‹ Traite des etudes. --Chapitre 66 sur 127 · IV. Épithètes · texte numérisé non relu

IV. Épithètes

Les épithètes contribuent beaucoup à la beauté des vers QuiuUlien remarque que les poètes s'en servent et plus souvent

et plus librement que les orateurs '. Plus souvent, car en prose un discours trop chargé d'épithètes est un grand défaut ; au lieu que dans la poésie elles produisent toujours un bel effet, quoique fort multipliées. Plus librement, car chez les poètes il suffit qu'une épithète convienne au mot auquel elle se rapporte; ainsi on leur passe dentés albi, humida vina » : mais en prose toute épithète qui ne produit aucun effet , et qui n'ajoute rien à la chose dont on parle, est vicieuse. Il faut avouer qu'on trouve quelquefois chez les poètes grecs et latins de ces sortes d'épithètes que la justesse et la délicatesse de la langue française ne pardonneraient point à nos poètes ; mais cela est rare , et ils • nous en dédommagent avantageusement par cette foule de belles épithètes dont leurs vers sont remplis. J'en rapporterai ici quelques-unes , sans garder d'autre ordre que celui des livres de Virgile dont elles sont tirées.

Labitur infelix studiorum , atque immemor herbae Victor equus.

( iEn. 3 , 498. ) Alter erit maculis auro squalentibus ardens , Et rutills clarus squamis : ille horridus alter Desidia , latamque trahens inglorius alvum.

(Ibid. 4,91.) Sed pater omnipotens speluncis abdidit atris , Hoc metuens.

(^n. 1 , 60.) j Ponte nox incubai atra.

( Ibid. 89. )

Ces deux derniers exemples montrent quelle force a Tépithète placée après le substantif.

Ille impiger hausit Spuraantem pateram , et pleno se proluit auro.

(Ibid. 738.) Ardentesque ocirlos suffecti sanguine et igni , Sibila lambebant linguis vibrantibus ora.

- Qoiat 1. 8, cap. 6. ' Mti. 7, 667. Georg. 3, 364

Arma diu senior desueta trementibus sevo Circumdat nequicquam humeris, et inutile ferrum Cingitur.

( .En. 509.) Intenti expectant signuna , exultantiaque haurit Corda pavor pulsans, laudumque arrecta cupido.

(Ibid. 5,137.) Pars ingenti subiere feretro , Triste minlsterium, et subjectam naore parentum Aversi tenuere facem.

(Ibid. 6,222.) Rostroque immanis vultur obunco Immortale jecur tundens , fecuridaque pœnis Viscera, rimaturque epulis, habitatque sub alto Pectore : nec fibris requies datur uUa renatis.

(Ibid. 597.) Ilie ( Il s'agit d'un cerf qu'on avait rendu familier.) Ille manum patiens , mensseque assuetus herili , Errabat silvis : rursusque ad linaina nota Ipse domum sera quamvis se nocte ferebat.

(Ibid. 7,490.) Sed mihi tarda gelu, seclisque effoeta senectus Invidet imperium , serœque ad fortia vires.

(Ibid. 8,608.) Et pontem indignatus Araxes.

(Ibid. 728.) Tela manu jam tara tenera puerilia torsit.

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