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L'HISTOIRE ANCIENNE DE L'ORIENT

PREMIÈRE SECTION

La géographie ancienne de rOrient.

Littérature : Outre les ouvrages cités p. 20 et 22, Gosselin, Recherches tur la géographie des Anciens. Paris, 1798-1813. — Ritter (K.)» Geschichte der Erdkunde und der Enidechungen, Berlin, 1880. — Kiepert, Lehrbuch der alten Géographie, Berlin, 1878.

§ I. — Lb monde connu des Anciens.

Les géographes de l'antiquité (Strabon, Pline le naturaliste, Ptolémée), n'ont connu et décrit qu'une petite partie de la terre, à savoir :

P En Europe, les trois péninsules méridionales et la partie centrale du continent ;

2* En Asie, la région occidentale jusqu'à Tlndus.

3^ En Afrique, le littoral de la Méditerranée.

Cette connaissance imparfaite de la géographie tenait aux raisons suivantes :

P La dispersion des peuples, qui en se séparant étaient devenus complètement étrangers les uns aux autres ;

2^ Les barrières naturelles, qui s'élevaient entre ces peuples, telles que le plateau central de la haute Asie, qui s'étend entre la Chine, les Indes et l'Asie antérieure ; le désert de Libye, qui sépare l'Afrique centrale du littoral de la Méditerranée ;

S"" Le peu d'étendue de la navigation des Anciens : tous les peuples navigateurs, les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs, étaient renfermés dans la Méditerranée, qui leur offrait des facilités de toute espèce, une mer moins orageuse que d'autres, des ports nombreux sur les côtes, et un grand nombre d'îles qui traçaient aux marins la route à suivre. Un petit nombre seulement ont osé se hasarder dans l'océan Atlantique ou, par la mer Rouge, dans l'océan Indien (au VI® siècle, voyage de Hannon dans l'Atlantique du sud ; au IV® siècle, le voyage de Pythéas dans l'Atlantique du uord ; celui de Néarque dans l'océan Indien).

4^ la domination romaine qui a contribué à arrêter les progrès de la navigation en détruisant les marines les plus célèbres de l'antiquité.

D'ailleurs les centres de la civilisation ancienne étaient intués presque tous dans le bassin de la Méditerannée : (Vêtaient l'Egypte avec le Nil ; la Syrie, la Palestine et la Phénicie sur le littoral asiatique de cette mer ; la Grèce et l'Italie qui en occupent le milieu. Les autres centres de civilisation, Chaldée, Perse, Médie, etc. se trouvaient dans un bassin peu éloigné de celui-là, le bassin de l'Euphrate et du Tigre.

C'est le christianisme qui, en propageant la civilisation, a commencé à étendre les connaissances géographiques au delà de cet horizon borné ; il a fait entrer tous les peuples européens dans le cercle élargi des nations civilisées.

Au moyen âge, les croisades ont établi des relations plus étroites entre l'Europe et l'Asie.

Enfin, les découvertes des Européens au xv® et au xvi* siècle, ont achevé de nous faire connaître le globe dans toute son étendue.

§ II. — Division géographique de l'Orient.

L'Orient des Anciens comprenait avant tout les contrées qui entourent le bassin oriental de la Méditerranée, à savoir :

P l'Egypte, qui formait la transition entre TAsie et l'Afrique, appelée Libye par les Grecs ; elle comprenait le cours inférieur du Nil entre la mer Rouge, l'Ethiopie et le grand désert libyen, avec les oasis de ce désert (la Cyrénaïque sur la côte de Libye fait partie de la géographie des colonies grecques) ; l'Egypte se subdivisait en haute ou Thébaïde ; moyenne ou Heptanomide ; basse ou le Delta.

2® l'Asie-Mineure, qui comprenait les contrées suivantes, pour ne citer que les principales : la Cappadoce ; — la Cilicie ; — la PapfUagonie ; — la Bithynie ; — la Phrygie, subdivisée en grande et petite ; — la Lydie ; — la Carie ; — la Lycie (le littoral de la mer Egée appartient à la géographie grecque ; la Galatie ne date que de l'arrivée des Gaulois à l'époque macédonienne) ;

3° L'Asie antérieure,[^qui comprenait : la Syrie avec la Phénicie et la Palestine ; — Y Arabie ; — Y Arménie et les pays du Caucase ; — les contrées situées dans le bassin de l'Euphrate et du Tigre : Assyrie^ Chaldée^ Sicsiane; — les contrées de l'Iran : Médie, Perse^ Carmanie, etc. ;

4** l'Asie méridionale ou llnde n'a commencé à être connue des géographes de l'antiquité qu'après Alexandre ; c'étaient les deux péninsules, ds-gangétique et transgangétique avec les îles (Taprobane), qui s'y rattachent;

5° du peste de l'Asie, les Anciens n'avaient que des notions vagues, et ils en comprenaient tous les habitants sous la dénomination générale de Scythes ; ce n'est qu'à l'époque romaine et par l'intermédiaire des marchands de l'Inde qu'ils ont appris l'existence des Sères ou Sinae de la Chine.

§ III. — ETHNOaRAPHIE DB l'OrIBNT.

