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Après cela, chaque parti songe domination étrangère

les habits sont justes quand ils viennent bien au corps et qu'ils sont tout à fait proportionnés à la personne qui les porte , les pensées sont justes aussi quand elles conviennent parfaitement aux choses qu'elles représentent : de sorte qu'une pensée juste est, à parler proprement, une pensée vraie de tous les côtés et dans tous les jours qu'on la regarde. Page 41.

Nous en avons un bel exemple dans l'épigramme latine sur Didon , qui a été traduite si heureusement en notre langue. Pour la bien entendre il faut supposer ce que raconte l'histoire, que Didon se sauva en Afrique avec toutes ses richesses après que Sichée eut été tué ; et ce que feint la poésie , qu'elle se tua ellemême après qu'Énée l'eut quittée.

Infelix Dido ! nulli bene nupta marito : Hoc percunte , fugis ; hoc fugiente, péris ^

Pauvre Didon , où t'a réduite De tes maris le triste sort !

L'un , en mourant , cause ta fuite ; L'autre, enfuyant, cause ta mort.

Il ne faut pourtant pas s'imaginer que ces retours si justes soient essentiels à la justesse. Elle ne demande pas toujours tant de symétrie ni tant de jeu : il suffit que la pensée soit vraie dans toute son étendue , et que rien ne s'y démente , de quelque côté qu'on la prenne. Pages 41 , 42.

Plutarque , qui était un esprit solide , condamne la pensée fameuse d'un historien sur l'incendie du temple d'Éphèse : Qu'il ne fallait pas s'étonner que ce temple magnifique consacré à Diane eût été brûlé la nuit même qu'Alexandre vint au monde; parce que la déesse, ayant voulu assister aux couches ŒOlympias , fut si occupée qu'elle ne put éteindre le feu. 11 est surprenant queCicéron trouve cette pensée jolie * , lui qui pense et juge toujours sainement. Mais il est encore plus surprenant que Plutarque , ce censeur si austère , ait oublié sa sévérité en

• Aoson. ^ junxit , Minime id esse mirandum , quod

^' « Coacinne , ut malta , Timaeus ; Diana , quum in parta Olympiadis adesse

qui quum in historia dixisset , qua nocte voluisset, abfuisset domo. » ( De Nat.

natus Alexander esset , eadem Dianse Deor. 1. 2 , n. 69. )

Ephesiae templum deflagravisse : ad-

njoutant que la réflexion de l'historien est si froide , qu'elle suffisait pour éteindre l'incendie. Pages 49 et 50.

Quintilien se moque avec raison de quelques orateurs qui disaient, comme quelque chose de beau, que les grands fleuves étaient navigables à leur source , et que les bons arbres portaient du fruit en naissant. (Ces comparaisons peuvent éblouir d'abord* , et elles étaient fort vantées du temps de Quintilien : mais quand on les examine de près, on en reconnaît le faux.) Page!"!.

IL Pour penser bien , il ne suffit pas que les pensées n'aient rien de faux : les pensées , à force d'être vraies , sont quelquefois triviales ; et pour ce sujet Cicéron louant celles de Crassus , après avoir dit qu'elles sont si saines et si vraies , ajoute qu'elles sont si nouvelles et si peu communes : Sententix Crassi tam intégras, tam verœ, tam woi?«'. C'est-à-dire que, outre la vérité qui contente toujours l'esprit, il faut quelque chose qui le frappe et qui le surprenne.... La vérité est à la pensée ce que les fondements sont aux édifices ; elle la soutient et la rend solide. Mais un bâtiment qui ne serait que solide n'aurait pas de quoi plaire à ceux qui se connaissent en architecture : outre la solidité on veut de la grandeur, de l'agrément , et même de la délicatesse, dans les maisons bien bâties; et c'est aussi ce que je voudrais dans les pensées dont nous parlons. La vérité , qui plaît tant ailleurs sans nul ornement , en demande ici ; et cet ornement n'est quelquefois qu'un tour nouveau qu'on donne aux choses. Les exemples vous feront comprendre ce que je veux dire.

