‹ Traité des études historiquesChapitre 25 sur 55 · PAR LE PROFESSEUR CU. MCELLBR · texte numérisé non relu

PAR LE PROFESSEUR CU. MCELLBR

Introduction critique & l^histoire moderne.

Avec les temps modernes, une époque nouvelle s'ouvre pour rhistoriographie. Et tout d*abord, une invention capitale €8t venue simplifier singulièrement le travail de Thistorien : c'est Vimprimerie, dont les productions excluent toute discussion des textes. Dès ce moment nous n*avons plus à rechercher les manuscrits des historiens, ni à les confronter ; plus de ces travaux minutieux à Teffet de restituer, au milieu des variantes des apographes, le texte d'un archétype ; en un mot, plus de critique externe.

Si celle-ci trouve encore son application, ce n'est que dans la branche spéciale de& corre^^pondances inédites ou des mémoires qui n'étaient pas écrits en vue d'une publicité immédiate. Mais, si riche que soit pour les temps modernes cette littérature posthume ^ c'est l'exception. Tous les grands historiens modernes, qui ont travaillé pour la publicité, nous les possédons dans leur texte définitif, original, imprimé sous les yeux mêmes des auteurs.

Mais, si la critique externe est ici quasi supprimée, en revanche^ la critique interne, celle qui porte sur le fond de

l'histoire, sur les faits eux-mêmes et sur leur appréciation morale, trouve ample matière à s'exercer.

Avec les temps modernes, commencent, en effet, les grands conflits des croyances religieuses, des écoles politiques, des systèmes philosophiques. Dans cette mêlée des idées et des passions, Tim partialité est aussi rare que difficile : chacun tient la cause de son pays ou de son parti, et trop souvent l'histoire prend l'allure tantôt d'un réquisitoire, tantôt d'un plaidoyer. Il n'y a pas seulement à se défier des impostures ou des calomnies mises en circulation par des écrivains de mauvaise foi. Chez les historiens de race, incapables d'avancer un fait sans l'étayer d'une citation, une partialité d'un autre genre se rencontre, plus raffinée et dont il est plus difficile de se défendre : elle consiste à présenter des faits réels, mais grossis ou atténués au profit d'une thèse préconçue ; elle peut encore se faire jour dans le simple choix des faits ou dans leur groupement. Ne dire que le bien, en taisant le mal, est le fait des apologistes; ne dire que le mal, en taisant le bien, est le procédé des pamphlétaires : procédés d'autant plus habituels, que l'un et l'autre peut être inconscient chez l'écrivain, convaincu d'avance de la justice de sa cause. C'est ainsi qu'avec des documents parfaitement authentiques, on peut composer un récit ou un portrait absolument faux. C'est ainsi qu'avec des matériaux identiques deux historiens différents n'écriront jamais le même ouvrage, et il se rencontre des divergences de Tun à l'autre parfois incroyables, de nature à faire douter de l'histoire.

On ne peut d'ailleurs pousser à fond cette question de l'impartialité, sans soulever le problème plus général de l'autorité qu'il faut accorder au témoignage des historiens. La parole humaine n'est pas un enregistreur automatique, comparable à ces bascules qui s'offrent à nous dans tous les lieux publics. Avant de se traduire dans un récit, les faits extérieurs ont dû passer par la pensée d'abord, qui n'est jamais adéquate à son objet, et ensuite par le langage, qui n'est lui-même qu'une traduction approximative de la

pensée. Il y a là deux chances d'altération ou d'erreur, qui expliquent assez pourquoi les inexactitudes fourmillent en histoire, comme ailleurs. On connaît le phénomène de la réfraction en optique, résultant de la différence des milieux traversés par la lumière. Les astronomes doivent toujours rectifier cette perturbation s'ils veulent arriver à des résultats tout à fait exacts. Un phénomène analogue se produit en histoire. Notre esprit est saturé d'idées reçues, de préjugés d'éducation, de sympathies ou d'antipathies d'école ou de nation. Comment veut-on que les faits, passant par un milieu aussi mélangé, n'en retiennent pas quelque chose? Ces faits subissent une certaine déviation, se colorent d'une certaine teinte en traversant l'esprit d'ailleurs le plus sincère, et cela est si vrai que l'on a pu avancer ce paradoxe que la seule chose absolument certaine en histoire, ce sont les historiens !

Il s'en faut pourtant que les historiens soient pour nous toute l'histoire. Il arrive que nous avons encore, dans leur forme originale, les documents dont ils ont fait usage, et alors nous n'en sommes plus réduits à des témoignages de seconde ou de troisième main. L'instrument d'un traité de paix, un texte de loi, un testament, un procès- verbal ou une correspondance officielle, c'est le fait lui-mâme, sans intermédiaire, un fait actuel, tangible, soumis à notre autopsie, quelque soit l'éloignement de la provenance ou l'intervalle des siècles. Cette pierre recouverte d'hiéroglyphes a r&ge des pyramides. Cette stèle grecque a été érigée sous les yeux de Périclès ou de Démosthènes. En les déchifirant, nous sommes aussi certains de leur contenu que si nous avions été mêlés aux contemporains rassemblés aux pylônes deKamak ou aux Éponymes d'Athènes pour prendre connaissance du dernier décret sorti de la chancellerie du pharaon ou des délibérations de l'agora.

Tous les siècles nous ont laissé quelques critères de ce genre, indispensables pour contrôler les historiens ou, dans leur désaccord, pour trancher entre eux. Mais, dans les

temps modernes , la somme de ces actes accumulés dans nos archives se chiffre par million, et telle en est Tabondance que Ion a pu proposer de mettre de côté tous nos historiens, bons ou mauvais indistinctement, pour écrire à nouveau Thistoire sur les pièces. En tout cas, Timportance et la richesse de cette classe de matériaux est un troisième et dernier caractère de l'historiographie moderne.

Ces matériaux reproduisent le passé, non seulement dans ses grandes lignes, mais dans ses moindres détails. On y retrouve les papiers des familles, des corporations, aussi bien que des États, et Ton peut en extraire soit Ja vie de personnages qui n*ont pas eu de biographes, soit Thistoire de localités qui n*ont produit aucun historien. Dans le nombre, nous devons faire une mention plus spéciale des correspondances diplomatiques.

La diplomatie est née avec la politique moderne, dont elle est Torgane. Dès la fin du xv^ siècle, Tusage s'établit à Venise d'abord et se répandit de là chez les autres puissances d'accréditer à l'étranger des agents fixes, des ministres résidents, représentants officiels, espions officieux, chargés d'un service suivi de courriers et de dépêches avec leur gouvernement. La véritable histoire politique ne se trouve que là, dans les instructions du prince à ses agents, ainsi que dans les rapports dé^ces agents au prince. Là seulement se révèle la pensée intime des cabinets. Aussi, pour mettre ces correspondances à l'abri de toute curiosité indiscrète, on inventa de bonne heure des chiffres, de plus en plus compliqués. Mais les archives, d'où ces correspondances ont été exhumées, nous ont livré en même temps la clef du chiffre.

11 y a plus. Ces agents diplomatiques avaient uue double mission. A côté de leur mission spéciale, définie par leurs instructions, ils avaient une mission plus générale de recueillir chemin faisant et de transmettre toutes les informations utiles ^ u curieuses concernant les États où ils étaient en mission. Ils étaient supérieurement qualifiés pour

cela. Car, comme ambassadeurs, recrutés dans Télite des administrations ou des cours, ils avaient cet esprit d'observation que développe le maniement des affaires et des hommes. Et d'autre part, comme étrangers, ils étaient plus indépendants, plus dégagés des influences ambiantes, et plus frappés que les indigènes des particularités nationales, de la différence des mœurs et des institutions. Il en résulte que Ton trouve dans ces relations diplomatiques des statistiques précieuses sur les ressources des Etats, des portraits de personnages politiques, des anecdotes de cours et mille menus détails que Ton chercherait vainement ailleurs.

Devant ces pièces authentiques, est-ce à dire que la critique doive abdiquer ? Gardons-nous en ; gardons-nous de cette créance naïve que certains accordent à toute pièce inédite, uniquement parce qu'elle n'est pas .imprimée, et n'allons pas prendre le premier factum venu pour une révélation historique, parce qu'il sort des archives. Ce serait oublier que l'on écrit avec moins de réflexion que l'on imprime et que la diplomatie, elle aussi, a ses commérages.

Dans les papiers d'État, il faut toujours distinguer les €u^es publics, qui forment le texte fondamental de l'histoire politique, et les commentaires personnels qu*y ajoutent les assistants. Car ici reparaît un élément subjectif, la personnalité d'un auteur, dont il faut rectifier l'action autant que possible, sans prétendre la supprimer complètement. D'ailleurs ces impressions de l'entourage ne laissent pas que de servir de données historiques à qui sait embrasser le passé dans toutes ses manifestations.

Le philologue ne voit rien au-delà de son texte, qu'il lui suffit d'entendre et de nous interpréter. L'archéologue se confine dans la jouissance de la pierre qu'il a découverte. Mais on attend davantage de l'historien. En dessous des textes et des monuments, il doit retrouver les hommes et les nations ; et il doit les faire revivre. Dans cette résurrection du passé, les faits extérieurs ne sont pas tout. Il importe encore, pour les expliquer, de nous replacer dans

Tathmosphère morale où les générations précédentes ont vécu, et de reconstituer ces grands courants d'opinions, justes ou erronées, qui sont la clef des actions humaines, et qui ont donné le branle à toute l'histoire. Car Thomme après tout est gouverné, non par les choses, mais par les impressions que les choses ont faites sur son esprit.

Et ici nous devons en revenir aux auteurs contemporains, que nous étions tentés d'écarter tantôt. Ce qu'ils nous rendent avec exactitude, c'est l'impression des faits extérieurs ; jusque dans leurs pages les plus discutables, ils sont toujours l'écho positif d'une école, d'une secte, d'un parti, et dans cette mesure, ils peuvent servir de contribution à l'histoire si importante des opinions humaines. Tout donc a sa place dans l'histoire ainsi entendue, non seulement la vérité, mais en un certain sens le mensonge lui-même, non seulement le document authentique, mais encore la légende, non seulement les relations les plus autorisées, mais les pamphlets les plus véhéments et les gazettes les plus aggressives, si l'on veut du moins que l'historien reflète dans toute sa profondeur le spectacle agité du monde avec ses tendances contradictoires, avec la diversité de ses passions, tantôt latentes, tantôt déchaînées, avec l'échelle entière de ses vibrations mentales; car tout cela, c'est la vie, et là où il n'j a pas de vie, il n'y a pas d'histoire véritable.

C'est ainsi que les grands tragiques de la Grèce ont procédé, quand ils ont voulu faire œuvre vivante au théâtre. Ils ne se sont pas bornés à y dérouler les péripéties extérieures d'une action. En regard des personnages agissant, ils ont placé un écho répercutant toutes les émotions que devait faire vibrer ce spectacle : c'est le chœur, qui ne semble qu'un intermède dans la pièce, mais qui n'en contribue pas moins, par ses impressions agitées, à faire du drame antique une synthèse de la vie humaine.

Si nous jetons un regard final sur l'ensemble de l'historiographie, nous y constatons trois grandes époques, auxquelles correspondent trois classes différentes de matériaux.

Il y a répoque monumentale, qui comprend la haute antiquité et tout le domaine des inscriptions, hiéroglyphes ou cunéiformes^ antérieures aux littératures classiques.

Il y a ensuite Tépoque littéraire, qui commence avec les premiers historiens de la Grèce et qui se prolonge fort avant dans le moyen âge.

Il y a enfin Tépoque diplomatique, qui correspond aux temps modernes.

Par trois fois aussi, l'historien doit déplacer le champ de ses découvertes et modifier ses procédés d'investigation. Pour l'historien de la haute antiquité, c'est aux musées, qu'il doit demander ses matériaux. Pour l'historien de l'époque classique, il peut trouver les siens sans sortir des bibliothèques. Enfin, pour l'histoire moderne, notre centre d'études, ce sont les archives, et c'est là que nous proposons d'introduire les débutants, auxquels ces pages sont destinées.

La littérature des mémoires. — La richesse de cette littérature nous oblige à nous borner aux Collections. Encore citerons nous ici de préférence les Collections homogènes, c'est à dire composées exclusivement de Mémoires, sans nous astreindre à cataloguer toutes les publications mixtes, où se trouvent des Mémoires, mêlés avec des matériaux d'une autre nature ou d'une autre époque.

Franee. — H y a paru plusieurs Collections, qui en partie se répètent et en partie se complètent. Ce sont :

Collection universelle des mémoires relatifs à Thistoire de France. Londres et Paris, 1785-1807, 70 vol.

Petitot. Collection complète des mémoires relatifs à Thistoire de France. Paris, 1819-26, 52 vol.

Michaud et Poujoulat, Nouvelle collection des mémoires pour servira l'histoire de France. Paris, 1836-39, 32 vol.

Barrière et Lescure, Bibliothèque des Mémoires relatifs à Thistoire de France pendant le xvin« siècle. Paris, 1855-75, 30 vol. in- 18.

Berville et Barrière, Collection des mémoires relatifs à la révolution flrançaise. Paris, 1820-27, 55 vol.

Mémoires relatif^ à Thistoire de France (dans la Bibl. elzevierienne). Paris, 1855-77. 28 vol. (sans tomaison).

La plapart de ces coUeciions dé mémoires sont des entreprises de librairie, sans valear scientifique, partant sans garantie d^authenticitè ni pour le fond, ni pour le texte. Aussi faut-il y préférer, quand on le peut, les éditions disséminées dans les publications des sociétés savante» on dues à des éditeurs du métier, telles que les éditions données par Buchon dans : Choix de chroniques et mémoires sur V histoire de Frcmce^ Paris, 1836-38, 17 vol. ; — celles de Régnier et de ses 'collaborateurs^ en publication sous le titre : les Grands écrivains de la France (où l'on trouvera le texte définitif &e^ Mémoires les plus célèbres du xvn« siècle : Cardinal de Retz; — Xa Rochefoucauld; — Saint Simon) ; — celles de la Société de Vhistoire de France (éditées depuis 1834, sans tomaison).

OUl^qae. — Collection de Mémoiren relatifs à Thistoire de Belgique, publiée par la Société de Vhistoire de Belgique : l^ série : Mémoires sur le xvi« siècle. Bruxelles, 1858-74. 29 vol. t« série : Mémoires sur le xvn* siècle. Bruxelles, 1867-73. 11 vol. 8' série : Mémoires sur le xviii* siècle. Bruxelles, 1862-72. 4 vol.

Aa^ietorre. — La seule collection homogène est une traduction Arançaise : Guizot, Collection de mémoires relatifs à la révolution d*Anglegleterre. Paris, 1823-27, 25 vol. — Il ftiut rechercher les autres productions de ce genre dans les publications mixtes des sociétés historiqueSr connues en Angleterre sous les noms de : Cambden Society; — Maitkmd elub ; — Roxburghe clubj etc.

AUemagoe. — L*Allemagne, qui est fort pauvre dans ce genre de littérature, n'en a publié aussi que des collections d'un caractère locale telles que :

Rerum Austriacarum Scriptores. Vienne (Acad.), 1855-75. 8 vol.

Die Preussischen Geschichtsschreibern des 16 und 17 Jahrh. Kœnigsberg, 1876-88. 5 vol.

D'autres mémoires sont disséminés dans des publications mixtes : Bibliothek des litterarischen Verems in Stuttgart. 1842-88 ; - Publikationen aus dem K. Preussischen Staatsarchiven. Leipzig, 1878-90 (Mémoires de Frédéric II; <- de Sophie de Hannovre ; — de Henri de Catt).

Italie. — Thésaurus antiquitatum et historiarum Italiae [p. p. Graevins]. Leyden, 1704-23, 30 vol. in-fol.

Istorici délie Cose Veneziane. Venise, 1718-22, 10 vol. in-4.

Archivio storico Italiano. Florence. 1842-88.

Ce sont plutôt des histoires que des mémoires^ que l'on a reproduites dans ces collections d'un caractère mixte.

». — La i2. Academia de la Eistoria de Madrid publie un fiemorial historico espanol (Madrid, 1851-88, 20 vol.), dont quelques

ouvrages peuvent être assimilés aux mémoires. On en trouve aussi dans la Coleccion de documenios inedUos, citée p. 385.

CiuTiQUB DES HÉMOIRES. — Un petit nombre d'auteurs ont publié leurs mémoires de leur vivant, et ce sont presque toujours des littérateurs, tels que Chateaubriand (Mémoires d^outre-tombe), Quizoi (Mémoires pour servir à Vhistoire de mon temps), etc. La masse des mémoires appartient à la littérature posthume, comme il a été dit plus haut, et alors leurs texte peut donner lieu aux mômes discussions critiques que les ouvrages antérieurs à Tinvention de Timprimerie. Il se peut que les manuscrits soient d*une lecture difficile, tels que le Biary de Samuel Pepy (1659-1669), qui est écrit S?iort?iand; tels dans un autre genre, les Pensées de Pascal ou les Sermons de Bossuet^ dont le texte et les variantes ont exercé la sagacité des éditeurs, presqu*autant que les classiques de Tantiquité. Il se peut que les éditeurs aient pris des extraits ou des copies altérées pour Toriginal : c^est ainsi que nous ne connaissons le vrai texte des Lettres de Madame de Sévigné que depuis l'édition Monmerqué et les Mémoires de Saint Simon que depuis Chéruel (1864). Il se peut enfin que les Mémoires ne soient pas de Tauteur auquel on les a attribués. Quelques fois ils sont entièrement apocryphes; d'autres fois, ils ont été composés, à Taide de matériaux originaux, par des arrangeurs. En France, surtout, il y a eu toute une fabrication de faux mémoires. C'est une tâche considérable pour la critique que de faire le triage de ces matériaux. Ce travail est à peine commencé. On en trouvera les éléments, pour la France, dans : Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées. Paris, 1869-70; pour les autres pays, dans les recherches de RAnke (Analecten).

PREMIERE SECTION

Des archives ou des matériaux inédits de l^hiàtoire moderne.

Littérature : Outre les Traités de diplomatique, déjà cités (p. 18), — ChampoUion-Figeac, Manuel de Varchiviste. Paris, 1860. — Holtzinger, Katechismus der Registratur und Archivkunde. Leipzig, 1883. — Lôher, Archivlehre. Paderborn, 1890. — Consulter aussi le périodique suivant : Lôher, Archivalische Zeitschrift, Stuttgart, (depuis 1876). Annuel.

§ 1. — Db LA FORMATION DES ARCHIVES.

Par leur origine, les archives sont étrangères à l'histoire. Les dossiers dont elles se composent, ont été formés et conservés, non dans un but scientifique, mais dans un but administratif et pratique. Les gouvernements et leurs agents y ont déposé leurs papiers sans aucune arrière-pensée de publicité, sans soupçonner môme le parti que Thistoire en tirerait un jour, et c'est justement ce qui en fait la valeur aux yeux des historiens. Mais pour nous y faire pénétrer et nous mettre en possession de ces matériaux, il n'a fallu rien moins qu'une révolution violente et la chute de deux ou trois gouvernements.

Il va de soi que l'eflfet de cette révolution a été purement rétroactif. Les archives des administrations actuelles ne sont pas plus accessibles que ne l'étaient en leur temps celles de l'ancien régime. Ainsi à côté des anciennes archives, qui sont devenues historiques^ des archive- nouvelles se sont formées depuis et ne cessent de se former encore, en tout lieu où une administration vient à s'installer avec ses bureaux. On ne conçoit pas une administration sans archives, et, pour le dire en passant, c'est là la seule étymologie

acceptable de ce mot, archivum, àpxeîov, qui signifie le siège ou bureau d'une dp^n ou autorité quelconque.

Pour retracer la formation de nos archives modernes, nous sommes obligés de remonter au moyen âge et de faire Thistoire d'une pièce d'archives prise en général, renvoyant pour les exemples, comme aussi pour les exceptions, aux Traités de diplomatique.

Dans toute pièce d'archives, il y a trois opérations distinctes à considérer : l'expédition, — la conservation, — la reproduction.

Au moyen âge, c'est à la chancellerie qu'incombait l'expédition des pièces. Les papes et les empereurs, les rois et leurs grands vassaux, les chapitres et les universités avaient leurs chanceliers. Dans les temps modernes, les chancelleries des souverains ont donné naissance, en se fractionnant, aux ministères, et ceux-ci à leur tour ont engendré cette enfilade de bureaux dont la paperasserie prépare les archives de l'avenir.

Mais revenons au passé. Au sein de la chancellerie, qui était la bureaucratie d'alors, tout acte donnait lieu à deux pièces distinctes, la minute et l'expédition proprement dite.

La minute {concept, en Allemagne) était une sorte de brouillon, avec des ratures et des corrections, le plus souvent sans signature, sans date, et toujours sans sceau. L'expédition au contraire, écrite avec plus de soin (litterae grossae) était rendue authentique par les signatures dont elle était revêtue ou par le sceau qu'y appendait l'autorité compétente : telle était la fonction capitale du chancelier, qui était en môme temps garde des sceaux. C'est la pièce expédiée dans ces formes qui constituait l'original. Celui ci a pris d'ailleurs les noms les plus divers selon les temps et les pays, diplôme^ charte, privilège, lettres, closes ou patentes, Urkunde en Allemagne, Boll en Angleterre, etc. De ces deux pièces, l'original était délivré au destinataire ; la minute restait au bureau d'expédition.

La oonservation de loriginal incombait à Timpétrant. Pour celui-ci, cette pièce avait la valeur d'un titre et devait servir, en effet, à établir en justice, en cas de contestation, soit un droit soit une propriété. Aussi la conservation des chartes, au moyen âge, était elle entourée de précautions particulières. Elles étaient déposées en lieu sûr, dans une église ou dans un château- fort, parfois dans une cache souterraine, soit encore dans une armoire de fer ou un coffre à plusieurs serrures dont les clefs étaient confiées à des mains différentes. Ces chartes s'accumulant avec les années, ont constitué un trésor des chartes ou chartrier, et c'est là le premier noyau de nos archives modernes.

Le Trésor des chartes des rois de France existe toujours : il fut conservé longtemps dans la Sainte-Chapelle, où l'avait déposé S. Louis; il forme aujourd'hui le fonds le plus ancien des archives nationales à Paris.

Les comtes de Flandre gardaient leurs chartes en partie au château de Rupelmonde : ce sont celles qui sont à Gand, aux Archives de VBtat; en partie au château de Lille : ce sont celles que cette dernière ville possède encore, aux Archives départementales.

En Brabant, les ducs déposèrent d'abord leurs chartes dans la trésorerie de Ste Gertrude à Nivelles, et en partie aussi au château de Tervueren, jusqu'à ce que Charles- Quint les fit réunir dans la forteresse de Vilvorde : aujourd'hui, revenues de Vienne à Bruxelles (depuis 1856), elles forment un fonds spécial, la Trésorerie des chartes de Brabant, aux Archives du royaume.

En Espagne, c'est encore aujourd'hui une forteresse, Simancas^ qui garde les Archives de l'Etat, réunies depuis Philippe II.

Gardés avec ce soin jaloux, ces dépôts, on le comprend, étaient inabordables à quiconque était étranger à Tadmininistration : celle-ci se. préoccupait des besoins du service, et non pas de satisfaire à la curiosité des historiens.

La reprodnotion des pièces se rattache étroitement à leur conservation. C'était, en effet, un moyen d'assurer celle-ci.

que d*eQ multiplier les exemplaires, et qudûd ces copies portaient une vérification officielle, sous forme de sceau, signature ou Fidimus, elles pouvaient avoir la m4me autorité que les originaux.

