-
mcttre fin au second combat. Avant donc molerai le troisième à ma patrie , afin
que l'autre, qui n'était pas fort éloigné, que Rome devienne maîtresse d'Albe,
eût pu l'atteindra , il couche son ennemi et lui fasse la loi. A peine Curiace pou-
par terre. » vait-il soutenir ses armes ; il lui enfonce
9 « Il ne restait plus de chaque côté son épée dans la gorge , et ensuite le
qu'un combattant; mais si le nombre dépouille. »
TBAITE DES ETUDES. 445
11. Romani ovantes ac gratulantes Horatîum accipiunt, eo majore cum gaudîo, quo prope metum resfuerat.
12. Ad sepulturam Inde suorum nequaquam paribus anîmis vertuntur : quippe imper io alteri aucti, alteri ditionis alîenm factî.
Je ne sais s'il y a rien de plus capable de former le goût des jeunes gens, et pour la lecture des auteurs et pour la composition , que de leur proposer de pareils endroits , et de les accoutumer à en décomTir eux-mêmes toute la beauté , en les dépouillant de leurs ornements, et les réduisant, comme nous avons fait ici, à des propositions simples. On leur apprend par là comment il faut trouver des pensées , et comment il les faut exprimer.
J'ajouterai ici plusieurs réflexions du P. Bouhours, accompagnées la plupartd'exemples latins et français , et qui sont tirées de son livre sur la manière de bien penser.
Différentes réflexions sur les vensées.
I. La vérité est la première qualité et comme le fondement des pensées. Les plus belles sont vicieuses, c=i plutôt celles qui passent pour belles et qui semblent l'être ne le ont pas en effet , si ce fonds leur manque. Page 9.
I^es pensées sont les images des choses , comme les paroles sont les images des pensées : et penser, à parler en général , c'est former en soi la peinture d'un objet ou spirituel ou sensible. Or les images et les peintures ne sont véritables qu'autant qu'elles sont ressemblantes. Ainsi une pensée est vraie lorsqu'elle représente les choses fidèlement , et elle est fausse quand elle les fait voir autrement qu'elles ne sont en elles-mêmes. Même page.
La vérité , qui est indivisible ailleurs , ne l'est pas m. Les pensées sont plus ou moins ^aies , selon qu'elles sont plus ou moins conformas à leur objet. La conformité entière fait ce que nous appelons la justesse de la pensée. C'est-à-dire que, comme
II. K Les Romains reçoivent Horace à ensevelir les siens, mais avec des disdans leur camp avec une joie et une positions bien différentes ; les Romains reconnaissance d'autant plus vives, étant devenus maîtres de leurs ennemis , qu'ils avaient été plus près du danger. » et les Albains se voyant soumis à une