« L'Asie est le berceau de rhumanité. L'unité de l'espèce, établie par Tanthropologie (voyez plus haut, p. 51), suppose un centre commun de dispersion.

y» Ce centre ne peut âtre chercbé qu'en Asie, qui est aussi le berceau de la plupart des espèces animales domestiques et des plus anciennes plantes cultivées. Les sciences philologiques et les sciences naturelles s'accordent sur ce point.

« C'est d'Asie que nous sont venus nos animaux dômes- » tiques les plus anciennement soumis. Isidore Geoffroy » s'accorde entièrement sur ce point avec Dureau de la j» MaUe » (Quatrefages, L'espèce humaine^ p. 131).

Pour la philologie, voyez Hehn (T.), Kulturpflanzen und Hausthiere in ihrem Vebergang aies Asien nach Europa. Berlin, 1877. Pour les plantes en particulier, voyez de CandoUe, Origine des plantes cultivées. Paris, 1883.

Des naturalistes ont même essayé de déterminer la position géographique de ce centre de dispersion. « On » sait qu'il existe en Asie une vaste région entourée au sud » et à l'orient par l'Himalaya, à l'ouest par le Bolor, au » nord-ouest par l'Ala-Tau, au nord par l'Altaï et ses déri-

> vés, à l'est par le Kingkhan, au sud et au sud-est par le » Felina et le Kuen-Loun. A en juger par ce qui existe » aujourd'hui, ce grand massif central pourrait être regardé » comme ayant renfermé le berceau de l'espèce humaine.

y* En eâet, les trois types fondamentaux de toutes les » races humaines [voyez plus haut p. 56] sont représentés

> dans les populations groupées autour de ce massif. Les » races nègres en sont les plus éloignées, mais ont pour- » tant des stations marines où on les trouve pures ou » métisses depuis les îles Kioussou jusqu'aux Andamans. » Sur le continent elles ont mêlé leur sang à presque toutes » castes et classes inférieures des deux presqu'îles gangé- » tiques, elles se retrouvent encore pures dans toutes les

V deux, remontent jusqu'au Népal et s'étendent à l'ouest » jusqu'au golfe Persiqae et au lac Zareh, d'après ElpMnstone.

» La race jaune, pure ou mélangée par places d'éléments » blancs, paraît occuper seule l'aire dont il s'agit ; elle en » peuple le pourtour au nord, à Test, au sud-est et à l'ouest. 7> Au sud, elle se mélange davantage, mais elle n'en forme r» pas moins un élément important de la population.

» Au sud-ouest et à l'ouest, l'élément blanc, pur ou » mélangé, domine entièrement. Aucune autre région sur » le globe ne présente une semblable réunion des types 5» humains extrêmes distribués autour d'un centre com- » mun. n (de Quatrefages, 16., p. 130-131.)

De ce berceau commun de l'humanité, seraient sorties les deux races les plus tranchées de l'Asie, la race blanche d'un côté, la race jaune de l'autre, séparées aujourd'hui par de vastes déserts qui les isolent l'une de l'autre.

« Le Pamir et le Thibet dont les masses se rencontrent 9» au nord de l'Hindoustan, sont les deux faîtes de l'Asie » ou plutôt forment ensemble le faîte continental. Disposés 99 à angle droit, ils constituent le toit du monde, une saillie 5» qui sépare complètement les deux moitiés de l'Asie, l'Asie >• orientale et l'Asie occidentale. »

A ces deux moitiés de l'Asie correspondent les deux races principales qui se partagent cette partie du monde, la race jaune qui en occupe la moitié orientale, la race blanche qui en occupe la moitié occidentale.

Mais cette séparation n'a pas toujours existé, comme le prouvent non seulement l'unité reconnue de l'espèce humaine, mais encore la comparaison des systèmes astronomiques. « 11 fut un temps où les ancêtres de la race jaune » et ceux de la race blanche étaient encore voisins les uns » des autres et entretenaient des relations fréquentes, » puisque ces divers peuples ont hérité des mêmes concepy> tions astronomiques et que la coïncidence des observay» tions et des vues se poursuit jusque dans les détails.

» Mais ces rapports du voisinage expliquant une civilisation

w conamune, ne peuvent avoir eu lieu qu'à une époque de

r» plus grande humidité dans TAncien Monde, quand les

j> régions actuellement desséchées et désertes de l'Asie

» centrale permettaient aux populations des versants oppo-

» ses de se rapprocher davantage. Depuis que les nations

» groupées sur les deux pentes du Pamir ont dû descendre

» plus avant dans les plaines, les foyers de civilisation se

» sont écartés, le centre vital de la Chine s'est graduelle-

n ment rapproché du Pacifique, tandis qu'un mouvement

» analogue s'accomplissait en sens inverse, vers l'occident

» de la Babylonie, vers l'Asie-Mineure et la Grèce. L'iso-

y* lement se fit des deux côtés.» (Elisée Reclus, Géographie universelle^ vol. VII, p. 4.)

« Cette hypothèse des naturalistes n'exclut pas, pour la race blanche, un centre secondaire de dispersion aux rives de TEuphrate où nous ramènent les plus vieilles traditions de l'humanité recueillies dans la Bible, et .dont sont partis les descendants de Cham, de Sem et de Japhet.