On ne se bornait pas à des copies isolées. On en fesait des recueils^ et ici nous voyons naître un second type de matériaux diplomatiques : cest le registre [Copyeboeck, Copialhuch), qui forme, dans tout dépôt d'archives, la contre-partie de la pièce.

La pièce est l'élément générateur, tandis que le registre n'est qu'une forme de reproduction de la pièce : c'est, en réalité, un recueil de copies. Mais, de môme que nous avons distingué tout à Theure, dans toute acte isolé, la minute et l'expédition, de môme les recueils d actes se partagent en deux groupes bien tranchés, le registre (au sens strict), qui correspond à la minute, et le cartulaire^ qui correspond à l'expédition.

Ces deux groupes se distinguent, en effet, par leur provenance, par leur date et par leur autorité :

P Le registre est un recueil fait au bureau qui expédie les actes, dans le but d'y conserver la mémoire et le texte des expéditions qui en sortent, tandis que le cartulaire ou recueil de chartes est fait au dépôt des titres, afin de conserver le texte des chartes qui y sont entrés.

2^ Quant à la date, le registre est contemporain des actes, puisqu'il résulte de l'enregistrement successif de ceux-ci, à mesure de leur expédition, tandis que le cartulaire, fait après coup, sur des pièces qui appartiennent à plusieurs années et souvent à plusieurs siècles, est toujours postérieur à l'acte le plus récent qu'il contient, et sous ce rapport, il y a entre ces deux genres de matériaux la môme différence que l'on a faite plus haut,dans la littérature historique du moyen âge, entre Annales et Chroniques (p. 291).

3** De là, enfin, leur différence quant au degré d'autorité. Le cartulaire, à moins qu'il n'ait reçu après coup une sanction officielle, ne vaut pas plus qu'une copie quelconque, et présente les mômes altérations, provenant de la né-

gligence, de l'ignorance ou même de la mauvaise foi du copiste, qui peut avoir transcrit pôle-môle des actes faux et des authentiques, des originaux et des copies. Le registre, au contraire, a un caractère authentique, par là môme qu'il émane de la môme autorité que l'original, et c'est souvent de cet enregistrement que dépendait autrefois la force exécutoire des actes de la puissance publique.

Tels étaient entre autres les registres du parlement de Paris, qui reposent aujourd'hui dans le dépôt commun des archives nationales^ après avoir suscité jadis ces démêlés fameux entre les parlementa et la royauté, ces grèves de tribunaux, ces lits de justice, ces exils en masse, qui furent les crises les plus violentes de l'époque monarchique en France.

En résumé, nos archives se composent de pièces isolées et de recueils de pièces, d'un côté ce sont des minutes» des expéditions et des copies ; de l'autre côté ce sont des registres et des cartulaires, les uns et les autres d'origine administrative et conservés avec un soin proportionné à rintérôt majeur que les administrations ont pu y avoir.

Toutefois cet intérêt administratif, qui a créé les archives» est sujet à s'user, à décroître ou à se déplacer. Il arrive que les administrations tombent, que les familles séteignent^ que les propriétés changent de mains, que des droits nouveaux ont abrogé les droits anciens, en sorte que les titres relatifs à ces choses mortes ont perdu leur raison d'être. Dès lors, à un point de vue toujours administratif, ces vieux papiers ne sont plus qu'encombrants; pour gagner de la place, on les refoule dans les coins, on les relègue sous les combles, on les abandonne à la moississure ou aux rongeurs, quand on ne les emploie pas à des usages plus destructifs encore, jusqu'au jour où quelque historien» les rencontrant par hasard, y reconnaisse des matériaux d'autant plus précieux qu'ils sont plus anciens et plus ou* bliés. Il y a là un moment fatal pour les archives ; c'est

alors qu'il en périt le plus, dans cet intervalle qui s'écoule entre le temps où elles ont perdu tout intérêt administratifi et le temps où elles seront reconnues d'intérôt historique « Mais une fois cet intérêt éveillé, une époque nouvelle commence pour les archives, celle de leur concentration et de leur classement.

§ II. — Db la concentration et du classement

DBS archives.

La conceDtration des archives a été commencée par les gouvernements dès le début des temps modernes. C'est ce que Charles-Quint a fait à Bruxelles, Philippe II à Simancas, les papes du xvi® siècle au Vatican. Mais il ne s'agissait toujours que de faciliter la consultation des pièces dans un intérêt administratif. En tout cas, cette concentration ne pouvait être que partielle, puisqu'il était impossible de séparer les archives des administrations dont elles dépendaient encore.

La grande simplification date de la Révolution française. En supprimant par décrets la plupart des institutions de l'ancien Régime, elle a mise en disponibilité des quantités énormes d'archives, et a rendu nécessaire la création de dépôts nouveaux pour les recevoir.

De cette concentration, opérée avec la précipitation et l'inexpérience propre à cette époque de troubles, après une transition qui fut pour les archives un véritable chaos, accompagné de pertes graves et parfois de destructions systématiques, faites en haine du passé, est sorti le régime d'unité qui règne aujourd'hui dans les archives de la France.

A la veille de la Révolution, il n'y avait pas moins de 400 dépôts d'archives à Paris et 5700 dépôts, y compris les chartriers monastiques et seigneuriaux, dans les provinces. Aujourd'hui, les archives publiques proprement dites sont réunies dans un dépôt général, les archives nationales de Paris, et autant de succursales, ou archives départementales , qu'il y a de départements.

Cette concentration a été appliquée successivement à tous les pays annexés à la France : à la Belgique, à la Hollande, au nord de l'Italie, à une partie de l'Allemagne. En Bel-

gique nos archives de fEtat, tant dans la capitale que dans les chefs 'lieux de nos provinces, ne sont que les anciennes archives départementales de l'époque française.

Napoléon conçut un projet de concentration plus vastd encore. A Tapogée de sa puissance, il râva de faire des archives de TEmpire les archives centrales de TEurope, et déjà, dans ce but, il avait fait acheminer vers sa capitale, avec des peines et une dépense considérables, les archives les plus fameuses de TEurope, les archives romaines du Vatican, les archives espagnoles de Simancas, les archives allemandes de l'ancien Empire germanique. Mais il tomba avant l'entier achèvement de cette œuvre de simplification grandiose, qui avait ses avantages, mais aussi ses inconvénients. Si elle eût épargné aux historiens les déplacements et les voyages qu'ils doivent entreprendre aujourd'hui, en retour cette mesure créait en faveur de Paris un monopole injuste et dangereux : il n'etlt plus été possible d'écrire l^istoire, la grande histoire du moins, que dans cette capitale, partant sous les yeux de l'empereur !

Après 1815, les Etats sont rentrés en possession de la plus grande partie de leurs archives historiques, et depuis lors la concentration des archives s'est opérée presque partout, certes avec moins de bruit qu'en France, mais aussi avec moins de désordre.

Toutefois il ne faut pas s'y méprendre. Cette concentration n'est complète nulle part. Nous n'avons parlé ici que des archives historiques. Nous signalions plus haut la formation d'archives nouvelles, qui ne sont pas encore entrées dans l'histoire. Mais il existe, en outre, des archives mixtes, qui appartiennent pour une partie au présent et pour une partie au passé : ce sont les archives des administrations et des bureaux qui ont survécu, en nombre notable, à la chute de l'ancien Régime. Dans ce nombre, sont compris toutes les villes et bien des villages (archives communales ou municipales), les institutions de bienfaisance [archives hospitalières), les greffes des tribunaux [archives judiciaires), les études des notaires [archives nota*

riales); sans compter les archives particulières^ qui sont la propriété des familles. Dans tous ces dépôts, il peut se rencontrer des pièces d'un intérêt historique et se faire parfois des découvertes capitales, en sorte que le nombre des archives à explorer demeure toujours considérable, quelques centaines pour la France, et combien davantage pour le reste de TEurope !

La concentration des archives a fait surgir aussitôt une autre question, celle de leur classement. Faut-il les classer par ordre des matières ou par ordre de dates f Faut-il adopter un système absolu, alphabétique, topographique ^ chronologique, etc. ou un système éclectique?

Toutes ces méthodes ont été proposées, essayées ou appliquées, et ces tâtonnements ont fait que, dans la plupart des administrations d*archives, le travail de classement est en souffrance ou du moins inachevé.

Rien de plus fâcheux, comme on l'a voulu à l'origine, que d'appliquer aux archives le même régime qu'aux bibliothèques et de les faire rentrer dans les mêmes cadres théoriques. On s'est heurté aussitôt à des difficultés pratiques insurmontables.

A-t-on adopté l'ordre des matières? Mais il n'y a presque pas de pièces qui ne rentrent dans plusieurs divisions, selon le point de vue que l'on les considère. Telle charte royale peut se classer sous trois rubriques : royauté, par son origine; histoire locale, par son adresse; justice ou finances, par son contenu.

Préfère-ton l'ordre chronologique, si simple à première vue? Mais combien de pièces qui n'ont qu'une date approximative ; combien d'autres dont on ignore la date ; plus les registres, qui s'échelonnent sur une série de dates.

C'est ainsi que les archivistes se sont presque toujours fourvoyés, quand ils étaient plus historiens qu'archivistes, ou quand ils ont cédé trop facilement aux suggestions des historiens, engoués d'une idée spéculative et étrangers à l'admiiiistration.

On Fa reconnu depais. Le seul classement pratique est celui qui laisse aux archives leur caractère originel, leur physionomie historique, en séparant soigneusement les fonds qui étaient séparés avant leur concentration, en respectant Tunité des séries ou des dossiers (liasses, layettes, cartons), tels que les anciennes administrations les avaient formés, et en se servant au besoin, pour les reconstituer, des anciens inventaires mss dressés à l'usage de ces administrations.

Ce classement administratif présente un triple avantage. En premier lieu, il facilite les recherches, parce qu'il les renferme dans un cercle plus étroit, défini par la provenance des fonds, tandis que là où l'on aurait eu le malheur de disperser les fonds ou de les mêler, on pourrait être exposé à devoir remuer la masse entière des archives pour retrouver rien qu!une pièce dont on aurait oublié soit la date exacte soit le sujet précis.

En second lieu, ce classement permet de rendre compte de la provenance d'une pièce, et c'est souvent le seul moyen d'en garantir l'authenticité. Les pièces d'un môme dossier se soutiennent et s'éclairent mutuellement : c'est une copie, dont l'exactitude se prouve par l'acte voisin, qui est original; c'est une pièce sans date, mais dont l'époque est fixée par une autre pièce datée, qui l'accompagne; c'est une lettre répondant à une autre, qui la précède, et qui l'explique.

Enfin, le classement administratif a l'avantage de nous conserver l'image de l'ancien Régime, avec tous ses cadres essentiels. En feuilletant un inventaire des archives ou en en parcourant les rayons, on voit repasser, comme dans un défilé historique, tous les anciens corps de l'Etat, conseils de la couronne, parlements, chambres des finances, patridot des villes, corporations d'artisans, monastères, cha^ pitres, paroisses, etc. C'est seulement dans les archives ainsi classées que l'historien pourra étudier les institutions du passé, et qu'il parviendra, en fouillant leurs papiers, à se rendre compte^ jusque dans le dernier détail, de leurs actes et de leur procédure.

A cet égard, on peut dire que nos archives historiques sont les catacombes de Tancien Régime, où reposent les dépouilles des administrations défuntes, rangées chacune sous une étiquette, que Ton est tenté de prendre pour une épitaphe.

Le personnel des archives, vivant de longue date dans ce milieu, s*y retrouve sans peine et souvent par une sorte de routine, comme fesaient les anciennes administra, tiens. Mais pour l'historien novice, ce classement peut paraître un dédale, où il est exposé à se fourvoyer, s'il n*a pas tout au moins une première orientation, que nous allons essayer d'indiquer.

§111. — D£8 RBGHBRCHBS HISTORIQUES DANS LBS ARCHIVES.

L'historien des temps modernes ne peut se dispenser de recourir aux archives, soit qu'il veuille contrôler les récits de ses prédécesseurs^ soit qu'il se propose d'élucider une question nouvelle, où tout reste à faire.

Ce n'est pas qu'on n'ait déjà extrait de ces dépôts et publié des masses de matériaux. Mais les pièces impri* mées ne représentent qu'une infime quantité de ce qui s'y trouve. La plus grande partie, d'ailleurs, n'est pas imprimable^ et cela pour plusieurs raisons. Le nombre effrayant de ces pièces exclut déjà la possibilité de les imprimer toutes. De plus, dans ce nombre, celles qui n'ont qu'un intérêt local ou privé sont en majorité. Enfin ajoutez à cela les répétitions inévitables et fastidieuses, dans tant de pièces qui sont calquées les unes sur les autres ou sur un type commun.

Ainsi les chartes émanées d'une môme autorité et s'appliquant au môme ordre d'objets, ont aussi la môme rédaction ou formule, et nous avons encore d'intéressants recueils de ces formulaires^ dont les plus anciens (Formulae Marculfi) sont pour le haut moyen âge des monuments juriques de premier ordre. Ce formulaire une fois connu, les variantes que présentent les chartes d'un môme type, ne portent plus que sur les noms propres et les dates.

Ainsi encore les registres d'une môme comptabilité répètent d'année en année, de mois en mois, les mômes recettes et les mômes dépenses avec de simples variantes dans les chiffres.

La reproduction intégrale des pièces des archives n'est

donc demandée par personne. Et si nous en possédions seulement la liste imprimée avec . l'indication de toutes les variantes qui peuvent nous intéresser, cela suffirait amplement aux historiens, qui seraient dispensés de faire des recherches personnelles dans ces dépôts. Mais, dans la plupart des archives^ le travail d'inventaire n est pas plus avancé que le travail de classement, dont il dépend d'ailleurs. Tous les inventaires qu'on en a publiés, ne sont en tous cas que partiels, et il ne faut pas espérer les voir terminer d'ici à longtemps, rien qu'à raison du nombre des pièces à cataloguer.

L'administration des archives de France avait commencé la publication d'un inventaire détaillé des archives du parlement de PaHa (depuis le xiii* siècle). Deux volumes en ont paru sous le titre de : Actes du parlement de Paris (voir plus loin, p 383), Mais on a calculé que pour continuer cette courte analyse de tant d'actes (cinq millions environ), il ne faudrait pas moins de 525 volumes in-4 Cependant le parlement de Paris n'est que l'un des douze parlements de France, et ces douze parlements ne constituent que Vinstance d'appel parmi les juridictions de l'ancien Régime, qui avaient toutes leurs archives.

Faute d'un inventaire complet, il ne reste à l'historien d'autre parti à prendre que de chercher lui-mâme les documents dont il peut avoir besoin.

Trois espèces de répertoires peuvent servir de guide aux chercheurs.

P II y a d'abord les tableaux synoptiques, simple état des fonds qui ont été concentrés dans un dépôt déterminé. Ce sont les seuls répertoires arrivés à terme. Aussi sontils très courts. Pour tout dépôt qui n'a publié aucun tableau de ce genre, les Notices historiques, retraçant les origines de ce dépôt, sa formation et ses accroissements, pourront en tenir lieu. Par là, nous aurons déjà fait un premier pas, c'est de savoir, parmi ces centaines de dépôts, celui ou ceux auxquels nous pourrons nous borner.

2^ Il y a ensuite les inventaires sommaires, qu'il faut distinguer des inventaires analytiques. Nous entendons par là un inventaire par articles numérotés (carton, dossier ou registre), sans détailler le contenu de l'article, mais avec indication de sa nature et de sa date. Ce sera toujours un second pas de fait que de connaître les n®' des cartons ou registres correspondant aux années sur lesquelles portent nos recherches. C'est Tadministration française qui a inauguré, en 1853, cette méthode plus expéditive d'inventorier, et qui l'a appliquée déjà à un grand nombre d'archives tant centrales que départementales. Ces inventaires sommaires, en voie de publication sur un plan uniforme, ne sont pas terminés; mais du moins l'on peut espérer d'en voir un jour l'achèvement.

3^ Il y a enfin les inventaires analytiques ou par pièces, sur l'achèvement desquels Ton ne peut guère compter. Les uns ne sont pas sortis du moyen âge. Les autres ne con* cernent qu'une institution isolée. Là où ils existent, il n'y a plus de recherches à faire. Il suffira à l'historien d'indiquer le n^ de la pièce ou la page du registre pour se procurer l'acte qu'il voudrait ou consulter ou publier.

Telle est la méthode à suivre par celui qui veut se livrer à des recherches inédites sur l'histoire non seulement des temps modernes, mais déjà des derniers siècles du moyen âge. Il va de soi, qu'à mesure qu'on remonte dans le moyen Âge, la moisson des anecdota à faire devient plus maigre. Les fonds les plus anciens de nos archives historiques ne remontent guères au de là du xiii^ siècle. Avant l'an 1200, les pièces inédites sont si rares qu'on ne manque pas de les publier à mesure qu'on les découvre.

Il nous reste à montrer l'application de cette méthode à quelques uns des dépôts diplomatiques les plus célèbres de l'Europe et les plus utiles à la majorité de nos lecteurs, en indiquant pour chacun d'eux les répertoires usuels, dont nous définirons la nature par l'un de ces trois sigles :

type  » Notice ou Tableau (par fonds), type B '^ laventaîre mvmm ^(par articles) ; type C — layentaire analytique (par pièces) ;

Italie :

Arohives yaticaiiea. — Ces archives, dont la concentration a été décrétée par Pie IV (1565), mais accomplie seulement BOUS Paul V (1613), comprennent des fonds de tout âge, dont les plus anciens (les Registres des papes) remontent au XII* siècle (1198). — On y trouve deux fonds d'une importance capitale, Tun pour l'histoire du moyen âge, le fonds des Registres des papes, transcription officielle (voir p. 369) des buUes, brefs, etc., formant 2018 volumes depuis Innocent 111 jusque Sixte-Quint; l'autre fonds, non moina capital pour les temps modernes, c'est la collection des nonciatures, environ 8000 registres (factices). — Toutefoia jusqu'en ces derniers temps, ces matériaux ont été réservés aux archivistes du Vatican (voir leurs publications p. 389) et à quelques privilégiés. CTest ce qui donne la valeur d'une source aux AnntUes ecdesiastici (1 198-1565), que Raynaldi, le continuateur de Baronius (p. 278), a pu écrire avec ces matériaux. — Sur le voyage de ces archives à Paris, voir p. 373. — Enfin la libéralité du pape Léon XIII régnant a ouvert au public (en 1880) ce dépôt d'une richesse inappréciable et amené l'établissement à Rome de plusieurs stations historiques, dues à l'initiative soit des sociétés savantes soit des gouvernements : V Ecole française de Rome; — Vinstitut allemand, aux frais de la Oôrresgeselschaft ; — la station autrichienne, dépendant de l'Institut fur Œsterreich OeschicfUsforschung; — une station hongroise, sous le patronage de l'Bpiscopat du royaume de Hongrie; — une station prussienne, qui vient de s'organiser.

Dannou, Tableaa systémaUqae des archives de l'Empire. Paris, 1811, (cofUenant dam la •• Division italienne, l** section : Archives de Rome, ^M^tableau des fonds).

Reproduit dans : Gauchie, Anx archives vaiicanes. Lonvain, 1891.

Marini (0.), Memorie degli iurchivi deUa S. Sede. Rome, 1825.

Qachard, Les archives du Vatican. BroxeUes(Ck>mm. d*hi8toire),1874.

Ecole firançaise de Rome, Les Registres des Papes, p. Bercer, Digard, etc. (dans : Bibliothèqne des Ecoles flrançaises).

'Leonis X p. m. regesta éd. Hergenroth. Priboorg, 1884, vol. I (1513- 1S4).

Arehi¥M vénitieiiiies. — Venise, berceau de la dâplomi^e earopéemie (p. 360), tient ausai Tun des premiers rangs par Tisoportanee de ses archives diplamatiques, ijuportanaa qui n'a pas écbi^ptpé aux historiens de ce siècle. Même apràs les trayaux qu*en ont publiés Alberi, Ranke, <^achard, etc. (voir infra), il y reste encore beaucoup à faire, là commencer par les inventaires. En attendant, on peut consulter :

Baschet, LesaPohÂves.de Vernse. Paris, isno. Ceccheti, OU archivi délia Rep. Veneta (dal seclo 13 al 19). Venise

S^gglo d'Inventario degli archivii di Venezia. Venise, 188t.

Acta et diplomata sommaUm regesta (jasqa*en 1450) p. Minotto.

Venise, 1870-74, 8 vol. in-4.

Calendars of State Papers, relating to English affairs, existing in

the archives of Venise, p. Brown, Cavendish. Londres, 1864-90,

7 vol. [l£0e-1580l.

Antres aïohives italiennes. — Dans toutes les villes d'Italie, qui furent capitales autrefois, il existe des dépôts diploma-

tiques, dont il serait trop long de faire un détail ici. Comme répertoire d'ensemble, consulter :

Vazio, Relatione sogli archivi di Stato italiani. Rome, 1883.

Espagne et Portugal.

Arohives de Simancas. — Des trois grands dépôts d'archives en Espagne, celui de Barcelone (archives d'Aragon) est surtout important pour le moyen âge ; celui de Cadix pour les colonies. Simancas (voir p. 368), création de Philippe II, aies archives les plus intéressantes pour les Etats de l'Europe moderne. — Sur leur transport à Paris, voir p. 373. Il en est resté à Paris un fonds dit : papiers de Simancas. — Longtemps fermé aux historiens, môme indigènes, pourtant malgré les intentions de Philippe II. Gachard est le premier étranger qui ait réussi à y pénétrer. La situation excentrique de ce dépôt en rend l'accès toujours incommode.

Qachard, Notice hist. et descriptive des archives R. de Simancas (en télé de : Correspondance de Philippe II. Braxelles» 1848).

Romero de Castilla, Apantes hist. sobre el archivio gen. de Simancas. Madrid, 1874.

Calendar of State Papers, relating to Bngland, preserved at Simancas, etc. p. Bergenroth, Gayangos. Londres, 1868-90 [1485-1542].

Archives du Portugal. — Ces archives, sur lesquelles les détails nous manquent, doivent ôtre aussi riches que bien tenues, à en juger par le répertoire suivant :

Qaadro elementar das relaçôes polit, et dipl. de Portugal. Lisbonne et Paris, 18 vol. (voir p.391}b

France.

Archives nationales. — Elle do furent d*abord que les Archives de l'Assemblée nationale, et ne datent donc que de 1789. Leur importance historique résulte de l'incorporation successive des archives de toutes les administrations supprimées, Conseils d'Etat^ Parlement^ Institutions locales du département, etc. Les fonds les plus anciens [Trésor des chartes^ p. 368) remontent au xiii"^ siècle. Tous les fonds ont été boulversés par le fameux bureau du triage à l'effet de former la collection, factice, des Monuments historiques^ la plus précieuse néanmoins. Heureusement, on peut s'y retrouver aujourd'hui, grâce à d'excellents inventaires, à savoir :

Bordier, Les archives de la France. Paris, 1885.

Inventaire sommaire des fonds conservés aux archives nationales. Paris 1871, in-4, vol. I : Régime antérieur à 1789.

Inventaires partiels : Trésor des Chartes [Layettes, 755-1260) p. Teulet et de Laborde, 3 vol. — Parlement de Paris [actes, 1254-1328] p. Boutaric, 2 vol. — Conseil d'Etat [Règne de Henri IV : arrêts] par Valois, vol. I.

