HUMAINE
Tout le globe, excepté l'île de Spitzberg et la Nouvelle Zemble au nord, les îles de Falkland et de Kerguelen au sud, est habité L'homme supporte tous les climats : sur les côtes du Sénégal une chaleur qui fait bouillir l'esprit de vin ; dans la Sibérie un froid qui rend le mercure solide.
L'homme, quoique d'une constitution moins forte que la plupart des animaux, s'acclimate beaucoup plus facilement que ceux-ci. Son corps s'adapte à tous les climats, pourvu qu^il soit soutenu par une volonté ferme et énergique. La nostalgie ou mal du pays est plutôt un mal moral qu'un mal physique.
Population. — Rien n'est plus vague et plus incertain que les évaluations du nombre total des hommes qui peuplent notre globe. Voici les évaluations approximatives :
L'Europe a environ 300 millions.
L'Asie a environ 700 millions.
L'Afrique a environ 100 millions.
L'Amérique a environ 70 millions.
Les Iles océaniques ont environ 30 millions.
Total 1200 millions.
Statistique. — Mortalité. Longévité. Augmentation de la population.
Le terme naturel de la vie de l'homme est l'âge de 80 ans, mais peu d'hommes y parviennent ; le quart des hommes meurt dans la T® année ; deux cinquièmes atteignent la 6^ année ; la moitié tout au plus arrive jusqu'à la gl"*.
La longévité dépend : P du milieu ; un air pur, des plaintes ouvertes et élevées ou des montagnes d'un accès facile y sont favorables ; 2^ de la manière de vivre ; la simplicité et la frugalité dans la nourriture, la tranquillité d'esprit, l'uniformité d'une vie réglée y contribuent puissamment.
Il est rare pourtant que la vie humaine dépasse 150 ans. En Hongrie, on cite au siècle dernier l'exemple d'un homme qui est parvenu à Tàge de 185 ans.
Les villes sont moins favorables à la vie que les campagnes et, règle générale, la mortalité des villes surpasse celle des campagnes ; cependant ce fait s'explique en partie par Taffluence des malades des campagnes dans les hôpitaux des villes.
Les naissances surpassent ordinairement les décès chez les peuples civilisés, tandis que l'on a vu le contraire chez les peuples sauvages, qui se sont successivement éteints, surtout au contact des peuples civilisés, qui leur communiquèrent leurs vices. Ainsi l'eau de vie a amené la destruction de peuplades entières en Amérique et sur les îles océaniennes. La moralité est éminemment favorable à la multiplication de l'espèce humaine, et la polygamie orientale est nuisible à la population.
Voir les traités de Statistique.
L'ETHNOGRAPHIE
DEUXIÈME SECTION
Lliomme considéré comme ôtre moral et politique.
§ I. — Les langues humaines.
Littérature : MuUer (Max) La science du langage (traduit de l'anglais). Paris, 1860. — Nôve (F.), Introduction à V histoire générale des littératures orientales, Louvain, 1845. — Renan, Histoire générale et système comparé des languies sémitiques. Paris, 1855. — Lepsius, Nubische Qrammatik (pour la classification des langues aftncaines). — Humboldt fW.), TJeber die Verschiedenheit des menschlichen Sprachhaus. Berlin, 1836. — Mueller (Fr.), Qrundriss der Sprachentoissenschaft, Vienne, 1876-81.
En considérant Thomme comme être moral et toujours dans ses rapports avec la société, il faut d'abord étudier son langage ; l'homme, en effet, n'est un être raisonnable que par la parole. La question de l'origine du langage est oiseuse pour l'historien. Car le langage primitif n'existe plus, et il est impossible de dire quel était ce langage. Toutes les tentatives de le retrouver ont échoué. Tour à tour on a cru le retrouver dans Thébreu, le -flamand (Goropius Becanus) etc. L'hypothèse de l'hébreu comme langue primitive est fausse, parce que Thébreu lui-même est une
langue dérivée; il appartient à la famille des langues sémitiques. L'hypothèse du développement des langues, qui auraient d'abord été monosyllabiques, sans forme grammaticale, n'est pas moins fausse; chaque langue, quelque imparfaite qu'elle soit, est toujours complète quant à ses éléments essentiels et caractéristiques : elle peut se perfectionner, devenir plus riche et d'une construction plus variée ; mais cette altération ne se fait que par le contact avec d'autres langues, par suite duquel souvent de nouvelles langues se forment.
Un fait est certain, c'est que le genre humain n'a plus une seule langue, mais une foule de langues différentes ; de là, une autre hypothèse, également fausse, que le genre humain n'a jamais eu un langage commun, hypothèse formulée afin de nier l'unité d'origine.
La science comparée des langues est née dans notre siècle. Il y a deux écoles, l'une comparant les mots (école lexique), l'autre la grammaire des difTérentes langues (école grammaticale). Pour être dans le vrai, il faut combiner les deux systèmes. Sur cette comparaison, repose la classification des langues en groupes ou familles. Les principales sont :
1. La &mille indo-européenne : le sanscrit, le persan, l'arménien, le zend, le grec, le latin avec les langues romanes, les langues celtique, germanique et slave;