C. Religions polythéistes
Le polythéisme consiste dans une déification de la nature et de ses forces et conduit naturellement au culte des idoles ou images taillées de main d*homme. Au polythéisme appartiennent :
l"" Le Sabéisme ou culte des astres : c'était la religion des anciens Babyloniens et des Assyriens, qui dégénéra bientôt en idolâtrie.
2^ La religion des Grecs et des Romains, qui avait pour base la déification des forces naturelles, physiques ou morales : Zeus ou Jupiter, Poséidon ou Neptune, Démêter ou Cérès, Dionysos (Bacchus), les dryades, les nymphes, les muses, etc.
Plus tard le sens symbolique du culte fut oublié, et le peuple tomba dans une idolâtrie grossière.
3® Les religions celtique, germaine et slave. Le culte celtique et le slave étaient moins purs que le culte des Germains, qui ne connurent pas l'idolâtrie proprement dite.
4^ Le fétichisme, qui est la plus grossière de toutes les religions : elle se distingue' de l'idolâtrie en ce que l'idole est faite de main d'homme, tandis que le fétiche est un objet naturel, animé ou inanimé, qui est considéré comme étant doué d'une force divine ou magique. Il règne surtout en Afrique, chez la race nègre, et chez d'autres peuples sauvages de l'Amérique et de l'Océanie.
§ IV. — Occupations, arts bt civilisation.
Les occupations ordinaires et la manière de vivre des divers peuples ne peuvent pas servir de base à un système de classement, parce que ces occupations changent souvent et qu'elles dépendent de circonstances extérieures.
Les deux occupations primitives de Fhomme ont été sans contredit l'agriculture et l'élevage du bétail. Ces deux occupations, loin de s'exclure mutuellement, constituent au contraire les bases mêmes des richesses d'une nation.
Cependant elles ont été souvent exercées isolément, et de là, des peuples agricoles et des peuples pasteurs. Cette séparation, impossible dans la plus grande partie de l'Occident, ne Tétait pas en Orient, où la fécondité du sol permet de nourrir de grands troupeaux sans culture. Cette séparation a exercé une grande influence sur la manière de vivre.
Le peuple agricole est naturellement sédentaire : l'homme s'attache au sol qu'il a cultivé par ses mains, à la sueur de son front ; et le sol une fois cultivé est plus productif que le sol vierge, qui doit être défriché d'abord.
Le peuple pasteur, qui ne vit que de ses troupeaux, devient par cela même nomade. Il est obligé -de changer de place pour chercher de nouveaux pâturages, lorsque les anciens ont été épuisés.
Les contrées où s'établit un peuple, influent nécessairement sur sa manière de vivre et ses occupations : c'est ainsi que des forêts peuplées par de nombreux animaux donnent un grand développement à la chasse. Il n'y a cependant pas de peuple exclusivement chasseur.
Le voisinage de grands courants d'eau, de lacs et surtout de la mer conduit à la pêche et à la navigation, en particulier quand le sol est stérile et n'oflre pas une nourriture suffisante.
La navigation conduit naturellement au commerce, et le commerce amène, avec lui, Tindustrie ou la fabrication de marchandises et de produits, surtout lorsque les productions du sol ne suffisent pas pour alimenter ce commerce.
Les peuples commerçants et industriels se trouvent à un jdegré plus élevé de civilisation que les peuples exclusivement pasteurs ou agriculteurs.
Ce sont toutes ces occupations réunies qui constituent le plus haut degré de civilisation matérielle. L'agriculture jointe à Télève du bétail, le commerce alimenté par une industrie variée et perfectionnée sont les principales sources de richesse des peuples civilisés de notre globe.
« On a commencé, U y a un demi-siècle à peine (Schmerling en Belgique), à recueillir dans les fouilles géologiques ou archéologiques des restes d'une industrie humaine qui est fort groseiôre, et qui paraît très ancienne. Ce sont des armes ou des ustensiles en pierre ou en os, des déchets de cuisine (Itjoekkenmoedinger), des pilotis de constructions lacustres, etc. La science dont ces matériaux sont l'objet (archéologie préhisiorigue) est loin d*ôtre faite. En attendant, on est convenu, pour faciliter Tinventaire de ces objets, d*en faire autant de classes qu'il y a de matières employées : âge de la pierre^ âge du bronze^ âge du fer, etc. Ce classement n'est que provisoire, et il faut se garder de prendre ces étiquettes de musée pour des époques historiques de rhumanité.»*
Sur ces fouilles, voir Dupont, Vhomme aux âges de la pierre. Bruxelles, 1872. — LyeU, Uancienneté de l'homme (traduit de Tanglais). Paris, 1S64. — Dawson, Fossil Men, Londres, 1880*
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