» Les peuples de la race blanche, en effet, étaient partagés à leur tour en plusieurs groupes qui non seulement occupaient toute l'Asie antérieure, mais qui de là s'étaient répandus des deux côtés du bassin de la Méditerranée, au midi le long du littoral africain, au nord dans l'Europe entière.

» On ignore à quelle famille de peuples appartenaient les Scythes de l'antiquité : les Anciens comprenaient sous ce nom, en efiet, les peuples nomades, répandus dans une zone très étendue, depuis les frontières de l'Inde, au nord de l'Aral, de la mer Caspienne et de la merj Noire jusqu'au Danube. Mais le peu que les Anciens nous ont conservé de leur langue ne permet pas d'affirmer leur filiation ethnographique. On constate seulement que leur situation géographique correspond à celle des peuples touraniens actuels. D'autre part leurs traits physiques tels que les anciens les ont décrits, se rapprochent du type de la race jaune, soit

qu'ils proviennent d'un niélange des races jaunes et blanches, soit qu ils forment la transition ethnographique entre ces deux types (voir Niebuhr, Untersuchungen ueber die Geschichte der Skythen, Geten und Sarmaten, 1828).

» Les autres peuples de l'Asie antérieure étaient partagés en deux groupes principaux, correspondant à deux familles linguistiques différentes (voir p. 62) : les Sémites et les Ariens.

" P les peuples sémitiques formaient un groupe linguistique parfaitement circonscrit. Ils étaient répandus autour du grand plateau de l'Arabie : c'étaient les Chaldéens le long de l'Euphrate, les Assyriens au nord des Chaldéens, les Araméens le long de la Méditerranée, en Syrie et en Phénicie, les Israélites des deux côtés de la mer Morte, les Arabes le long de la mer Rouge.

" 2^ les peuples ariens formaient la fraction la plus nombreuse de la race blanche : ils occupaient les deux autres grands plateaux de l'Asie antérieure, le plateau de l'Iran entre l'Indus et le Tigre et le plateau de l'Asie-Mineure qui s'avance vers l'Europe : ce sont les Bactriens de l'Iran, les Mèdes avec les Perses ; les Gordiens (Kurdes) ; les Arméniens^ les Phrygiens et peut-être les Cappadoces de l'Asie- Mineure.

» De plus à une époque reculée, les Ariens, qui n'étaient séparés de l'Asie méridionale que par le Caucase indien (Hindukush), ont franchi cette barrière pour se répandre dans les vallées luxuriantes de l'Indus et du Gange. Ils y ont rencontré des peuples d'une autre couleur et les ont soumis. Ces conquérants sont les castes supérieures de tinde ; ils y forment un poste avancé de la race blanche au milieu des populations basanées de l'Asie méridionale. »

DEUXIEME SECTION

La chronologie ancienne des peuples de l'Orient.

Littérature : Outre les traités généraux de chronologie cités, p. 72, Boeckh, Manetho und die Eundstemperiode, Berlin, 1845. — Lepsius, Chronologie der jEgypter, Berlin, 1849. — Smith (G.), The assyHan eponym canon, London, 1875. — Gumpach, AKjudischer Kalender. Brassel, 1848.

Les connaissances des Anciens en astronomie étaient aussi incomplètes qu'en géographie. De là l'imperfection de leur calendrier, les tâtonnements et les incertitudes de leur chronologie, et les controverses que cette chronologie a suscitées parmi les savants modernes. Les chronologies des peuples de l'Orient que nous avons à examiner en ce moment, peuvent se ramener à trois principales, celles des Egyptiens, des Chaldéens et des Hébreux.

§ I. — La chronologie des Egyptiens.

Le peuple de l'Orient qui est arrivé le premier à fixer le calendrier, ce sont les Egyptiens. Nous leur devons l'année de 365 jours. Ils sont arrivés à reconnaître la durée exacte de cette année non seulement par l'observation des astres, mais tout autant par le retour périodique de la crue du Nily qui est, pour cette contrée, un véritable chronomètre. Ce phénomène se reproduit chaque année et à la même époque,

au solstice d'été ; il dure environ quatre mois et forme la saison de V inondation. Il est suivi d'une seconde saison, celle des semailles, et à celle-ci, en succède une troisième, appelée la saison des récoltes. Cette régularité dans la succession des saisons devait leur servir de calendrier naturel et les amener à prendre Tannée solaire pour base de leur calendrier civil.

1** Jour et semaine.

Partant de leur calendrier solaire, les Egyptiens devaient faire commencer leur jour avec le lever du soleil. A l'époque romaine pourtant, nous savons qu'ils le commençaient à minuit, et qu'ils divisaient leur jour en 24 heures. Nous savons qu'à la même époque, ils avaient aussi des semaines de sept jours, correspondant aux sept planètes (voir plus haut, p. 75), mais nous ignorons si ces divisions sont nationales ou empruntées, et depuis quelle époque elles étaient en usage en Egypte.

2<* Les mois égyptiens.