Archives des afEûres étrangères. — Parmi les trois ministères. Affaires étrangères^ Guerre et Marine^ qui ont survécu à la chute de l'ancien Régime, partant qui ont des archives mixtes (p. 373), le premier a une importance capitale comme dépôt diplomatique. Toutefois la conservation officielle et suivie do ces fonds ne date que du ministère de Lyonne (1663). Longtemps impénétrables aux historiens, ces archives sont enfin, en 1874, devenues accessibles au public, mais pour Tépoque antérieure à 1791 seulement.

, Bascbet, Histoire da dépôt des archives des affaires étrangères. Paris, 1875.

Inventaire sommaire des archives da département des Aff. ètirangères. Paris, 1882.

Inventaire analytique des archives du Ministère des Aff. étrangères (en publication). Paris, 1885 ^air infra p. 392).

ArdÛTes départsmentales. — Sur leur origine, voir p. 372* — Dans le nombre, il y a deux importants dépôts diplo* matiques, celui de Dijon, surtout pour l'époque des Valois de Bourgogne (xv« siècle), et celui de Lille, pour Fhistoire des Pays-Bas.

Gachard, Rapport sui^ les archives de Lille. Bruxelles, 1841. Oachard, Rapport sur les archives de Dgon. Bruxelles, 164S.

Archives départementales. Nord. Inventaire sommaire des archives

civiles. Lille, 1865-85, 6 vol. in-4.

Item. Côte d*or. Inventaire des archives civiles. D^on, 1880-86, 3 vol.

Inventaire analytique des archives de la Chambre de comptes à Lille. Paris 1865, in-4 [ju8qu*en 1270].

Pays-Ras.

Ardiives générales de BnunOtti. — La coucenta^atian de ces archives date de la domination française, comme dépàt départemental (voir p. 373). Ce dépôt s*est ensuite accru de toutes les archives des anciens Pays-Bas, dont on a pu obtenir la restitution. Les fonds les plus anciex» (TVirfsarerie des chartes de Brabant, (voir p. 368), remontent au Xfli* siècle. Les fonds de Y Audience et de la Secrétairerie d'Etat comprennent les papiers diplomatiques les plus importantfi pour l'histoire moderne.

Qachard, Notice sur le dépôt des archives de Belgique. BnuDelleSy

Oaobard, Rapi^^ict sur radmiDittration des archives depate mi«

Bruxelles, 1866.

Gachard, Tableaa synoptique des fonds {inséré dans le Rapport

précédent).

hwemtaires parHéU : Cliambre des Comptes, par GÀChard et Pin* chart, 5 voL; — Notariat da Brabant^par Oalastoot; — Cïoof féodale de Brabant, par Oalesloot, 2 vol; — Chartes des comlet de Namar, par Piot; — InTentaires divers, par Plot.

Angleterre. '

Aidiiyes générales. — Lear coDcentration date de la création du Record office (1855), où sont maintenant réunies les archives de la Tour de Londres, de l'Abbaye de Westminster, etc. Enfin, en 1870, on y a incorporé le fonds des papiers d*Etat du Foreign office (jusqu'en 1810). Outre les inventaires (Calendars) partiels de certains fonds, Tadministration des archives (Rolls) publie un inventaire général des Slale Paper s en plusieurs séries (foreign, domesiic, ookmaHj, dans l'ordre chronologique, sans tenir compte de la provenance des pièces. Au point de vue diplomatique, ce mélange de tous les fonds, y compris des pièces tirées des bibliothèques et des imprimés, peut être critiqué. Mais cette publication n'en rend pas moins d'immenses services aux historiens.

ThomaSf Handbook to the public Record. Londres, 1853. Bwald, Dur public Records. Londres, 1873.

Calendars of State Papers of Henry VIIL Foreign and domestic

p. Brewer, Gairdner. Londres, 1862-82, vol. I-VI [1509-1533]. Calendars of State Papers, Foreing séries {infra : p. 394). Calendars of State Papers. Domestic Séries : [1547-1625], 12 vol.

— [1625-IG45J, 17 VOl. - [1649-1657], 10 vol. — [1660-1667], 7 vol.

- [1760-1762J, 3 vol.

Calendars of State Papers. Colonial séries [1513-1668], 5 vol. Calendars of State Papers relating to Scotland [1509-1603], 2 voL

Oaleadars of State Papers reiating to Irlaod [1171-1301J, 4 yol. — 11509-1588], — 3 vol. 11603-1625], 5 vol.

Autriche.

Arohiyes impériales de Vienne. — Ce dépôt (K. K. Haus- Bof-und Staatsarchiv), qui date de Marie-Thérèse (1749), réunit un grand nombre d'archives de provenance aussi diverse que Tétait la composition des Etats de la maison d'Autriche : on y retrouve des fractions des archives des anciens Pays-Bas; — celles du duché de Lorraine (jusqu'en 1765); — celles de l'ancien Empire germanique : chancellerie impériale de Majence ; — diète de Ratisbonne ; — Chambre de Wetzlar, etc. C'est le dépôt diplomatique le plus considérable de l'Autriche.

Wolf, Geschichte der K. K. Archive in Wien. Vienne, 1871.

BOhm, Die Handschrifben des K. K. Staats-Archivs. Vienne, 1873. Supplément, 1874, (ne donne que le catalogue d*environ 1500 mss, formant une annexe des archives.lJ

Allemagne.

Archives diplomatiques. — On y conserve un nombre considérable de dépôts diplomatiques, autant qu'il s'y trouvait naguères de grands ou petits Etats, ayant chacun un service de relations extérieures. On doit ici se borner à renvoyer au répertoire général suivant :

Bnrkhardt, Handbuch der Deutschen Archive (f édition). Leipzig,

DEUXIEME SECTION

Ciolleotlons principales des matéiianz publiés.

Pour faire un travail original, il n est pas toujours nécessaire d'explorer les archives. On en a déjà tiré et publié une masse considérable de matériaux, qui n*ont pas encore été mis en œuvre ou l'ont été imparfaitement. D'ailleurs, avant de se lancer dans l'inédit, il est indispensable de connaître ce qui a été extrait des archives jusqu'ici, si l'on ne veut pas ou perdre sa peine dans des recherches déjà faites ou s'exposer au ridicule de donner au monde comme nouveautés des documents bien connus. Tantôt ce sont les historiens qui se sont plu à enrichir leurs ouvrages de ces extraits, appelés preuves autrefois, pièces justificatives aujourd'hui. Tantôt il a paru, sous le patronage soit des gouvernements soit des sociétés savantes, des recueils de documents puisés dans les archives publiques. Ce sont les principaux de ces recueils que nous allons énumérer, en les partageant en deux classes, savoir :

les recueils qui relèvent du droit public externe,

les recueils qui appartiennent au droit public interne.

§ I. — LkS ACTB8 OFFIGIBLS DB LA POLITIQUE SXTÉRIBUM*

RÉPBRT0IRB8 : Martens (Q. F. de), Guide diploYnatique. Berlin^lSOl. — Ghillany, Diplomatisches Ranâbuch. Nôrdlingen, 1855, t yoI. — Tétot» Répertoire chronologique des traités de paix, de commerce, etc. conclus entre toutes les puissances du globe (1493-1866). Paris, 1866.

Les traités internationaux, qui ont réglé les rapports des puissances pour une époque déterminée, fbrmeot les assises inébranlables de l'histoire générale. Tous les grands faits de l'histoire se rattachent à ces traités, soit qu'ils les préparent soit qu'ils en résultent. C'est donc par là qu'il £Etut commencer. Pour les temps modernes, on trouvera ces traités dans les recueils suivants :

Leibnitz, Codex Juris gentium diplomaticus. Hannovre» 1693, infol. avec un supplément, Mantissa. Ib. 1700.

Ce recueil est le premier qui ait un caractère européen : il s*étend de 1097 jusqu'au temps de Leibnitz.

Rymer, Fobdbra, acta etc. inter reges Angliae et alios tractata. Londres, 1704-18, 17 vol. in-fol.

Ce recueil, extrait directement des archives d'Augleterre, a une autorite supérieure aux autres quant à l'exactitude des textes. Mais il n*est complet (de 1101 à 1654) que pour l'Angleterre. Il en est ainsi de la contifmation (vol. 18-20) par Sanderson (Londres, 1726-41). La réimpression hollandaise est la plus répandue (La Haye, 1737-45). Il en existe aussi un répertoire, Syllabus, par D. Hardy. Londres, 1868. 2 vol. (Rolls Séries).

Dumont, Corps univbrsbl diplomatique du droit des gens. — Suppléments par Rousset. Amsterdam et La Haye, 1726-39, 13 vol. in-fol.

C'est le recueil classique, indispensable à raison de son étendue, qui embrasse tous les pays et tous les temps depuis Charlemagne jusqu'en 1739. Mais il va de soi qu'une publication aussi considérable ne peut être de première main ; la plus grande partie n'est qu'une reproduction de textes d^à publiés ailleurs, y compris les inexactitudes qui s'y rencontraient souvent.

Martens (G. Fr. de), Recueil des principaux traités depuis 176) jusqu'à présent. Avec continuations, sous le titre : Supplément; — Nouveau recueil. Gœttingue, 1791- 1888 (environ 70 vol.).

C'est le recueil autorisé dans la diplomatie actuelle. Il eu existe une Table générale (pour les années 1494-1874). Gôttingue, 1875-76, 2 vol.

S*il ne s agit que de connaître la teneur générale des traités, on peut recourir avec avantage aux auteurs suivants, qui, à défaut des textes, donnent l'analyse de ceux-ci :

Koch, Abrégé de Vhisioire des traités de paix. Bâle, 179Ô. Sclioell, Histoire abrégée des traités de paix, Paris, 1817, 5 vol. Garden (Cte de). Histoire générale des traités de paix. Paris, 1847-59, 14 vol.

Les traités, dont nous parlons, ont été précédés d*un travail continu, tantôt public, tantôt secret, fiévreux par moments, qui comprend toute la diplomatie. Ce sont ces négociations diplomatiques qui nous donnent la clef des traités, en nous fesant connaître les desseins des puissances, les manœuvres de leurs agents, cet ensemble d'impulsions et de résistances dont le droit^es gens est la résultante. En signalant les négociations publiées dans les grands recueils de chaque pays, nous ne tenons compte que de celles qui ont eu une portée européenne, et qui sont rangées ici, non pas dans Tordre des éditeurs, mais dans Tordre des règnes ou époques, pour la facilité des recherches.

Italie :

Publications des archivistbs du Vatican :

Marini, Monumenta britannica (1216-1759), 48 in-fol. Mss. (déposés au Bntish Muséum, où ils sont à la disposition du public).

Theiner, Codex diplomaticns dominii temporalis S. Sedis (756-1793). Rome, 1361-62, 3 vol. in-fol.

Theiner, Vetera monamenta Poloniae et Lithuaniae historiaiii illustrantia (1217-1775). Rome, 1860, 4 vol. in-foL

Id. Vetera monamenta Hangariam iUastrantia (1216-1529). Rome, 1859-60, 2 vol. in-fol.

Id. Vetera monamenta Slavoram merid. historiam 111. (1198-1800). Rome, 1863-75, 2 V. in-fol.

Id. Documents inédits relatif aux affaires religieases de France (1790- 1800). Paris, 1858.

Id. Monuments historiques relatifs aux règnes d*Alexis, Féodor III et Pierre le Grand (1652-1725). Rome, 1859. in-fol.

Id. Vetera monumenta Hibernorum et Scotorum historiam illustrantia (1216-1547). Rome, 1874.

Balan, Monumenta reformationis Lutheranae (1521-1525). Ratisbonne,

Carini e Palmieri, Spicilegio Vaticano. Vol 1. Rome, 1890 (en ptiàlication).

Publications de la Deputazionb Vbnbta di Storia :

Paruta, La legazîone di Roma, 1592-1595, Venise. 3 vol.

Sanudo (Marine), I diarii, (1496-1533) Venise 1879-88, vol. I-XXIX. in-fol. (en publication).

Relazioni degli ambasciatori Veneti [p.p. AlberiJ.Florence,1839-62,15 vol.

Relazioni degl. amb. Veneti nel seculo XVII [p. p. Berchet]. Venise, 1858-62, 5 vol.

Espagne :

COLEOCION DE DOCUMENTOS INEDITOS PARA LA HI8T0RIA

DE EsPANA, par Salva.... Madrid, 1842-88.

Vol. 14. Cartas entre Fernando V y Felipe 1, 1504-1506.

Vol. 24. Correspondencia de D. Hugo de Moncada con Fernando V y Carlos V, 1500-1520.

Vol. 14. Cîorrespondencia del Cardenal de Osma con Carlos V, 1530-1531.

Vol. 2. Correspondencia entre Fernando I de Alemania y Felipe II, 1556-1563.

Vol. 4. Cartas de Felipe II sobre los Paises Bs^os, 1562-1570.

Vol. 27-28. Documentes relatives a los Paises Bajos, 1567-1573

Vol. 6. Correspondencia de Felipe II con sus Embigador en Portugal, 1578-1580.

Vol. 82-35. Correspondencia del Duque de Alba, 1580-1581.

Vol. 88-92. Corespondencia de Felipe II con sus embs^adores en Inglaterra, 1558-1584.

Vol. 54. Correspondencia de D. Gonzalo de Cordoba sobre la guerra del Palatinado, 1622.

Vol. 82-84. Correspondencia de los plenipotenciaros esp. en el congreso de Munster, 1643-1648.

Publication de la Rbal âcademia db la historia :

Cartas del Cardenal Jimenez de Cisneros (1515-1517). Madrid 1867, 2 vol.

Portugal :

Publications de l' Académie royale de Lisbonne.

CORPO DiPLOUATico PoRTUQUBz contondo OS actes e relaçôes politicas e diplomaticas desde o seculo XVI :

Relaçôes com a Curia romana : 1501-1562 [p. p. Rebelle da Silva], vol. I- IX. Lisbonne, 1862-86, in-4.

QuADRO BLEHTAR das relaçôos polit, e dipl. de Portugal desde o principio da Monarchia. Lisbonne et Paris> in-S, 1842-76, [p. p. Santarem, Rebelle da Silva, etc.].

C'est un répertoire chronologique de tous les actes, imprimés ou. mss, classés par pays, à savoir : Espagne (1168-1815), vol. 1-2 ; — France (jusquen 1778), vol. 3-8; — Rome (jusqu'en 1580), vol, 9-13; — Angleterre (jusqu'en 1815), vol. 14-18.

France :

Collection de documents inédite sur l'histoire de France (p. p. le Ministre de Tlnstruction publique). Paris, 1835-1888, in.4.

Relations des ambassadeurs vénitiens sur la France au xvv s. p. p. Tommaseo. Paris, 1838, 2 vol.

Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane (1311-1610) p. p. A. De^ardins, 1859-75, 5 vol.

Négociations de la France dans le Levant (1515-1589) p. p. Ctiarrière. Paris, 1848-60, 4 vol.

Négociations entre la France et TAutriche (150M530), p. p. Leglay Paris, 1845, 2 vol.

Papiers d'Etat de Granvelle (1500-1565). p. p. Weiss. Paris, 1841-52,

9 vol.

Captivité de François I, p. p. ChampoUion-Figeac. Paris, 1847.

Négociations de François II (1559-60), p. p. Paris.Paris, 1841.

Lettres de Catherine de Médicis (1533-66), p. p. de la Ferrière. Paris, 1880-85, 2 vol.

Recueil des lettres missives de Henri IV (1562-1610), p. p. Berger de Xivry. Paris, 1843-58, 7 vol.

Papiers d'Etat de Richelieu (1608-1642), p. p. Avenel. Paris, 1853-77,

8 vol.

Lettres de Mazarin pendant son ministère (1642-51), p. p. Cheruel. Paris, 1872-87, 4 vol.

Négociations relatives à la succession d*Espagne, sous Louis XIV (1659-1679), p. p. Mignet. Paris 1835-42, 4 vol.

Publications de la Commission des archives

DIPLOMATIQUES à Paris :

Correspondance politique de MM. de Castillon et de Marillac (1538-40), p. p. Kaulek. Paris, 1885.

Ambassade de M. de Selve (1546-49), p. p. Lefôvre-Pontalis. Paris, 1888.

Papiers de Barthélémy, ambassadeur en Suisse (1792-1797), p. p. Kaulek. Paris, 1887, 3 vol.

Recueil des instructions données aux ambassadeurs de France depuis les traités de Westphalie jusqu'à la Révolution française :

I. Autriche fp. p. SorelJ. Paris, 1884. — II. Suède [publié par GeflfiroyJ. Paris, 1885. — III. Portugal [p. p. Caix de St-Aymour]. Paris, 1886. — IV- V. Pologne [p. p. Farges]. ib. 1887. — VI. Rome [p. p. Hanoteaux]. Paris, 1888. — vol. VII. Bavière [p. p. LebonJ. Paris 1888. — IX. Russie [p. p. Rambaud]. Paris, 1890.

Belgique :

Publications de la Commission royale d'histoire

de Bruxelles :

Série in'4 :

Correspondance du Cardinal de Granvelle, t. Mil (1565-1570), p. p. Poullet, 1878-81.

T. IV- VII (1570-1580) p. p. Piot, 1884-89 (ftât suite aux : Papiers cTEtat du môme, cités p. 392).

Relations politiques des Pays-Bas et de TAngleterre sous Philippe II, p. p. Kervyn de Lettenhove. Bruxelles, 1882-90, 9 vol.

Série in-S :

Relations des ambassadeurs vénitiens sur Charles -Quint et Philippe II, p. p. Qachard. Bruxelles, 1855.

Correspondance de Charles-Quint et d'Adrien VI, p. p. Gachard. Bruxelles, 1359.

Autres publications db Gachard sur le xvi* siècle.

Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas. Bruxelles, 1848-79, 5 vol. in-4.

Correspondance de Marguerite de Parme avec Philippe II. Bruxelles, 1867-81, 3 vol. in 4.

Correspondance de Guillaume le Taciturne. Bruxelles, 1847-66 6 vol.

Lettres de Philippe II à ses filles (1581-1583). Paris, 1584.

Hollande :

Publications de la Société historique d'Utrecht.

Documents concernant les relations entre le duc d^Aqjou et les Pays- Bas (1576-1583) [p. p. Muller et Diegerick]. Utrecht, 1887, vol. I.

Correspondentie van Lodewfjk van Nassau [p. p. Blok]. Utrecht, 1886.

Brieven uit den Haag (1616-1618) van Lionello en Suriano [ambassadeurs véniitens]. Utrecht, 1885.

Négociations du comte d*Avaux (1693-89) [p. p. Wynne]. Utrecht, 1882-83, 3 vol.

Archives de la maison de Nassau :

4*^ série : 1552-1584, p. p. Groen van Prinsterer. Leyden, 1835-47, 11 vol. (avec tables).

i« série : 1584-1688, p. p. Nijenhuis. Utrecht. 1857-62, 6 vol. (avec tables).

Angleterre :

Publications op the Record Commissioners :

Statb Papbrs during the Reign of Henry VIII. Londres, 1830-52, 11 vol in-4.

Galkndars of State Papers — Foreign Séries.

Les Calendars déjà cités (p. 385) sont plas que de simples inventaires. Les actes^ disposés dans Tordre chronologique, y sont analysés avec assez de détails pour tenir lieu des textes complets ou originaux. Le foreign séries est la seule série à considérer ici, avec cette réserve que pour le règne de Henri VIII, qui ouvre la publication, les deux séries (foreign and domestic) sont mélangées. Ont paru jusqu'ici dans cette série :

State-Papers of Henry VIII, vol. MV : 1509-1530, p. p. Brewer], 1862-72. — Vol. V-VI : 153M533 [p. p. Gairdner], 1880-82.

State Papers of Edward VI : 1547-53 fp. p. Turnbull], 1861.

State Papers of Mary : 1552-58 [p. p. Turnbull], 1861.

State Papers of Elisabeth : vol. I-X, 1558-1574 [p. p. Steveson et CrosbyJ, 1863-76.

A cette série diplomatique se rattachent encore :

Calendars of State Papers- F<?ne^tan, vol. I-VI, 1202-1557, [p. p. Brown], 1864-81, - vol. VII, 1558-1580, Lp. p. Cavendish], 1890.

Calendars of State Papers-5panw^, vol. 1, 1497-1508 [p. p. Bergenrothj, 1868, — vol. II-IV, 1509-1542, [p. p. Gayangos], 1870-90.

Allemagne :

POBLIGATIONS DB LA COMMISSION ROTALB D HISTOIRE

de Munich.

Bribpb und Akten zur Geschichte des XVI Jahrh. vol. I-III, 154(^ 1552 [p. p. Druffel], 1873-82.

Bribfb und Akten zur Geschichte des 30 jâhr. Krieges, vol. Mil, 1598- 1609, [p. p. Ritter], 1870-77, —vol. IV- V, 1591-1607, Ip. p. Stieve], 1878-80.

Autriche :

Publications de la Commission historique de l'académie

de Vienne.

Acta Habsburgica Vaticana :

Mittheilungen (1273-1308), [p. p. Kaltenbrunner]. 1. 1 Vienne, 1890,

Monumbnta Habsburgica :

V* série ; Maximilian I, vol. I-III (1473-1480) [p. p. Chmel], 1854-58.

ih série : K. Karl V, vol. I (1513-1521), [p. p. Lanz], 1853-57.

Venetianischbn Dbpeschen vom Kaiserhof (1538-1546), Vienne, 1889.

Fontbs rbrum Austriacarum. ^ série (diplomataria et acta) :

Vol. 30. Relationen venetianischer Botschafter ûber Œstreich im XVI Jahrh. [p. p. Fiedler], 1870.

Vol. 26-27. Relationen der Botschafter Venedig's im XVII Jahrli. [p. p. Fiedler], 1866.

Vol. 22. Die Relationen der Botschafter Venedig's im XVni Jahrh. [p. p. ArnethJ, 1863.

Vol. 9 et 17. Actenstûcke zar Geschichte Franz Rakoçzi, 1705-1715

Ip. p. FiBDLBR], 1855-58.

Vol. 32-38. Der Congress von Soissons, 1729-1732. [p. p. Hôfler], 1871-76.

Qaellen zur Geschichte der deutschen Kaiserpolitik Œst. wftrend der Franzôs. Revolutionskriege 1790-1800 [p. p. Vivenot, Zeissberg]. Vienne, 1873-90, vol. I-V.

Prusse :

Publications db l Agadémib ds Bbrlin.

PoLrriscHB CoRRBSPONDBNZ Friodrichs des Grossen. Berlin, 1878-90, 18 v.

Prbussischb Staatsohriftbn ans der R. Zeit Friedrichs II [p. p. Droysen, Duncker]. Berlin, 1877-90, vol. Mil.

Urkundbn und Actbnstucke zur; Geschichte des Kf. Friedrich- Wilhelm (1640-1688).

Vol. 1, 4, 6-9 : Politische Verhandlnngen [p. p. Erdmannsdôrfer et Hirsch]. Berlin, 1864-79, 6 vol.

Vol. 2, Auswârtige Acten : Frankreich [p. p. Simson]. Berlin, 1865.

Vol. 3, Auswârtige Acten : Niederlande [p. p. Peter]. Berlin, 1866.

Vol. 14, Auswârtige Acten : Œsterr6ich[ p. p. Pribam], Berlin, 1890.

PUBLIOATIONEN AUS DBN K. PRBUSSISCHEN StAATSAROHIVBN.

Vol. 35, Die Verhandlnngen Schwedens mit Wallenstein und dem Kaiser, 1631-1634, [p. p. Irmer]. Leipzig, 1888.

