‹ Traite des etudes. --Chapitre 77 sur 127 · II. Descriptions · texte numérisé non relu

II. Descriptions

On a dit qu'Homère » était aveugle : cependant sa poésie est plutôt une peinture qu'une poésie , tant il sait peindre au naturei et mettre comme sous les yeux du lecteur les images de tout ce qu'il entreprend de décrire.

1. II n'est pas étonnant que ce poète , qui aaime les choses même insensibles , nous représente les chevaux d'Achille si affligés de la mort de Patrocle. Il les peint , après ce funeste accident, tristement immobiles, la tête penchée vers la terre, laissant traîner leurs crins sur la poussière et versant des larmes en abondance.

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La description que fait Virgile de la douleur d'un cheval est plus courte , et n'en est pas moins vive :

Post bellator equus positis insignibus ^Ëthon It lacrymans , guttisqae humectât grandibus ora.

(JEn. 11,89.)

Peut-on mieux peindre les larmes d'un cheval que par ces derniers mots? Mettez lacrymis à la place de guttis grandibus, l'image disparaît.

2. Le feu de la colère étincelle dans les vers d'Homère aussi bien que dans les yeux d'Agamemnon, dont il décrit l'emportement.

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