‹ Traite des etudes. --Chapitre 32 sur 127 · RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS

Il n'est pas possible de ne point remarquer dans ces lettres de Cicéron un tour aisé, simple, naturel, qui est le caractère propre du style épistolaire , et en même temps une finesse et une délicatesse d'expression qui y répand des grâces inimitables. Rien n'y est affecté, tout y coule de source : on s'aperçoit aisément que Cicéron écrivait comme il parlait , c'est-à-dire sans art , sans étude , et sans vouloir faire montre d'esprit. C'est par cette raison qu'on a toujours mis ses lettres beaucoup au-dessus de celles de Pline , qui , pour l'ordinaire , sont trop fleuries et trop travaillées , et qui paraissent moins belles aux bons connaisseurs , parce qu'elles le sont trop.

On voit aussi dans ces lettres de Cicéron de quelle adresse et de quels ménagements on a besoin pour concilier les esprits , et pour prévenir les suites fâcheuses des disputes et des brouilleries, qui sont presque inévitables dans les familles ; et de quel prix est un ami véritable, dans le sein duquel on puisse répandre en sûreté toutes ses peines et toutes ses inquiétudes.

Mais ce n'est pas de quoi il s'agit maintenant : je ne dois exa- 11 iner ici que ce qui a rapport à la manière de traduire. Il m« emble que c'est un exercice fort utile que de faire ainsi de temps

Page 1