Il y a des raisons de croire que le mois égyptien était lunaire à l'origine ; mais, dans leur calendrier tel que nous le connaissons, ils font usage d'un mois conventionnel de trente jours, qui tenait en quelque sorte le milieu entre le mois lunaire et le mois solaire.

Voici les noms de leurs mois :

1 Thoth

2 Phaophi

3 Athyr

4 Koiac

5 Tybi

6 Mekir

7 Phamenoth

8 Pharmuthi

9 Pachon

10 Payni

11 Epiphi

12 Mesori

3° L'année égyptienne.

Ces 12 mois de 30 jours ne donnaient que 360 jours; or les Egyptiens ont dû observer de bonne heure que le

— lissolstice d'été avec lequel ils recommençaient Tannée, et qui était marqué par la crue périodique du Nil, ne revenait que cinq jours plus tard. Pour parfaire Tannée, ils ont ajouté après le 12* mois 5 jours complémentaires ou épagomènes. Leur année solaire comptait ainsi, au total, 365 jours. Cette année était mobile, comparée à Tannée fixe ou tropique (voyez plus haut, p. 78) qui est plus longue de 6 heures environ. Tous les 4 ans, Tannée égyptienne reculait de 24 heures (= 6 h. X 4), soit un jour entier, et par conséquent elle était en retard d'un mois entier au bout de 120 ans (= 4 ans x 30).

« Pour remédier à ce défaut du calendrier égyptien, les Ptolémées (en Tan 238) se sont avisés d'ajouter tous les 4 ans un 6™* jour épagomène : ce fait est mis hors de doute aujourd'hui par la découverte du célèbre décret bilingue de Canope, retrouvé en Egypte en 1866 par Lepsius (Das bilingue Dekret von Canopus. Berlin, 1867).

» A partir de ce moment, les Egyptiens ont commencé à faire usage de deux années différentes, de leur année mobile de 365 jours et d'une année intercalaire de 366 jours (notre année bissextile), qui devait revenir tous les 4 ans. 11 en résulte que notre calendrier julien n'est qu'une contrefaçon du calendrier égyptien, corrigée sous les Ptolémées (voir plus haut, p. 84). »

4<* Les cycles.

On rencontre en Egypte trois cycles d'années différents.

1** Le cycle d'Apis, qui était de 25 ans : il reposait sur celte observation astronomique qu'après 25 années égyptiennes, les phases de la lune revenaient aux mêmes jours du calendrier égyptien.

2"" La période du phénix, qui était de 500 ans. On n'en connaît pas l'origine. Peut-être est-ce la troisième partie du cycle caniculaire ci-dessous, ce qui absolument équivaut

à 487 ans seulement ; mais on en aurait fait le chiffre rond de 500. Cest en tous cas un cycle de convention.

3"" Le cycle canicnlaire ou la période sothiaque est le plus célèbre des cycles en usage chez les Égyptiens. Il était de 1461 années égyptiennes, équivalant à 1460 années juliennes. Ce cycle a pour base un phénomène astronomique qui coïncidait avec la crue du Nil^ dont il a été question plus haut. Les Égyptiens avaient été frappés de la coïncidence du débordement annuel de leur fleuve avec le lever héliaque de Sirius, cette étoile fixe et brillante de la constellation du Chien, qu'ils appelaient Sothis ou Sopti. Mais, aussi longtemps que les Égyptiens ne se sont pas servis de Tannée intercalaire (ou bissextile), ils ont dû s'apercevoir que ce lever de Sirius avançait d'un jour tous les quatre ans; Sirius fesait ainsi peu à peu le tour des 365 jours de l'année, et il était facile dès lors de calculer que Sirius reviendrait à son point de départ au bout de 1460 ans (4 ans X 365) : telle est la durée de la période sothiaque ou caniculaire. Ainsi, en l'année 139 de notre ère, le lever héliaque de Sirius (qui avait lieu alors le 20 juillet), coïncida avec le 1 thoth, qui était le premier jour [de l'année égyptienne. L'observation en a été faite par les Anciens (Théon d'Alexandrie, Censorinus). Il était facile de déterminer, par un calcul rétrograde, que cette même coïncidence avait dû se produire 1461 ans auparavant et pas plus tôt, soit en l'an 1322 avant notre ère, sous le règne, disait-on, du roi Ménophra. Au bout du même temps, en effet, les six heures qui manquent à l'année égyptienne, donnent par leur accumulation progressive un retard d'une année entière, en sorte que 1460 années juliennes égalent 1361 années égyptiennes. Ce qui fait qu'au bout de cette période aussi, les commencements des deux espèces d'années, de l'année naturelle ou tropique et de l'année civile ou mobile coïncidaient de nouveau. — Ce cycle pouvait donc servir à les remettre d'accord. C'était un cycle de restitution. On ignore d'ailleurs quand il a été inventé, et s'il en a été tenu compte

dans les dates historiques. Il en est qui pensent que ce fameux cycle n*a jamais été en usage que chez les astronomes de Tépoque alexandrine et romaine, qui en avaient besoin, en effet, pour le calcul exact de leurs observations.

5® Ères chronologiques.

Dans l'histoire de la chronologie égyptienne, il y a deux époques à distinguer : avant et depuis la fondation d'Alexandrie.