Vol. 1, 10, 13, 18, 24. Preussen und die katholische Kirche, 1640-1786, [p. p. Lehmann]. Leipzig, 1878-85, 5 vol.

Vol. 8, 29 : Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807. Diplomatische Correspondenzen [p. p. BailleuJ. Leipzig, 1881-87, 2 vol.

Vol. 12, 14, 15, 23 : Documente der K. Preuss. Bundestag-Gesandtsch^, 1851-1859 [p. p. Poschinger]. Leipzig, 1882-85, 4 vol.

Etats Scandinaves :

Publications db l' Académie royale db Stockkolm.

Axel Oscenstiernas Skrifter och Brefvexling (1610-1654). Stockholm, 1888, 2 vol.

Publications des archives royales de Suède.

Handunoar rôrandb Sveriobs historia. Stockholm, 1861-87. y" série : Vol. 1-10, K. Gustaf I registratur (1521-1635).

Extraits des archives royales de Danemark. Copenhague, 1852-83, 7 vol. in-4^

Vol. 3-4 : Danmarks Forhandlinger med Frankrig, England og Skotland, 1523-1540.

Vol. 6 : Sehested, sit Qesandshab til Madrid, 1640-41.

Vol. 5 : Polske Kongevalg, 1674.

Handlingar rôrande Skandinavibns historia.

yw série : t. I-X. Stockholm, 1816-30.

2« série ; t. I-X. Stockholm, 1830-65.

Etats slaves :

Sbornik de la Société historique de Russie. St-Pétersbourg (depuis 1867).

Un grand nombre de correspondances politiques et diplomatiques, en particulier la Correspondance de Catherine II, ont paru dans cette précieuse collection, qui comprend déjà 60 volumes. Les titres et les préfaces sont en russe; mais quant aux documents, ils sont reproduits toujours dans leur langue originale et par conséquent accessibles pour autant à ceux qui ignorent le russe.

AcTA TOMiciANA. Posen 1852-76. 12 vol. in-fol.

Ce recueil, tiré des papiers de P. Tomiçki, chancelier du roi Sigismond I de Pologne, comprend tons les actes de ce prince, epistolae^ legaUones, responsa, actiones, etc. (1506-1546).

Publications de l'Académie de Craoovib.

L ACTA HI8T0RICA, ros gestas Poloniae illastrantia, 1507-1795. Cracovie,

1878-88, vol. I-IX, in-4.

Vol. 1. Andreae de Venciborco epistolarum libri (1546-1553). Vol. 4, 8, 9. Hosii Gardinalis epistolae (1525 1579). Vol. 2. Acta Joannis Sobieski (1629-1671). Vol. 3, 5, 7. Acta ad Joannis III re^num illustrandnm (1674-1683).

§ II. — Les actbs officibls db là politiqub intériburi.

L'histoire politique interne a aussi ses actes fondamentaux et indiscutables : ce sont tous les actes émanés de la puissance publique, et surtout les édits et ordonnances^ les législations et les codes. Dans les Etats où la nation participe à cette puissance législative, il ne faut pas en séparer les délibérations des assemblées publiques, diètes ou parlements. Pour assurer la publication de ces actes et leur conservation, il existe aujourd'hui dans tous les pays une ou plusieurs publications courantes (Moniteur, Procès-verbaux. Journal officiel, etc.) Mais pour les époques antérieures à l'institution de ces organes de l'autorité, il a fallu recueillir après coup les actes de cette nature, et ce sont ces recueils que nous allons faire connaître pour les principaux pays.

En France :

a). Législation antérieure & 1789.

Avant 1789, le pouvoir législatif en France était exclusivement aux rois, et par conséquent on doit en chercher les monuments dans la collection suivante :

Lbs ordonnanobs DBS ROIS DB Frangb de la 3* race (Recueil dit du Louvre). Paris 1723-1849, 22 vol. in-fol.

Ce splendide recueil, auquel ont collaboré Laurière, de Brôquigny, Pastoret, Pardessus, s'arrête malheureusement en 1514, au seuil de rhistoire moderne. Après une interruption d*un demi siècle» Tlnstitut de France vient de se charger de la. continuation, dont il a paru un travail préliminaire : Catalogi^ des actes de François J, 1887-89, 3 vol. in-4 (de 1515 à 1539). En attendant cette suite, on continuera à consulter :

Isambert, Recueil général des anciennes lois françaises de 420 à 17S0. Paris, 1822-27, 29 vol.; compilation commode» mais incomplète et sans critique.

b). Assemblées antérieures à 1789.

Avant la révolution, sous la monarchie absolue, les Etats- Généraux ne pouvaient avoir qu'un rôle accessoire et intermittent. Rien n*a été fait non plus pour en publier les actes avec ensemble et méthode. Il n'en a paru que des fragments, dans la Coll. de Doc. inédits (citée p. 390) :

Joarnal des Etats-Généraux de Tours en 1484, p. p. Bernier. Paris» 1835, iQ-4.

Procès- verbaux des Etats-Généraux [de la Ligue] de 1693, p. p. A. Bernard. Paris, 1842, in-4.

c). Assemblées depuis 1789.

Pour les grandes assemblées françaises depuis la révolution, il existe un recueil quotidien et officiel de leurs débats : c'est le Moniteur universel. Toutefois il est à remarquer que cette publication ne date que du 24 nov. 1789. Quant aux six premiers mois de la Constituante, le compte-rendu de ces séances, si mémorables, a dû être bâclé après coup. De plus, dans les séances ultérieures, on constate plus d'une lacune et souvent même des altérations volontaires, inspirées par les passions du temps. Le Moniteur n'en reste pas moins le recueil fondamental, dont les trois suivants dérivent :

1^ Collection cobiplette (sic) de la gazette nationale ou le Montteur universel depuis son origine. Paris, An IV- VIII (1799), 20 vol. fol. [Réimpression textuelle] Avec : Analyse completto et impartiale du Moniteur. Paris, 1801, fol. — Table alphabétique. Paris, 1802, 2 vol. fol.

2« Histoire parlementaire de la révolution française ou Journal des assemblés nationales depuis 1789 jusqu'en 1815, par Bûchez et Roux. Paris, 1834-38, 40 vol. [ce n'est qu'un extrait du Moniteur, mais d'une maniement plus commodej.

3<> Archives parlementaires. Recueil complet des débats législatift des chambres françaises, p. p. Mavidal et Laurent (en publication).

4^ série : 17ô9-1800, tome I-XXII. Paris, 1862-85, in-4.

J« série : 1800-1860, tome I-LXIII. Paris, 1862-86, in-4.

De ces trois publications, les deux premières reproduisent le Moniteur en tout ou en partie, sans rectiûcation. La troisième, au contraire, qui parait depuis 1860 sons les auspices des Chambres françaises, a une

valeur originale et scientiâque. Poar la première fois, en effet, les Editeurs ont essayé de compléter le Moniteur ou de le corriger à Taide de tons les moyens de contrôle qu'ils ont pu tirer soit des archives de ces assemblées soit des imprimés du temps.

RBPBRTOntB : Table centenaire (1789-1889) des comptes-rendus des séances des asssemblées législatives (Moniteur, Journal officiel, etc.) Paris, 1888 (en publication).

En Angleterre :

a) Législation.

En Angleterre, le roi n'exerce le pouvoir législatif que dans son parlement. Toutes les lois d'une môme session du parlement forment un seul Statut et sont numérotées comme autant de chapitres ; et chaque statut est daté, non de Tannée de N. S. (A. D.), mais de Tannée du prince alors régnant. Toujours, dans Tallégation d'une loi anglaise, on se sert de ce style fort incommode, mais qu'il faut connaître avant d'avoir recours aux recueils originaux. Par ex. le célèbre Bill of Rights, du 13 février 1689, est allégué : 1 Will. and M. Session 2. c. II, — ce qui signifie : la 2* loi de la 2^ session de la première année du règne de Guillaume III et Marie. — Les recueils officiels de ces statuts sont :

Thb statutbs of thb Rbalm. Londres, 1810-22, 9 vol. fol. (avec un index chronologique, vol. 10, et un index alphabétique, vol. 11).

Ce recueil s*ouvre par la Magna Carta de Henri 111 (1216) et s*étend jusqu'à la mort de la reine Anne (1713). C*est une publication de premier ordre, faite sur les originaux du Record office et avec une fidélité paléographique minutieuse.

11 en existe une seconde édition, également officielle, The revised édition ofthe Statutes, 1870-78, 15 vol. in-4; à laquelle se rattache le répertoire général suivant : Chronological table and index of the Statutes. Londres, 1889(1 l'édition).

h) Parlement.

On ne possède que par fragments les actes du parlement anglais avant ce siècle. Le principal recueil de ces fragments est :

The parli\mentary history. Loudres, 1806-20, 36 vol. Vol. I : depuis les origines jusqu'en 1625; — vol. II-V : depuis 1625 jusqu'en 1703; — vol. Vl-XXXV : depuis 1703 jusqu'en 1803. — Depuis cette époque, seulement, il existe une publication courante (sessionnal publication) des débats parlementaires, qui est quasi-officielle, sous le titre de : HansarcTs Parliamentary Debates.

Les actes du Parlement d'Ecosse jusqu'à sa Aision avec le précédent dans le Parlement du Royaume- Uni de la Grande-Bretagne (1707), ont été recueillis séparément sous le titre : The acts of the parliament of Scotland, Londres, 1814-24, 10 vol. fol.

En Allemagne :

a) Diètes générales (Reichstage).

£n Allemagne, c'est la diète de TËmpire qui s'état emparée du pouvoir législatif suprême, quelle exerçait dans ses sions générales promulguées à la fin de chaque session sous déci le nom de récessifs ou Abschiede (départs). Toutefois, à mesure que s*accroit Tindépendance des Etats particuliers, qui ont chacun leurs diètes (Landtage) et leurs législations nationales, Tactivité des diètes générales va toujours s*affaiblissant pour aboutir, après la paix de Westphalie, à un épuisement presque total.

La Commission Royale d'histoire de Munich a entrepris la publication des actes de ces diètes en trois séries :

1" Série («Tant ChArlM-Qalnt)

Deutsche Rbichstagsakten. Munich 1868-80. Gotha, 1882-87, vol. MX, in-4.

Vol. 1-3 : les diètes sous Wenceslas (1378-1400); — vol. 4-5 : les diètes sous Rupert (1400-1405); ^ vol. 6-9 : les diètes sous Sigismond (1421-1431).

2* Séria (sooa Charlefl-Qnint).

Vol. I (sous presse) : les diètes de 1520-1521.

b) Lois communes de l'Empire.

Il existe aussi des collections plus anciennes des recez des diètes, dont la plus citée est :

Neae und vollstftndigere Sammlnng der Reîchs-Abschiede (depuis le siècle jusqu'en 1736). Francfort, 1747, 4 vol. fol.

Dans les Pays-Bas.

a) Législation.

Dans nos provinces, le prince exerçait le pouvoir législatif dans les limites fixées par nos Constitutions, en prenant Tavis des conseils de justice et non sans tenir compte des vœux exprimés par les Etats, tant particuliers que généraux. Ces actes législatifs, connus sous le nom de placards, ont été recueillis à différentes époques. Nous devons à la Commission pour la publication des anciennes lois et ordonnances les recueils suivants :

Recueil des ordonnances des Pats-Bas autrichiens :

ire et 2« série : en préparation (en attendant, on continuera à se servir des anciens recueils : Placcaerten van Bràbant, Bruxelles, 1648-1770, 11 vol. fol. ; —Placcaet'Boehen van Vlaenderen. Gand, 1629-85, 4 vol. fol. (et leurs Suppléments),

3« série : 1700-1794, p. p. Gachard. Bruxelles, 1860-85, (vol. I-VI in-fol. ju8qu*en 1750).

Recueil des ordonnances de la Principauté de Liège. !'• série : 974- 1506, p. p. Bormans. Bruxelles, 1878, fol. — 2« série : 1507-1684, p. p. Polain, Ib. 1869 72, 3 vol. fol. — 3« série : 1684-1794, p. p. Polain. Ib. 1855-60, 2 V. fol.

Recueil des ordonnances de la principauté de Stavelot, 648 1794 p. p. Polain. Bruxelles, 1864, fol.

Recueil des ordonnances du duché de Bouillon, 1240-1795, p. p. Polain. Bruxelles, 1868, fol.

La même commission a publié, pour chacune de ces sections, des Listes chronologiques in-8, très utiles comme répertoires.

b) Etats-Généraux.

Sur Tordre des chambres belges, on a commencé à recueillir les actes relatifs aux anciens Etats Généraux ; mais cette collection n'est complète que pour le xvii® siècle, où ces assemblées n ont eu lieu que deux fois.

Collection de documents sur les anciennes Assemblées nationales de la Belgique :

Actes des Etats-Généraux de 1600, p. p. Gachard. Bruxelles, 1849, in-4'

Actes des Etats-Généraux de 1632, p. p. Gachard. Bruxelles, 1853-66, 2 vol. in-4.

Pour le XVI* siècle, il a paru seulement un inventaire :

Notice historique et analytique des actes des États-Généraux des Pays-Bas, 1576-1586, par Gachard. Bruxelles, 1861-66. 2 vol. in-8.

Quant aux autres Etats de l'Europe, nous ne poursuivrons pas cette énumération, qui serait fastidieuse, et de peu d'utilité pour nos lecteurs. Ceux-là qui pourraient en avoir besoin, sauront se renseigner dans les répertoires spéciaux de jurisprudence. Nous nous contenterons, pour finir, de signaler quelques recueils généraux où l'on pourra trouver toutes les constitutions écrites actuellement en vigueur dans les Etats, non seulement de l'Europe, mais encore des autres contrées civilisées du globe. Ces recueils sont indispensables pour l'histoire contemporaine. De ces recueils, les principaux en français sont :

Les constitutions d'Europe et d'Amérique, par Laferriôre et Batbie. Paris 1869 (donne toutes les constitutions de la France, depuis 1789; par contre il n'y a qu'un choix des autres pays)

Les constitutions de tous les pays civilisés, par la princesse de Lesignano. Bruxelles, 1880, in- fol. (textes abrégés).

Les constitutions modernes : Recueil des constitutions actuellement en vigueur dans les Etats du monde civilisé, par P. R. et P. Dareste. Paris 1883, 2 vol. (ne donne que les constitutions actuelles : pour la France, celle de 1875 ; par contre tous les pays y figurent).

TROISIEME SECTION

La littérature de Tbistoire moderne.

Aprôs ce qui a été dit des archives plus haut, on pressent le coup fatal que leurs révélations ont dû porter à toutes les histoires modernes écrites avant notre temps, non seulement aux historiens de profession, mais à toute cette littérature de mémoires dits personnels ou secrets ou post^ humes. Et de fait, grâce aux archives, nous connaissons souvent les événements du xvi^ ou du xyii® siècle mieux que les contemporains, si bien que la distinction classique qu on fait partout entre originaux et compilateurs, entre témoins oculaires et auteurs de seconde main, tombe ici à faux.

La plupart des grands événements historiques d ailleurs se déroulent aujourd'hui dans un cadre tellement vaste que les témoins dits oculaires ne peuvent voir jamais qu*un très petit coin du tableau, et ceux-là mômes qui passent pour tenir le fil des affaires, ne les voient ou ne les conduisent que par un service continu de dépêches aboutissant à leur bureau. Déjà Philippe II avait poussé cette manie de la correspondance si loin qull ne s'entretenait plus autrement avec son favori Ferez, qui habitait pourtant sous le même toit, et c*est ainsi que Ton a trouvé des caisses remplies des billets de ce roi bureaucrate à son ministre.

En tout cas, sous lancien régime, cette connaissance des affaires publiques était réputée un secret cCÉtat, qui était réservé à un petit nombre d'initiés, au cabinet du prince, et dont la divulgation eût constitué un crime de haute trahison. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner si les historiens du temps ne nous donnent trop souvent que ces anecdotes de cour ou de salon, qui sont les miettes de l'his-

toire, quand ils ne vont pas jusqu'à se mettre en frais d'imagination el à suppléer à la pauvreté de leurs informations, par des harangues fictives ou par des sentences, plutôt creuses que profondes , imitées des anciens. Ils ne pouvaient en savoir ou en dire davantage.

Et sur ce chapitre, les gouvernements républicains ne se montrèrent pas plus tolérants que les gouvernements monarchiques. Témoin l'historien hollandais Wicquefort, odieusement persécuté pour son Histoire des Provinces- Unies, qu'il ne parvint môme pas à faire paraître, parce qu'elle contenait des vérités désagréables à la faction orangiste de son temps (l'ouvrage complet a paru seulement en 1861-74, par les soins de la société historique d'Utrecht).

Les gouvernements modernes, il est vrai, continuant une tradition du moyen âge, eurent aussi leurs historiographes officiels. Mais ceux-ci» dûment édifiés, ont eu la prudence de se retrancher dans Tétude des antiquités. Les plus célèbres de ces historiographes furent, en France, Pierre du Puy, les Godefroy (Denjs et Théodore), les Valois (Adrien et Henri), l'alsacien Schoepflin, Mezeraj, à la suite desquels on trouve encore, non sans sourire, les poètes Racine et Boileau (voir la liste dans le Dictionnaire de Chéruel, d'après Lacurne de Ste-Palaye). En Hollande, ces fonctions furent remplies par le philologue Vossius; en Suède par le publidste Pufendorf ; aux Pays-Bas par Juste-Lipse, Sanderus, Paquot (liste complète dans Gachard, Collection de documents inédits, 1. 1, Bruxelles, 1833). Mais, sauf Pufendorf, aucun ne s'est avisé d'écrire l'histoire de son temps.

Ce règne de Isl politique clandestine ne permet d'accorder qu'une autorité relative aux Mémoires posthumes les plus célèbres, tels que ceux de Saint-Simon. Certes aucun souverain n'a vécu en représentation plus continuelle que Louis XIV xiepuis son petit Zwer jusqu'au petit coucher, et Louis XiV n'a pas eu de spectateur plus assidu peut-ôtre que Saint- Simon, qui arpenta vingt ans les galeries de Versailles pour voir passer le roi. Mais deux fois par jour le roi se renfermait dans son cabinet, tantôt avec un ministre, tantôt

avec Tautre, et là était le gouvernement, tandis que Saint- Simon, avec toute la Cour, faisait antichambre. Sans doute nous devons aux volumineux mémoires de ce grand seigneur de connaître à fond les cabales de cour, qui s*agitaient autour du gouvernement de Louis XIV; mais quant au gouvernement lui-môme, on le trouvera dans Mignet ou dans Ranke mieux que dans Saint-Simon.

Nous faisons moins d'état encore des mémoires des acteurs eux-mêmes, quand ils ont prétendu cumuler le rôle d'historien,tels que Charles-Quint, Frédéric II de Prusse, Napoléon, Talleyrand ou Metternich. Ceux-là certes étaient initiés, mais nous surprendrons leur secret dans leur correspondance personnelle, dans leurs dépêches chiffrées, dans ces lettres écrites au jour le jour et qui échappent à toute retouche, bien mieux que dans leurs mémoires, où ils ont eu le loisir de faire la toilette de leur vie et de se composer un visage pour la postérité.

Notre conclusion est que la question de date ne doit entrer pour rien dans l'estimation des histoires modernes, et que les auteurs originaux, ce ne sont pas les contemporains, ce sont les historiens les plus récents, quand ils ont pu puiser à pleines mains dans les archives. Ce n'est pas l'autopsie des événements qui importe, c'est Yaidopsie des pièces^ et tel est le critère que nous appliquerons à l'historiographie moderne, qu'il nous reste à considérer.

Dans l'ensemble de cette littérature, nous distinguons trois classes : les histoires détaillées, qui se renferment dans un règne ou une époque; — les histoires nationales, celles qui comprennent l'histoire complète de tout un pajs; — et les histoires générales, celles qui embrassent l'histoire de plusieurs pays.

Observation : la littérature, telle du moins que nous Tentendous ici, n'est pas la bibliographie: celle-ci traite du livre; celle-là de Fauteur.. Les excellentes bibliographies particulières, que nous possédons dé^à, rendent d'ailleurs inutile une bibliographie générale de Thistoire moderne. Seulement ces bibliographies, qui ne sont que des listes de titres, peuvent induire en erreur les novices, s'ils ne prennent pas conseil ailleurs. Combien de livres qui ne répondent qu'impar*

faitement à leur titre! On pourrait croire, sur la foi du titre, que Mignet a terminé les guerres de François /, et Ton rencontre encore des gens persuadés que Macaulay est l'auteur d'une histoire de V Angleterre, C'est pour leur éviter des méprises de ce genre que nous donnons une courte notice des ouvrages de longue haleine (donc à l'exclusion des monographies), les uns plus célèbres qu'utiles, les autres plus utiles que célèbres, mais où il importe en tout cas dô signaler ce qu'on peut attendre de chacun, ses bonnes parties comme ses parties faibles.

A la vérité nous n'avons pas toujours lu personnellement les ouvrages énumérés; il en est que nous ne connaissons que par compte-rendu, comme aussi nous en avons lu assez bien d'autres, dont il serait oiseux de justifier l'exclusion. Trois spécialités sont éliminées en bloc, à savoir : l'blstoiro militaire, que l'on trouvera, entre autres, dans les mémoires militaires de Frédéric II de Prusse, de Napoléon ; — dans les ouvrages classiques de Jomini {Guerres de Frédéric II; — Guerres de la Révolution); — dans la Bibliothèque internationale d'histoire militaire (Bruxelles, en publication) ; ~ dans les publications officielles de la Section historique des Archives de la guerre à Vienne (Guerres de V Autriche depuis 1495; — Prince Eugène de Savoie) ; — dans celles des Etats-Majors d'Autriche (Guerre de 1859; — Guerre de 1806) et de Prusse (Guerre de sept ans, — Guerre de 1866, — Guerre de 1870-71) ; — pour rbistoire navale, voir les ouvrages de James (maHne anglaise), de Jong {marine hollandaise), ceux de Jurien de la Gravière {mamnes du XVI^ siècle; — guerres de Nelson); — comme répertoire, Pohler, Bibliotheca historico-militaris. Cassel, 1880-90. — En second lieu, nous éliminons l'iiistoire ecclésiastique, dont on trouvera la bibliographie, pour les temps modernes, dans le 3° vol. du Gard. Uergenrôiher {Uandbuch der Kirchengeschichte. Fribourg in Br. 1886), — dans le 7« vol. de Jungmann {Dissertationes selectae, Ratisbonne, 1887), — dans les répertoires généraux de Nirschi, Propâdeutik der Kirchengeschichte. Mayence, 1886 (catholique), et de Bratke, Wegiceiser der Kirchengeschichte. Gotha, 1890 (protestant). — Quant à l'histoire politique spéciale, celle des institutions, elle est réservée pour une autre pubhcation.

Intelligenti pauca : c'est pourquoi nous avons visé surtout à ia brièveté dans nos indications bibliographiques, qui ne dispensent point de recourir aux répertoires cités. Quand il n'existe pas de répertoire des sources pour une époque déterminée, nous indiquerons parfois quelques sources usuelles, qui peuvent servir souvent à retrouver les autres. — Par brièveté aussi, les titres des ouvrages sont parfois abrégés. — Ce titre n'est même donné qu'une fols quand il s'agit d'une question bistoriqae, traitée par plusieurs auteurs sous des titres analogues. — De même les ouvrages, qui font partie d'une collection, sont mentionnés une seule fjis, dan- la notice de cette colkction. — Le sigle Acad, (après le nom d'une Vil!e,. ronvoie aux collections luiidéml-

ques. Pour retrouver le volume de ces collections, il faut teuir compte non seulement de la date, toujours indiquée, mais encore du format, qui est indiqué aussi : in-S^ renvoie à la série des Bulletins ou Comptesrendus (Sitzungsberichte, Journal, Proceedings, etc.); in-é^ renvoie à la 4 série des Mémoires (Âbbandlungen, Denkschriften, Transactions, etc.). Il sufBra,en cas de doute, d'ouvrir Vindeœ auctorum des répertoires cités.

