CHAPITRE II
INSTRUCTIONS QU'ON PEUT TIBER d'HOMÈRE.
Je réduis à trois articles les instructions auxquelles on doit principalement rendre attentifs les jeunes gens dans la lecture
i J'ai retranché ici quelques mots : dire qu'Heeior est l'unique fils qui lui
dix-neuf d'une même, et les autres de reste, puisqu'il a encore d'autres fils :
diverses femmes. mais c'était le seul qui pût défendre sa
= M. R. P. Knight , dans son édition P«''1« •• "'«"à ce que le poète a voulu
d'Homère, a retranché ce vers et les exprimer dans ce vers :
leux précédents , comme étant une in- Oç Ss (l-Ot oToç ey)v, elpUTO ôè iaVi
;erpolation de quelque rapsode. — L. xat aWTOU;.
^ Ce n'e^t pas le sens. Priam ne peut ( Iliad. 24 , 499. ).— L.
TBAITÉ DES ÉTUDES. 329
d'Homère. Les unes regardent les usages et les coutumes; d'autres les mœurs et la conduite de la vie ; et les dernières ont pour objet la religion et les dieux. Madame Dacier, dans les savantes remarques qui accompagnent la traduction qu'elle nous a donnée de ce poëte, est fort exacte à faire observer au lecteur ces tracas précieuses de l'antiquité. Ses réflexions m'ont été d'un grand secours pour la matière que je traite, et elles peuvent suffire à un maître pour instruire utilement ses disciples. Comme le principal dessein de mon ouvrage , ainsi que je l'ai déjà observé plusieurs fois, est de former le goût de la jeunesse en tout genre, si je le puis , et de la mettre en état de tirer des anciens tout le fruit qu'on en doit attendre, j'ai cru que ce que je donnerais ici sur Homère pourrait servir de modèle aux jeunes maîtres et aux écoliers pour faire des observations semblables dans la lecture de tous les autres auteurs.
ARTICLE PBEMIEB.
Des usages et des coutumes.
Homère remarque qu'Ulysse , dans les voyages qu'il fît chez différents peuples, eut grand soin de .'î'instruire de leurs coutumes et de leurs mœurs:
Qui mores hominum multorum vidit, et urbes. I ( HoR. de Art. poet. )
11 en doit être de même des différentes lectures que l'on fait» et il est bon d'accoutumer de bonne heure les jeunes gens à faire ces sortes d'observations, qui leur apprennent, chemin faisant, mille choses curieuses et agréables. Comme Homère est le plus ancien de tous les écrivains profanes qui soient parvenus jusqu'à nous , il peut beaucoup contribuer à satisfaire cette louable curiosité, qui doit se trouver dans un lecteur intelligent aussi bien que dans un voyageur attentif.