Depuis la fondation d'Alexandrie, les Egyptiens ou du moins les astronomes alexandrins ont fait usage des ères qui étaient alors répandues dans tout l'Orient, à savoir :

1^ l'ère chaldéenne de Nabonasar; il en sera question dans le § suivant ;

2^ l'ère macédonienne des diadoques ou successeurs d'Alexandre. Chez les Macédoniens d'Alexandrie, cette ère portait aussi le nom è!ère de Philippe ; elle commençait, en effet, le 12 novembre 324 avant notre ère, à la date officielle de l'avènement de Philippe Jridée, demi-frère et successeur légitime d'Alexandre-le-Grand. Cette date officielle n'est pas la date réelle, puisqu' Alexandre mourut seulement sept mois plus tard, au mois de juin 323. Mais l'avènement de son successeur, tombant au milieu d'une année égyptienne, fut reporté au 1" thoth (= 12 nov.) précédent, afin de faire coïncider le commencement de cette ère avec le commencement d'une année.

3"* l'ère romaine d'Alexandrie, qui datait de l'avènement d'Auguste en Egypte, fixé officiellement au 1" thoth de l'an 30 avant notre ère : c'était une ère provinciale, comme on en rencontrait encore dans d'autres provinces de l'empire romain (voyez plus haut, p. 87).

Cest sur ces ères d'origine étrangère que repose la chronologie égyptienne depuis la fondation d'Alexandrie.

Mais avant cette époque, les Egyptiens avaient-ils déjà une ère à eux ou n'ont-ils jamais eu d'ère nationtde?

-ne- Cette question est encore discutée.

« Les monuments égyptiens connus et déchiflFrés jusqu'ici sont toujours datés de telle année, tel mois et tel jour du règne du prince régnant. Chaque avènement constituait une ère nouvelle pour les Égyptiens. Cette méthode de dater avait de grands inconvénients : et d'abord, la brièveté de certains règnes, qui parfois ne dépassaient pas une année : ensuite, la possibilité de plusieurs règnes simultanés, en cas de scission, de partage ou d'usurpation ; enfin, il était rare que le commencement du règne coïncidât avec le commencement d'une année civile. Il est vrai, pour remédier à ce dernier inconvénient, la règle s'établit d'attribuer au nouveau roi l'année entière dans laquelle tombait son avènement. On en a vu un exemple plus haut. Mais ce pouvait être une nouvelle source de confusions et d'erreur.

9» Sur un seul monument antérieur aux Ptolémées, on a trouvé une mention dans laquelle des savants ont voulu voir une ère officielle : c'est une stèle de Ramsès II portant « fan 400 du roi Nubti ». (Mariette, L*ère de Nub, dans la Revue archéologique, Paris, 1865). Mais on ne peut rien conclure encore de cette découverte isolée. Cette date peut aussi être fondée sur un calcul rétrograde. Elle paraît n'être qu'approximative, à cause de la rondeur du chiflfre. Et d'ailleurs, cette absence d'une ère perpétuelle est un défaut commun à toutes les chronologies anciennes. Pour admettre que les Egyptiens de ces temps fussent plus avancés sous ce rapport, il faudrait que cette mention isolée fût confirmée par de nouvelles découvertes.

» Quant à la période sothiaque, c'est un cycle, qui peut servir à vérifier les dates ; mais ce n'est pas une ère qui aurait servi à dater les faits et les documents. Du moins, on n'a produit jusqu'ici aucun monument daté d'après les années de ce cycle.

» Ce qui est plus probable, c'est que ce cycle de 1460 a servi de base aux calculs rétrogrades à l'aide desquels les prêtres égyptiens évaluaient l'antiquité de leur contrée ; au témoignage d'Hérodote (II, 142), ils attribuaient aux dynas-

ties humaines antérieures à la guerre de Troie, une durée de 11,340 ans. Aux dynasties divines et semi-divines qui avaient précédé en Egypte les dynasties humaines, le chronographe égyptien Manéthon attribue une durée de 17,520 ans. Ces chiffres qui n'ont rien d'historique, n'ont pourtant pas été pris au hasard, ils doivent répondre à quelque chose ; et, en effet, ce ne sont que des multiples de la période sothiaque. Ainsi les dieux et demi-dieux auraient régné douze cycles sothiaques (1460 x 12 =» 17,520). Telle est la conjecture de Boeckh, qui est aussi ingénieuse que plausible. De môme la période de 36,325 ans, mentionnée dans une chronique égyptienne citée par Syncelle, parait encore un multiple de la période sothiaque (1461 X 25). »

§ II. — La CHR.ONOLOGIR DBS ChALDÉENS.

Les Chaldéens de Babylone s'étaient appliqués de bonne heure à Tobservation des phénomènes astronomiques qui servent de base au calendrier : les vastes horizons de leurs plaines, la sérénité de leur ciel, la scintillation plus vive des étoiles dans ces contrées les favorisaient sous ce rapport. C'est ainsi qu'après la prise de Babylone par Alexandre le Grand, Gallisthènes, un disciple d'Aristote, rapporta de cette ville des observations astronomiques qui remontaient à 1903 ans avant cette époque (soit 2234 ans av. J.-C). Le fait est affirmé par Simplicius dans ses commentaires in Arisiot. de coelo (II, p. 123). Grâce à ces observations, les astronomes chaldéens ont pu constater la périodicité des éclipses et en prédire le retour. Ils en sont venus bientôt à vouloir aussi prédire d'après la position des astres le cours des destinées humaines, et ils ont versé ainsi dans les erreurs de l'astrologie, si bien que le nom de Chaldéens est synonyme d^ astrologues chez les Grecs et chez les Romains.