§ I. — Lbs histoires détaillées (classement chronologique).

Epoque des §^uerres d'Italie.

(fin du XV* siècle).

Guicciardini, Storia dCltalia. Venise 1564 (nombreuses éditions et traductions).

Cet auteur célèbre est le premier qui ait démêlé les origines des complications européennes dont Tltalle a été la cause et le théâtre (de 1490 à 1530). Sur ses qualités et ses défauts, voir Touvrage suivant.

Ranke (L.), Geschichle der romanischen und germanU schen Vôlker. Berlin, 1824 (plusieurs éditions).

C'est un des premiers ouvrages de Ranke, antérieur à Texploration des archives, à laquelle le célèbre historien a eu une si grande part dans la suite. Il est fondé exclusivement sur les historiens imprimés du temps, dont Tauteur fait d'ailleurs une critique très complète en appendice {zur Kritik neuerer Qeschichtsschreiber),

Cherrier (C. de). Histoire de Charles VIII. Paris 1868, 2 vol.

L'auteur a utilisé les matériaux diplomatiques, mais sans les épuiser.

Lacroix (Bibliophile Jacob), Louis XII et Anne de Bretagne, Paris. 1882, in-4^

L'auteur s'est moins occupé de l'histoire politique que de la vie privée des princes et des mœurs du temps ; c'est un prétexte à illustrations.

Ulmann (H.), Kaiser Maximilian I. Stuttgart, 1884, vol. I.

C'est le commencement d'un ouvrage tout nouveau sur ce règne, pour lequel l'auteur a fait de grandes recherches dans les archives de l'Allemagne.

Pastor, Geschichle der Pàpste seit dem Ausgang des Mittelalters. Fribourg, 1886-90, vol. MI.

Cet ouvrage, fondé sur les recherches les plus étendues, en particulier dans les archives du Vatican, comprend les papes du xv« siècle depuis Martin V jusqu'à Sixte IV (1415-1484).

Allen, De tre nordiske Rigers Historié (1497-1526). Copenhague, 1864-72, 5 vol.

C'est l'ouvrage capital sur les Etats Scandinaves, à l'époque de transition, du XV» au xvi« siècle.

Epoque de Charles-Qutnt

(]'« moitié du xvi« siècle).

Répertoire des sources : Hôfler, zur Kritik und Quellenkunde der ersten Regierungsjahre K. Karls V : I. Vienne (Acad.) 1876, in-4*>.— II, Ib. X37y, __ ni, Ib. 1883. — Voigt. Die Geschichtschreibung ùber den Zug Karls V gegen Tunis. Leipsig (Acad.) 1872 — Voigt, Die Geschichtschreibung ûber den Smalkaldischen Krieg. Ib. 1874.

Sleidanus, De statu religionis et reipublicae Carolo V Caesare. Strasbourg, 1556 (nombreuses éditions et traductions).

A signaler comme le premier travail d'ensemble sur l'époque, mais conçu au point de vue protestant.

Sandoval, Historia del emperador Carlos V. Valladolid, 1604, 2 vol. fol.

Important au point de vue de l'histoire espagnole, dont Tauteur a pu consulter les documents officiels, qu'il reproduit souvent.

Robertson, The history of the reign of Charles V, Londres 1769, 4 vol. (Plusieurs éditions et traductions).

Cet ouvrage, classique par la forme, reproduit pour le fond les auteurs imprimés, particulièrement les historiens espagnols du xvi« siècle. Il ne contient rien d'inédit. Aussi a-t-il cessé de faire autorité depuis l'exploration des archives. C'est pourtant le seul ouvrage complet sur l'époque, en attendant l'achèvement du suivant.

Baumgarten (H.), Geschichte Karls V. Stuttgart 1885-88. 2 vol. (jusqu'en 1530).

C'est le premier auteur qui ait essayé de reprendre ce si^et dans toute son étendue, en utilisant toutes les pièces publiées depuis un demisiècle, en particulier les Calendars anglais (p. 394) : le côté diplomatique de ce règne est surtout bien exposé, mieux que le côté militaire. L'auteur, qui est protestant, a dû se faire violence pour entreprendre l'histoire d'un personnage pour lequel il dissimule aussi peu son aversion.

Mignet, Rivalité de François P^ et de Charles-Quint. Paris, 1875, 2 vol. — Charles-'Quinl, son abdication, son séjour à Ytiste. Paris, 1854

Le premier de ces ouvrages 8*arrête en 1530. L*auteur a utilisé, avec les pièces imprimées, des documents encore inédits. Dans l'exposé de cette lutte, il s'efforce de tenir une juste balance entre les deux rivaux. Mais ce ne sont que des fï^agments.

Gachard, Charles-Quint (dans la Biographie nationale). — Trois années de f histoire de Charles -Quint (1543-46). Bruxelles (Acad.) 1865. in-8. — Retraite et mort de Charles- Quint (Introduction). Bruxelles, 1854, — ainsi que ses : Etudes et notices historiques. Bruxelles, 1890, 3 vol.

On trouvera, dans le premier travail, un résumé, dans les suivants des fragments, mais précieux, les uns et les autres, parce que l'auteur y a utilisé ses recherches profondes sur le xvi« siècle dans les archives principales de TEurope.

Henné, Histoire du règne de Charles-Quint en Belgique. Bruxelles, 1859, 10 vol.

Se renfermant dans les limites de la Belgique, l'auteur a exploré avec soin les archives de Bruxelles et de Lille, dont il tire beaucoup de détails inédits Protestant, il est sévère pour son héros.

Leva (G. de), Storia documentata di Carlo V in correlalazione ait Italia. Venise, 1864-80, 4 vol.

Ouvrage fondé sur des recherches originales et très étendues dans les archives tant de Tltalie que de Simancas, mais conçu, comme le précé dent, à un point de vue spécial.

Questions historiques : Sur la folie de Jeanne «PAra^oD, Bergenroth (dans le Suppl. au vol. I des Calendars-Spanish, cité p. 394). — V. de la Fuente. Madrid, 1870.— Qachard (dans le vol. II de ses Études).

— Rôssler, Vienne, 1870. — Hôfler, Vienne (Acad.), 1885, in-4. — Sur le divoree de Henri VIII, Legrand, Paris, 1688.— du Boys, Paris, 1880.

— Friedman, Anna Boleyn, Londres, 1884. — Ehses (Hist. Jarhbuch, 1888).

Epoque de Philippe II

(2* moitié du xvi« siècle).

Sources : Les publications de Gachard, citées p. 393.— Documentes inédites, cités p. 390.

de Thou, Historiarum sui temporis libri 138. Genève 1626-30. 5 vol. fol.

C'est le plus ancien tableau historique des luttes du xvi« siècle, tracé dans son ensemble par un contemporain, à un point de vue protestant.

Cabrera, Historia de Felipe II. Madrid, 1619. —

Herrera, Reynado del R. Phelipe II. Madrid, 1613, 2 v. fol.

C'est l'histoire de la même époque, racontée du point de vue espagnol.

Prescott, History of Philip II of Spain. Philadelphie, 1855-56, 4 vol.

L'ouvrage est demeuré incomplet : il s'arrête en 1580. Mais il est supérieur aux précédents, parce qu'il est fondé sur les matériaux puisés aux archives, principalement de Simancas.

Motley (Lothrop), The rise of the dutch Republic. New- York, 1856, 3 vol.

Fondé sur des recherches considérables, écrit avec talent, non sans passion, cet ouvrage n'expose qu'un chapitre, mais le plus important, du règne de Philippe II, de 1555 à 1584

Kervyn de Lettenhove, Les Huguenots et les Gueux. Bruges, 1883-85, 6 vol.

L'auteur expose avec science et talent les luîtes du xvi« siècle simultanément en France et dans les Pays-Bas, de 1560 à 1585, mettant en œuvre pour la première fois la masse énorme de documents publiés dans ces dernières années.

Forneron, Histoire de Philippe II. Paris, 1881-82, 4 vol.

Résumé lucide de tous les travaux antérieurs, sans recherches originales.

Buchoitz (B.de), Geschichte derRegierung Ferdinand des I. Vienne 1831-38, 9 vol.

Ouvrage de première main, tiré principalement des archives de Vienne, que l'auteur a eues à sa disposition comme archiviste.

Hûbner, Siœte-Quint. Paris, 1870, 2 vol.

Cet ouvrage fournit sur le rôle de ce pape, dans les luttes du temps, de nombreux renseignements inédits, tirés des correspondances diplomatiques.

Questions historiques : Sur la Mort de d. Carios. Mouy. Paris, 1860; — Gachard. Bruxelles, 1863 ; — Warnkônig. Stutgart, 1864.— Sur la Si Darihéiemy, Soldan (Hist. Taschenbuch, 1854); — Boutaric (B. E. dos Chartes 1862); — Gandy (R. des Q. Hist. 1866); — Maury (Journal des Savants, 1871, 1880);— Bordier. Genève, 1879; - Ramée. Paris, 1877; ~ Wuttke. Leipsig, 1879; — Loiseleur. Paris, 1882; — Baumgarten. Strasbourg, 1882. — Sur Marie siaari, Mignet. Paris, 1852; — Wiesener (R. des Q. Hist. 1866j; — Hosack. Edimbourg, 1869; — Gauthier. Paris, 1870; - Opitz. Fribourg, 1872; — Gaedeke. Heidelberg, 1879; — Cardauns. Cologne, 1883; — Philippson (Revue hist. 1888); — Kervyn de Lettenhove. Paris, 1889.

Epoque de la ^^nerre de Xrente Anm

(\^ moitié du xvii® siècle).

Sources : Kevenhiller, Annales F0rdmandei (1578-1637). Leipsig, 12 v. fol. — Aitzema, Saken van Staat en Oorlogh omtrent de vereen. Nederlanden (162M669). La Haye, 1672, 6 vol. fol. avec registre.

Philippson, ^enracA IVund Philipp IIL Berlin, 1870-76.

Retrace la période de 1598 à 1610, d'après des recherches originales dans les archives de Paris (fonds de Simancas) et de Bruxelles.

Hurter, Geschichte Kaiser Ferdinands II. Ratisbonne, 1850-64, 11 vol.

Ouvrage original fondé sur de nombreux actes inédits des archives de Vienne.

Gindely, Geschichte des 30 jàhrigen Krieges. Prague, 1869-80, 4 vol.

Cet ouvrage capital, qui comprend la première période de la guerre (jusqu'en 1623), est travaillé sur des milliers d'actes inédits puisés dans toutes les archives de TEurope.

Barthold, Geschichte des grossen Deutschen Krieges vom Tode Gttêtav Adolfs àb. Stuttgart, 1842, 2 vol.

Cet ouvrage, qui comprend la dernière partie de la guerre depuis 1633, se recommande par une haute impartialité, bien que fait de second main, sur les imprimés.

Cronholm, Gustaf II Begering. Lund, 1857-72, 6 vol. — Trettioariga kriget till Westfaliska fredslvtet. Stockhom, 1876-81, 2 vol.

Important pour la période suédoise de la guerre, cet ouvrage utilise des matériaux nouveaux, principalement suédois.

Charvériat, Histoire de la guerre de Trente Ans. Paris, 1878, 2 vol.

Cest une histoire complète de la guerre, dans ses quatre périodes, formant un résumé lucide et élégant des recherches des autres : Ranke, Gindely, etc.

Questions historiques : Sur Tiiiy «t le sae de Aia^debourç, Heising. Berlin, 1846; — Bensen, Schaffhouse, 1858; — Villermont, Tournai, 1860; — G. Droysen (Forschuugen, 1864); - Wittich. Berlin, 1874; — 0. Klopp, Fribourg, 1874. — Reuss (Revue historique, 1876). — Sur la Conspiration de i¥Aiieniiiein, Zober, Stralsund, 1830; — Fôrster, Potsdam, 1834; — Mitchell, Londres, 1837; — J. Mœller (Dublin Review, 1838); — Roepell (Hist. Taschenbuch, 1845); — Aretin, Ratisbonne, 1845; — Hurter, Vienne, 1862; — Ranke, Leipsig, 1869; — Schebek. Berlin, 1881; — H. Muller. Prenzlau, 1882. — Hallwich. Leipsig, 1879; — Gindely. Prague, 1887. — Répertoire : Schmid, die Wallenstein-Litteratur, (1626-1878). Prague, 1878.

Epoque de Lioutift IKJIV

(2* moitié du XVII* siècle).

Sources : les Mémoires de Retz, La Rochefoucauld, St Simon, etc. — Œuvres de Louis XIV. Paris, 1806, 6 vol.— Sylvius, Sahen van Staat en Oorlogh (1669-1697). Amsterdam, 1699, 4 vol. in-fol.— Documents inédits, cités p. 391. — Correspondance de la princesse d'Orléans. Stuttgart, 1834-75, 4 vol.

Chéruel, Histoire de la France pendant la minorité de Louis XIV et sous le ministère de Mazarin. Paris, 1879- 83, 7 vol.

Ouvrage original, fondé sur les documents de Tépoque, inédits ou publiés pour la première fois par l'auteur.

Mignet, Négociations relatives à la succession d'Espagne sous Louis XIV (1659-1679). Paris, 1835-42, 4 vol. in-4.

Ce recueil, publié dans la Collection des documents inédits (citée p. 392), est accompagné d'un texte historique, qui a une valeur originale : c'est, en eflfet, V histoire politique de cette époque, la plus brillante de ce règne, jusqu'au traité de Nimègue.

Moret, Quinze ans du règne de Louis X/F (1700-1715). Paris 1851-59, 3 vol.

Complément des auteurs précédents, indispensable pour la dernière période de ce règne.

Gaillardin, Histoire du règne de Louis XIV. Paris,

C'est un ouvrage de seconde main, mais excellent comme vue d'ensemble sur le règne de Louis XIV, dont les ouvrages précédents ne donnent que des fragments.

d'Aumale(duc), Histoire des princes de la maison de Condé pendant le xvi* et le xvii® siècle. Paris, 1863-86, 4 vol.

Ouvrage capital, fondé sur des recherches originales dans les archives publiques et privées.

Klopp (Onno), Der Fall des Haitses Stuart, ina Zusamenhange der europâischen Angelegenheiten. Vienne 1875-88. 14 vol.

Exposé minutieux et même fatigant de négociations européennes durant la période de 1660 à 1714, d'après les correspondances du temps, tirées des archives de Vienne principalement.

Epoque <le« guerres de la seuceaMton d^Eispagnie

et d'Autriche (l'* moitié du xvm* siècle).

Sources : le Recueil de Lamberty sur les années 1700-1717. Amsterdam, 1735-40, 14 vol. in-4. — Correspondance militaire du prince Eugène de Savoie. Vienne, 1848, 2 vol. — Feldztige des Pr. Eugen von Savoyen. Vienne, 1876-82, 8 vol.

Schlosser, Geschichte des 18 Jahrhunderts. Heidelberg, 1823-48, 7 vol.

L*auteur a llncontestable mérite d*avoir débrouillé Thistoire si compliquée du dix-huitième siècle, qu'il continue jusqu'à la chute de Napoléon. Il reste utile, à défaut des auteurs suivants, plus modernes.

Noorden (K. von), Der Spanische Erbfolgkiiege. Dusseldorf, 1870-83, 3 vol.

Ouvrage original, fondé sur des recherches considérables dans les archives, principalement de Berlin et de Londres.

Landau, Geschichte Kaiser Karls VI als Koenig von Spanien. Stuttgart, 1889.

C*est rhistoire du dernier des Habsbourg, Charles VI, mais seulement jusqu'à son avènement à l'empire, 1712. L'auteur a puisé aux archives de Vienne.

Gfrôrer, Geschichte des 18 Jahrhunderts. Schaffhouse, 1862-73, 4 vol.

Ouvrage inachevé, qui comprend la première partie du 18« siècle jusqu'en 1763, exposée d'après les matériaux imprimés.

Gachard, Histoire de la Belgique au commencement du xviii® siècle. Bruxelles, 1880.

Fondé sur les archives, ce travail retrace les vicissitudes de notre pays, ballotté alors entre les puissances rivales de l'Europe.

Epoc|tio de la Tormatton des puissances aetuellc*s

(2<* moitié du xviii® siècle).

Sources : Œuvres de Frédéric II de Prusse.— La Correspondance politique^ citée p. 395.— Correspondance de Marie-Thérèse^ de Joseph 11^ publiée par Arneth, Béer. Vienne, 1867-74. — Correspondance de Catherine Il de Russie dans le Sbomik, cité p. 396.

de Broglie (A.). Frédéric II et Marie -Thérèse. Paris, 1882, 2 vol. — Le secret du roi [Louis XV]. Paris, 1879. — Frédéric II et Louis XV. Paris, 1884, 2 vol. — MaHe- Thérèse^ impératrice. Taris, 1888, 2 vol.

Ces publications, si remarquables par la forme, reposent sur une connaissance très étendue des archives diplomatiques et d'autres sources inédites.

Schaefer (A ), Geschichte des siehenjàhrigen Kriegs, Berlin, 1867-74, 2 vol.

C'est l'ouvrage capital pour l'histoire de cette guerre européenne, dont le côté diplomatique est ici exposé d'après des recherches originales dans les grandes archives de l'Europe.

Ferrand (A. de), Histoire des trois démembrements de la Pologne. Paris 1820, 3 vol.

L'auteur, pour écrire cet ouvrage, a pu utiliser les archives du ministère des Affaires étrangères à une époque où elles n'étaient pas ouvertes au public.

Béer (A.), Die erste Theilung Polens. Vienne, 1873, 3 vol.

Ouvrage original, puisé principalement aux archives de Vienne ; les documents Inédits forment le 3« vol.

Carlyle, Hisiory of Friedrich II of Prussia. Londres, 1858-65, 6 vol.

L*auteur, qui a son système particulier sur la philosophie de rbistoire, veut que chaque siôcle se résume dans un personnage, et il en est venu ainsi à personnifier dans Frédéric II de Prusse Tesprit du dix-huitième siècle. Cette thèse paradoxale, il la soutient avec son humour habituel, mais dans un style qui n'est pas celui de l'histoire. C'est ce qu'il a de plus original.

Arneth, Geschichte Maria-Theresias. Vienne, 1863-79, 10 vol.

C'est l'ouvrage capital, fondé sur les archives de Vienne, dont l'auteur a la direction officielle.

Piot, Le règne de Marie-Thérèse dans les Pays-Bas autrichiens. Louvain, 1874.

L'auteur a étudié, dans nos archives, la situation intérieure de cette portion des Etats de Marie-Thérèse.

Epoque de la Révolution française

(fin du xvHi® Biôcle).

Sources : Archives parlementaires, citées p. 399. — Correspondance entre Mirabeau et de la Mark (1789-1791), p. p. de Bacourt. Paris, 1851, 3 vol. — Papiers de Barthélémy, cités p. 392. — Quellen zur Geschichte der Politik Œsterreichs, 1790-1801, cité p.395.— (d'Alonville), Mémoires tirés des papiers d'un homme d'Etat (1792-1815). Paris, 1828, 13 voL

Thiers, Histoire de la Révolution française. Paris, 1823-

27, 10 vol.

Tableau éloquent, mais faux, qui se ressent des passions de l'époque où il a été publié. Membre de l'opposition libérale alors en lutte avec la royauté restaurée, l'auteur a entrepris l'apologie des hommes de la Révolution, dont il excuse mêmes les crimes, en les mettant sur le compte d'une sorte de fatalité historique.

Blanc (Louis), Histoire de la Révolution française. Paris, 1847-62.

C'est une réaction contre Touvrage précédent, contre les hommes de 89, qui sont ici démolis pour en venir à Tapologie de Robespierre. Bien que l'auteur ait fait les recherches les plus méritoires et utilisé des documents inédits, son ouvrage est inspiré par la psission politique d'un temps où il faisait lui-même la guerre au gouvernement libéral au nom de l'école socialiste. Il ne va pas au delà de 93, fin de la Convention.

Alison, History of Europe, from 1789 to 1815. Londres, 1839-42, 10 vol.

Ecrit dans le sens tory ou conservateur, l'ouvrage peut servir de correctif aux précédents bien que ne contenant rien d'inédit. L'auteur en a publié lui-même un : Epitome, Edimbourg, 1870.

Taine, La Révolution (Origines de la France contemporaine). Paris, 1878-85, 3 vol.

C'est plutôt une philosophie de la Révolution qu'une histoire. Aussi

pour lire ces études avec fruit, faut-il déjà connaître les faits dont elles

font l'analyse. Bien qu'on doive rendre hommage à l'impartialité de

M. Taine, étranger à toute école politique, il est à remarquer que le

procédé littéraire de l'écrivain, de forcer les tons et les reliefs, ne laisse

pas que d'exercer une certaine influence sur le choix des faits ou sur

leur groupement. Ce procédé supprime les nuances intermédiaires, qui

sont si importantes dans l'appréciation historique des hommes et des choses.

Sorel, V Europe et la Révolution française. Paris, 1885-87, 2 vol.

Ouvrage remarquable, qui expose le côté européen de la révolution d'après un grand nombre de documents, en partie inédits. Le côté français de cette histoire, par contre, est censé connu du lecteur, qui doit par conséquent avoir déjà lu les ouvrages précédents.

Sybel (H.), Geschichte der Revolutionszeit von 1789- 1800. Dusseldorf, 1853-75, 5 vol. (plusieurs éd. et trad.).

C'est le premier auteur qui ait écrit l'histoire de cette époque d'après les archives diplomatiques, et jeté un jour entièrement nouveau sur la politique des puissances en face de la Révolution. Et comme il expose parallèlement les faits intérieurs et extérieurs, c'est le seul ouvrage dont la lecture suffise pour donner une idée complète du temps. De plus l'historien, libéral, mais prussien, raconte sans parti-pris,'sauf quand il touche parfois à la politique prussienne.

Question historique : Sur Vassassinat des plénipotentiaires français du congrès de Rastadt, voir Mendelssohn-Bartholdy. Heidelberg, 1869;

— Helfert. Vienne, 1874; — Sybel (Hist Zeitschr. 1874, 1878); — Wegele (ib. 1881).

XIX* siècle.

Li'époquo de IVapoléon

Sources : Correspondance de Napoléon I. Paris, 1858-70, 32 vol. (les 4 derniers comprennent les Mémoires de Ste Hélène), — Mémoires de Metternich, 1" partie (1773-1815). Paris, 2 vol. — Les Mémoires de TaU leyrand paraissent en ce moment.

Thiers, Histoire du consulat et de C empire. Paris, 1845-62, 20 vol.

(Test répopée de Napoléon, racontée avec un talent incomparable d'après les renseignements que Tauteur a pu obtenir des survivants de cette génération. A cet égard, on peut considérer son œuvre comme une source, mais qui a besoin d*étre contrôlée. Car ses autorités avaient été trop mêlées aux événements pour être impartiales. On pourra le confronter utilement,pour le côté militaire, avec les travaux des spécialistes, Jomini, Charras, Brialmont (Histoire de Wellington); pour le côté politique, avec Touvrage suivant.

Lanfrey, Histoire de Napoléon 1. Paris, 1867-75. 5 vol. in.l8.