La mort n'épargne personne. Voilà une pensée fort vraie ; mais c'est une pensée bien simple et bien commune. Pour la relever et la rendre nouvelle en quelque façon, il n'y a qu'à la tourner de la manière qu'Horace et Malherbe l'ont fait. Le premier la tourne ainsi , conime vous savez :

Pallida Mors œquo puisât pede Pauperurn tabernas ,

* <e Qaonim atrnmqne in iis est, qnae planta eumfrwtu est. » ( QiriNTiL. lib-

me juvene ubique cantari solebant : 8 , cap. 4. )

Maçnorum fluminjim navigabiles fontes 2 De Orat. 1. 2 , n. 188. tuni i et , Generosioris arboris staiim

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Regumque turres.

Carm. lib. i , od. 4.

« La Mort renverse également les palais des rois et les cabanes « des pauvres. » Le second prend un autre tour :

Le pauvre , en sa cabane où le chaume le couvre,

Est sujet à ses lois ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre

N'en défend pas nos rois.

Le tour du poëte latin est figuré et plus vif; celui du poète français est plus naturel et plus fin : il y a de la noblesse dans l'un et dans l'autre. Pages 75 , 78 , 79.

1. (Ce qui relève surtout un discours), ce sont' les pensées qui ont de l'élévation, et qui ne présentent à l'esprit que de grandes choses. La sublimité, la grandeur dans une pensée est justement ce qui emporte et ce qui ravit, pourvu que la pensée convienne au sujet : car c'est une règle générale , qu'il faut penser selon la matière qu'on traite; et rien n'est moins raisonnable que d'avoir des pensées sublimes dans un petit sujet qui n'en demande que de médiocres». Il vaudrait presque mieux n'en avoir que de médiocres dans un grand sujet qui en demanderait de sublimes. Page 80.

Fous n'avez reçu ^ rien déplus grand de la fortune que le pouvoir de conserver la vie à une infinité de personnes, ni rien de meilleur de la nature que la volonté de le faire. C'est à César que parle ainsi l'orateur romain; et voici comme un historien parle de ce dernier : // n'a dû son élévation qu'à lui-même^, et son grand génie a empêché que les nations vaincues n'eussent par V esprit autant d'avantage sur les Romains que les Romains en avaient sur elles par la valeur. Mais le vieux Sénèque dit quelque chose de plus magnifique, en disant.

' « Non ad persnasionem , sed ad jus quam ut possis , nec natara tua me-

stuporem rapiunt grandia. » ( Lomq. lius quam ut yelis conserrare quam plu-

de Sxiblimi, sect. I. ) rimos. » (Cic. in Orat. pro Llg. n. 38. >

2 « A sermone tenui sublime discor- ♦ « Omnia incrementa sua sibi debuit : dat, fitque corruptum , quia in piano vir ingenio maximus, qui effecit ne, tumet. » ( QuiNTiL. lib. 8, c. 3. ) quorum arma viceramus, eorum ingenio^

3 « Nibil habet nec fortuna tua ma- vinceremur. » ( V»ll. l»AXBac. lib- 2. ,

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que Cicéron^ est le seul esprit qu'ait eu le peuple romain égal à son empire. Pages 83 et 84.

Cicéron parle bien noblement de César > en disant qu'il n'était pas nécessaire d'opposer les Alpes aux Gaulois , ni le RhiD ^ux Allemands : que quand les montagnes les plus hautes seraient aplanies , quand les fleuves les plus profonds seraient à sec, l'Italie n'aurait rien à craindre ; et que les belles actions , les victoires de César , la défendraient beaucoup mieux que les remparts dont la nature l'a fortifiée elle-même. Page 87.

Pompée ayant défait Tigrane, roi d'Arménie, ne le souffrit pas longtemps à ses pieds , et lui remit sa couronne sur la tête. // le rétablit ^ en sa première fortune j dit un historien , jugeant quHl était aussi beau défaire des rois que d'en vaincre. Page 88.

L'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, Henriette de France , et celle de la duchesse d'Orléans , Henriette-Anne d'Angleterre (par M. Bossuet) , sont pleines de ces pensées qu'Hermogène nomme majestueuses.