Mais si leur influence a été néfaste sous ce rapport, lea Chaldéens ont contribué d'autre part à fixer les divisions du temps, et, à ce point de vue, ils méritent d'être cités, à côté des Egyptiens, dans l'histoire de la chronologie.

l*' Jours et semaine.

Les Chaldéens commençaient le jour avec le soleil levant et le partageaient en douze parties égales, qu'ils mesuraient <à l'aide du cadran solaire, dont ils sont les inventeurs, au témoignage d'Hérodote (II, 109). Cette invention est anté-^ fleure au vin* siècle, puisqu'on en trouve un exemplaire à Jérusalem dès cette époque, sous le règne d'Ëzéchias (mi-

racle d'Isaïe). Cette division des heures, ainsi que la méthode de les mesurer, qui ont fait le tour des peuples civilisés, nous viennent de Babylone.

Les Chaldéens avaient aussi des semaines de 7 jours, et ce sont eux qui ont donné à ces jours les noms des sept planètes qu'ils portent encore aujourd'hui (voyez plus haut, p. 75).

29 Les mois chaldéens.

Chez les Chaldéens, comme chez la plupart des peuples sémitiques, on faisait usage de mois lunaires, de 29 à 30 jours.

Voici les noms de ces mois, tels qu'ils ont été relevés sur les inscriptions cunéiformes (G. Smith, The assyrian eponym canon, p. 20).

Nisannu.

Tasritu .

ATru.

Ârah-Satuna.

Sivanu.

Kisilivu.

Dusu.

Thebitu.

Abu.

Sabatu.

Ululu.

Addaru.

On retrouve les mômes noms, à peu de chose près, chez les Jaifs, après la captivité de Babylone, d'où ils les ont rapportés (voir plus loin, p. 124).

3® L*année chaldéenne.

L'année chaldéenne était lunaire aussi, comme le prouve l'usage qu'ils font de mois intercalaires. Mais on n'a pas de données certaines sur leur méthode d'intercalation. Cette année lunaire commençait avec le mois Nisannu, qui, chez les Juifs, commence à l'équinoxe du printemps.

Les Chaldéens avaient-ils en outre une année solaire, aoalogue à celle des Egyptiens? Dans le célèbre canon de Plolémée, qui contient la chronologie des successeurs de Nabonasar, les années attribuées à ces princes sont des années solaires égyptiennes ; or la première partie de ce canon, celle qui est antérieure à Alexandre le Grand, a été

rédigée à Babylone par les astronomes chaldéens. Toutefois, comme ce caiioii nous a été transmis par les astronomes alexandrins, qui Tont aussi continué durant l'époque macédonienne et romaine, il est permis de supposer que ceux-ci l'ont modifié en réduisant les années lunaires en années solaires; réduction qui devait avoir pour effet non seulement de mettre de l'unité dans cette chronologie, mais encore de simplifier les calculs astronomiques auxquels ce canon devait servir de base. En tout cas, si l'année solaire était en usage en Babylone, ce n'a pu être que parmi les astronomes ; du moins on n'en trouve aucune trace dans les monuments, et l'année civile des Chaldéens n'a pas cessé d'être une année lunaire.

4® Cycles d'années.

Les Chaldéens avait un cycle lunaire de 223 lunaisons (équivalant à 18 ans et 10 jours), après lesquelles ils avaient observé que les éclipses se reproduisent dans le môme ordre; c'est à l'aide de ce cycle qu'ils pouvaient prédire les éclipses avec une approximation assez grande.

Après Alexandre, ils ont emprunté aux Grecs le cycle lunaire de 19 ans, dû à l'Athénien Méton (p. 78), afin de faire concorder leur année civile avec l'année naturelle. Depuis ce moment, ils eurent une méthode régulière d'intercalation. Il n'est pas improbable qu'ils eussent déjà auparavant une méthode du même genre que nous ne connaissons pas ; mais cette intercalation nationale devait être bien imparfaite, puisqu'ils l'ont abandonnée pour adopter une méthode étrangère.

On ne connaît pas l'origine d'un autre cycle d'années dont il est fait mention dans les chronographes anciens (Eusèbe, Syncelle) : c'est un cycle de 60 ans, nommé Sôs- SOS; 10 Sôssi formaient un cycle de 600 ans, nommé iVéros ; 6 Néri formaient un cycle de 3600 ans, nommé Saros.

A l'exemple des Egyptiens (p, 117), les chronographes chaldéens se sont servis de ces cycles pour attribuer une

antiquité fabuleuse à, leur contrée : entre la création et le déluge, le chronographe chaldéen Bérose comptait 432,000 ans, soit 120 Sari. Depuis le déluge jusqu'à Cyrus, il comptait 36,000 ans, soit 10 Sari.