C'est le contrepied de Thiers, une œuvre de dénigrement systématique, utile surtout comme correctif au précédent. L'auteur a profité le premier de la publication alors récente de la correspondance de Napoléon. Il s'arrête à 1811.

Bôhtlingk,iVapoZeon Bowa;;aWe. Leipsig, 1879-8 1 , vol . I-II.

Ouvrage original, fondé sur des recherches dans les archives de divers pays. Mais il s'arrête au consulat (1799).

I^*époc|ue de la restauration

Sources : Mémoires de Metternich, 2« partie (1816-48), vol. IlI-VII. — Despatches of Wellington, 1844-47, 8 vol. Supplément, 1858-72, 15 vol. Wellington, Civil correspondance y 1867-73, 5 vol. — Mémoire de Villôle. Paris, 1886, 4 vol.

Gervinus, Geschichte des 19 Jahrhunderty seit den

Wiener Vertràgen. Leipsig, 1855-66, 8 vol. (traductions).

L'ouvrage s'arrête à Tannée 1835, et comme il ne commence qu'en 1815, c'est en somme une histoire de Tépoque de la Restauration, mais embrassée dans toute son étendue européenne.

Viel-Castel (L. de), Histoire de la Restauration. Paris,

Ouvrage sec, mais précieux par Texactitude des détails tirés des Archives diplomatiques de la France et plus impartial que les histoires de Vaulabelle (libéral) et Nettement (légitimiste).

Alison, History of Europe from the fait of Napoléon to 1852. Londres 1852-57. 6 vol.

Continuation de Touvrage cité p. 418, pèche par la longueur des considérations personnelles, qui reflètent les sentiments d*un écrivain tory.

Li'époque de la politique libérale

Sources : Mémoires de Guizot (Paris, 1858-67, 8 vol.); de Stockmar (Brunswick, 1872); de Greville (Londres, 1875-85, 6 vol.).

Hillebrand [)L.),Geschichte Frankreichs[co\\eci\oxi Heeren, citée p. 450). Gotha, 1877-81, 2 vol.

L'ouvrage comprend la période de 1830 à 1848, traitée ici pour la première fois d'après les archives diplomatiques de Berlin et de Turin. C'est un travail original pour le fond, bien que très condensé.

Thureau-Dangin, Histoire de la monarchie de Juillet. Paris, 1885-89, vol. I-V.

Cet ouvrage remarquable est fondé aussi sur un grand nombre de documents inédits, que l'auteur a eus à sa disposition pour la première fois. Il y mêle des réflexions sages, mais trop copieuses, où perce le Journaliste.

Li^époque des révolutions radicales

(lS4S-»5d).

Pierre (Victor), Histoire de la république de 1848. Paris, 1878, 2 vol.

Le premier volume est consacré à la révolution, le second à la Présidence de Louis Napoléon.

Gorce (de la). Histoire de la 2* république française. Paris, 1888, 2 vol.

C'est une sorte de journal des événements, il y manque une synthèse.

suies, Austria in 1848-1849. New-York, 1852, 2 vol.

L'auteur raconte les faits qu'il a recueillis à Vienne même, où il séjournait en qualité de chargé d'affaires des Etats-Unis à cette époque. Hostile à l'Autriche.

Maurice, The revolutionary movement of 1848-49 in Italy, Austria, Hungary and Germany. Londres, 1887.

Beancoup de fkits, mais pas de synthôse.

Stratz, Lie SevoltUionen der Jahren 1848 und 1849 in Europa, geschichtliche dargestellt. Heidelberg, 1888-90, 2 vol.

Il faut attendre rachôvement de Touvrage pour en Juger.

Li'époQne de la polttl<iae des nationalités

(depuis 19»1)»

Sources : Docamente der K. Preuss. Bandestag-Gesandtschaft, cité p. 395.— Ernst II de S. C. Gotha, Aies meinem Leben, Berlin, 1887-89, 3 v.

Cantu, OU itltimi Trenfanni (1848-78). Turin, 1879.

C'est an complément de Yhistoire universelle du môme auteur, utile, mais fort résumé.

Sybel (H.), Die Begrûndung des DeiUschen Reiches durch Wilhelm I. Munich, 1889-90, 5 vol.

Le dernier événement européen de Thistoire contemporaine, la formation de Vunité allemande^ est raconté ici d'après des sources officielles fournies par le gouvernement prussien, dans une pensée trop évidente de justification pour qu'on accepte cet ouvrage, habilement flskit d'aiUeurs, comme le dernier mot dans la question. Avant de se prononcer, il fkut attendre la polémique que cette production considérable ne manquera pas de soulever.

I^a question d*Orlent*

Kinglake, Invasion of Crimea. Londres, 1862-87, 8 vol.

Cet ouvrage, malgré son étendue, ne peut être considéré comme définitif, déparé qu'il est par ses thèses paradoxales et ses récriminations contre la France. L*auteur a puisé surtout dans les papiers de Raglan.

Rousset (Camille), Histoire de la guerre de Crimée. Paris, 1877, 2 vol.

Cet ouvrage, travaillé sur des matériaux français, puisés aux archives du ministère de la guerre, est supérieur au précédent et en forme le correctif indispensable.

Bogdanowitsch , Histoire de la guerre <£ Orient (en russe). 8t-Petersbourg, 1876-T7, 5 vol.

C*e8t le môme s^jet, traité à un point de vue rasse, sur des relations et des documents indigènes.

Il nous reste à signaler les publications annuelles qui permettront de tenir à jour l'histoire contemporaine, à mesure que celle-ci continue à se dérouler. Ce sont :

en Angleterre :

The annual Register. New Séries. Londres (depuis 1862).

C'est le plas ancien recueil de ce genre. La premiôre série date du siècle dernier. Il embrasse tous les pays en Europe et hors d'Europe. Pour ces derniers, il est indispensable.

en France :

Annuaire de la Revue des Deux Mondes. Paris (depuis

Ce recueil si utile a cessé de paraître en 1868. V Année politique par A. Daniel (Paris, depuis 1874) n'en tient pas lieu.

en Allemagne :

Schultess, Europàische Geschichtskalender . Nordlingen (depuis 1860).

Ne comprend que les Etats d'Europe; ce sont des matériaux plutôt qu'une histoire.

Millier (Wilhelm), Politische Geschichle der Gegenuxirt. Berlin (depuis 1867).

Plus narratif que le précédent; mais souvent incomplet.

§ II. — Les histoires nationales (classement géographique).

Les Etats dltalie.

Dans les temps modernes, l'Italie, à raison de son fractionnement politique, a un grand nombre d'histoires particulières, autant qu'il y a d'Etats (Venise, Toscane, Lombardie, etc.). Nous indiquerons ici les ouvrages d'ensemble, qui ont un intérêt européen. Le grand ouvrage de Muratori, qui s'arrêtait en 1750 (cité p. 284), a trouvé deux continuateurs :

Coppi (A.), Annali cTllalia (1750.1861). Florence 1843- 67.— Ghiron, Annali (depuis 1861). Milan 1888-89, 3 vol.

Comme dans Mnratori, ce classement chronologique rompt le âl de l'histoire. Ce sont des matériaux, à consulter plutôt qu*à lire.

Botta, Sloria d'Italia (1534-1789). Paris 1832, 10 vol. — Storia dUtalia dal 1889 al 1814. Florence 1824, 4 vol. (plusieurs éditions et traductions).

L*auteur commence où finit Guichardin (p. 409). Le second ouvrage, qui a paru d*abord, est supérieur au premier.

Outre ces ouvrages consacrés à l'histoire de Tltalie moderne, il y a quelques histoires universelle de t Italie à toutes les époques, qui méritent une mention :

Cantu, Storia degli Italiani. Turin 1859-63, 14 vol. (traduction française).

Vol. 1-3 : Histoire ancienne; — vol. 4-10 : le moyen âge; — vol. 10-14 : les temps modernes, jusqu'en 1849.

Storia générale cCltalia [p. p. Villari]. Milan, 1877-86,

8 vol.

Cest un ouvrage collectif, comprenant l'antiquité (vol. I), le moyen âge (II-IV), rhistoire moderne (V), l'histoire contemporaine (VI- VIII) jusqu'en 1878.

Les Etats pontificaux.

A raison de leur action européenne, les Papes ont une histoire distincte de celle de l'Italie ; elle a été traitée par les auteurs principaux suivants :

Ranke, Die rômische Pàpste^ ihre Kirche und ihr Staat im 16 und 17 Jahrh. Berlin, 1834-36, 3 vol.

G*est le chef d'œuvre de cet historien, Touvrage qui a achevé sa rôpatation. La diplomatie vénitienne lui en a fourni les matériaux, n ne faut pas oublier, en le lisant, que Tauteur est protestant.

Reumont, Geschiohte der Stadt Rom. Berlin 1867-70, 3 vol.

C'est rhistoire de la ville de Rome seulement, mais son histoire universelle, dans rantiquité (vol. 1), au moyen âge (vol. 2} et dans les temps modernes, jusqu'en 1869 (vol. 3). Bien que le cadre soit local, l'auteur a élargi ce siget de façon à y comprendre Thistoire entière de la papauté. On y trouvera, en outre, une riche littérature de la matière.

Venise.

Romanin, StoHa documentata di Venezia. Venise, 1850- 61 , 9 vol.

Les vol. MV comprennent le moyen âge. Les volumes suivants continuent rhistoire moderne jusqu*en 1796, avec documents et dissertations.

Piémont.

Carutti, Storia délia diplomazia di Savoia (de 1494 à 1773). Turin 1875-1880, 4 vol.

Blanchi, Storia délia monarchia Piemontese dal 1773 al 1861. Turin 1877-79, t. I-III.

Ces ouvrages sont tirés des archives du Piémont, dont ils retracent les agrandissements successif^, finissant par absorber les autres Etats italiens.

Revue. — Archivio storico italiano. Florence, depuis 1842 (Annuel).

Espagne et Portugal.

Littérature : Figaniere, BihUographia historica Portiigi^za. Lisbonne 1850.

Outre les histoires générales de TEspagne, déjà citées de Lafuente et de Rosseeuw St-Hilaire (p. 284), nous signalerons parmi ceux qui se renferment dans l'Espagne mo* deme :

Ferrer del Rio, Decadenda de Espana. Madrid 1850. — Historia del reinado de Carlos III. Madrid 1856-58, 4 vol.

Ces deux ouvrages se complètent et concourent à démontrer cette thèse, assez téméraire, que sous les Habsbourgs l'Espagne moderne n*a fkit que décliner et que sa régénération date des Bourbons, en particulier de Charles III (1759-88).

Weiss (Ch.), L'Espagne depuis Philippe II jusquà t avènement des Bourbons. Paris 1844, 2 vol.

C'est un tableau de la décadence de l'Espagne, que Fauteur fait commencer à Philippe IL L'auteur a eu accès aux archives du ministère des afliaires étrangères à Paris.

Canovas del Castillo, Estudios del reinado de Felipe IV. Madrid 1888, 2 vol.

Dans cet ouvrage, qui n'est qu'un fï*agment d'une histoire de V Espagne sous les Habsbourgs^ l'auteur se propose de réhabiliter cette dynastie, méconnue par les auteurs précédents.

Silva (Rebelle da), Historia de Portugal durante os sectdos 16 et 17. Lisbonne 1862.

Cest la mise en œuvre des matériaux que le -même auteur a publiés aiUeurs (p. 391).

Becneils périodiques. — Boletin de la R. Academia de la historia. Madrid (depuis 1877).

France.

BiBLioGRAPHiB : Mouod, Bibliographie de f histoire de France (jusqu'en 1789). Paris 1888. — Pour la période depuis 1789, il faut recourir

au répertoire plus vaste publié par l'administration de la Bibliothèque nationale sous le titre de : CcUaloçue de Vhistoire de France. Paris 1855-82, 11 vol. in-4.

Nous avons déjà cité (p. 284) les grandes histoires de France, qui comprennent aussi les temps modernes, celle de Sismondi juspu'en 1789, — celle de Dareste jusqu'en 1830; -T- il y a aussi une continuation de Henri Martin, de 1789 jusqu'à nos jours (Paris 1878-85, 8 vol.). Les ouvrages suivants comprennent les temps modernes seulement :

Michelet, Histoire de France au xvi® siècle^ 1855- 56 (4 vol.) ; — Histoire de France au xvii® siècle, 1857- 62 (4 vol.); — Histoire de France au xvra® siècle, 1863- 67 (3 vol.) ; — Histoire de la Révolution française, 1847-53 (7 vol.); — Histoire du xix® siècle. Paris 1875, 3 vol.

Lus dans cet ordre, ces ouvrages présentent une histoire suivie de la France moderne jusqu'en 1815. De ces ouvrages, Tavant-dernier, la SévoliUion française a paru d'abord; les autres ont un titre différent pour chaque volume, la Renaissance, la Réforme, etc. Pour abréger, nous n'en donnons que le sous-titre, par lequel Tauteur les a rattachés à sa première Histoire de France (p. 283), qui en était demeurée au moyen âge. Mais, dans cette continuation, ni l'esprit, ni la méthode ne sont les mômes. Quant à l'esprit, l'ancien vernis de catholicisme s'est écaillé ici, mettant à nu un naturalisme parfois très charnel. Quant à la méthode, l'auteur ne cite plus ses sources que d'une façon intermittente» souvent inexacte, alors qu'il aurait le plus besoin d'étayer ses thèses, trop souvent paradoxales. Ouvrage en somme dangereux pour ceux qui n'ont pas Ju les sources et presque inutile à celui qui les aurait toutes lues. «

Ranke (L.), Franzôsische Geschichte, vornehmlich im 16 und 17 Jahrh. Stuttgart 1852-61 (Plusieurs éditions, la dernière en 6 vol.).

Pour la politique extérieure de la France, c'est l'ouvrage le plus recommandable, fondé sur les relations diplomatiques, en partie inédites. Seulement l'auteur s'est renfermé dans les deux premiers siècles de l'histoire moderne. Le vol. final contient, sous le titre &'Analecten, une critique des sources. Mémoires, relations vénitiennes, etc.

Biographie. — Il n'existe pour la France que des Biogron phies provinciales (n^ 281-295 dans Monod). A consulter

aussi, comme une mine de renseignements biographiques de tout genre, Anselme (le P.), Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France^ des pairs^ grands officiers de la maison^ barons de France^ etc. Paris 1726, 9 vol. in-fol.

Périodiqnes spéciaux. — Bulletin (depuis 1834) et Annuaire-Bulletin (depuis 1864) de la Société de l'histoire de France. — Revue de la Société des Etudes historiques (atipar avant : l'Investigateur). Nouvelle série. Paris (depuis 1883). Bi-mensuel.

Dictionnaires. — Le Bas (Ph.), Dictionnaire encyclopédique de la France. Paris 1840-45 [dans t : Univers pittoresque), 12 vol. — Lalanne (L.), Dictionnaire historique de la France. Paris 1877.

Les Pays-Bas.

Les Pays-Bas ne datent que de l'avènement des Valois de Bourgogne au xy^ siècle, et leur histoire appartient tout entière aux temps modernes. Mais il n'existe qu'un petit nombre d'ouvrages traitant de l'ensemble des Pays- Bas, avant leur scission en deux Etats. Nous citerons, entre autres :

Heuterus (Pontus), Rerum Burgundicarum libri VI. Anvers 1584. — Rerum austriacarum libri XF. Anvers 1598 (plusieurs éditions).

(Test le premier auteur qui ait retracé avec recherches, avec méthode et non sans style, la grande époque des Pays-Bas sous la maison de Bourgogne et sous celle d'Autriche (de 1364 à 1568). Son ouvrage peut arvoir la valeur d'une source, s'il est vrai que bon nombre de ses matériaux ont péri dans la grande dévastation iconoclaste. Mais avant d'accepter cette assertion de l'auteur, il faudrait le confh)nter avec la masse des documents retrouvés et publiés depuis un demi siéolew

Léo (H.), Zwôlf B. niederlandischei^ Oeschichten. Halle 1832-35, 2 vol.

Le 1^ vol., consacré au moyen âge, n'est qa*an recueil d* histoires provinciales. L'histoire générale ne commence qu'avec le 2« vol. et s'étend jusqu'en 1830. L'ouvrage fit sensation alors par des appréciations nouvelles et inattendues de la part d'un historien protestant sur le rôle de Philippe II, du duc d'Albe, du prince d'Orange.

Gerlache (de), Histoire du royaume des Pays-Bas. Bruxelles 1845, 3 vol.

Cet ouvrage est consacré à la seconde réunion des Pays-Bas de 1815 à 1830. Mais l'auteur y a joint une longue Introduction sur les révolutions antérieures de ces contrées.

Belgique.

Répertmrb : Lahaye, Francotte et de Potter, Bibliographie de rhistoire de Belgique. Liège 1887 (en publication).

David (J.-B.), Vaderlandsche historié. Louvaîn 1842-66, 11 vol.

Ouvrage méritoire, moins par son originalité, que par son exactitude, avec indications très utiles des sources. Malheureusement sept de ces volumes sont donnés aux histoires provinciales (Flandre, Brabant, etc.). Quant à l'histoire générale, elle ne va que jusqu'en ISTT, interrompue par la mort de l'auteur. Son Manuel d'histoire de Belgique (Louvain 1840) n'est qu'un résumé en Avançais, mais continué jusqu'en 1815.

Namôche, Cours d'histoire nationale. Louvain 1853-90, 25 vol.

Cet ouvrage considérable, vaste mosaïque de tout ce qui a été publié de meilleur sur ce stget depuis un demi siècle, peut, pour cette partie, tenir lieu d'une bibliothèque. L'auteur en a donné un résumé (Histoire nationale jusqu'd Léopold IL Louvain 1880), en 4 vol. qui suffira à ceux que le scyet n'intéresse qu'indirectement.

Juste, Histoire de Belgique. Bruxelles 1840, 3 vol.

Cest un résumé utile, mais auquel il faut préférer les travaux spéciaux du même auteur sur les périodes principales de cette histoire, CharleS'Quini, Philippe II, les Révolutions de 1790 et 1830, Léopold I etc.

Biographie. — Biographie nationale [p. p. T Académie R. de Bruxelles]. Bruxelles 1866-89, vol. I-X jusqu'à la lettre L).

Beoaeils périodiqaes. — Bulletins de la Commission R. d'histoire [p. p. TAcad. R.]. Bruxelles (depuis 1834) Trimestriel.— Table des 3 premières séries (jusqu'en 1872). — Messager des sciences historiques. Gand (depuis 1845) Trimestriel.

Hollande.

RBPBRTomB : Wind, Bibliothek der nederlandsche geschiedschr^jvers [jusqu'en 1815]. Middelbourg, 1831-35, 5 vol. — Repertorium der yerhandlingen en b^dragen betreffende de geschiedenis des vaderlands [jusqu'en 1860]. Leyde 1865.

Wagenaar, Vaderlanache historié. Amsterdam 1749-59, 21 vol.

Cet ouvrage de Thistorien classique de la Hollande s'étend jusqu'en 1751.

Arend, Algemeene geschiedenis des vaderlands. Leyde 1841-83, 15 vol. in-4.

Cette grande compilation, qui s'arrêtait au 16« siècle, a été continuée jusqu'au 18« par van Rees, Brill, van Vloten. C'est donc un ouvrage collectif.

Biographie. — Aa (vander), Biographisch woordenboeck. Harlem, 1852-78, 21 vol.

Seoaeil périodiqae. — Bijdragen voor vaderlandsche geschiedenis, door Nijhoff, Fruin, etc. Arnehm (depuis 1837). — Table des 2 premières séries (jusqu'en 1877).

Etats d'Allemagne.

Depuis le moyen âge, il n'y a plus d'Allemagne, mais il y a des Etats allemands, qui ont chacun leur histoire et leurs historiens, et ce sont ces ouvrages qu'il faut lire de préférence, quand on le peut. On en retrouvera quelques uns des meilleurs dans les collections de Heeren et Hirzel (voir Ténumération, p. 450). Parmi ceux qui ont assumé

la tâche difficile d'embrasser Tensemble de ces Etats dans les temps modernes, les principaux sont :

Schmidt (Ignace), Neuere Geschichte der Deutschen. Vienne 1785-93, 6 voL

Cet oavragd comprend la période moderDe de 1544 à 1657. II tire sa valeur de cette circonstance que Tanteur a pu puiser dans les archives alors inaccessibles de Vienne, en sa qualité d'archiviste de la maison impériale. Il a été continué de 1658 à 1806 par MilbiUer (voL 7 à 16). Ulm 1797-1808.

Menzel (C. A.), Neuere Geschichte der TetUschen. Breslau 1826-48, 12 voL

Remarquable par les recherches et la haute impartialité de Fauteur, protestant. Des ouvrages à citer ici, c'est le seul complet. Il s'étend à% 1515 à 1816.

Ranke (L.), Deutsche Geschichte in Zeitalter der Re formation. Berlin 1839-47, 6 voL (Plusieurs éditions).

L'excellence de l'ouvrage réside surtout dans l'exposé lucide des complications politiques, que l'auteur étudie dans la diplomatie du temps. L'ouvrage s'arrôte déjà en 1555. Toutefois sur les périodes suivantes, Ranke a publié une série d'ouvrages détachés, dont l'ensemble nous donne une histoire politique assez complote de l'AUemagne moderne, à savoir : Zur detUschen Geschichte (1555-1609). Leipsig 1869. — Zîoôlf B, Preussischer Geschichte (jusqu'en 1748). Leipsig 1848. — Zur Geschichte von Œsterreich und Preussen (1748-1763), 1875.— JOié deuische Mâchte und der Fûrstenhund (1780-1790;, 1872. — Ursprung und Beginn der Revolutùmskriege (1791-1792). Leipsig 1876.

Janssen (J.), Geschichte des deutschen Volks seit dem Ausgang des Mittelalters. Fribourg, 1878-1888, 6 vol. (nombreuses éditions et traduction française).

L'ouvrage en est arrivé à* 1610. 11 forme un complément indispensable aux précédents, qui font surtout l'histoire des princes et des gouvernements, tandis que Janssen prend l'histoire de la Nation, envisagée dans ses mœurs, ses idées, sa littérature et ses arts. Vivement attaqué dans le camp protestant. Fauteur s'est défendu dans deux brochures : An meine Kritiher, 1882; — Ein ztoeites Wort an meine Kritiker, 1883.

Hausser (L.), Deutsche Geschichte vom Tode Friedrich II. Leipsig 1854-57, 4 vol.

Cet ouvrage continue les précédents jusqu'en 1815. Il peut servir de transition à Touvrage suivant.

Treitschke, Deutsche Geschichte im 19 Jahrh. Leipsig 1880-89, 4 vol. {dans la Collection Hirzel).

C'est une histoire contemporaine de TAllemagne, depuis 1814. L'ouvrage est arrivé à 1840; écrit avec une verve entraînante, mais avec une partialité notoire; voir Baumgarten (H.), Treitschhe's D, Q. Strasbourg 1883.

Bibliothek deutscher Geschichte. Stuttgart depuis 1887 (en publication).

Ouvrage collectif, divisé par périodes, dont chacune sera traitée par un spécialiste, Muhbacher, Lindner, Egelhaaf, Zwiedineck, etc.

Biographie. — Allgemeine deutsche Biographie, [p. p. la Commission d'histoire de Munich]. Vol. 1-XXX (jusqu'à la lettre S) 1875-90. Leipsig.

Recaeil spécial. — Forschungen zur deutschen Geschichte [p. p. la Commission d'histoire de Munich]. Gôttingue, 1861-88, 26 vol. (avec table générale des vol. 1-20).