« Son grand cœur a surpassé sa naissance : toute autre place « qu'un trône eût été indigne d'elle. »

« Douce, familière, agréable, autant que ferme et vigoureuse, « elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander « et faire valoir la raison non moins que l'autorité. »

« Malgré les mauvais succès de ses armes infortunées ( c'est a de Charles /*'', roi d'Angleterre , dont parle V auteur)^ si on a « pu le vaincre, on n'a pu le forcer; et comme il n'a jamais re- « fusé ce qui était raisonnable étant vainqueur , il a toujours « rejeté ce qui était faible et injuste étant captif. » Page 105.

Ces sortes de pensées portent la conviction avec elles , entraî- .nent comme par fcïce notre jugement , remuent nos passions , et nous laissent l'aiguillon dans l'âme.

2. Voilà donc une première espèce de pensées qui ne gagnent pas seulement la créance comme vraies, mais qui attirent l'ad-

I « niad ingeniam quod solnm popa- gestis Italiam mnnltam haberemus. »

lus romanus par imperio suo babult. » ( Ctc. Contra Pis. n. 82. )

( Ssw. Controv. lîb. I.) ^ n In pristiuum fortanae habitum

' « Perfecit ille , ut , si montes resedis* restituit , aeque palchrum esse jadicai.!i ,

sent, amnes exaraissent , non naturae et vincere reges, et facere. * ( Vai..

prsesidio, sed Victoria sua rebusque Max. lib. 5 , cap. I.

miration comme nouvelles et extraordinaires. Cellesde la seconde espèce sont les agréables , qui surprennent et qui frappent quelquefois autant que les nobles et les sublimes , mais qui font par Tagrément ce que font les autres par la noblesse et par la sublimité... Les pensées sublimes sont aussi agréables, mais ce n'est pas l'agrément qui en fait le caractère. Elles plaisent parce qu'elles ont du grand qui charme toujours l'esprit; au lieu que celles-ci ne plaisent que parce qu'elles sont agréables. Ce qu'il y a de charmant en elles est , comme en certaines peintures , quelque chose de doux , de tendre et de gracieux. C'est en partie ce molle atquefacetum ' qu'Horace donne à Virgile, et qui ne consiste pas dans ce que nous appelons plaisant, mais dans je ne sais quelle grâce qu'on ne saurait définir en général , et dont il y a plus d'une sorte. Pages 131 et 132.

Les comparaisons tirées des sujets fleuris et délicieux font des pensées agréables , de même que celles qu'on tire des grands sujets font des pensées nobles. « Il me paraît, dit Costar, que « c'est un grand avantage d'être porté au bien sans nulle peine ; « et il me semble que c'est un ruisseau tranquille qui, suivant « sa pente naturelle , coule sans obstacle entre deux rives fleu- « ries. Je trouve, au contraire, que ces gens vertueux par rai- « son , qui font quelquefois de plus belles choses que les autres, <i sont de ces jets d'eau où l'art fait violence à la nature, et qui, « après avoir jailli jusqu'au ciel, s'arrêtent bien souvent par le « moindre obstacle. » C'est encore penser joliment que de dire avec Balzac d'une petite rivière : « Cette belle eau aime tellement « ce pays , qu'elle se divise en mille branches , et fait une in- « finité d'îles et de tours , afin de s'y amuser davantage. « pages 137,138.

Les fictions ingénieuses ne font point un moins bel effet en prose qu'en vers. Ce sont pour l'esprit autant de spectacles divertissants , qui ne manquent point de plaire aux personnes éclairées.... Pline le jeune , exhortant par son exemple Corneille Tacite à étudier jusque dans la chasse , lui dit * que l'exercice du

