‹ Traité des études historiquesChapitre 11 sur 55 · La &niille caucasienne : le géorgien et le circassien · texte numérisé non relu

La &niille caucasienne : le géorgien et le circassien

3. La &mill6 sémitique : le syriaque, le chaldéen, l'arabe, l'ancien phénicien, l'hébreu, le ghez en Afrique; quelquesuns y rattachent le copte ou l'ancien égyptien ;

4. La &mill6 touranienne : elle comprend en Europe : le finnois, le magyar, le turc, l'ougrien ; en Asie : le mongol, le tongouse, le coréen, le japonais, et autour des mers polaires le lapon, le samoyède et l'esquimau ;

5"" La fiunille transgangétiqne : le thibetain, le chinois, rindo-chinois (langues monosyllabiques) ;

6° La &mill6 malaise et polynésienne : les langues parlées par les peuples de la presqu'île de Malacca, de Tarchipel indien et de la Polynésie ;

.T"" Les langues africaines et &" les langues amérioaines sont partagées en plusieurs familles, dont la classification n'est pas suffisamment fixée.

La question de savoir s'il y a aussi des affinités entre les langues appartenant à des familles différentes, demeure controversée entre les partisans de la pluralité originelle des langues (Pott, Renan) et les partisans de leur unité originelle (Max Muller, Kaulen).

§ II. — Les institutions politiques.

Littérature : les Politiques d'Aristote. — Montesquieu, L'esprit des lois. — Bluntschli, Théorie générale de VEtat (traduit de Tallemand). Paris, 1877. — Mohl (R. v.), Encyclopaedie der Staatswissenschaften. Tubingue, 1859. — Walter (F.), Naturrecht und Politik. Bonn, 1863.

L'état social est l'état naturel de rbomme, il est donné et existe déjà dans la famille. Tout état social exige l'existence d'un pouvoir, d'une autorité quelconque pour maintenir l'ordre et pour faire respecter les lois qui règlent les rapports des hommes entre eux.

En ce sens, le pouvoir est d'origine divine comme la société. Il n'en est pas de môme des formes de gouvernement, qui sont soumises aux vicissitudes des temps et va* rient avec les besoins mêmes de la société. On en distingue trois formes principales, susceptibles chacune d'une infinité de modifications : ce sont la monarchie, l'aristocratie, la .démocratie.

Â. Les Etats monarcliiques.

L'état social commence avec la famille. Toute Tautorité réside d'abord dans le père de famille. La famille ayant pris de l'accroissement, la première forme monarchique fut la monarchie patriarcale : c'est un chef étendant son autorité sur toutes les familles qui ne sont que des ramifications de la première famille. La famille s'étant développée peu à peu dans la tribu, il en est résulté une sorte de monarchie fédérale, dans laquelle les chefs ou anciens des tribus exercent collectivement l'autorité.

Des nécessités et des difficultés surtout extérieures amenèrent la concentration de l'autorité suprême entre les mains d'un seul, d'abord temporairement, ensuite définiti-

vement, et de là ont pris naissance plusieurs formes de monarchie.

là La monarchie élective et aristocratique : le roi est âo par les anciens chefs des tribus, et ceux-ci forment une noblesse ou aristocratie héréditaire, une classe privilégiée ; on trouve aussi la monarchie élective, mais restreinte à une famille royale ; ainsi chez les peuples du moyen âge.

2* La monarchie héréditaire : le pouvoir se transmet dans une seule famille, noâ par élection, mais en vertu du droit d'hérédité.

Dans ces deux premières formes, l'autorité du chef de l'Etat ou du roi est souvent limitée par Tinfluence et les droits d'une noblesse, d'une classe privilégiée.. Celle-ci exerce conjointement avec le roi, le pouvoir législatif, administratif, etc.

La théocratie ou plutôt la monarchie sacerdotale n'est qu'une forme particulière de la monarchie aristocratique, dans laquelle les fonctions sacerdotales sont accompagnées de droits et de privilèges politiques. La théocratie se combine ordinairement avec le système des castes.

3® La monarchie absolue : toute l'autorité se trouve concentrée entre les mains d'un seul, dont la volonté est la loi suprême. Souvent établie par la violence, à la suite de guerres civiles, la monarchie absolue n'est pas toujours héréditaire ; car la succession au trône dépend de la volonté du prince, pourvu qu'il ait les moyens d'assurer l'exécution de cette volonté après sa mort. Ce régime aboutit souvent au despotisme militaire.

4** La tyrannie (rupavviç), appelée par les Grecs ainsi, se produit dans un Etat démocratique ou aristocratique, lorsqu'un seul s'empare du pouvoir et remplace ainsi le gouvernement exercé par la nation. — La dictature est une monarchie absolue, mais élective et temporaire.

5® La monarchie constitutionnelle : le pouvoir est exercé par un roi et de grands corps issus de la nation par l'élection. On pourrait ici distinguer une monarchie démocratique^ quand ces corps sont tous électifs, et une monarchie

miœte^ quand lun de ces corps est ou héréditaire ou nommé par le roi.