Diotionnaire. — Brosien, Lexicon der deutschen Geschichte. Leipsig 1882.

Autriche.

Littérature : Krones, Orundriss der ŒsterreiscTUschen OeschicTUe. Vienne 1882 (contient une bibliographie très détaillée sur toutes les parties de la matière).

Coxe (W.), History of the house of Austria. Londres 1807, 3 vol. in-4.

Cet ouvrage, fort estimé en son temps, est encore cité quelquefois dans l'histoire générale, surtout pour le 18« siècle. L'auteur en a publié une continuation de 1792 à 1852 (Londres 1862).

Krones, Handbuch der Geschichte Œsterreiclis . Berlin 1875 79, 5 vol.

S'étend jusqu'en 1870; prôcieax sartont par ses annotations sur les sources.

Œsterreichische Oeschichte fur dos Volk. Vienne, 1865- 84, 17 vol.

C'est une collection de monographies par époques, dues aux historiens les plus connus de l'Autriche : Huber, Hôâer, Gindely,etc.

Biographie. — Wurzbach, Biographisches Lexicon des Kaiserthums Œsterreichs. Vienne 1857-88, 57 vol.

Recaeils périodiques. — Hormajr, Taschenbuch fïir vaterlândische geschichte. Vienne 1820-1856, 34 vol. — Archiv far Œsterreichische geschichte.Vienne[Acad.] (depuis 1848), avec Table (jusqu'en 1874).

Hongrie.

Katona (S.), Eistoria critica regum Hungariae. Pesth 1779-1817, 42 vol.

C'est l'ouvrage fondamental, sur lequel tous les autres reposent. Il s'étend jusqu'en 1810.

Fessier, Geschichte der Ungarn und ihrer Landsassen. Leipsig 1810-25, 10 vol.

Bien qu'ancien déjà, cet ouvrage est toujours estimé.

Mailath, Geschichte der Ungarn. Vienne 1828-31, 5 vol.

L'ouvrage s'arrête en 1740; pour les temps modernes, il est très abrégé.

Horvath (M.), Histoire de la Hongrie (en magyare). Pesth 1860, 6 vol.

Il existe de cet ouvrage remarquable un résumé en aUemand (Pesth 1863).

Prasse.

Littérature : Kletke, Quellenkunde der Geschichte des preussischen Staats, Berlin 1858, 2 vol.

Droysen (G.), Oeschichte der preussischen Politik. Berlin 1855-81, 5 vol.

Cet ouvrage est tout entier fondé sar les documents, dont Tliistorien ùÂt une analyse minutieuse, d*une lecture parfois fatigante. Aussi malgré son développement, il ne va pas au delà de 1748, s*arrâtant à répoque la plus intéressante de son scget.

Gosel, Geschichie des preussischen Staats und Volkes unter den Hohenzollem. Leipsig 1869-76, 8 vol.

Travail de seconde main, qui a le seul mérite d'être complet (de 1411 à 1815).

Lavisse, Etudes sur l* histoire de Prusse. Paris 1879.

Ce sont des fragments seulement, mais d'un auteur étranger, partant plus impartial que ne le sont les historiens indigènes de la Prusse.

Revue spéciale. — Zeitschrift fur preussische Geschichte. Berlin (depuis 1864).

Suisse.

RÉPBRTOiRBS : Sinner, Bibliographie (1786-1851) der Schtoeizergescàichte. Bem. 1851. — Mulinen, Prodromus eines schtaeizeriscJien Historiographie. Bem. 1874, in-4.

MûUer (Johann von), Geschichte Schweizerischer Eidgenossenschaft . Leipsig, 1806, 5 vol.

Cet ouvrage de rhistorien classique de la Suisse s*arréte déjà en 1489. Il n'appartient à Thistoire moderne que par ses continuations, celle de Glutz-Blotzheim jusqu'en 1516 (Zurich 1816), celle de Hottinger jusqu'en 1531 (Zurich 1816-27, 2 vol.).

Monnard et Vuillemin, Histoire de la Confédération Suisse (continuation de Muller), vol. X-XVIII. Paris 1837-49.

Après avoir traduit le précédent en français, vol. MX, ces auteurs l'ont continué, Vuillemin de 1532 à 1715 et Monnard de 1715 à 1803. C'est l'histoire la plus complète de la Suisse. Il existe aussi un abrégé de cette histoire par Vuillemin (Lausanne 1875, 2 vol.)» qui s'étend jusqu'en 1848 et tient compte des dernières recherches.

Morin, Histoire politique de la Suisse. Genève 1855-75, 5 vol.

Préférable an précédent, pour la plapart des lectears, qai ne s'occnpent pas de ce pays ex professa.

Revues spéciales. — Archiv fur schweizerische Geschichte. Zurich 1855-75. — Jahrbuch fur schw.Gesch. (depuis 1875).

Etats scandinayes.

Répbrtoirbs : Holger Rôrdam, Historieskrivningen i Danmark og Norge siden Reformationen. Copenhague 1867. — Warmholtz, BibUotheca historica Suec-Gothica, Stockholm 1782-1817, 15 vol. — Voir aussi la bibliographie en tête des dernières éditions d*Allen ci-dessotis.

Allen, Haandbog i Faedralandets historia. Copenhague 1840 (nombreuses éditions).

Ce résumé de l'histoire du Danemark (jusqu'en 1866 dans les dernières éditions) est d'une haute valeur : il suffit à tous ceux qui n'ont pas à traiter eco professa l'histoire de ce pays.

Gejer, Svenska folketshistoria. Œrebro, 1832-36, 3 vol.

Cette histoire de la Suède s'étend jusqu'à la mort de Gustave Adolphe 1654). C'est l'ouvrage classique pour la Suède.

Carlson, Sveriges historia. Stokholm 1880-85, 7 vol.

Comprend l'époque de la dynastie palatine en Suède depuis Charles X jusqu'en 1706 (à continuer). L'auteur a exploré les principales archives de l'Europe sur son siget. Cest un travail de première main.

Sveriges historia in sex delar. Stokholm 1875-81.

C'est un ouvrage collectif, dont il a paru : I : l'époque payenne, par Montelius ; — II : l'époque catholique, par Hildebrand ; — III : la réforme, par Alin; — IV : le 17* siècle par VeibuU et Hôjer.

Biographies. — Bricka, Dansk biografisk Lexicon. Copenhague 1886-90 (en publication). — Svenskt biografiskt Lexicon. r« série (23 volumes). Upsala 1836-57. — 2* série (en publication), Stokholm 1857-88.

Eecaeils périodiqaes. — II y a un Historisk Tidskrift, pour chacun des trois pays Scandinaves, publié par la société historique de Danemark à Copenhague depuis 1840. Table générale des cinq séries (1840-87). Ibid. 1889; — par celle de Norwège à Christiania (depuis 1860); — par celle de Suède à Stockholm (depuis 1880).

Etats britanniques.

RÉPBRTomE : Gardiner and Mnllinger, Introduction to the study of english history. Londres 1880.

Pour les temps modernes, l'Angleterre possède un petit nombre d'ouvrages d'ensemble y que nous citerons d'abord ; ses historiens les plus célèbres n'ont laissé que des fragments; nous les citons ici» parce que, à raison de la spécialité du sujet, ces histoires détaillées ne rentraient pas dans le cadre du § précédent.

Hallam, The constitviional history of England, from Henry VII to Georges III. Londres 1827, 2 vol. in-4 (plusieurs éditions et traductions).

L'auteur y reprend Thistoire de l'Angleterre en 1485, au point où il Ta laissée dans son histoire du moyen âge (p. 279). Supérieur an précédent, cet ouvrage est encore, pour les Anglais, leur histoire classique, bien qu'il ne traite que de la politique interne.

May (Eskine), The constitutional history of England since Georges III. Londres 1861, 2 vol.

L'auteur s'est proposé de continuer l'histoire de Hallam jusqu'à notre temps (1860), et n'a pas eu un moindre succès. Mais ce n'est tocgours que l'histoire interne.

Green (Richard), History of the English people. Londres 1878-80, 4 vol.

Cette histoire comprend, avec le moyen âge, les temps modernes jusqu'en 1815. Dans sa première forme (a short history, 1875), il s'étendait jusqu'en 1873. D'accord avec son titre, l'auteur s'occupe davantage de la nationy des mœurs, des idées, de la littérature, et sous ce rapport, il complète les précédents. Un talent incontestable d'exposition a fait le succès de cet ouvrage dans le grand public. Mais il ne peut être recom-

mandé comme autorité aux historiens, à raison de ses nombreuses inexactitudes. Voir la critique de Rowley dans le Fraser's Magazine de 1875.

Ranke (L.), Englische Geschichte. Leipsig 1862-68, 7 v.

Indispensable pour Thistoire de la politique extérieure^ qui n*est qu*effleurée par les précédents. Toutefois il se renferme dans l'histoire des XYi* et xyn« siècles, que Fauteur traite avec sa compétence habituelle d'après les correspondances diplomatiques. Le dernier volume comprend des analectes et une critique de quelques mémoires célèbres (Ciarendon, Jacques II, Burnet).

Burton, History of Scotland. Londres 1860, 8 vol.

C'est l'ouvrage classique pour l'Ecosse, dont l'histoire s'étend jusqu'à la bataille de Culloden, 1746.

Mackintosh, The history of England. Londres 1830-32, Ce fragment d'histoire en est demeuré à l'/n^roduc^ion (jusque 1572), et n'a pas répondu à la réputation de l'auteur, plus orateur qu'historien.

Froude, History of England^ from the fall of Wolsey to the death of Elisabeth. Londres 1861-70, 8 vol.

Bien que fondée sur les archives de Londres et de Simancas, cette histoire du xvi« siècle donne une idée tout à fait fausse de Henri Vni et d'Elisabeth, dont l'auteur a entrepris la réhabilitation, mais sans succès. C'est un exemple instructif de l'abus que l'on peut faire des sources les plus authentiques, quand une thèse préconçue préside aux recherches de l'historien.

Gardiner (Rawson), History of England, from the accession of James I [1603-1642J. Londres 1863-80, 8 vol. — History of the great civil war [1642-49]. I^ondres 1886 91, 3 vol. (le dernier sous presse).

C'est une histoire du xvii* siècle, due à la nouvelle école en Angleterre, qui a rompu avec l'ancienne rhétorique et est en train de refaire l'histoire sur les archives.

Guizot, Histoire de la Révolution d'Angleterre. Paris 1827-47, 6 vol. — Etudes sur la Révolution cC Angleterre. Paris 1868, 2 vol.

C'est le meilleur ouvrage du grand historien, bien que fondé moins sur les archives que sur les mémoires du temps, dont l'auteur a publié ailleurs une traduction ft*ançaise (p. 364).

Macaulay, The Mstory ofEngland from the accession of James II. Londres 1849-61, 5 vol, (plusieurs éditions et traductions).

L'ouvrage comprend deux règnes seulement, ceux de Jacques II et de Guillaume III (1685-1701); encore le dernier volume n'est -il qu'une ébauche, publiée après la mort de l'auteur. Cet ouvrage a dû son succès grandissant surtout à l'éclat littéraire de la forme. Ainsi cette vue générale de Vhistoire cC Angleterre ^ si admirée, du I« vol., n'est pourtant qu'un morceau brillant de rhétorique. Néanmoins, une fois dans le eœur de son stget, l'auteur fttit preuve de recherches méritoires, même dans les archives, ce qui ne lui pas épargné des méprises assez graves, relevées par ses critiques, Forster, ObservaHon8y^l^9i Paget, New Examen, 1861. Quant à l'impartialité, Macaulay ne semble avoir eu aucune notion de cette qualité primaire de l'historien : il est passionné par tempérament, tocgours favorable au parti whig, toT:gour8 prévenu contre les torys.

Stanhope (Mahon), History of England until the peace of Utrecht (1701-1713). Londres 1870, 2 vol. — History of England from the peace of Utrecht (1713-83). Londres

En réunissant les deux ouvrages de cet auteur, on a une histoire suivie du xvm« siècle, qui forme une continuation de Macaulay, mais d'une moindre valeur littéraire.

Lecky, History of England in the xviii century. Londres, 1877-1890, 8 vol.

Plus profond que le précédent, l'auteur s'attache moins aux menus fBûts et davantage à la marche des institutions et des idées, n se termine par Yacte éCunion de ISOO.

Martineau (Harriet), The history of England during the

peace 1816-46. Londres 1849, 4 vol. (Plusieurs éditions

et traductions).

Cet ouvrage d'une femme est estimé à raison des informations personneUes qu'elle tenait des leaders politiques de son temps.

Mac Carthy, A history of our own Times from 1837. Londres 1881, 4 vol.

BC'est l'œuvre d'un journaliste, qui a entrepris de retracer jusqu'en 1S80 le règne de Victoria, dont il est le contemporain. C'est écrit avec lu

Terve d'un feuilleton et se lit avec autant d'intérêt; et ce n*est pas son seul mérite. On ne peut toutefois en attendre le dernier mot sur des temps si rapprochés de nous.

Biographie. — Stephen (Leslie), Dictionnary of national Biographie. Londres 1885-1890, vol. I-XXII (arrivé à la lettre H).

Diotionnaire historique. — Low and Pulling, The dictionary of english history. Londres 1889.

Revae spéciale. — Transactions of the R. Historical Society, 1" série ("annuel). Londres, 1868-82; — 2* série (trimestriel) depuis 1883.

Etats-Unis d'Amérique.

Répbetoirb : Adams (Kendall), ManucU of historiccU LittercUure. Londres 1882 (particulièrement riche en renseignements sur la littérature historique des Etats-Unis).

Bancroft (G.), History of the United States from the

discovery of the American Continent. Boston, 1834-74,

10 vol.

Ce premier ouvrage de lliistorien classique des Etats-Unis comprend la période coloniale et la guerre d'indépendance, n est fondé sur des recherches considérables, foites tant en Europe qu'en Amérique.

Bancroft, History of the formation of the ConstittUion of the united States of America. New- York 1884, 2 vol.

Cet ouvrage, fesant suite au précédent, comprend Fépoque d'organisation des Etats-Unis, qui s'étend de 1781 à 1789.

Mac Master, History of the people of the United States

from the Révolution to the civil War. New- York 1883^

2 vol.

Cet ouvrage, qui a eu un succès populaire, s'occupe plus de la nation que du gouvernement. Il est malheureusement demeuré inachevé. Il s'étend de 1781 à 1815.

Laboulaye, Histoire des Etats-Unis. Paris 1856-66, 3 v,

Cest un recueil de leçons professées au collège de France, exposant la genèse de la grande république de 1620 à 1789 en trois parties : l'épo-

que coloniale (vol. 1), — la révolution (vol. 2), — et l'époque d'organisation (vol. 3).

Neumann (K. Fr.), Geschichle der vereinigten Staaten von America. Berlin 1863-1866, 3 vol.

L'ouvrage s'étend depuis la fondation des colonies jusqu'en 1861. L'auteur, bien qu'étranger, professe pour son scget une sympathie qui va jusqu'à l'enthousiasme, et qui le porte à idéaliser les personnes et les choses, au détriment de la réalité historique.

Holst, Verfassungsgeschichte der vereinigten Staaten von America, seit 1829. Berlin 1877-88, vol. 1-4.

Cet ouvrage est supérieur au précédent, parce qu'il a été composé avec des matériaux recueillis par l'auteur sur les lieux. L'histoire des luttes constitutionnelles en fait l'objet exclusif et donne lieu à des discussions qui coupent trop souvent le récit des faits. D'où la longueur de l'ouvrage, qui comprend, en deux volumes, la période de 1829 à 1850; dans le troisième volume, les années 1850 à 1856; et dans le dernier paru, quatre années seulement, de 1856 à 1860.

Winsor, Narrative and critical history of America. Boston 1884-89, 8 vol.

Ouvrage collectif, comprenant aussi Thistoire de YÂ^mérique latine.

Etats latins d'Amérique.

RÉPBRTOiRB : Arana, Notas para una bibliografia sobra la historia de America. Santiago 1882.

Calvo, Annales historiques de V Amérique latine^ depuis 1808. Paris 1864-65, 5 vol.

Alaman, Historia de Mexico. Mexico 1849-52, 5 vol.

Arana, Compendio de historia de America. Santiagi> 1865, 2 vol.

Arana, Historia gênerai de Chile. Madrid 1863-87> 8 vol. in-4.

Etats Slaves (Russie et Pologne).

RÉPERTOIRE : Bestushew-Rjumin, Quellen und Literatur zur Russischen Geschichte (traduit du russe). Mitau 1876.

Karamsin, Histoire de l'empire russe (en russe). St-Petersbourg 1816, 11 vol. (nombreuses éditions et traductions).

C*6st l'historien classique de la Russie. Mais son ouvrage ne va que jusqu'en 1606.

Lelewel (J.), Histoire de Pologne (en polonais), 1840 (plusieurs traductions).

Simple résumé, sans valeur scientifique, bien que l'auteur se prévale de ses grandes recherches, demeurées inédites.

Szujski, Histoire de Pologne (en polonais). Lemberg 1862-66, 5 vol.

Méritoire par ses recherches, mais inachevé. On préférera VHUtoire abrégée en un vol. (Varsovie 1880) du même auteur, qui s'étend jusqu'au dernier partage de la Pologne, et a été mis au courant des dernières recherches.

Solovief, Histoire de Russie (en russe). Moscou 1851-78, 29 vol.

C*est l'ouvrage le plus complet; il s'étend jusqu'à la fin du xvm« siècle, mais il n'est pas traduit.

Etats ottomans et heUéniqnes*

11 ne peut être question ici que des ouvrages en langues européennes. Le principal est :

Hammer, Geschichte des osmanischen Reichs. Pesth 1827-36, 10 vol.

C*est Touvrage d'un orientaliste, qui a pu puiser dans les sources turques originales, et qui a eu accès aux archives.

Quant à Thistoire moderne de la Grèce, elle se confond avec celle de la Turquie, jusqu'à la guerre d'émancipation, qui a donné lieu à un grand nombre d'ouvrages, tant étrangers qu'indigènes, parmi ceux-ci :

Phrantzis (Ambroise), 'ETrtTOfx^ r^fç loropJaç rriç 'EXXoJoç. Athènes 1839, 3 vol.

Comprend l'histoire moderne de la Grèce depuis 1715 jusqu'en 1835.

Tricupis, loropia t^ç 'EXXyivixi^ç eTravaoraaewç. Athènes

C'est aT:goard*hai l'ouvrage dassiqae.

Comme histoire universelle de la Grèce, on peut citer :

Zinkeisen, Geschichte Griechenland s bis auf unsere Tage. Leipsig, 1832-40, vol. 1, 3, 4.

L'aatear projetait une histoire universelle. Son premier volume comprend Tantiquité et le moyen âge jusqu'eu 1150. Les deux derniers volumes comprennent Thistoire contemporaine de 1821 à 1835. Mais le second volume n*a jamais paru.

Finlay, History of Greece^ from the Romans to the présent time. Oxford 1877, 7 vol.

G*est une réédition des nombreux ouvrages que cet auteur a publié entre 1843 et 1860, sur toutes les périodes de Thistoire grecque depuis la dcHnination romaine.

Lampros, 'laropta t>5ç "EXXaJoç. Athènes 1886, vol. I-II.

Cette histoire, qui promet d'être universelle, jusqu'au règne d'Otton (1835), comprend jusqu'ici seulement deux périodes de Tantiquité (jusqu'en 145 av. J.-C), sans indication des sources, ni de la littérature.

§ III. — Histoires générales ou universelles.

RÉPERTOIRES UNIVERSELS. — Œttinger, Archives historiques. Carisruhe 1841.— Fromm, Systematisches Verzeichniss der deutschen Hauptwerke der Geschichte und Géographie (1820-82). Leipsig 1887, in-4. — Adams (Kendall), A manual of historical Littérature, Londres 1882. — Les Tables générales des Revues historiques, citées p. 454.

Dans ce § final, nous nous proposons de compléter notre tableau de la littérature de l'histoire moderne, en y fesant entrer aussi les ouvrages plus généraux dans lesquels rhistoire moderne est comprise. C*est ainsi que nous passerons en revue successivement : les grandes histoires des temps modernes, — les résumés d'histoire modernes, — les auteurs principaux à^histoire universelle, — les ouvrages collectifs sur l'histoire générale, — les biographies universelles, — les dictionnaires historiques^ — et les revues d'histoire générale.

I^es grandes histoires des temps modernes*

Sur l'ensemble de l'histoire moderne, les travaux de longue haleine sont rares, parce que la matière est trop vaste pour qu'un môme auteur puisse en traiter toutes les parties avec une connaissance égale des sources : ou il doit se borner à des fragments ou, s'il est complet, il est en môme temps inégal, parce que certaines parties auront été traitées de seconde main forcément.

Voltaire, Œuvres historiques^ 1731-1769 (nombreuses éditions).

Comme histoire moderne, ce ne sont que des fragments, dont le plus estimé est le Siècle de Louis XIV, Voltaire marque une étape nouvelle dans le genre historique, et c'est à ce titre que nous le citons ici. Rompant, en efiet, avec la rhétorique fausse et Thistoire purement anecdotique de ses prédécesseurs (p. 405), il a replacé l'histoire moderne sur son vrai terrain, en s'appliquant à démêler la politique des princes, ou

tont an moins, à la deviner, n'ayant pas encore les matériaux foarnis par les archives. Sons ce rapport, s'il a vieilli, Voltaire demeare, dans Ba langae, le modèle dn vrai style de l'histoire.

Schoell, Cours d'histoire des Etats européens. Paris 1830-34, 46 vol.

Cet ouvrage considérable d*nn anteur laborieux manque de synthèse. Cest moins une histoire générale, qu'un recueil d'histoires particulières juxtaposées. En voici les divisions : vol. 1-11 : moyen âge (vol. 12, table); — vol. 13-23 : seizième siècle (vol. 24, table); — vol. 25-35 : dix-septième siècle (vol. 36, table); — vol. 37-45 : dix-huitième siècle (vol. 46, table).

Raumer, Geschichte Europas, seit dem Ende des XV* Jahrh. Leipsîg 1833-50, 8 vol.

L'auteur n'a pas réussi à dominer sa matière, malgré ses vastes lectures et ses recherches dans les archives, qu'il a publiées séparément sous le titre de : Beitràge zur neuem Qeschichte. Leipsig 1836-39, 5 vol. in-12. Ces matériaux valent mieux que l'édifice.

Ranke (L.), Sàmmtliche Werke. Leipsig 1867-81, 48 v.

Cette édition des œuvres complètes de Ranke peut être considérée comme une histoire à peu près complète aussi des temps modernes, dont Ranke a fait plusieurs fois le tour en traitant séparément l'histoire des Papes (p. 424), de la France (p. 426), de V Allemagne (p. 430), de V Angleterre (p. 436), sans compter ses études fragmentaires sur VEspagne^ les Ottomans^ Venise^ la Serbie* etc. C'est la seule publication satisfaisante sur l'ensemble des temps modernes.

van Praet (J.), Essais sur t histoire politique des derniers siècles. Trois parties. Bruxelles 1867-84.

C'est moins une histoire qu'une galerie de poi*traits politiques, où l'on voit défiler la plupart des souverains et des hommes d'Etat qui ont tenu dans leurs mains les destinées de l'Europe depuis le xv« siècle; ces portraits se recommandent non seulement par leur relief, mais par leur justesse, parce que l'auteur apporte, dans ses appréciations politiques, une part d'expérience personnelle rare chez les historiens.