' Sat. iO, lib. I. que sylvae, etsolilado, ipsumque illud

* M Miram est ut animus agitatione silentium quod venationi datur, magna

motuque corporls excitetur. Jam undi- cogita tionis incitamenta suut... Expe-

TBAITE DES ]éTDDES. 451

corps réveille Fesprit; que les bois , la solitude, le silence même qu'on garde en certaines chasses, aident fort bien à penser; et enfin que, s'il porte toujours avec lui des tablettes, il éprouvera que Minerve n'habite pas moins les forêts et les colUnes que Diane. Ymià une petite fiction en deux mots. Pline avait dit d'abord " qu'à une chasse où Ton prit trois sangliers dans les toiles, il était assis près des toiles mêmes , les tablettes à la main , rêvant et marquant ce qui lui venait de bon en l'esprit , afin que , s'il s'en retournait les mains vides , il rapportât au moins ses tablettes pleines. Cela est pensé joliment; mais il y a encore plus d'agrément en ce qu'il imagine que Minerve est comme Diane hôtesse des bois , qu'on la trouve dans les vallons et sur les montagnes. Pages 139, 140.

L'agrément naît d'ordinaire de l'opposition, surtout dans les pensées doubles qui ont deux sens et comme deux faces : car celte figure , qui semble nier ce qu'elle établit , et qui se contreôït en apparence, est très-élégante. Sophocle dit que les présents des ennemis ne sont pas des présents , et qu'une mère inhumaine n'est pas mère; Sénèque * , qu'une grande fortune est une grande servitude; Tacite 3, qu'on fait quelquefois toutes sortes de bassesses et d'actions serviles pour régner : Horace 4 parle d'une folle sagesse, d'une paresse empressée et d'une concorde discordante. Quelqu'un a dit que les rois sont esclaves sur le trône; que le corps et l'âme sont deux ennemis qui ne se peuvent quitter, et deux amis qui ne se peuvent souffrir. Selon Voiture, le secret pour avoir de la santé et de la gaieté est que le corps soit agité, et que l'esprit se repose. Le même dit, en parlant d'une personne de qualité qui avait de l'esprit infiniment , et avec laquelle il était en commerce : Je ne me trouve jamais si glorieux que quand îe reçois de ses lettres , ni si humble que lorsque j'y veux répondre. Page 146.

rieris non Dianam magis in montibns tuna. » (De Cmsol. ad Pofyb. )

îuam Minervam inerrare. ( Lib. I, ^ „omniaserviliterprodominatione. u

Epist.6.) (^i»Mib. 1. )

' < Ad retia sedebam : erant in 4 InsanientU dum sapientiae

proximo non venabulum ant lancea , sed Consultus erro

Stylus et pugillares. Meditabar aliqiiid ,

enotabamque, ut, si manus vacuas, Strenua nos exercet inertia, . . ,

plenastamencerasreportarem. »(lbid.)

2 « Magna servitus est magna for- ^'=''"'" «:°n<'°fdi«

Cependant il ne faut pas croire qu'une pensée ne puisse être agréable que par des endroits brillants et qui aient du jeu : la seule naïveté en fait quelquefois tout l'agrément. Elle consiste cette naïveté dans je ne sais quel air simple et ingénu , mais spirituel et raisonnable , tel qu'est celui d'un villageois de bon sens , ou d'un enfant qui a de l'esprit. Page 150.

3. Il y a une troisième espèce de pensées , qui avec de l'agrément ont de la délicatesse, ou plutôt dont tout l'agrément, toute la beauté, tout le prix, vient de ce qu'elles sont délicates.... On peut dire qu'une pensée délicate est la plus fine production et comme la fleur de l'esprit.... Il faut, à mon avis , raisonner de la délicatesse des pensées qui entrent dans les ouvrages d'esprit , par rapport à celles des ouvrages naturels. Les plus * délicats sont ceux où la nature prend plaisir à travailler en petit , et dont la matière, presque imperceptible, fait qu'on doute si elle a dessein de montrer ou de cacher son adresse : tel est un insecte parfaitement bien formé, et d'autant plus digne d'admiration qu'il tombe moins sous la vue , selon l'auteur de l'Histoire naturelle. Pages 158 et 160.