5^ Ere chronologique.

L'ère de Nabonasar, la seule dont il soit fait mention en Asie avant Tépoque macédonienne, est due également aux Chaldéens. Elle coïncide avec l'an 747 avant notre ère. Sur son origine régnent les hypothèses les plus diverses : les uns la rattachent à un événement politique, tel qu'une révolution dynastique, les autres à l'adoption d'un système nouveau de calendrier.

Les années comptées depuis cet événement, quel qu'il soit, sont réglées sur le calendrier égyptien et commencent par conséquent avec le l*"^ (hoth^ qui correspondait, l'an 747, au 26 février. Comme l'année égyptienne, ces années, n'étant que de 365 jours sans intercalation, reculent sur l'année naturelle d'un jour tous les quatre ans.

L'ère des Séleucides, qui date de l'entrée de Séleucus Nicanor à Babylone, appartient à l'époque macédonienne : elle commence à l'automne de l'année 312-311 avant notre ère. Les années comptées depuis cette ère sont réglées sur le calendrier macédonien ; ce sont des années lunaires intercalaires, fondées sur le cycle de Méton, dont il a été parlé plus haut.

Les Syriens modernes ont continué à se servir de l*ôre des Séleucides ; leur année commence aussi au 1*' octobre, avec l'automne. Mais ils ont adopté Tannée chrétienne, et n'ont conservé de leur ancien calendrier national que les noms des mois, qu'ils appliquent aux mois romains : Octobre est devenu Ihisrhi; Mars s'appelle Adar; Nisan = Avril, etc.

« Note sur la chronologie assyrienne. — Tout ce qui a été dit de la chronologie chaldéenne s'applique également à la chronologie assyrienne, telle que cette dernière nous est

connue jusqu'ici par les documents cunëiformes. Une seule différence notable a été découverte, cest dans la façon de dater les années. Dans les inscriptions de TAssyrie, les années successives de chaque règne sont désignées, non par un chiffre, mais par un nom propre, par le nom d*un haut fonctionnaire de l'Etat, limmu, appelé à être Téponyme de cette année, comme les magistrats annuels Tétaient en Grèce et à Rome.

y» Dans les Etats anciens où régnait cette méthode de dater, il était de la plus haute importance de conserver la liste de ces éponymes, qui servait à fixer la succession des années. C'est ainsi que toute la chronologie romaine repose sur les fastes constdaires de Rome. Il existait aussi des tablettes des éponymes assyriens^ qui avaient la même destination ; ces fastes, retrouvés en partie, fournissent à la chronologie assyrienne une base oJBScielle, d'une autorité indiscutable.

» Les fragments de ces tablettes, qui sont au nombre de quatre, se complètent mutuellement et forment ensemble une durée de 260 ans, dont la première année coïncide avec l'an 910 avant notre ère et la dernière avec l'an 647.»

Texte : dans les Western Asia Inscriptions ^ tome II et III.

Traduction, avec commentaires : S ith 0. The assyriam eponym canon. Londres, 1876.

§ III. — La chronologie dbs Hébreux.

La chronologie des Hébreux n*est pas moins utile que les précédentes; elle sert à l'interprétation de la Bible; elle donne de plus la clef de notre calendrier chrétien, dont une partie, les fêtes mobiles (voir plus haut, p. 93)» repose toujours sur l'ancien calendrier judaïque.

1*^ Jours et semaine.

Les Hébreux commençaient leur jour au soir, à Tapparition des premières étoiles. Les Juifs modernes le commencent à 6 heures du soir.

Les Hébreux le divisaient en quatre parties naturelles, sùir^ minuit^ matin^ midi; ils ont emprunté dans la suite aux Chaldéens la division conventionnelle en 24 heures. Le cadran solaire d'Ëzéchias est resté célèbre à la suite du miracle d'Isaïe, qui fit rétrograder lombre sous les yeux de ce roi (Isaïe, 38 : 8 ; IV Reg. 20 ; cf. Ideler I, p. 485).

La semaine de sept jours apparaît déjà dans la Genèse. Ces jours ne sont désignés que par leur rang, premier, deuxième^ etc. sauf le septième, qui est appelé aussi le le jour du sabbat ou repos (de shabbath, cesser le travail). Ce repos s'étendait du vendredi au soir jusqu'au soir du samedi.

29 Mois hâbreax.

Les Hébreux, depuis Moïse, se sont toujours servis et se servent encore de mois lunaires qui commencent avec Ifi nouvelle lune. Ces mois sont aujourd'hui alternativement de 29 ou de 30 jours. Autrefois on en réglait la durée sur Tobservation de la lune. A partir du 29^ jour, on observait le ciel» 6t dès qu'on avait aperçu le croissant de la lune dans le crépuscule du soir, on commençait un mois nou« ▼eau.

Avant la captivité de Babylone, les 12 mois de Tannée étaient désignés par leur rang dans le calendrier ; parfois aussi par un phénomène naturel.

Ainsi le P" mois = Alib (de l'épi) ; le 2* mois =■ Siv (de l'éclat) ; le 7* mois — Eihnanim (des ruisseaux) ; le 8^ mois <=> Bid (de la pluie).