Résumés d'histoire moderne.

Si les grandes histoires modernes sont rares, par contre les résumés pullulent, et dans le nombre il en est d'excellents, à Tusage de ces lecteurs qui n'ont besoin que d'avoir

une vue d'ensemble du sujet, envisagé dans ses grandes lignes. Tels sont, entre autres :

Heeren, Eandbuch der Geschichte des Europâischen Staatensystems und sdiner Colonieen (1492-1815). Goettingue 1819, 2 vol. (plusieurs éditions et traductions).

Michelet, Précis de Vhistoire moderne, Paris 1842. I

Freeman, The chief Périodes ofEuropean history. Londres 1887. j

Lavisse, Yue générale de Vhistoire politique de VEurope. Paris 1890. î

Ije» auteurs principaux d*lilsftolre universelle*

Si l'étendue de Yhistoire moderne exclut l'originalité des recherches, que faut-il penser des histoires universelles? Les meilleures ne sont que des compilations et ne peuvent prétendre à l'autorité d'une œuvre originale, aux yeux de l'historien du moins. Leur originalité consiste uniquement dans la façon de classer les faits on de les présenter. Néanmoins les synthèses de ce genre ne sont pas inutiles. Aussi les résumés abondent ici, et nous renonçons à les énumérer. Nous bornant aux ouvrages de longue haleine, nous excluons encore et les histoires qui ont cessé d'être universelles, parce qu'elles appartiennent aux siècles précédents, et ces histoires en cours de publication, qui ne seront universelles qu'après leur achèvement.

en Italie :

Cantu (C), Storia universcUe. Turin 1838-49, 18 vol. in-4^ (nombreuses éditions et traductions).

Comme synthôse de toute Thistoire (jusqu'en 1848), cet ouvrage n*a pas été surpassé. L'auteur, par ses idées, appartient à Técole néo-guelfe, partisan à la fois de l'Eglise et de la liberté italienne. Aussi n*est-il pas toigours juste envers l'Allemagne.— La première édition était suivie de 17 voL d*hîstoires spéciales, (religion, philosophie, littératures, institutions, etc.), simples compilations, qui ne visaient point à Toriginalité» mais qui avaient pour but de faire de Tensemble une sorte d'encyclopédie historique.

en France :

Riancey (Henry de), Histoire du Monde depuis Adam jusquà nos jours, Paris 1863-71, 10 vol. — Continuée par A. de Riancey et A. Rastoul. Paris 1887-90, 2 vol.

Le premier ouvrage publié sous ce titre par le même auteur, avec la collaboration de son frère (Charles de R.), n'était qu'une ébauche, s'arrétant en 1648 (Paris 1838-40, 4 vol.). Cette seconde rédaction l'emporte non seulement par son étendue, mais par un effort sérieux pour se mettre au niveau de la science. Interrompu une seconde fois par la mort de Tauteur, l'ouvrage va enfin être terminé par son fils, dont les deux volumes publiés vont de 1715 à 1814.

Mœller (Jean), Cours complet d'histoire universelle. Louvain-Hasselt 1849-57, 5 vol. in-18 (plusieurs éditions et traduction néerlandaise).

L'ouvrage s'étend jusqu'en 1830. Destiné à l'enseignement, il comprend deux textes, un grand texte, qui ne dépasse pas la portée de la jeunesse, et un petit texte^ plus approfondi, où l'auteur a su condenser une masse considérable de notes et de recherches : ce qui donne à ce livre élémentaire une valeur originale et scientifique.

en Allemagne :

Becker (C. F.), Weltgeschichte (Nouvelle édition). Berlin 1824, 12 vol. (les deux derniers par K. A. Menzel).

Cet ouvrage appartient, par sa l^* édition, au siècle précédent. Mais un style agréable n'a pas cessé de lui valoir un public et des éditeurs, qui en ont fait, en le remaniant, un ouvrage presque nouveau. Nous ne citons ici que le premier de ces remaniements.

Rotteck, Allgemeine Oeschickte. Fribourg 1813-27, 9 vol. (nombreuses éditions).

Bien que superficiel, cet ouvrage, a eu un succès énorme (25 éditions), qu'il doit à la clarté de l'exposition et au caractère généreux des idées, empreintes du libéralisme alors en vogue.

Léo (H.), Lehrhuch der Universalgeschichte. Halle 1835-44, 6 vol.

L'ouvrage s'éteod jusqu'en 1830. Il se distingue du précédent par son caractère plus scientifique et par son esprit très conservateur. Aussi son succès a-t-il été moindre.

Schlosser (Fr. Chr.), Weltgeschichte fur das deutsche Folk, 1844-56, 18 vol. (plusieurs éditions).

Cet ouvrage, qui s'étend jusqu'en 1815, a été recommencé plusieurs fois par l'auteur et doit sa dernière forme à une autre main.

Weber (G.), AUgemeine WMgeschichte . Leipsig 1857- 80, 15 vol. (plusieurs éditions et traductione).

C'est le meilleur ouvrage que l'Allemagne ait produit on ce genre, toutes réserves faites sur les tendances rationalistes de l'auteur. U s'étend jusqu'en 1866.

Weiss (J. B.)» Lehrhuch der Weltgeschichte, Vienne 1872-82, 7 vol.

Cet ouvrage se distingue du précédent par une riche littérature de la matière et par son esprit religieux.

Ranke (L.), Weltgeschichte. Leipsig 1881-88, 9 vol.

Ce vétéran des études historiques en Europe, pour couronner son œuvre déjà considérable, a entrepris la publication de cette histoire universelle à l'âge de 80 ans. Aussi n'en a-t-il pas vu l'achèvement. Les parties I-VII publiées par lui s'arrêtent au xi« siècle. Les parties suivantes, tirées de ses notes de cours et publiées par ses élèves, n'ont pas la même valeur. En tout cas, Ranke se complète lui-même par ses travaux précédents (voir p. 443), dans lesquels il a toujours envisagé l'histoire des Etats particuliers dans ses rapports avec l'histoire universelle.

Ouvrage* «sollectifb sur l'histoire g^éoérale*

Après avoir reconnu qu'il est au-dessus des forces d'un seul homme d'écrire de première main une histoire universelle, on en est venu à Tidée d'appliquer à cette vaste entreprise le principe de la division du travail. Cette matière, en eflFet, peut se découper de deux façons, soit par pays, — c'est le classement géographique; — soit par époques^ — c'est le classement chronologique. Les collabo-

rateurs appelés à se partager le travail d'après l'un ou l'autre classement, peuvent se renfermer dans une spécialité et faire ainsi œuvre originale. C'est un e£Port pour unir la qualité à la quantité, les avantages de la monofçraphie aux vastes proportions de l'ensemble. Aussi chacun des ouvrages mériterait une appréciation. Faute de temps, nous nous bornons à signaler les plus recommandables par un *.

en France :

Univers pittoresque : histoire et description de tous les peuples. Paris 1834-56, 65 vol.

Cette collection est plutôt géographique qu^historique. Elle comprend : l'Europe, 38 vol. ; — TAfrique, 7 vol. ; — l'Asie, 12 vol. ; — l'Amérique, 5 vol. ; — l'Océanie, 3 vol.

Histoire universelle, publiée par une société de professeurs, sous la direction de M. V. Duruy. Paris (depuis 1850).

Maury, La terre et l'homme.

Dreyss% Chronologie universelle, 2 vol.

Maspero*, Histoire ancienne de l'Orient (voir p. 162).

Duruy, Histoire générale; — Histoire sainte; — Histoire grecque; — Histoire romafne; ^ Histoire du moyen âge; — Histoire des temps modernes (jusqu'en 1789); — Histoire de France, 2 vol.

Chéruer, Dictionnaire de la France, 2 vol.

Fleury, Histoire d'Angleterre.

Geffiroy% Histoire des Etats Scandinaves.

Zeller, Histoire d'Italie.

Rambaud*, Histoire de Russie.

Leger% Histoire de l'Autriche-Hongrie.

de la Jonquiôre, Histoire de l'Empire Ottoman.

Les autres volumes comprennent l'histoire des littératures et des sciences.

en Allemagne :

En aucun pays Thistoire étrangère n'est cultivée avec plus de zèle qu'en Allemagne, et on ne trouve guère que là des spécialistes assez nombreux pour représenter à peu près tous les Etats et toutes les époques de l'histoire. Aussi

les trois publications allemandes que nous allons citer, sontelles de loin préférables à toutes les autres. On j trouve des travaux de tout premier ordre. Deux sont classées par Etats; la troisième procède par époques.

Gbsohichtb dbb buropajschbn Staatbn, herausgegeben von Heeren, Ukert, Giesebrecht. Gotha (Perthes) 1829-90. 100 vol.

Allemagne (jusqa^en 1806), par Pfister, 1829-35, 5 vol. — (de 1806 à 1815), par Bulau, 1842.— 2« rédaction : (jusqu'en 814), par Dahn*, 1883; — (de 1740 à 1814), par Dove, 1888.

Autriche, par Mailath, 1834-50, 5 vol. — 2« rédaction : (jusqu'en 1520), par Huber* 1883-88, 3 vol.

Saxe, par Bôttiger, 1830-35, 2 vol. — 2« rédaction : par Flathe 1867-73,

Prusse (jusqu'en 1763), par Stenzel* 1830-54, 5 vol. — (de 1763 à 1815), par Reimann, 1882-88, 2 vol.

Bavière (jusqu'en 1506), par Riezler*, 1878-89, 3 vol.

WuRTEBiBKRG, par Stàliu*, 1882.

Suisse, par Dierauer*, 1887.

Pays-Bas, par van Kampen 1831-33, 2 vol. — 2« rédaction par Wenzelburger, 1879-86, 2 vol.

France (jusqu'en 1774), par E. Schmidt, 1835-48, 4 vol.— Epoque révolutionnaire (1774-1830), par Wachsmuth*, 1S40-44, 4 vol.— (1830-1848), par HiUebrand, 1877-81, 2 vol. (voir p. 420).

Anolbterhe (jusqu'en 1154) par Lappenberg% 1834-37, 2 vol. — (de 1154 à 1509), par Pauli% 1853-58, 3 vol.— (de 1509 à 1550) par Brosch, 1890.

Danemark (jusqu'en 1500), par Dahlmann*, 1840-43, 3 vol.

Suède (jusqu'en 1654), par Oeyer% 1832-36, 8 vol.— (de 1654 à 1706) par Carlson*, 1855-87, 2 vol.

Russie (jusqu'en 1505), par Strahl, 1832-39, 2 vol.— (de 1505 à 1792), par E. Hermann*, 1846-66, 3 vol. (avec le supplément).

Pologne (jusqu'en 1300), par Rôpell, 1840.— (de 1300 à 1506), par Caro', 1863-88, 4 vol.

Italie, par H. Léo*, 1829-32. 5 vol. — Toscane, par Reumonf, 1876-77, 2 vol. — Etats pontificaux, par Brosch, 1880-82, 2 vol.

Espagne (jusqu'en 850), par Lembke, 1831.— (de 850 à 1200), par Schâfer 1844-61, 2 vol. — (depuis 1200), par Schirrmacher 1881.

Portugal, par Schâfer, 1834-54, 5 vol.

Turquie, par ZiDkeiseD, 1840-63, 7 vol.

Grèce, par Hertzberg*, 18':6-79, 4 vol.

La collection précédente embrasse à la fois le moyen âge et les temps modernes ; celle qui suit, est consacrée exclusivement à l'histoire contemporaine> durant ce siècle :

STAATBNaBSOHICHTB DER NBUBSTBN ZbIT. Loipsig, Hirzol

1858-89, vol. i-xxvn (en publication).

La France (1814-1852), par Rochaa, 1858, 2 vol.

L'Italie, par Reuchlin 1859-73, 4 vol.

L'Espagne, par H. Baumgarten 1865 71, 3 vol.

L'Autriche (depuis 1809), par Springer, 1863-65, 2 vol.

La Russie (1814-1831), par Rernbardi, 1863-77, 3 vol.

La Turquie (1826-1856), par Roseu, 1866 67, 2 vol.

La Grôce (depuis 1453), par MeDdelssohn-Bartholdy, 1870-74, 2 vol.

L'Angleterre (depuis 1814), par Pauli, 1864-75, 3 vol.

L'Allemagne au 19* siôcle, par Treitschke, 1880-89, 4 vol. (voir p. 431).

ÂLLaBMBiNB Obschightb in Einzeldarstellungen, herausgegeben von Oncken. Berlin 1879-90, 44 vol.

Eg3rpte, par Dûmiclien et Ed. Meyer.

Babylonie et Assyrie, par Hommel.

L'Inde ancienne, par Lefmann.

La Perse ancienne, par Justi. — Phéniciens, par Pietschmann.

Grôce et Rome, par Hertzberg, 2 vol.

Israël et le Christianisme, par Stade et Holtzmann, 2 vol.

Empire romain, par Hertzberg.

Origines germaniques et romaines, par Dahn, 4 vol.

Anglo-Saxons, par Winkelmann.

Islamisme, par A. MuUer, 2 vol.

Byzantins et Ottomans par Hertzberg, 2 vol.

Croisades, par Kûgler.

Etats de l'occident, par Prutz, 2 vol.

Renaissance, par (Neiger.

Epoque des découvertes, par Ruge.

Etats slaves jusqu'au 17* siôcle, par Schiemann, 2 vol.

Réforme, par Bezold.

Epoque de Philippe II, par Philippson.

Guerre de trente ans, par Droysen.

Révolution d'Angleterre, par Sterne.

Epoque de Louis XIV, par Philippsoo.

Pierre le Grand, par Brùkner,

Allemagne de 1648 à 1740, par Erdmannsdôrffer.

Epoque de Frédéric le Grand, par Oncken, 2 vol.

Autriche de 1740 à 1892, par Wolf.

Catherine II, par Brûckner.

Epoque de la Révolution 1789-1815, par Oncken, 2 vol.

Restauration et Révolution, 1815-1851, par Flathe.

Second Empire, par Bulle.

Amérique du Nord, par Hopp.

Question d*Orient, 1856-1878, par Bamberg.

Epoque de Tempereur Guillaume, par Oncken.

en Angleterre :

Le contingent de l'Angleterre dans la littérature de rhistoire générale n'est pas fort : on j chercherait en vain un seul auteur aujourd'hui connu d'histoire universelle; quant à Thistoire étrangère, elle n'y est guère cultivée que par des vulgarisateurs plus ou moins habiles. Cest dans cette catégorie que se rangent les collaborateurs des deux collections suivantes, l'une répondant au classement géographique, l'autre répondant au classement chronologique.

The stort of tak nations. Londres (depuis 1886), 26 voL publiées.

Egypte, — Phénicie, par G. Rawlinson.

Chaldée, — Assyrie, Médie, par Z. Ragozin. Perse, par Bei^amin.

Carthage, par Church.

Les Juifs, par Hosmer.

Les Juifë à l'époque romaine, par Morrison. L*empire d'Alexandre, par Mahafljr.

Rome, par Gilman.

La Bretagne, par Church.

L'Ecosse, par Mackintosh.

L'Irlande, par Lawless.

Les Goths, par Bradley.

L'Allemagne, par Baring-Gould.

Les villes hansôatiques, par Zimmem.

La France da moyen âge, par Masson.

La Hollande, par Rogers.

l^a Saisse, par Hng et Stead.

Le Portugal, par Stepliens.

La Russie, par Morflll.

La Hongrie, par Vambéry.

Les Sarrazins, par Gilman.

Les Maures d'Espagne, — la Turquie, par Lane-Poole.

Epochs of histort, edited by Cox, Morris, etc. Londres, 1875-80, 28 vol. in-12.

Grecs et Perses; — Empire athénien, par Ck>x.

Spartes et Thôbes, par Sankey.

Empire macédonien, par Curteis.

Rome primitive, par Ihne.

Les guerres puniques, par B. Smith.

Les guerres civiles, par Beesly.

Le triumvirat, par Merivale.

L*empire romain ; — les Antonins, par Cape.

Introduction au moyen âge, par Church.

t.es Normands, par Johnson.

Les croisades, par Cox.

Les premiers Plantagenets, par Stubbs.

Edouard III, par Warburton.

Lancastre et York, par Gairdner.

Les premiers Tudors, par Moberly.

La réTolution protestante, par Seebohm.

L'âge d'Elisabeth, par Creigfaton.

Les premiers Stuarts, par Gardiner.

La guerre de Trente ans, par Gardiner.

La chute des Stuarts, par Haie.

L'âge d'Anne, par Morris.

Les premiers Hanovriens, par Morris.

Frédéric le Grand, par Longman,

La révolution américaine, par Ludlow«

La révolution française, par Gardiner.

L'époque des réformes (1830-1850), par Mao Carthy.

BlocpraplileA générales*

LiTTÉRATURB : (Ettluger, Bibliographie biographique universelle. Bruxelles 1854.

Feller, Dictionnaire historique ou histoire abrégée des hommes qui se sont fait un nom par le génie, les talents, etc. Liège 1790-94, 8 vol.

C*e8t une œuvre individuelle, partant pleine de lacunes, à signaler seulement comme l'un des plus anciens types de ce genre. Il en existe d'ailleurs plusieurs remaniements, qui ont supplanté cette première rédaction.

Michaud (les frères)^ Biographie universelle. Paris 181 1-

Ouvrage collectif, avec articles signés^ ce qui permet d'en i^préeier l'autorité, très inégale selon les signatures. An choix, le suivant est préférable.

Hoefer, Nouvelle Biographie générale. Paris 1859-66, 46 vol.

(Collectif aussi; les articles sont plus condensés, partant plus nombreux que dans le précédent.

Œttinger, Moniteur des dates. Biographisches Welt- Register. Leipsig 1866-82, 6 vol. Supplément, 3 vol. in-4.

Ce n'est qu'un recueil de dates biographiques, mais dont l'auteur garantit l'exactitude, si nombreuses qu'elles soient (plus de cent miUe articles) : resterait à vérifier.

Olctlonoalre* historlqaes.

Il faut renoncer à condenser dans un dictionnaire la matière si vaste de l'histoire universelle. Mais si incomplets qu'ils soient, ces dictionnaires peuvent rendre des services, quand on n'a pas sous la main les ouvrages spéciaux concernant le fait à vérifier. Nous citerons :

Bajle, Dictionnaire historique et critique. Rotterdam 1720, 4 vol. in.fol.

Cest une œuvre individuelle, partant inégale, en tout cas surannée, que l'on ne consulte plus que pour oonniâtre les opinions personneUes d'un critique célèbre sur l'histoire.

Moréri, Grand dictionnaire historique. Paris 1759, 10 vol. in-foL (dernière édition).

Cotait un ouvrage indiTidael aussi dans sa premiôre forme, et aotôrieur au précédent (1673). Mais il a été successivement enrichi par les éditeurs suivants, qui en ont fait un ouvrage nouveau et collectif. On peut encore y glaner des renseignements utiles, mais sans pouvoir se fier à leur exactitude.

Herbst, Encydopàdie der neueren Oeschichte. Gotha 1880-90. 5 vol. in.8.

Cest notre seul dictionnaire moderne, mais ne comprenant que les temps modernes, depuis le xvi* siècle jusqu*à nos jours; dans ce cadre, il complote et rectiâe les précédents. Mais, malgré la réputation des collaborateurs cités en tête, — car c'est un ouvrage collectif, — Tensemble manque de méthode. Les articles semblent piqués dans le tas un peu au hasard. Leur étendue n'est pas proportionnée à leur importance. Enfin les auteurs auraient pu y mettre plus de foits et de dates en nous faisant ^&ce de leurs appréciations.

A défaut d'un bon dictionnaire exclusif d*histoire, on peut encore recourir aux encyclopédies générales, dont naus citons les plus célèbres :

Ersch et Gruber, Allgemeine Encyclopâdie der Wissenscha/ten und Kûnste. Leipsig, 1" section : A-G {complet) 1818-82, 99 vol- in-4. — 2^ section : H-N {en publication) 1827-89, 43 vol. — 8* section : 0-Z {en publication) 1830- 50, 25 vol.

Des savants de tous les genres ont contribué à cette collection, qui, 4K)mmencée avec ce siècle, ne s'achèvera pas avec lui. C'est un défout; car il en résulte que les anciens volumes sont surannés avant la publication des nouveaux. Aussi faut-il, en y recourant, tenir toi^gours compte <ie la date du volume.

Chambers, Encydopœdia Britannica^ 9^ édition. Edimbourg, 1875-89, 24 vol. in-4 {avec Index).

Cet ouvrage, auquel ont collaboré de nombreux savants de l'Angle* terre et de l'étranger, est plus condensé que le précédent, ce qui a permis d'en faire des éditions fï^équentes, tenues au courant de la i9cience. Cest là sa supériorité.

Larousse, Dictionnaire universel du xix« siècle. Paris, ^ 1866-76, 15 voL în-4 (plus des suppléments) •

Très inférieur aux précédents, n'est utile qu'aux lecteurs qai ne savent que le ft^nçais, et en attendant la Nouvelle encyclopédie Ou xnc« siècle, qui est à peine commencée.

Enfin, comme dictionnaires portatifs d*histoire, à Tusage des lecteurs pressés, qui n ont pas le temps de compulser les grandes collections, on peut signaler :

Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. Paris 1842 (nombreuses éditions), in-4.

Crampon, Nouveau dictionnaire d'histoire et de géographie, Paris

1868, in-4.

Dezobry et Bachelet, Dictionnaire général de géographie et éthis^ toire. Paris 1872, in-4.

LiTTERATuas: Jahresbericht der Geschichtswissenschaft. Berlin (depuis 1878). Annuel.

Nous avons déjà cité passim bon nombre de revues historiques d'un caractère exclusif soit par leur ressort géographique soit par leur sujet. Il ne nous reste plus^j pour terminer, qu*à signaler les revues ouvertes à toute espèce de travaux historiques. De ce nombre est le recueil cite ci-dessus, qui dresse un répertoire annuel non seulement des grands ouvrages, mais encore de cette masse de monographies qui sont disséminées dans les recueils exclusifs ou mixtes du monde entier. Viennent ensuite :

en France :

Revues des Questions historiques. Paris (depuis 1867). Trimestriel.

Tables générales : l^ partie : 1867-1876. Paris 1887. — 2« partie : 1877- 1886. Paris 1889 (cf. ci-dessus p. X de VAvertissement).

Revue historique. Paris (depuis 1876). Bi-mensuel.

C'est la Revue la plus remarquable comme bibliographie. Tables : 1" série : 1876-1880. Paris 1882. — 2« série : 1881-1885. Ibid 1887. — . 3» série : 1886-1890 (sous presse).

Revue dliistoire diplomatique. Paris (depuis 1887). Trimestriel.

Cette nouvelle revue se renferme, par son stOot, dans les limites de l'histoire moderne. Elle est Torgane de la Société cP histoire diplomatique.

en Allemagne :

Historische Zeitschrift. Munich (depuis 1859). Mensuel.

TAbie générale (1859-1886). Munich 1888 (cf. p. XI ci-dessus).

Historisches Jahrbuch. MuQich(depuis 1880). Trimestriel. Voir ci-dessus p. XI de Tavertissement.

Deutsche Zeitschrift fur Geschichtswissenschaft. Fribourg (depuis 1889). Trimestriel.

Cette revue nouvelle a un caractère plus scientifique que la : Zeitsehrift f&r allgemeine Qeschichte (p. XI), qui a cessé de paraître; et, comme bibliographie, elle est bien plus complote que les deux précédentes.

en Angleterre :

The english historical Review. Londres (depuis 1886). Trimestriel.

MÉTHODE

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