Disons , par analogie , qu'une pensée où il y a de la délicatesse a cela de propre , qu'elle est renfermée en peu de paroles , et que le sens qu'elle contient n'est pas. si visible ni si marqué. Il semble d'abord qu'elle le cache en partie , afin qu'on le cherche et qu'on le devine»; ou du moins elle le laisse seulement entrevoir, pour nous donner le plaisir de le découvrir tout à fait quand nous avons de l'esprit : car, comme il faut avoir de bons yeux , et employer même ceux de l'art , je veux dire les lunettes et les microscopes, pour bien voir les chefs-d'œuvre de la nature il n'appartient qu'aux personnes intelligentes et éclairées de pénétrer tout le sens d'une pensée délicate. Ce petit mystère est comme l'âme de la délicatesse des pensées ; en sorte que celles qui n'ont rien de mystérieux ni dans le fond ni dans le tour, et

*^« Rerum natara nusquam magis, ' « Auditoribus grata sunt haec , quae

quam in minimis , tota. m ( Plin. lib. quum intellexerint , acumine suo del*c-

II, cap. 2.) tantar, et gaudent, non quasi audive-

« In arctum coacta rerum naturae rint, sed quasi invcnerint. w ( Quistii..

majestas , multis nuUa sui parte mira- lib. 8 , cap. 2. ) bilior. » ( Idem , 1. 37 , Proœm. )

qui se montrent tout entières à la première vue , ne sont pas délicates proprement , quelque spirituelles qu'elles soient d'ailleurs. D'où Ton peut conclure que la délicatesse ajoute j'e ne sais quoi au sublime et à l'agréable. Des exemples rendront la chose plus claire. Pages 160, 161.

Pline le panégyriste dit à son prince , qui avait refusé longtemps le titre de père de la patrie , et qui ne voulut le recevoir que quand il crut l'avoir mérité : rous êtes le seul » à qui il est arrivé d'être père de la patrie avant que de le devenir. Page

Le fleuve qui rendait l'Egypte fertile par ses inondations réglées ne s'étant point débordé une fois , Trajan envoya des blés en abondance au secours des peuples qui n'avaient pas de quoi vivre. Le Nil^, dit Pline, n'a jamais coulé plus abondamment pour la gloire des Romaitis. Page 163.

Le même auteur dit, sur l'entrée de Trajan dans Rome : Les uns publiaient ^, après vous avoir vu, quCils avaient assez vécu; les autres, qu'ils devaient encore vivre. Page 165.

Il y a beaucoup de délicatesse dans la réflexion de Virgile sur l'imprudence ou la faiblesse d'Orphée , qui , en ramenant sa femme des enfers , la regarda , et la perdit au même moment : Folie pardonnable ^ , à la vérité j si les dieux des en/ers savaient pardonner ! Page 17S,

Il n'y en a pas moins dans la louange que Cicéron donne à César : P^ous avez coutume ^ de n'oublier rien que les injures Page 209.

Outre la délicatesse des pensées qui sont purement ingénieuses, il y en a une qui vient des sentiments , et où l'affection a plus de part que l'intelligence. Je ne vous verrai plus jamais^, dit un poëteau sujet de la mort d'un frère qu'il aimait passionnément, je ne vous verrai plus jamais, mon cher

* « Soli omnium contîgittibi,ntpater Ignoscenda quidem, scirent si igiiosccre patriae esses antequam fleres. » mânes !

2 Nllus iEgypto quidem sœpe, sed C*^'»». Georg. iv, 488.)

gloriae nostrœ nanquam largior fluxit. » ' « Oblivisci nihil soles nisi injurias, m

* « Alii se satis vixisse te viso , te re- ( Qrat pro Ligar. n. 35. )

Mpto; alii nunc magis esse ylvendum 6 Ranquam ego te, vita frater amabilior, praedicabant. » Aspiciamposthac : ac certe semper amabo.;

* Qaum subita Incaatum dementia cepit Catul. )

amantem ,

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frère, vous qui m'étiez plus cher que la vie; mais je vous aimerai toujours. Un autre parle ainsi d'une personne qui lui était extrêmement chère : Dans les lieux » les plus solitaires et les plus déserts, vous êtes pour moi une grande compagnie. Mais rien n'est plus délicat que les plaintes d'une tourterelle qu'on fait parler dans un petit dialogue en vers. Le dialogue est entre un passant et la tourterelle.

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