Depuis la captivité, les Juifs se servent des noms des mois chaldéens, qu'ils rapportèrent de Babylone. Ce sont :

Nisan.

Thishri.

Ijar.

MarcheshvaD.

Si van.

Kislev.

Thatnus.

Tebet.

Ab.

Sebat.

Elul.

Adar.

Comparez les mois chaldéens, p. 119.

3^ L*année hébraïque.

L'année des Hébreux était lunaire, comme leur mois : cette année étant trop courte de dix jours, il fallait la compléter à l'aide d'une intercalation,afin de la mettre d'accord avec l'année naturelle et le retour des saisons. En effet, les fêtes religieuses des Hébreux étaient fixées à la fois d'après les mois et d'après les saisons. Le premier mois de Tannée coïncidait avec la première lunaison du printemps. Or dans ce mois devait avoir lieu l'offrande au Seigneur des prémices des épis. Il importait pour cela que l'orge fût déjà mûre à cette époque. C'est de là que dépendait l'intercalation. Arrivé au 12* mois de Tannée, on examinait les champs pour constater si Ton pouvait dés le mois suivant offrir le sacrifice des épis ; sinon, on intercalait un 13^ mois. Cette méthode d'intercalation était purement empirique. Mais la nécessité d'une intercalation régulière et périodique a dû se faire sentir quand a commencé la dispersion du |)euple juif.

Les Juifs modernes se servent pour cela du cycle de Mélon^ qu'ils ont emprunté aux Grecs (voyez p. 78), on ignore à quelle époque.

Les principales fêtes de Tannée hébraïque étaient : la Pâque^ qui avait lieu à la première pleine lune du printemps; le l*' Nisan, qui était le premier jour de l'année, coïncidant toujours avec une nouvelle lune, la pleine lune ou le jour de Pâque tombait toujours le 14 Nisan; — la Pentecôie, qui se célébrait 7 semaines révolues, soit le cinquantième jour (d'où son nom, TrevrexoffDî) après Pâque; — h/êie des tabernacles, qui avait lieu au 7* mois de Tannée.

4^ Cycles d*années.

Les Hébreux avaient aussi des cycles d'années, fondés sur le retour du chiflfre 7, qui joue un si grand rôle dans Torganisation de leur culte Ce cycle septénaire, qui se retrouve déjà dans le 7* jour des Juifs, dans la fête des 7 semaines, dans celle du 7« mois, est un cycle do convention. C'étaient :

Y le cycle de 7 ans, appelé la semaine d'années ; la 7* de ces années était Vannée sabbatique, durant laquelle la terre devait reposer, et à laquelle se rattachaient différentes prescriptions du culte ;

2** le cycle jubilaire, qui comprenait 7 semaines d'années et qui s'achevait par conséquent tous les 49 ans. La 50* année commençait un cycle nouveau, et c'était là Vannée jubilaire, époque de rénovation générale, où tout devait être rendu à son premier état, les esclaves remis en liberté, les terres revenir à leurs propriétaires, les dettes abolies, etc.

5^ Eres chronologiques.

A partir de Tétablissement de la royauté, les Hébreux, comme la plupart des autres peuples, marquèrent la date des faits historiques par les années du prince régnant. Avant la royauté, ils comptaient par générations, auxquelles

ils attribuaient une durée moyenne de 40 ans. Leurs généalogies, qu'ils conservaient avec un soin particulier, leur permettaient de fixer au moins d*une façon approximative les époques les plus saillantes de leur histoire nationale.

Ces époques sont :

1** l exode, date de leur libération par Moïse et commencement de leur existence comme nation; cette époque est fixée à 480 ans avant le premier temple, chitfre qui répond exactement à 12 générations;

2^ la fondation du temple, événement que l'historien Josèphe place 143 ans avant la fondation de Carthage (l'an 814 avant J.-C.) et 370 avant la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor (l'an 586 avant J.-C.) t ce qui reporte donc la fondation du temple à l'an 957 avant notre ère.

Mais il n*est nullement certain que les Hébreux se soient servis de ces grandes époques nationales comme ères chronologiques pour dater les autres faits de leur histoire.

Le contraire semble résulter de l'empressement avec lequel ils ont adopté une ère étrangère, l'ère des Séleucides, mise en cours en Asie par les Macédoniens (voyez plus haut, p. 121).

3^ L'époque des Macehabées ou de l'indépendance de Sion est la première ère nationale dont l'existence chez les juifs soit démontrée : elle figure comme ère officielle sur les plus anciennes monnaies juives, celles qui furent frappées par Simon Macchabée. Le commencement de cette ère correspond à Tau 142 avant notre ère chrétienne.

4^ L'ère de la création du monde qui est en usage chez les Juifs modernes, date du iv* siècle de l'ère chrétienne ; elle a pour auteur le rabbin Hillel, qui en fixa le commencement à l'an 3762 av. J.-C.

TROISIEME SECTION

Les sources Utttéraires de rhistoire

de rorient.

NOTIONS GÉNÉRALES

Les matériaux dont la science dispose aujourd'hui pour rhistoire ancienne de l'Orient, peuvent se classer de la fagon qui suit :

, , f archéologie f Egyptologie.

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