B. Les républiques.

On comprend sous ce nom les deux autres formes du gouvernement : l'aristocratie et la démocratie.

La république aristocratique est celle dans laquelle le gouvernement se trouve entre Iqs mains d'une classe privilégiée. Ces privilèges peuvent être attachés à la naissance ; alors c'est une aristocratie héréditaire, comme à Athènes avant Selon, à Rome avant Servius, etc.; ou à la fortune, et c'est alors une aristocratie d'argent. Cette forme se rapproche de la démocratie quand les membres du gouvernement sont choisis par tout le peuple, mais que ce choix est limité à une classe de personnes, comme à Athènes après Selon, à Rome après Servius.

Dans ce cas, cette forme de gouvernement est d'ordinaire la transition à la république démocratique. Dans celle-ci le pouvoir est exercé par la masse de la nation, qui peut confier le gouvernement soit à un seul (président), soit à plusieurs (directoire). Mais le pouvoir de ces chefs n'est qu'exécutif, et il est toujours limité par un ou plusieurs grands corps électifs, élus par la nation toute entière. Le suffrage universel avec des élections directes est le dernier terme du développement de cette forme gouvernementale.

§ III. — Les religions.

Littérature : Creuzer, SymhoUk und Mythologie der alten Voelher. Leipsig, 1810. — Doellinger, Paganisme et Judaïsme (traduit de Tallemand). Paris, 1860. — Voir aussi les Monographies contenues dans le Muséon de Louvaio (depuis 1882); — dans les Annales du Micsée Guimet, Paris 1880-86; — dans la Revue de Vhistoire des religions, Paris (depuis 1880).

La religion est un* élément nécessaire de la société : sans religion, c'est-à-dire sans la reconnaissance d'êtres supérieurs à rhomme, il n*y a pas de société possible. Car les peines et les récompenses d'une vie future sont la seule sanction de l'ordre social. Il y a des athées, des matérialistes ; mais il n'y a pas de peuples athées ou sans religion ; pas de peuples sans croyances à une vie future.

Â. Religions monothéistes.

Le culte d'un seul Dieu est le plus ancien sur la terre : l'Ecriture sainte et toutes les traditions des peuples de l'antiquité sont d'accord sur ce point. Mais ce monothéisme primitif n'a été conservé que dans le Judaïsme ou la religion de l'Ancien Testament, dans laquelle le dogme d'un seul Dieu a été développé davantage, et le culte du peuple élu réglé en conséquence.

Le monothéisme a reçu son dernier développement dans le Christianisme ou la religion du Nouveau Testament : le dogme d'un seul Dieu, mais en trois Personnes, en est le fondement.

Le Christianisme ne s'est conservé intégral que dans \Eglise catholique. Chez les sectes, point d'autorité, point de fixité dans les dogmes ; de là des divisions sans fin : le luthéranisme ; la religion réformée ; Y Anglicanisme ; de là la dissolution progressive du protestantisme en Angleterre et aux Etats-Unis.

Le monothéisme s*6st encore conservé sous deux formes dégénérées, savoir : le Judaïsme moderne^ dans lequel les doctrines fausses du Talmud sont venues altérer la religion de l'Ancien Testament, et Vislamisme ou la religion de Mahomet, dans laquelle le dogme d*un seul Dieu sert de base à un culte matériel et aux doctrines les plus immorales.

Quand les peuples de l'antiquité abandonnèrent le culte d'un seul Dieu, ils le remplacèrent soit par le panthéisme, soit par le culte de plusieurs divinités ou polythéisme ; tous les deux dégénérèrent enfin en idolâtrie.

B. Religions panthéistes.

Le panthéisme consiste dans la croyance aux incarnations divines soit dans des corps humains soit dans des corps d'animaux. Au panthéisme appartiennent les cultes suivants : '

P Le Brahmanisme des Indes : c'est le culte le plus ancien et qui a immédiatement succédé au monothéisme chez les Indiens. Les incarnations de Brahma, Vishnou et Shiva forment le fondement de ce culte.

2^ Le Bouddhisme^ appelé en Chine la religion de Fo. Il aboutit à l'incarnation de la divinité dans un seul homme, le bouddha vivant ou le Grand-Lama ; elle passe à la mort de l'un dans le corps d'un autre.

3° Le Chamanisme, qui règne chez les peuples tartares, ainsi appelé du nom de leurs prôtres (chamans).

4^ La zoolâtrie de l'ancienne Egypte : elle repose sur Tincarnation de la divinité dans les corps d'animaux, le bœuf Apis, etc.

5® Le Parsisme, religion des anciens Perses, appelé aussi la religion Zend ou le Magisme (de la caste des mages).

Elle admet le dualisme ou la coexistence de deux principes, Ormuzd et Ahriman, l'un bon, l'autre mauvais. Cette religion dégénéra plus tard en ctdte du feu ; le feu fut considéré comme un ôtre sacré. Elle existe encore chez les Guèbres ou Parsis de l'Inde.

Page 1